Ivan Massonnat : le chenin comme vecteur de terroirs d’exception au domaine Belargus

 

Convaincu et énergique, Ivan Massonnat est vigneron depuis un an. C’est à lui que Jo Pithon, vigneron bien connu de Savennières a confié ses neuf hectares de vignes. Il a complété ce domaine par d’autres parcelles et a nommé son domaine Belargus, du nom d’un papillon bleu très rare que l’on rencontre sur son coteau des Treilles.

En cave comme aux vignes, les références d’Ivan Massonnat sont souvent bourguignonnes (cuvées parcellaire, élevage long en fûts, …) mais c’est bien le terroir de l’Anjou qui focalise toute son attention. « Le chenin c’est un cépage qui, comme le pinot noir en Bourgogne, est un vecteur de terroir. En ne faisant que du chenin, j’essaye d’aller chercher de la manière la plus précise possible l’expression du terroir de chaque parcelle. C’est un outil. »

« On a la chance ici d’avoir un chaos géologique. En Anjou il y a l’Anjou noir et l’Anjou blanc, ici on est dans l’Anjou noir. On est sur le massif armoricain, ère primaire  donc sur des roches de 400 millions d’années jusqu’à Saumur. A partir de Saumur, on bascule sur le bassin parisien et sur les calcaires, des terroirs qui n’ont rien à voir. Ici on est dans une région de shistes, mais avec des cassures, des failles. »

Bon vivant et œnophile averti, ce Parisien a cherché pendant plusieurs années un endroit où réaliser son rêve : faire du vin. Venant en vacances à Chinon  où il dispose d’une résidence secondaire depuis 12 ans, c’est tout naturellement qu’il a développé une passion pour les vins de Loire. Il a donc franchi le pas en 2018, une année rêvée pour un premier millésime.

Le domaine Belargus est exclusivement planté en cépage chenin. Il dispose d’une collection de terroirs situés sur les différentes appellations de l’Anjou : Quarts de Chaume Grand Cru, Savennières, Anjou Blanc, … Les 26 hectares du domaine vise à être certifié en Biodynamie dès que possible.

« C’est cette vigne là qui m’a fait basculer dans l’aventure ». L’enthousiasme d’Ivan Massonnat pour sa vigne du Coteaux des Treilles est contagieux. Il avait déjà touché Jo Pithon qui en était le propriétaire avant lui et en avait fait le fleuron de son domaine. « Patrick Baudoin m’a présenté Jo qui m’a amené ici, un matin, sous la neige. On était tous les deux sous la neige ici, j’ai eu le choc graphique de la beauté du lieu déjà. »

« Ici on est au coeur d’une réserve naturelle classé. Au sommet, un botaniste a découvert des espèces méditerranéennes (qui n’ont rien à faire sous ces latitudes). Il a créé une société savante qui a commencé à faire des analyses … Ils ont révélé que sur ce piton rocheux il fait 1 degré de plus que dans les environs. Ils ont aussi dénombrés plus de 420 espèces de plantes, et un très grand nombre d’insectes. Il y a une biodiversité très importante dans ce lieu car il n’y a jamais eu de chimie … Les vignes ont été abandonnées après guerre car les rendements étaient trop faibles et c’était impossible à mécaniser. Du coup la nature a repris ses droits et maintenant là où il y avait de la vigne il a y des forêts. Mais la parcelle existait bien, elle figurait au cadastre sous le nom « les Treilles ». Les Treilles sont donc au milieu d’une réserve de 10 hectares gérée par la Ligue de Protection des Oiseaux, et on essaye d’agrandir cette réserve en achetant des terrains aux alentours. »

« Les Treilles, c’est notre vin qui a le nez le plus floral de tous. Il est élevé en partie en foudre et en partie en fûts de 600L. C’est un terroir très capricieux avec deux types de sols différents. Au sommet de la parcelle on trouve de la roche magmatique : la spilite, une roche très dure qui provient des éruptions volcaniques sous marines il y a 420 millions d’années. En bas de la parcelle on est sur des poudingues. Cela a une incidence sur les maturités des raisins : cette année on a vendangé en trois fois cette parcelle. »

Le deuxième terroir particulièrement mis en avant à Belargus est celui de Quarts de Chaume, la seule appellation classée Grand Cru du Val de Loire pour ses liquoreux. Ivan Massonnat a acheté 10ha d’un seul tenant dans cette appellation. « Jo Pithon a été le premier à faire des vins secs sur Quarts de Chaume, c’était une vraie folie de faire ça. Généralement les gens ont très peu de Quarts de chaume et font des liquoreux. Nous on a choisi de faire des vins secs et de les vinifier en respectant le parcellaire. Nous vinifions donc deux cuvées séparément : les Rouères et les Quarts dont les terroirs sont bien différents ».

Le premier, les Rouères est une parcelle exposée plein sud située sur un sous sol de poudingues. Les grès poudingues sont des conglomérats nés d’éruptions volcaniques. Ce sont des sols très chauds, qui accumulent la chaleur la journée et la restituent le soir. Les poudingues donnent des vins larges et solaires. C’est notre terroir le plus riche, le vin le plus puissant.

De l’autre coté du chemin, la parcelle des Quarts est située sur des shistes donc sur des sols plus froids et on voit nettement la différence dans les vins, on le voit depuis le moût. On a la même signature avec un registre assez puissant mais avec un coté beaucoup plus tranchant. C’est un vin très droit avec énormément de longueur. Ce vin devrait avoir un grand potentiel de garde.

  

La dernière pépite du domaine que tient à mettre en avant Ivan Massonnat, c’est un terroir de Savennières, le Clos des Ruchères. «On a racheté ce petit coteau qui avant n’était pas planté en vignes mais qui a été planté il y a une quinzaine d’années. C’est un terroir extraordinaire avec très peu de sol puisqu’il y a 10 à 15cm de terre et en dessous c’est de la roche en feuillets. Ce sont des shistes ardoisiers c’est à dire des compressions d’argile. Ces roches sont très friables donc les racines peuvent plonger dans les failles. On va reconstituer le clos avec un mur pour entourer la parcelle car il y a déjà un mur existant d’un coté. Je pense que d’ici quelques années cette cuvée sera une de nos cuvées phare.»

Ce ne sont donc ni les projets ni l’énergie qui manquent à ce tout nouveau vigneron surmotivé qui espère bien contribuer à faire rayonner le chenin et l’Anjou avec Jo Pithon a ses cotés pour l’épauler. Il était cette année le président de la Paulée de l’Anjou, un signe que son intégration parmi les vignerons est déjà réussie et qu’il sait endosser avec plaisir le rôle rassembleur de porte drapeau pour son appellation.

Pour en savoir plus :

Tout savoir sur la Paulée de l’Anjour 2019

Découvrir le Pineau d’Aunis, cépage méconnu de la Loire

Suivre lactualité du Domaine Belargus

Publicités

Le chenin en fête à la Paulée de l’Anjou

Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019

Y’a pas que le chardonnay dans la vie, y’a le chenin aussi ! Ce cépage blanc, roi de l’Anjou a été mis à l’honneur lors de la 8e Paulée de l’Anjou qui s’est déroulée le 30 juin 2019. Pour la première fois, cet événement réunissait les vignerons de l’Anjou noir et de l’Anjou blanc, autour d’une journée passionnante et festive. 

C’est au cœur du vignoble de Savennières, à la Coulée de Serrant que cette journée ligérienne a commencé. Au programme, une promenade dans le vignoble et une présentation des principaux crus de l’Anjou. Historiens, géologues et vignerons étaient là pour expliquer les spécificités du terroir et de la conduite du vignoble.

Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019

Paulée de l'Anjou 2019 Paulée de l'Anjou 2019

La Coulée de Serrant est un vignoble séculaire, planté au 12ème siècle (1130) par des Moines Cisterciens qui est toujours resté en vigne depuis. L’ancien petit monastère qui fait toujours partie de la propriété est classé à l’inventaire des monuments historiques et le domaine compte nombre de vestiges de différentes époques. Depuis 1984 les vignes sont conduites en agriculture biodynamique et Nicolas Joly a largement contribué à la renommée de ses vins même si déjà au moyen âge Louis XI célébrait le vin produit ici. 

La dégustation qui s’en est suivie a regroupé une soixantaine de domaines présentant chacun deux vins. Un bel aperçu de la variété des terroirs et de leurs expressions et quelques jolies découvertes. Tous les cépages étaient représenté mais avec la tenue du congrès international du chenin le lendemain, ce cépage était particulièrement bien représenté. Mes 3 coups de cœurs en chenin parmi tous ces flacons : Franc de Pied 2017 de Philippe et Catherine Delesvaux, l’Anjou blanc du Domaine Augereau et le Saumur blanc 2018 de Brendan Stater-West.

Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019

Cette 8e édition de la Paulée de l’Anjou s’est achevée par un diner d’exception dans le cadre grandiose des Greniers Saint Jean à Angers. Pour l’occasion, trois chefs étoilés angevins ont participé à l’élaboration du menu : Pascal Favre d’Anne (le Favre d’Anne à Angers), David Guitton (la Table de la Bergerie à Champ sur Layon) et Mickaël Pihours ( le Gambetta à Saumur). Un diner haut en saveur et riche en dégustation puisque les vignerons ont également régalé leurs invités avec des vieux millésimes et quelques magnums et jéroboam directement sortis leurs caves … La soirée s’est joyeusement poursuivie jusque tard, en dégustant quelques vieux liquoreux pour certains et sur la piste de danse pour les autres !

Paulée de l'Anjou 2019 Paulée de l'Anjou 2019 Paulée de l'Anjou 2019 Paulée de l'Anjou 2019

Pour tout savoir sur la Paulée de l’Anjou, rendez vous ici 

Pour aller plus loin, vous pouvez revoir mon reportage sur le Pineau d’Aunis 

 

Colette, la Bourgogne et le vin

Née en Bourgogne et décédée rue de Beaujolais à Paris, Colette aura toute sa vie été une redoutable ambassadrice du vin. La légende veut qu’elle ait été initiée à 3 ans par son père avec un Muscat de Frontignan. Enfant, sa mère Sido lui fait gouter les grands vins qui peuplent la cave de la maison de Saint Sauveur en Puisaye. Épicurienne et nostalgique de sa Bourgogne natale, Colette entretiendra tout au long de son existence une relation étroite avec le vin et sa maison d’enfant. Consommatrice, ambassadrice, et même viticultrice, c’est surtout au fil de ses écrits qu’elle promeut tout au long de sa vie sa passion pour la vigne et le vin.

«La vigne, le vin, sont de grands mystères. Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu’est la véritable saveur de la terre. Elle ressent, exprime par la grappe les secrets du sol.» Mélanges, Colette, éditions de Crémille, 1971.

Son premier mari Willy lui achète en 1900 une maison en Franche Comté. C’est l’époque où elle rédige la série de Claudine, plus grand succès éditorial de la Belle Époque. Elle découvre les vins du Jura avec une passion particulière pour le vin de paille, un vin qu’elle qualifie de «traître comme tous les grands séducteurs».

 

Colette vigneronne : la Treille Muscate

En 1925, divorcée et libre, elle achète une propriété près de Saint Tropez. Deux hectares de vignes, de forêts et de vergers qu’elle baptise «La treille muscate». Elle se prêtera personnellement aux diverses taches de la vigne, de la taille aux vendanges. La propriété produit 20hL de vin rouge, quelques bonbonnes de rosé et de blanc pour les amis de passage mais aussi du ratafia et des raisins confits à l’eau de vie. Une activité qui lui plait et qu’elle pratiquera jusqu’à la vente de la maison en 1938.

Elle écrira : “Nous descendons dans le souterrain royaume. Une très légère buée bleue – on a soufré les tonneaux- épaissit l’air, sous les voûtes étoilées d’ampoules électriques. A perte de vue et pareilles aux perspectives sans issue qu’inventent les songes, les parois sont de barriques, de barriques et encore de barriques.(…) Au profond de la terre, dans la cave aux bouteilles, reposent les fruits de tant de soins : flacons jeunes, lisses, fioles millésimées ; aînées chenues, habillées lentement d’une fourrure impalpable, grise et blanche comme le duvet qui frémit sur le corps des bombyx nocturnes…(…) C’est plaisir que s’instruire sous ces voûtes où la voix s’assourdit, où les pas crissent à peine sur un gravier trié” (texte publié dans le recueil Prisons et paradis en 1938).

Colette ambassadrice

Elle fait la promotion du vin Mariani, une boisson développée à partir de 1863 par un pharmacien, Angelo Mariani. Cette boisson à base de vin de bordeaux et d’extraits de coca du Pérou était célébrée pour ses vertus dynamisantes. Le Coca Mariani (qui inspirera ensuite le Coca Cola) contenait en fait 7mg de cocaïne pure par bouteilles et fut donc interdite en 1910 car considérée comme une drogue. Mais nombre de célébrités de l’époque en firent la promotion, dont immanquablement Colette.

En 1929, elle est sollicitée pour rédiger une plaquette publicitaire pour la maison Chauvenet à Nuits Saint Georges. Un genre de publi-reportage agrémenté de photos qui paraitra dans la presse et lui attirera les foudres des Bourguignons. La maison Chauvenet réalisait des assemblages de cuvées de vins de tous horizons et voulait créer un vin de marque. Une hérésie dans une région viticole où les terroirs sont depuis toujours érigés en valeur supérieure. La réaction hostile des viticulteurs sera relayée par Gaston Roupnel, professeur à Dijon, et aboutira en 1930 à la délimitation de la Bourgogne viticole et à la création des appellations, encore en vigueur aujourd’hui.

 

On connaît à Colette une relation amicale et épistolaire suivie avec Lucien Brocard, négociant en vins et spiritueux parisien situé à Bercy qui approvisionne l’écrivain en vin, notamment pendant la guerre, période de rationnement où Colette peine à trouver du vin. A cette époque sa santé se dégrade et elle loue les qualités fortifiantes du vin. En 1943 elle écrit à son ami pour demander une fois encore s’il peut lui fournir quelques bouteilles en ces termes : « Savez vous ce qu’on m’ordonne comme tonique, parmi les quinines, quinoxyléine, quincardine? Du vin sucré encore et toujours ! Nous sommes bien dénués du «tonique» sucré ou non et me voilà encore pendue à vous». Il accède à sa requête et elle le remercie ainsi : «Si vous voyiez comme j’ai meilleure mine ce soir … Un vin rouge charmant, juste comme j’aime ! Et pour finir, un morceau de sucre au fond du verre, – ordonnance du médecin. Merci de m’avoir encore une fois dépannée et soignée». On apprend notamment dans cette correspondance qu’il lui fera parvenir en 1943 pour son anniversaire une bouteille de Chambertin 1933 qu’elle appréciera tout particulièrement.

Elle se fournit en vin sous forme de bouteilles, mais aussi parfois sous forme de fûts. Il faut donc le mettre soi même en bouteille avant de le déguster.

Pour ses 75 ans en 1948, elle reçoit une bouteille de Mouton Rotschild de 1873 (son année de naissance). Elle célèbre en ces termes cette fameuse bouteille : « Ma foi, comme à moi, il lui restait quelque feu, une couleur atténuée, une bonne odeur de violettes, et le vin de Mouton qu’elle m’apportait reposait doucement sur sa lie, d’où nous l’éveillâmes pleins de gratitude et de précaution.»

La maison natale de Colette

C’est l’endroit où elle a vécu jusqu’à ses 18 ans et qui restera pour toujours associé à son enfance, aux souvenirs heureux et à la personnalité de sa mère, Sido. Il faut visiter cette maison pour se rendre compte de l’atmosphère bourgeoise, baignée de culture et de fantaisie dans laquelle la petite Colette a vécu. Elle gardera d’ailleurs toute sa vie son accent bourguignon …

N’hésitez pas à vous y rendre été comme hiver, cette maison admirablement vivante est ouverte toute l’année au public. Un travail rigoureux de reconstitution des décors de l’enfance de l’écrivain a été effectué, tant au niveau des papiers peints que des objets et même jusqu’à la lumière qui reproduit l’éclairage du XIXe siècle. Le bureau de son père qui se rêvait écrivain, la salle à manger où le couvert est dressé, la cuisine ouverte sur le jardin, chaque pièce regorge d’anecdotes qui auront servi plus tard de matériel littéraire à Colette. Seul petit bémol, la fameuse cave du premier mari de Sido qui servit à l’initiation de la petite Colette ne se visite pas !

Pour aller plus loin :

Vous pouvez vous rendre à la maison natale de Colette à Saint Sauveur en Puisaye, ouverte au public toute l’année. Voir sur le site internet de la maison de Colette . La visite est guidée et comprend également une visite des jardins.

 

Conseils bibliographiques :

Enfin à noter qu’un film vient de sortir sur Colette. Il retrace essentiellement les premières années de sa vie avec Willy et son émancipation progressive comme femme et comme écrivain. Il ne traite pas exactement de son lien avec la Bourgogne ou le vin …

Escapade automnale dans le Jura de Château Chalon aux lacs

L’automne arrivé, les vins entonnés, voici venu le temps de reprendre ce blog endormi ! Retour en douceur avec ces quelques clichés d’une brève mais revigorante escapade jurassienne … De Château Chalon aux lacs en passant par Baume les Messieurs, on passe des soigneuses mosaïques viticoles aux grands espaces sauvages. N’hésitez pas à laisser vos bons plans tourisme ou restaurants en commentaires !

 

De Chateau Chalon à Baume les Messieurs, la côte viticole laisse peu à peu place aux forêts et aux falaises abruptes. Le tranchant de la roche amortie par les camaïeux orangés de la végétation qui l’absorbe. Et dressée humblement au fond d’un vallon, l’abbaye de Baume les Messieurs. Un site clunisien sobre et magnétique. Le village qui l’accueille mérite largement la visite, et j’aurais également aimé admirer ses cascades fameuses si la sécheresse ne nous avait privé de ce spectacle naturel fascinant.

     

Cap au sud est en direction du Parc Naturel et de ses nombreux lacs… Un environnement dépaysant et si apaisant. J’ai été agréablement surprise par le peu de visiteurs qui nous a permis de vraiment admirer ces paysages dans toute leur sérénité. À ne pas manquer, le Belvédère des Quatre Lacs (accessible facilement en voiture si vous n’avez pas envie de faire trop de randonnée). Un point de vue à couper le souffle sur les lacs de Narlay, du Petit et du Grand Maclu et celui d’Ilay. Un petit air de Canada flotte sur cette nature sauvage entre forêts montagnes et lacs.

          

Pour retrouver l’itinéraire de cette petite escapade regardez ici :

Musique et vin : le festival de Bach à Bacchus à Meursault

Si aujourd’hui les festivals associant musique et vins sont légions, il en est un qui existe depuis 32 ans déjà et qui est tout particulièrement cher à mon coeur, il s’agit du festival De Bach à Bacchus qui fut créé à Meursault autour de vignerons passionnés de musique. Cet été comme à l’accoutumée, ce petit village de Cote d’Or a vécu quelques jours sous la signe de la musique, sans se départir de sa convivialité vigneronne.

Fanfare, orgue, jazz, piano classique, ensembles insolites, toutes les musiques sont à l’honneur dans une ambiance festive. La musique, même pointue, doit se mettre à la portée de tous, s’offrir au plus grand nombre. Ainsi le samedi est chaque année une journée où les concerts se déroulent en plein air, dans des lieux insolites du village ou chez des murisaltiens qui ouvrent leurs portes pour l’occasion. On peut ainsi déambuler dans Meursault, un verre à la main et flânant d’une rue à l’autre et s’arrêter pour écouter ici l’Harmonie de Meursault, là un duo d’accordéon et guitare ou ailleurs un nocture de Chopin. Un parcours musical et œnologique qui permet de découvrir cinq concerts et cinq vins en cinq lieux différents, sous le soleil.

   

Talents confirmés et en devenir constituent la programmation du festival. Cette volonté de mettre en avant de jeunes musiciens est soulignée depuis quatre ans par un prix, le Prix André Boisseaux, qui donne la possibilité au lauréat d’enregistrer son premier disque et d’en faire la promotion. Il a précédemment récompensé le violoniste David Petrlik, le violoncelliste Ivan Karizna et la pianiste Célia Oneto Bensaid. Cette année, c’est un jeune pianiste de jazz, Noé Huchard qui a été distingué à seulement 18 ans. Après avoir reçu ce prix des mains de Monique Boisseaux et de Yves Henry (président du festival), le jeune homme a joué quelques standards du jazz et une improvisation sur le thème de Mozart.

La soirée qui se déroulait au Château de Meursault s’est ensuite poursuivie par un spectacle littéraire et musical autour de Mozart avec le pianiste François Chaplin et la comédienne Brigitte Fossey avant de se conclure par un diner dégustation. Une édition 2018 qui une fois encore à su trouver l’accord parfait entre grands artistes, jeunes talents, et convivialité : l’équilibre, comme pour les grands vins, fait les grands festivals !

Pour plus de renseignements, découvrez le site internet du festival ici 

Pour vous inscrire pour l’édition 2019 contactez l’office du tourisme de Meursault 

Terres et vins de Champagne fête ses 10 ans en fanfare

Terre et Vins de Champagne a 10 ans ! Cet anniversaire a été fêté en fanfare à l’Assiette Champenoise, établissement triplement étoilé de Arnaud Lallement. 

Terres et Vins, c’est un regroupement de vignerons de Champagne pionniers. Depuis 10 ans, ils ont choisi de mettre en avant la manière dont ils font s’exprimer leurs terroirs à travers leurs vins. Une application particulière aux vignes et en cave au service du terroir et du vin et une envie de partager leur engagement dans une convivialité communicative. Pour tout savoir sur Terre et Vins, cliquez ici.

Cette association compte 23 membres : Pascal Agrapart, Françoise Bedel, Raphaël et Vincent Bérèche, Delphine Richard-Boulard, Emmanuel Brochel, Alexandre Chartogne,  Vincent Couche, Pascal Doquet, Jean Baptiste Geoffroy, Etienne Goutorbe, Olivier Horiot, Cyril Jeaunaux, Benoît Lahaye, Aurélien Laherte, Vincent Laval, David Léclapart, Marie-Noëlle Ledru, Dominique Moreau, Franck Pascal, Olivier Paulet, Fabrice Pouillon, Aurélien Suenen, Benoît et Mélanie Tarlant ( ❤ )

Pour arroser cet anniversaire, le millésime 2008 était logiquement à l’honneur pour le plus grand plaisir des convives. En vedette également la journaliste Caroline Henry qui a reçu à cette occasion le prix Terres et Vins, remis pour la première fois à une femme. Ce prix récompense chaque année depuis 10 ans une personnalité qui oeuvre à la renommée des champagne et à leur meilleure appréhension en tant que vins de terroirs. Arnaud Lallement, notre hôte du soir était notamment le lauréat de ce prix en 2017.

Connue également sous le nom de Miss In Wine, Caroline Henry est la plus champenoise des Belges. Installée depuis 2011 à Hauvilliers, elle écrit depuis une dizaine d’année des articles sur la Champagne et ses vignerons et a publié un livre « Terroir Champagne » uniquement dédié aux producteurs qui travaillent dans le respect de l’environnement et avec une approche la plus naturelle possible.

Le lendemain de cette soirée événement avait lieu la traditionnelle dégustation des vins clairs qui se tenait au Palais du Tau à Reims, ancienne demeure des évêques et archevêques qui jouxte la magnifique cathédrale où furent sacrés les rois de France. Un sacré écrin pour une dégustation où les vins clairs sont à l’honneur. Chaque vigneron fait ainsi découvrir ses vins du dernier millésime, encore en élevage, et surtout avant qu’il ne comporte des bulles. Chardonnay, pinot noir, pinot meunier, âge des vignes, type de sol : un exercice passionnant qui permet de rendre compte au mieux des terroirs et des méthodes de vinification de chacun.

À la dégustation des vins clairs millésime 2017 succède la dégustation des champagnes tels qu’ils sont actuellement commercialisés. On retrouve alors les caractéristiques dégustées précédemment dans les vins clairs. « C’est le vin de base qui fait la qualité de la bulle » selon Raphaël Bérèche. Ses vins sont élevés sur lies en fûts pendant longtemps (le premier soutirage a lieu en avril), « les jus sont donc plus riches ce qui permet à la bulle d’être plus posée ».

Autour de l’initiative de Terres et Vins plusieurs autres manifestations se sont développées au fil du temps ce qui donne maintenant lieu à plusieurs jours de dégustation regroupées sous l’appellation « Printemps des Champagne » et qui sont principalement réservées aux professionnels. Merci à Raphaël Berèche et Marie Horiot pour toutes leurs sympathiques explications qui m’ont donné envie d’en savoir bien plus sur le champagne… Et puis un MERCI géant à Mélanie et Benoît Tarlant pour cette expérience inoubliable !

D’Irancy à Noyers Sur Serein, promenade dans l’Yonne

Promenons nous dans l’Auxerrois en attendant que le printemps y soit … D’Irancy à Noyers sur Serein, escapade dépaysante et gourmande en Bourgogne septentrionale à mi chemin entre Paris et Beaune où bâti médiéval et paysages viticoles alternent aimablement.

Village viticole réputé pour ses vins rouges, ce village fait figure d’exception dans ce coin de Bourgogne situé entre Saint Bris réputé pour ses vins blancs de sauvignon (la seule appellation Bourguignonne produisant ce cépage) et Chablis, immense région de production de chardonnay. L’implantation de la vigne dans ce village remonterait au IIe siècle. Créée en 1998, l’appellation « Irancy » produit donc exclusivement des vins rouges majoritairement composé de pinot noir et dans une proportion minoritaire de cépage césar.

Également réputé pour sa production de cerises, ce village est également à voir au printemps lorsque les cerisiers en fleurs recouvrent les coteaux.  Ne pas rater à Irancy la très belle église Saint Germain fondée par les moines d’Auxerre au XIIIe siècle 

 

Véritable institution dans la région, le Soufflot est l’endroit idéal pour un déjeuner gourmand dans une ambiance conviviale. Les plats sont généreux, la carte des vins remarquable avec une sélection de vins de la région évidemment mais également de très belles références dans la plupart des régions de France. Prix doux et accueil généreux : on ne peut rêver mieux ! Il se murmure que le Soufflot devrait ouvrir très prochainement un deuxième établissement, situé à Meursault…

Pour l’anecdote, on retiendra que ce restaurant doit son nom à Jacques Germain Soufflot, architecte du 18e Siècle né à Irancy. On lui doit notamment la réalisation du Panthéon à Paris (la rue Soufflot a d’ailleurs une place au Panthéon de la chanson française, bonus en musique ici) mais également la façade de l’Hotel Dieu à Lyon. Il est le grand homme d’Irancy. 

Entre deux coteaux, arrêt à Chitry. Du 10eme au 13e siècle ce village était séparé en deux, une partie appartenant au comté de Tonnerre (en Champagne), et la seconde appartenant au comté d’Auxerre (en Bourgogne). On y produit des vins blancs et rouges mais ce village vigneron est surtout remarquable pour son église fortifiée. Sur les 4 tours qu’elle possédait on peut aujourd’hui admirer surtout sa tour ronde ressemblant à un donjon et sa tour carrée.

Arrivée à Noyers sur Serein, un des plus beaux villages de France aux très nombreux vestiges médiévaux. De nombreuses entrées de caves rappellent ici aussi l’importance historique de la viticulture. A l’Ascension, les vignerons se rendent à la porte de Tonnerre et décorent la statue de la Vierge à l’Enfant, leur protectrice. Mais Noyers-sur-Serein a aussi été une ville d’agriculture (à ne pas rater, la place du Marché-au-blé). Elle tire d’ailleurs son nom du mot nux, la noix. La ville toute entière renvoie l’image d’une cité paysanne plutôt prospère.

Étape obligatoire également à l’église Notre Dame édifiée entre 1491 et 1515 qui est de style gothique très pur. Terminez votre visite le loin du Serein qui longe le village. Vous pourrez admirer les anciens remparts et les 19 tours de fortifications qui sont encore partiellement visibles ou intactes. 

En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou redécouvrir cette partie de Bourgogne. N’hésitez pas à me donner vos bonnes adresses et vos villages coups de coeurs aux alentours…