Le premier vin de Bordeaux issu de cépages résistants

Cépages résistants Ducourt

Jonathan Ducourt n’est pas peu fier de présenter ses vignes plantées en cépages résistants. Des vignes qui n’ont presque plus besoin de traitements puisque les pieds ne sont pas sensibles au mildiou et à l’oïdium, les deux principales maladies qui touchent la vigne dans toutes les régions. Plantées il y a trois ans, cette vigne a produit cette année la première récolte qu’il pourra vinifier et donner ainsi le premier Bordeaux issu de cépages résistants.

On appelle cépages résistants des cépages caractérisés par leurs bonnes résistances à certaines maladies comme la pourriture grise, le mildiou, l’oïdium… Des maladies très courantes de la vigne et qui nécessitent des traitements chimiques ou bio fréquent lors de la croissance de la plante. L’objectif en cultivant ces cépages est donc de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. Ce ne sont pas des OGM, mais des cépages créés par une reproduction sexuée de la vigne (pour tout comprendre regardez ici).

Ces cépages sont beaucoup plus plantés à l’étranger, notamment en Allemagne et en Suisse qu’en France. Mais quelques vignerons curieux ont néanmoins tenté l’expérience parmi lesquels Jonathan Ducourt (domaine Ducourt) producteur dans l’Entre Deux Mer près de Bordeaux. C’est un autre vigneron engagé dans cet essai, Vincent Pugibet (domaine de la Colombette à Bézier) qui lui a donné envie d’essayer. C’est lui qui a planté les premiers cépages résistants en France et désormais il ne fait plus aucun traitement.

« J’ai entendu parlé du travail de Vincent Pugibet par un client que nous avions en commun et je suis allée le voir. Naturellement cela m’a donné envie d’essayer! » explique Jonathan Ducourt. Il se lance dans l’aventure il y a trois ans. « Nous avons acheté nos plants chez des pépiniéristes suisses et allemands. Nous avons choisi plusieurs portes greffes plutôt vigoureux. » Il a donc planté 1,7 hectare de Cabernet Jura, un cépage rouge qui donne des vins très colorés et assez souples et 1,3 hectares de Cal 6-04, un cépage blanc très aromatique, mélange de sauvignon blanc et de riesling.

Cépages résistants DucourtCépages résistants Ducourt

 

Cépages résistants Ducourt

Cépages résistants Ducourt

« Nous avons planté ces pieds dans les mêmes conditions que pour des cépages classiques, à 4 000 pieds/hectares. La première année nous avons réalisé un seul traitement et les deux années suivantes nous en avons réalisé seulement deux pour toute la campagne (au lieu de huit pour le reste du domaine). Du temps et de l’argent économisés qui nous ont permis de nous concentrer sur un travail plus qualitatif. Nous n’avons pas désherbé sous le rang mais passé les interceps. Ces cépages sont naturellement résistants au mildiou et à l’oïdium mais il faut néanmoins surveiller les autres maladies comme l’érinose, le black rot ou l’anthracnose. »

Ci dessous un rang planté en Cabernet Jura et un rang témoin planté en Cabernet Sauvignon (cépage traditionnel). On constate en effet que le Cabernet Jura a été épargné par le mildiou contrairement au Cabernet Sauvignon. On constate également que le cabernet jura est plus précoce.

Cépages résistants Ducourt Cépages résistants DucourtCépages résistants Ducourt

Compte tenu de la précocité de ces cépages, les vendanges ont déjà eu lieu pour le Cal 6-04 au domaine Ducourt. Ramassé mercredi dernier, ces jolis raisins blancs ont souffert tout autant que les cépages classique de la chaleur de cet été et ont donc donné un rendement assez faible : 18hL pour 1,3 hectare. Néanmoins les maturités étaient intéressantes (12,3 degré potentiel). Il ne reste plus à Jonathan Ducourt qu’à vinifier cette cuvée … Elle devrait être commercialisée début 2017. Côté rouge, les cabernet jura devraient être vendangés en fin de semaine.

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Pour aller plus loin : 

Vous pouvez également vous procurer l’ouvrage réalisé sous la direction de Jacques ROUSSEAU, responsable des services viticoles, et de Stéphanie CHANFREAU, chargée de mission, du Groupe ICV à cette adresse : http://e-services.icv.fr/fr/

Le site du groupement international PIWI, association internationale qui dispose d’une filiale française depuis mai 2016 (voir cet article de Vitisphère)

Cet article très complet sur le sujet de Miss Vicky Wine ainsi que cet article de Mon-Viti et celui du Figaro Vins sur le sujet.

Et découvrez aussi le Blanc Limé du Domaine Ducourt !

Château Tour Saint Christophe : une « belle endormie » reprise par un Chinois

Copyright : Marthe Henry - L'actu du vin

Un vignoble en terrasses centenaires. Une équipe dynamique et motivée. Un nouveau propriétaire chinois. Le Château Tour Saint Christophe, grand cru de Saint Émilion et ancienne propriété de la MAAF, commence une nouvelle aventure, entre tradition et révolution. 

Le Château Tour Saint Christophe est la troisième propriété bordelaise acquise par le Chinois Peter Kwok, déjà propriétaire du Château Haut Brisson à Saint Emilion et du Château La Patache à Pomerol. « Le Château Haut Brisson, situé dans le bas de Saint Emilion a été acquis en 1997 par Peter Kwok. Il est le premier asiatique a avoir acheté un château à Saint Émilion. Il a compris que pour faire du bon vin il fallait un très bon terroir.  Il a donc cherché à acquérir un autre château avec un terroir d’exception. Ce domaine, c’est le Château tour saint Christophe, situé dans le haut de Saint Emilion, qu’il a acquis en janvier 2012. » raconte Sandrine Bosc, directrice des trois domaines.

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Le Château est situé sur un promontoire face au Château Troplong Mondot, 1er grand cru classé, et domine une série de terrasses où poussent les vignes du domaine. « Le Château est situé sur une butte argile calcaire » explique Sandrine Bosc. « Ce sont de très belles argiles mêlées à des calcaires en couche très épaisses. On voit ces couches de calcaire affleurer à même les terrasses. Les racines de la vignes sont donc obligées d’aller puiser des ressources en eau à travers le calcaire qui fonctionne comme une éponge et ce qui qualitativement donne de très bons résultats. » Le domaine compte 11,4 hectares de grand cru Saint Émilion.

Selon Jean Luc Thunevin, vigneron à Saint Émilion, cette propriété est « une belle endormie » et son rachat par Peter Kwok en fait une « propriété à suivre, tellement bien située, sur ces beaux coteaux « florentins » de Saint Emilion ». Les méthodes de vinifications aussi ont été revues. « On vinifie la vendange entière en barrique ce qui donne des vins beaucoup plus ronds. » explique Sandrine Bosc. « Cette année, c’est une découverte, il faut apprivoiser le lieu et son terroir, être à l’écoute. C’est le début d’une belle aventure. »

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Merci à Laurent pour m’avoir fait découvrir ce château, et à toute l’équipe pour leur accueil chaleureux pendant les Primeurs !

Château Tour Saint Christophe, 33330 Saint Christophe des Bardes

À lire et à voir également :

Dans les coulisses des travaux du nouveau chais du Château Angélus 

Rencontre avec Thibault Decoster, vigneron à Saint Émilion

Le classement de Saint Émilion vu par Silvio Denz, propriétaire à Saint Émilion

Dans les coulisses des travaux du nouveau chais du Château d’Angélus

Chateau Angélus travaux

Cos d’Estournel, Faugères, Cheval Blanc, autant d’illustres domaines bordelais qui ont confié le renouveau de leurs chais à des architectes d’exceptions et qui ont fait le choix de la modernité la plus totale. Angélus, récemment promu grand cru classé A de Saint Émilion a également entrepris des travaux colossaux, mais en faisant le choix de la tradition.

Hubert de Boüard, propriétaire de Saint Émilion explique ce choix et nous fait une visite guidée des travaux :

« Il fallait que l’on rénove. Il y a un aspect esthétique mais aussi un aspect pratique car Angélus était un bâtiment agricole qui avait besoin d’être rénové avant tout. Le bâtiment se devait d’être à la hauteur du site exceptionnel du château, situé à 800m du centre de Saint Emilion.  »

Entamé en début d’année, l’ouvrage a été confié à un ancien ingénieur des bâtiments de France (Jean-Pierre Errath) et les travaux sont réalisés en grande partie par des compagnons. L’objectif est clairement d’inscrire Angélus dans une harmonie patrimoniale avec la cité médiévale de Saint Emilion, classée au patrimoine mondiale de l’Unesco.

Plan  travaux Angélus Marthe Henry Actu du vin

L’installation et la bénédiction en grande pompe, le 24 octobre dernier, du somptueux carillon de fer forgé qui sonne non seulement l’Angélus mais également les hymnes internationaux a marqué une étape symbolique et spirituelle.

« C’est beaucoup d’émotion. Moi je suis né à Angélus, car mon grand père était médecin. J’ai grandi avec ces sonorités, avec cette histoire. Le fait de transcrire, transposer dans le futur, et on l’espère étant donné la manière dont on a travaillé, dans les centaines d’années à venir cette symbolique d’Angélus, à travers des cloches qui sonnent, ça a été un très fort moment d’émotion ».

Mais il reste encore de longs mois de travaux. Hubert de Boüard espère qu’ils s’achèveront fin 2013.

Carillon chateau Angélus

Pour en savoir plus

Bernard Magrez devient le premier propriétaire de grands crus classés du Bordelais

Bernard Magrez a fait l’acquisition du Château Haut Peyraguey, premier grand cru classé de Sauternes. Il devient ainsi le seul propriétaire de quatre domaines grand crus classés dans le Bordelais, sur quatre appellations différentes. Rencontre avec un homme de 76 ans qui figure au palmarès des 100 plus grandes fortunes de France, et qui « aime les difficultés ». 

« J’aime beaucoup le Sauternes. C’est un vin très difficile à produire, pour commencer. On aime les difficultés et ça, c’est une première difficulté ! On trouve dans le Sauternes des arômes absolument extraordinaires, qui sont des arômes dus à la qualité du terroir et à la qualité de l’élevage. C’est un travail différent du Médoc, différent de Saint Émilion, différent des Graves. »

« Nous avions déjà un château à Sauternes, le château Latrézotte, mais nous avons toujours souhaité avoir un premier grand cru classé de Sauternes. J’ai attendu un certain nombres d’années, parce que pour acheter quelque chose, il faut qu’il y ait un vendeur. Et j’ai donc fait l’acquisition de ce Château Haut-Peyraguey. » Ce premier grand cru classé de Sauternes de 12 hectares produit environ 28 000 bouteilles par an. Il se trouve sur le haut plateau des Bommes, juste en face du château d’Yquem. Propriété de la famille Pauly depuis 1914, le Clos Haut Peyraguey était dirigé depuis 2002 par Martine Langlais Pauly.

Une acquisition importante sur le plan international

« Ce premier grand cru classé de Sauternes vient se rajouter à trois autres grands crus classés que j’ai qui sont le château Pape Clément (grand cru classé de Graves), château La tour Carnet (grand cru classé du Médoc) et château Fombrauge (qui vient d’être classé grand cru de Saint Émilion). Ca nous fait quatre grands crus classés, donc nous sommes devenus les premiers propriétaires de grands crus classés en Bordelais sur quatre appellations différentes. C’est quelque chose qui est très important sur le plan international. »

A lire également sur ce sujet, le billet de Nicolas de Rouyn, journaliste spécialisé et blogueur (Bon Vivant), qui estime que « c’est tellement difficile à produire et si compliqué à vendre qu’on ne gagne pas (ou peu) d’argent avec un sauternes. Il y faut une passion dévorante et authentique. En revanche, on peut espérer que l’arrivée d’un personnage de ce calibre dans l’appellation va booster l’intérêt pour ces vins magiques. »

Classement de Saint Emilion : réaction de Silvio Denz (Château Faugères et Péby-Faugères)

Silvio Denz, propriétaire des Château Faugères et Château Peby Faugères voit ses deux châteaux promus Grands Crus Classés par le nouveau classement des grands crus de Saint Emilion. 

L’annonce sera confirmée lors de la conférence de presse qui se tiendra ce jeudi soir vers 18h mais Silvio Denz a reçu le courrier tant attendu : ses châteaux de Faugères et Péby-Faugères sont désormais classés en Grand Cru Saint Emilion, une « récompense » pour le travail accompli et surtout pour ses équipes comme il me l’a confié :

Retrouvez tous les résultats du nouveau classement sur le site de La Revue du Vin de France 

Rencontre avec Thibault Decoster, viticulteur à Saint Emilion

Thibault Decoster vit son « rêve » depuis qu’il s’est installé à Saint Emilion avec sa femme Magali en 2004. Depuis que Bernard Decoster, son pères, a racheté le Clos des Jacobins, grand cru classé de 8,5 hectares. Conseillé par Hubert de Boüard (Château Angélus), il est à la tête du Clos des Jacobins et du Château la Commanderie. 

« Je suis venu au monde du vin car c’était un rêve pour moi. J’ai fait des études de commerces jusqu’en 2001, et, diplôme en poche, j’ai essayé de réaliser mon rêve : devenir producteur de vin. Je suis donc venu à Bordeaux car je pensais que c’était le meilleur endroit pour apprendre ce qu’était la vie de viticulteur. »

« J’ai eu la chance de rencontrer les propriétaires du Château de Fieuzal à Léognan. Je lui ai expliqué que je voulais apprendre à faire du vin, pas dans une école, mais sur le terrain. J’ai commencé par faire les vendanges et je suis resté ouvrier agricole pendant 3 ans pour apprendre et toucher à toutes les tâches de ce très beau métier. »

« Après ces trois années d’apprentissage, je me suis mis à la recherche d’un vignoble à Saint Émilion. J’avais visité tous les vignobles de Gironde, mais j’ai eu un coup de foudre pour Saint Émilion, son village, ses coteaux, son histoire, ses habitants … Avec l’aide de mon père on a fait l’acquisition de Clos des Jacobins et du Château la Commanderie à Saint Emilion.  »

« Quand on exerce le métier de viticulteur, on découvre des choses nouvelles chaque année. Un nouveau millésime, un nouveau vin, c’est comme un nouvel enfant, c’est chaque fois différent. On apprend toujours. Je crois que l’attitude à avoir c’est d’avoir beaucoup d’humilité par rapport au métier que l’on exerce et par rapport au produit que l’on fait. Cette humilité fait que je pense que je serai peut être un vigneron à la fin de mes jours. »

Pour tout savoir sur Le Clos des Jacobins et le Château la Commanderie.

Le Blanc Limé sort de l’oubli

Le Blanc Limé est un apéritif traditionnel du Sud Ouest fabriqué à base de sauvignon blanc et de limonade. Une boisson tombée en désuétude que Jean Pierre Xiradakis, chef du restaurant Bordelais La Tupina, et la famille Ducourt (vignobles Ducourt) ont décidé de remettre au goût du jour.

“Ce nom de Blanc Limé à une forte charge émotionnelle, tout le monde connaît le Blanc Limé dans le Sud Ouest” raconte Jonathan Ducourt. La carte nostalgie est donc jouée à fond avec une etiquette retro et une bouteille un façon limonade “Le challenge était de retrouver l’esprit de cette boisson, tout en y apportant un peu de finesse” explique Jonathan Ducourt.  Il fallait notamment veiller au bon dosage des ingrédients pour obtenir une boisson agréable mais ni trop sucrée ni trop marquée par les arômes.

Après plusieurs mois de tests et de dégustation, la recette était au point. Deux tiers de sauvignon blanc (provenant des domains Ducourt), arômes naturels de citron, citron vert et orange, arômes naturels de fleurs comme la camomille, un peu de sucre, mais pas seulement. Il y a une part de secret aussi …

Grâce à une machine spéciale dont s’est équipée la famille Ducourt, la mise en bouteille de cette “boisson aromatisée à base de vin” se fait au domaine. C’est à ce moment là que se fait l’addition de gaz carbonique qui donne ses fines bulles au Blanc Limé. Le capsulage et l’étiquetage se font à la main.

Pour l’instant la production est assez confidentielle car ce n’est que la première année que ce Blanc Limé nouvelle version est commercialisé. Mais le pari semble réussi, il a notamment déjà été adopté par les Bordelais et la famille Ducourt envisage déjà de l’exporter à l’étranger.

Informations pratiques:  Vous pouvez trouver le Blanc Limé pour 7 euros en moyenne,  chez Cashvin à Bordeaux ou sur C Discount.

A lire également : L’article de Audrey Cuisine et la recette du Cognac Limé, cocktail à base de Blanc Limé, par Miss Vicky Wine .