Le vin comme « liquide politique » au Salon Rue89 des vins

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La quatrième édition du Salon Rue89 des vins s’est tenue à Paris début mai. Dédié aux vins « actuels et naturels » il jouit de l’intérêt croissant pour les vins natures. Un salon qui revendique également un certain militantisme pour une consommation responsable.

Antonin Iommi-Amunategui est le fondateur et l’organisateur de ce salon qui existe depuis 3 ans déjà. Auteur du blog No wine is innoncent hébergé par Rue89, il milite pour une approche politique de la consommation de vin : « Il y a une mouvance du vin naturel qui jusqu’ici n’a pas été reconnue, qui est en marge du vignoble plus traditionnel. Aujourd’hui, le vin naturel a les projecteurs braqués sur lui, il fait beaucoup parler et est très médiatisé, alors qu’en volume il ne représente peut être que 1% de la production mondiale.

Le vin nature, c’est tout un cercle vertueux. Il y a en premier lieu la vigne, cultivée en bio, puis la vinification où il y a très pas du tout d’additifs, puis la vente chez des cavistes indépendants (qui font leurs sélections eux mêmes) et finalement ce vin est bu par des francs-buveurs. Les consommateurs finaux ont conscience de tout ce travail en amont. Il y a une forme de liquide politique à travers le vin naturel qui intéresse à ce titre, un média comme Rue89. » 

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« Ces vignerons ont souvent des parcours très intéressants et leurs vins sont différents de ce que l’on a l’habitude de voir. Ce sont des vins à l’opposé du vin standardisé et formatés. » explique Antonin. C’est un salon dédié aux vins bio et naturels. donc les vins que je sélectionne sont des vins qui sont faits le plus naturellement possible, qui sont les plus vivants possibles. Il ne faut pas que ce soit des vins formatés surtout, il faut des vins différents. Comme je connais tous les exposants, je fais attention lors de la sélection des vins à ce que les vins ne se ressemblent pas. »

Parmi ces exposants, il y a Valentin Morel, vigneron dans le Jura, à Poligny précisément. Il a fait des études de droit et était auparavant fonctionnaire comme attaché de préfecture.  » Je fais partie de ces jeunes qui n’ont pas trouvé d’intérêt dans ces métiers soit-disant intellectuels. J’ai trouvé bien plus d’intérêt à retourner sur le domaine familial dans le Jura et reprendre les vignes que mon père avait travaillé depuis 30 ans pour faire des vins sans intrants. J’exploite avec mon père un domaine de 5ha. On a des terroirs typiquement jurassiens : des marnes argilo-calcaires et un coteaux sur éboulis calcaires. On cultive tous les cépages jurassiens (chardonnay, savagnin, poulsard, trousseau).

Je travaille de manière naturelle, j’ajoute éventuellement un peu de soufre à la mise en bouteille. Mon père avait arrêté tout désherbage chimique en 1999. Quand je suis arrivé en 2013, j’ai achevé de convertir le domaine en bio et biodynamie. J’essaye beaucoup les techniques culturales simplifiées : j’implante de la végétation dans les rangs de vignes pour corriger les propriétés du sol. On dit qu’on préfère le vert au fer : on préfère les plantes à la charrue. J’estime que les plantes et leur système racinaire peut davantage corriger les propriétés du sol qu’une intervention humaine. »

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C’est la première fois qu’il participe à ce salon. Sur la cinquantaine de domaine présent à chaque édition, Antonin sélectionne une vingtaine de nouveaux domaines qui changent à chaque salon. Valentin à saisit l’occasion : « D’une part j’ai accepté parce que j’ai besoin de me faire connaître parce que je suis jeune, mais aussi parce que je revendique une vision militante de mon métier de vigneron et j’ai le sentiment que dans ce salon il y a une vision un peu résistante et revendicative.

On revendique une vision du goût qui n’est pas formatée, qui est libérée. Parfois il y a des petits travers, il peut y avoir des vins un peu déviants. Mais je me retrouve dans cette résistance naturelle, dans ce combat agricole.  J’ai décliné ce combat là à l’échelle de mon exploitation : quand on défend cette vision là du vin, on vendange manuellement, on ne levure pas, on mets moins de sulfites et surtout on prend conscience que l’on fait un vin unique. Il n’est pas meilleur que les autres mais il est unique et singulier, et on défend cette singularité. »

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Organisé à la Bellevilloise, autour du vin nature très en vogue, le salon souffre d’une image de salon parisien pour bobos… « On a un public assez varié, autant au niveau des âges qu’au niveau de l’intérêt pour le vin : on a des gens qui ne connaissent pas du tout le vin naturel, ce n’est pas un public d’habitués. Il y a aussi des professionnels. L’idée, et c’est aussi la force d’un salon qui est adossé à un média généraliste, c’est que l’on peut toucher le grand public. On a Rue89 derrière nous, mais on a aussi L’Obs (propriétaire de Rue89 ndlr) et Télérama avec qui on organise la soirée de clôture, une projection du film Saint Amour commentée en direct par le réalisateur …… On a un panel de médias généralistes qui couvrent cet événement qui nous permet d’attirer autant de clients potentiels pour nos vignerons.

Autre nouveauté de cette quatrième édition, un espace dédié aux exposants « food ». Cela va des huitres au parmesan, en passant par des sardines… Et on peut toujours trouver des auteurs en dédicaces, des livres, et même un stand pour une application dédiée au vins natures qui s’appelle « Raisin »

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Au détour d’une allée, Patrick Böttcher, également blogueur (vins libres) et organisateur du salon Vini Birre Ribelli dont il arbore fièrement les couleurs sur son polo. « Comme Antonin, j’organise un salon à Bruxelles, et je pense qu’il faut être solidaires. Ces salons ce sont des moments de rencontres.

Notre philosophie, ce n’est pas le vin pour la bouteille, mais ce sont les humains qui sont derrière, c’est plus important. On veut faire comprendre aux gens que ce n’est pas comme en grande surface, c’est autre chose. Tout ces vins sont différents, les producteurs sont différents. » Également engagé dans le mouvement Slow Food, également présent au salon, il constate un changement dans les modes de consommation de nourriture et de vins comme un effet de génération : « les gens de 30 ans ont envie de changer leur manière de consommer, de se sentir responsables et veulent connaître les vignerons. »

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manifeste viPour aller plus loin : 

 

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L’héritage de Jules Chauvet célébré pour Bien Boire en Beaujolais

Chateau de Pizay Gamay DayJules Chauvet conférence

A la veille de la dégustation Bien Boire en Beaujolais, une journée de conférences et de débats s’est tenue au Chateau de Pizay à l’occasion du #gamayday. Parmi ces conférences, il y avait un hommage à l’héritage de Jules Chauvet, négociant beaujolais et précurseur des vins « natures ». Jules Chauvet est un personnage emblématique de l’histoire de la viticulture et est un enfant du Beaujolais. C’est à ce titre que la manifestation du Gamay Day lui a consacré ce dimanche une conférence sous forme d’hommage en présence de plusieurs vignerons.

 

Qui était Jules Chauvet ? 

Quelques éléments de biographie sont nécessaires pour saisir la personnalité de Jules Chauvet. Enfant de la Chapelle de Guinchay, un village du Beaujolais, il est né en 1907 dans une famille de négociants en vins. Dès 1934, il consacre un jour par semaine à des études de chimie et de biologie sur mycoderma vini, un champignon qui forme un voile à la surface des boissons fermentées et des jus sucrés sans provoquer la fermentation alcoolique. Jusqu’en 1939, année de sa mobilisation sous les drapeaux, il poursuit des études scientifiques très poussées.

Il reprend l’activité de négoce familiale Chauvet Frères après les décès de son père et de son oncle dans les années 1942-1943. En parallèle, il poursuit ses travaux sur les vinifications en rouge et les fermentations alcooliques à hautes températures. En 1954 il fait des recherches sur les macérations carboniques. C’est également dans les années 1950′ qu’il met en place une technique inédite et rigoureuse de dégustation descriptive. En collaboration avec Paul Bréchot, il effectue des recherches sur les levures indigènes et sur les effets des différentes souches de levures sur les arômes dans le vin. Ces recherches occuperont la dernière partie de sa vie, de 1960 à 1989.

Jules Chauvet

Jules Chauvet dégustation

Son oeuvre scientifique porte donc sur la recherche fondamentale en biochimie et en biologie. Elle s’intéresse aussi à la biologie appliquée à l’oenologie. Il a également utilisé sa rigueur scientifique pour déterminer une dégustation olfactive et organoleptique détaillée. Il a forgé avec 50 ans d’avance le concept de « vin nature » avec pour philosophie de « faire des vins peu alcoolisés, avec de jolis parfums ».

« La vigne, moins on la touche, mieux elle se porte » : à la vigne aussi il applique une approche novatrice. Une pensée basée sur le respect de la vie microbiologique des sols, l’utilisation d’engrais organiques, le développement des biocontroles, la recherche de variétés résistantes, une vendange à maturité optimale et le respect de la récolte avec le moins de trituration du raisin.

Philippe Pacalet, stagiaire de Jules Chauvet et vigneron bourguignon

Philippe Pacalet, a eu l’opportunité d’apprendre aux côtés de Jules Chauvet par l’intermédiaire de son oncle Marcel Lapierre, autre grand nom de la viticulture beaujolaise. Il l’a rencontré en 1983 et garde surtout de lui le souvenir d’un conseiller bienveillant. Marcel Lapierre lui même venait prendre conseil auprès de Jules Chauvet au sujet des vinifications sans soufre sur lesquelles il travaillait. Entre 1987 et 1988 Philippe Pacalet a fait un stage de formation chez Jules Chauvet. « C’était un maître perspicace, il ne faisait pas de cadeau mais était toujours bienveillant. C’était un visionnaire. Il s’intéressait à des sujet dont pas grand monde se préoccupait et que très peu de gens appliquait : les levures indigènes, vinifier avec le moins d’intervention possible, respecter le raisin et le sol » se souvient-il.

« Il avait un pied dans la profession comme il était négociant, mais il avait une passion pour la science et la recherche. Il se posait les questions pratiques et essayait d’y trouver des réponses scientifiques. Il avait les moyens de faire de la recherche fondamentale et de l’appliquer. Il amenait toujours des tonnes de livres, c’était un érudit qui mettait toujours une touche de spirituel et de poésie dans le travail. »

Philippe Pacalet est désormais vigneron en Bourgogne à Beaune. « J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message.C’est ce qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui et certainement d’être là où je suis et d’avoir toujours l’esprit scientifique. Les dégustations chez lui étaient toujours de grands moments, elles commençaient à 11h précises. Le mot « nature » n’est pas un mot féérique, car la nature ne fait pas de cadeau, il faut prendre soin de la biomasse car un sol aussi fermente ».

« J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message. »

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

La cuvée « Jules Chauvet » du domaine Robert Denogent

Après le décès de Jules Chauvet, le domaine viticole de 6,5 hectares a été entretenu de manière conventionnel. Une source d’insatisfaction pour la petite nièce de Jules Chauvet, Bénédicte Chauvet qui a donc fait appel à plusieurs vignerons pour reprendre chacun une partie du domaine et l’entretenir de manière plus respectueuses de la nature. Parmi ces vignerons, Marie Lapierre, Jean Claude Chanudet, Yvon et Jules Métras, Christophe Pacalet, Marcel Joubert et Jean Jacques Robert . 

Le domaine Robert-Denogent situé à Pouilly Fuissé est un domaine qui ne vinifie que des vins blancs, c’est donc sa seule cuvée de vin rouge mais à laquelle Jean Jacques Robert, grand amateur de Beaujolais tient particulièrement. Depuis 2012, avec ses fils Antoine et Nicolas, il vinifie ainsi une cuvée Jules Chauvet sur 1,14 hectares de vignes. Son fils Antoine explique « à la vigne nous n’utilisons aucun insecticide et aucun désherbant, uniquement un labour mécanique assez léger, en surface, et à la cave il n’y aucun intrant dans les vins. Pour cette cuvée, nous faisons une sorte de macération carbonique en levures indigènes, sans soufre à la vinification (même si il y a eu 1g de SO2 à la mise en bouteille pour le millésime 2014 car 99% de ce vin part à l’export).

« Jules Chauvet prônait les vins de faible degré, en essayant de faire des vins le plus naturellement possible (avec ou sans soufre, ce n’est pas la question) mais essayer de laisser le vin se faire tout seul avec le temps grâce aux levures. C’est le travail des levures indigènes qui est essentiel ce sont elles la colonne vertébrale du vin qui permettent l’expression du terroir. C’est Jules Chauvet qui a mis au point la macération carbonique, ce qui permet un développement levurien dans un espace clos sans oxygène saturé en gaz carbonique.  Comme nous n’avons pas les moyens matériels de faire une macération carbonique de ce type, nous déposons une partie de la vendange triée et saine en grappe entière dans les cuves par gravité et nous pressons une partie de la vendange (environ 5%) que l’on incorpore tout de suite dans la cuve. Ce jus nous permet de faire des remontages. Nous ne contrôlons pas encore les températures mais pour l’instant on s’en est bien sortis, on n’a jamais dépassé des températures de 25° sur des vinifs de 10 à 15 jours. On garde un coté très floral dans ce vin, avec une extraction très légère. »

« Sur nos blancs, on fait très peu d’intervention sur les vins. Il n’y a aucun intrant, aucun levurage, aucun batonage, aucune manipulation. Ce sont les lies qui font tout, qui vont être la structure et la colonne vertébrale du vin. La durée d’élevage est importante, il faut laisser du temps. »

 

Pour en savoir plus :

Jules Chauvet a écrit plusieurs livres qui sont malheureusement très difficiles à trouver car ils ne sont plus réédités

Relire Jules Chauvet par Vincent Pousson

Contactez l’Amicale Jules Chauvet : amicalejuleschauvet@gmail.com

Domaine Philippe Pacalet 12, rue de Chaumergy 21200 Beaune. Teléphone : 03 80 25 91 00

Domaine Robert Denogent Le Plan, 71960 Fuissé. Téléphone : 03 85 35 65 39

 

 

 

 

 

 

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

Ce dimanche, les vignerons beaujolais de Brouilly ont enterré trois fût de vins au sommet du Mont Brouilly. Une initiative inédite dans le monde du vin contemporain inspirée de pratiques ancestrales.

Des peuples nomades d’Asie Mineure et de Géorgie, le berceau de la culture de la vigne enterraient des jarres ou des amphores de vins pour le préserver pendant leurs voyages. C’est de cette coutume que se sont inspirés ces viticulteurs beaujolais. Ils ont choisi trois fûts, deux de l’appellation Cru Brouilly et un de l’appellation Côte de Brouilly. Ils sont simplement fermés avec une bonde protégée par une tuile de terre avant d’être recouvert de terre et laissés ainsi pendant 18 mois.

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

La géologie du Mont Brouilly est riche en minéraux ferro-magnésiens et très pauvre en quartz. Elle est composée en majorité de diorite (appelée corne-verte) la plus vieille du Beaujolais et de méta-diorite (granit rose). Les vignerons espèrent que cette force tellurique active aura une action bénéfique sur le vieillissement des vins. 

Les trois fûts de vin vont rester ainsi enterrés pendant 18 mois. Le « réveil » de cette dormance aura donc lieu en octobre 2017. Une dégustation comparative avec des magnum témoins élevés de manière traditionnelle en cave sera alors réalisée afin de constater les effets de ce procédé sur la qualité des vin. Mis en bouteille dans la foulée, une vente caritative au bénéfice du Rotary Club de Belleville en Beaujolais sera alors réalisée.

Reportage vidéo réalisé à cette occasion avec Michel Trichard, président des crus Brouilly et Côte de Brouilly :

Pour en savoir plus :

Espace des Brouilly : www.espace-des-brouilly.com

Les vieux millésimes à l’honneur à la fête des crus du Beaujolais

 

 

Ce qu’il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne


Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

L’édition 2014 des Grands Jours de Bourgogne a attiré un vaste public de professionnels et de journalistes du monde entier. Ils peuvent en une semaine déguster tous les domaines de toutes la Bourgogne regroupés en appellation.  Si la hausse globale est de +9 % de visiteurs uniques (2 400 cette année contre 2 200 en 2012), la hausse de fréquentation par manifestation est en moyenne de 28 %. Ce très bon score confirme que les visiteurs participent à toujours plus de dégustations. Par catégories de métier, les importateurs (26 % des visiteurs) et les Cavistes/Magasins spécialisés (24 %) étaient de loin les plus représentés. Les restaurateurs et sommeliers suivaient de près (22 %). La prochaine édition des Grands jours de Bourgogne aura lieu en mars 2016 !

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

Parce qu’il attire un vaste public de professionnels, les Grand Jours de Bourgogne donnent désormais lieu à de nombreux « off », comme toute manifestation de cette ampleur. C’est également l’occasion de croiser les copains journalistes, cavistes, importateurs, sommeliers de manière plus informelle. Un grand merci à Jean-François Vandroux et Pierre Grimaldi, le  joyeux duo de Anima Vinum pour cette sympathique soirée de dégustation à l’aveugle pleine de surprises … Anima Vinum sélectionne exclusivement des vins de vignerons récoltant et est identifiable à son logo : un petit escagot qui porte un tonneau en guise de coquille… Je vous en reparlerai très bientôt.

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry L’un des « off » qui fait désormais partie des rendez vous incontournable de ces Grands Jours, c’est la dégustation des Tontons Trinqueurs au domaine Muzard à Santenay (souvenez vous, je m’y étais déjà rendue en 2012, voir le reportage vidéo ici). 36 domaines renommés de Bourgogne, de Champagne, de la Loire,d’Alsace, de la Vallée du Rhône, de Provence ou encore de Corse ont encore une fois permis de déguster leur millésime 2012 dans une ambiance conviviale. Là aussi, les professionnels étaient au rendez vous avec plus de 350 visiteurs. Cette année, coté restauration, les Tontons nous ont régalé avec les excellents burgers entièrement bourguignons de B comme Burgui. L’occasion d’un pic-nic de luxe au milieu des vignes de Santenay.

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryunnamCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henryed L’autre « off » incontournable de cette édition des Grands Jours de Bourgogne, c’était la première édition des Affranchis, au hameau de Barboron (voir l’article consacré à cet événement ici). Là ce sont les vins dits « natures » qui étaient à l’honneur avec des vignerons venus de toutes les régions viticoles. Point fort de ces deux jours de salon, un diner d’exception réalisé par Yves Camdeborde, Guillaume Crotet, Hugo Desnoyer, Laurent Parra, Jean Yves Bordier et Pierre Hermé … Au fil du repas, les convives pouvaient goûter les vins des vignerons présents, qui n’hésitaient pas à faire tourner leurs bouteilles de tables en tables. Un diner à la fois très prestigieux et très convivial qui s’est terminé sur la piste de danse tard dans la nuit !Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

J’ai terminé cette semaine de dégustations et de rencontres par une grande première : le diner de la Banée de Meursault. C’est une sorte de petite soeur de la fameuse Paulée de Meursault : même lieu, le château de Meursault, même concept, un diner vignerons où les convives apportent leurs vins, même ambiance avec les Cadets de Bourgogne ! Un repas qui dure toute la nuit, un défilé de bouteilles bourguignonnes plus prestigieuses les unes que les autres, une ambiance familiale, c’est quasiment comme la Paulée, sauf que la Banée a lieu le soir. Merci à Romain Escoffier qui a rendu cette première fois possible !

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Les Affranchis, un salon de vin nature en marge des Grands Jours de Bourgogne

Les Affranchis Bourgogne

Monter un salon de vignerons natures venus de la France entière en marge des très officiels Grands Jours de Bourgogne, tel est le pari osé par Laetitia Laure, organisatrice du salon « Les Affranchis » qui aura lieu les 19 et 20 mars prochain. Cet événement vineux et gastronomique se déroulera dans le cadre prestigieux du Hameau de Barboron, ancienne ferme cistercienne situé près de Savigny-lès-Beaune.

« Les Affranchis, c’est un salon que j’ai créé l’année dernière avec une amie vigneronne. » raconte Laetitia Laure, organisatrice de ce salon dont c’est déjà la 4e édition. « C’est une réunion de vignerons (voir liste en bas de l’article) qui sortent des carcans de la technologie. Ce sont des vignerons qui travaillent sans filets. Ils sont en culture bio ou en biodynamie, mais surtout ils travaillent sans technologie en vinification : le raisin devient du vin, et il n’y a rien d’autre dans la bouteille. » C’est d’ailleurs pour cela qu’ils s’appellent « les Affranchis », non pas en référence au film sur la mafia, mais en référence à l’esclavage.

C’est la première édition bourguignonne de ce salon des Affranchis (il y a déjà eu deux éditions à Montpellier en marge de Millésime Bio ainsi qu’une édition parisienne autour des vins de Loire). « A l’occasion des Grands Jours de Bourgogne, avec Frederic Cossard (vigneron à Saint Romain), on a voulu organiser ce salon comme une fête de copains. Dans cette région où il y a très peu de manifestation de ce type, on veut donner l’opportunité aux gens de découvrir ces vins moins conventionnels. »

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Ce salon aura donc lieu en marge des événements officiels des Grands Jours de Bourgogne, en « off », au Hameau de Barboron. Ancienne ferme cistercienne, on y a retrouvé des traces de vies remontant au 11ème siècle. « Avec mon père, on a repris ce domaine qui est aussi un domaine de chasse en 1990. On a rénové les bâtiments pendant 4 ans » raconte Odile Nominé, responsable des lieux. « J’avais un petit négoce de vin en parallèle. On a également développé la réserve de chasse puisque l’on gère un cheptel sur 400 hectares pour la chasse au sanglier en battue. »

C’est donc dans ce cadre historique et privilégié authentiquement restauré que les vignerons venus des différentes régions viticoles feront déguster leurs vins. Les anciens celliers, les salons, les caves seront investis par les vignerons et les visiteurs. Une première pour Odile Nominé : « on a davantage l’habitude d’accueillir des séminaires ou des réceptions de particuliers. Là, c’est différent, c’est un peu comme prêter sa maison, mais comme cela reste dans le sens vineux des choses, on est très heureux d’accueillir cet événement ».

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Les Affranchis Bourgogne Hameau de BarboronCette édition des Affranchis sera également marquée par un diner gastronomique orchestré à 6 mains par deux chefs bourguignons et un chef parisien : Laurent Parra (Le Conty à Beaune), Guillaume Crotet (Les Roches à Saint Romain) et Yves Camdeborde (le Pré Saint Germain à Paris). Trois autres grands noms de la gastronomie s’associent également à cet événement et seront présents à ce diner : Hugo Desnoyer, Pierre Hermé et Jean Yves Bordier.

Les Affranchis Bourgogne Hameau de Barboron

Retrouvez plus d’infos sur le blog des Affranchis ainsi que sur l’événement Facebook consacré à ce salon.

Infos Pratiques : droit d’entrée de 10 euros pour le salon (de 10h à 18h sans interruption) – navettes gratuites depuis Beaune

Pour en savoir plus sur les Grands Jours de Bourgogne, voir ici.

Les Affranchis Bourgogne

Les vieux millésimes à l’honneur à la Fête des Crus du Beaujolais

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Chaque année, le Beaujolais fête ses Crus, ces villages tels que Fleurie, Morgon, Saint Amour où sont produits les vins de prestige. Le temps hivernal n’ayant pas entamé la bonne humeur des amoureux du gamay, c’est à Odenas que s’est déroulée l’édition 2013 de cette manifestation populaire. Pour l’occasion, une dégustation exceptionnelle de vieux millésimes s’est déroulée dans la cave du Château de la Chaize.

« On a tendance à dire que le Beaujolais est un vin qui se boit jeune, et on fait souvent référence au Beaujolais primeur. C’est pour ça que nous avons choisi de faire découvrir des vins de garde et de montrer comment ces crus vieillissent, vous allez être surpris ! » s’enthousiasme Lydie Nesme, vinicultrice au Château de Pierreux. Des vins âgés de 10 à 25 ans étaient proposés à la dégustation.

« Sur ces vieux gamay, on peut trouver des arômes de fleurs, comme l’iris, la pivoine, ou bien la cerise, le kirsh, même si chaque domaine et chaque millésime a des caractère particuliers. La robe n’est pas noire, elle est d’une couleur pelure d’oignon. Mais en terme d’élégance, de finesse et de palette aromatique, on peut vraiment se faire plaisir avec ces vieux millésimes. »

On ne le dira jamais assez, le Beaujolais n’est pas un vin réservé au troisième jeudi de novembre …

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Voir également :

Et un GRAND merci spécial à Anne Victoire pour l’organisation, la bonne humeur et le merveilleux Fleurie de Vicky 🙂 Parce que malgré les éléments déchainés, elle a mis du soleil dans ce week-end !

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Toques et Clochers : deuxième vente aux enchères viticoles après les Hospices de Beaune

Un pays de chardonnay, une vente aux enchères  annuelle de vins en fûts … bienvenue à Limoux ! (toute ressemblance avec une autre région est purement fortuite). Toques et Clochers est une fête vineuse organisée par Sieur d’Arques en deux temps : une fête populaire autour de la dégustation des vins le samedi et une vente aux enchères professionnelle le dimanche.

« Le chardonnay nous vient de Bourgogne mais il est très ancien à Limoux puisqu’il est planté depuis une quarantaine d’années, bien avant la vogue des « vins de cépages ».  Le but, c’était d’amener de la complexité dans les assemblages avec nos cépages autochtones comme le cépage mauzac. » explique Guilhem Marty, œnologue de Sieur d’Arques.

« Toques et Clochers, c’est une parcelle sélectionnée dans l’une des 42 communes de l’appellation, et cette parcelle qui fait environ 33 ares va produire 4 barriques. Sur ces 4 barriques, une à trois barriques vont être vendues aux enchères. Chaque année, les bénéfices de la vente aux enchères vont à la réhabilitation d’un des clochers de l’appellation. »

Ce week end bachique en limouxin est traditionnellement placé sous la double présidence d’un grand chef et d’un illustre sommelier. Cette année, Régis Marcon, chef triplement étoilé  et Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde se sont prêtés à l’exercice avec bonne humeur et ont conjugué leurs talents pour le dîner de gala. « L’objectif pour nous c’est de faire parler de Limoux et de nos chardonnay grâce à cette grande « Toque » qui vient présider la vente aux enchères et va être un ambassadeur pour nos vins. »

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