Le chenin en fête à la Paulée de l’Anjou

Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019

Y’a pas que le chardonnay dans la vie, y’a le chenin aussi ! Ce cépage blanc, roi de l’Anjou a été mis à l’honneur lors de la 8e Paulée de l’Anjou qui s’est déroulée le 30 juin 2019. Pour la première fois, cet événement réunissait les vignerons de l’Anjou noir et de l’Anjou blanc, autour d’une journée passionnante et festive. 

C’est au cœur du vignoble de Savennières, à la Coulée de Serrant que cette journée ligérienne a commencé. Au programme, une promenade dans le vignoble et une présentation des principaux crus de l’Anjou. Historiens, géologues et vignerons étaient là pour expliquer les spécificités du terroir et de la conduite du vignoble.

Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019

Paulée de l'Anjou 2019 Paulée de l'Anjou 2019

La Coulée de Serrant est un vignoble séculaire, planté au 12ème siècle (1130) par des Moines Cisterciens qui est toujours resté en vigne depuis. L’ancien petit monastère qui fait toujours partie de la propriété est classé à l’inventaire des monuments historiques et le domaine compte nombre de vestiges de différentes époques. Depuis 1984 les vignes sont conduites en agriculture biodynamique et Nicolas Joly a largement contribué à la renommée de ses vins même si déjà au moyen âge Louis XI célébrait le vin produit ici. 

La dégustation qui s’en est suivie a regroupé une soixantaine de domaines présentant chacun deux vins. Un bel aperçu de la variété des terroirs et de leurs expressions et quelques jolies découvertes. Tous les cépages étaient représenté mais avec la tenue du congrès international du chenin le lendemain, ce cépage était particulièrement bien représenté. Mes 3 coups de cœurs en chenin parmi tous ces flacons : Franc de Pied 2017 de Philippe et Catherine Delesvaux, l’Anjou blanc du Domaine Augereau et le Saumur blanc 2018 de Brendan Stater-West.

Paulée de l'Anjou Coulée de Serrant 2019

Cette 8e édition de la Paulée de l’Anjou s’est achevée par un diner d’exception dans le cadre grandiose des Greniers Saint Jean à Angers. Pour l’occasion, trois chefs étoilés angevins ont participé à l’élaboration du menu : Pascal Favre d’Anne (le Favre d’Anne à Angers), David Guitton (la Table de la Bergerie à Champ sur Layon) et Mickaël Pihours ( le Gambetta à Saumur). Un diner haut en saveur et riche en dégustation puisque les vignerons ont également régalé leurs invités avec des vieux millésimes et quelques magnums et jéroboam directement sortis leurs caves … La soirée s’est joyeusement poursuivie jusque tard, en dégustant quelques vieux liquoreux pour certains et sur la piste de danse pour les autres !

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Pour tout savoir sur la Paulée de l’Anjou, rendez vous ici 

Pour aller plus loin, vous pouvez revoir mon reportage sur le Pineau d’Aunis 

 

Terres et vins de Champagne fête ses 10 ans en fanfare

Terre et Vins de Champagne a 10 ans ! Cet anniversaire a été fêté en fanfare à l’Assiette Champenoise, établissement triplement étoilé de Arnaud Lallement. 

Terres et Vins, c’est un regroupement de vignerons de Champagne pionniers. Depuis 10 ans, ils ont choisi de mettre en avant la manière dont ils font s’exprimer leurs terroirs à travers leurs vins. Une application particulière aux vignes et en cave au service du terroir et du vin et une envie de partager leur engagement dans une convivialité communicative. Pour tout savoir sur Terre et Vins, cliquez ici.

Cette association compte 23 membres : Pascal Agrapart, Françoise Bedel, Raphaël et Vincent Bérèche, Delphine Richard-Boulard, Emmanuel Brochel, Alexandre Chartogne,  Vincent Couche, Pascal Doquet, Jean Baptiste Geoffroy, Etienne Goutorbe, Olivier Horiot, Cyril Jeaunaux, Benoît Lahaye, Aurélien Laherte, Vincent Laval, David Léclapart, Marie-Noëlle Ledru, Dominique Moreau, Franck Pascal, Olivier Paulet, Fabrice Pouillon, Aurélien Suenen, Benoît et Mélanie Tarlant ( ❤ )

Pour arroser cet anniversaire, le millésime 2008 était logiquement à l’honneur pour le plus grand plaisir des convives. En vedette également la journaliste Caroline Henry qui a reçu à cette occasion le prix Terres et Vins, remis pour la première fois à une femme. Ce prix récompense chaque année depuis 10 ans une personnalité qui oeuvre à la renommée des champagne et à leur meilleure appréhension en tant que vins de terroirs. Arnaud Lallement, notre hôte du soir était notamment le lauréat de ce prix en 2017.

Connue également sous le nom de Miss In Wine, Caroline Henry est la plus champenoise des Belges. Installée depuis 2011 à Hauvilliers, elle écrit depuis une dizaine d’année des articles sur la Champagne et ses vignerons et a publié un livre « Terroir Champagne » uniquement dédié aux producteurs qui travaillent dans le respect de l’environnement et avec une approche la plus naturelle possible.

Le lendemain de cette soirée événement avait lieu la traditionnelle dégustation des vins clairs qui se tenait au Palais du Tau à Reims, ancienne demeure des évêques et archevêques qui jouxte la magnifique cathédrale où furent sacrés les rois de France. Un sacré écrin pour une dégustation où les vins clairs sont à l’honneur. Chaque vigneron fait ainsi découvrir ses vins du dernier millésime, encore en élevage, et surtout avant qu’il ne comporte des bulles. Chardonnay, pinot noir, pinot meunier, âge des vignes, type de sol : un exercice passionnant qui permet de rendre compte au mieux des terroirs et des méthodes de vinification de chacun.

À la dégustation des vins clairs millésime 2017 succède la dégustation des champagnes tels qu’ils sont actuellement commercialisés. On retrouve alors les caractéristiques dégustées précédemment dans les vins clairs. « C’est le vin de base qui fait la qualité de la bulle » selon Raphaël Bérèche. Ses vins sont élevés sur lies en fûts pendant longtemps (le premier soutirage a lieu en avril), « les jus sont donc plus riches ce qui permet à la bulle d’être plus posée ».

Autour de l’initiative de Terres et Vins plusieurs autres manifestations se sont développées au fil du temps ce qui donne maintenant lieu à plusieurs jours de dégustation regroupées sous l’appellation « Printemps des Champagne » et qui sont principalement réservées aux professionnels. Merci à Raphaël Berèche et Marie Horiot pour toutes leurs sympathiques explications qui m’ont donné envie d’en savoir bien plus sur le champagne… Et puis un MERCI géant à Mélanie et Benoît Tarlant pour cette expérience inoubliable !

Le vin comme « liquide politique » au Salon Rue89 des vins

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La quatrième édition du Salon Rue89 des vins s’est tenue à Paris début mai. Dédié aux vins « actuels et naturels » il jouit de l’intérêt croissant pour les vins natures. Un salon qui revendique également un certain militantisme pour une consommation responsable.

Antonin Iommi-Amunategui est le fondateur et l’organisateur de ce salon qui existe depuis 3 ans déjà. Auteur du blog No wine is innoncent hébergé par Rue89, il milite pour une approche politique de la consommation de vin : « Il y a une mouvance du vin naturel qui jusqu’ici n’a pas été reconnue, qui est en marge du vignoble plus traditionnel. Aujourd’hui, le vin naturel a les projecteurs braqués sur lui, il fait beaucoup parler et est très médiatisé, alors qu’en volume il ne représente peut être que 1% de la production mondiale.

Le vin nature, c’est tout un cercle vertueux. Il y a en premier lieu la vigne, cultivée en bio, puis la vinification où il y a très pas du tout d’additifs, puis la vente chez des cavistes indépendants (qui font leurs sélections eux mêmes) et finalement ce vin est bu par des francs-buveurs. Les consommateurs finaux ont conscience de tout ce travail en amont. Il y a une forme de liquide politique à travers le vin naturel qui intéresse à ce titre, un média comme Rue89. » 

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« Ces vignerons ont souvent des parcours très intéressants et leurs vins sont différents de ce que l’on a l’habitude de voir. Ce sont des vins à l’opposé du vin standardisé et formatés. » explique Antonin. C’est un salon dédié aux vins bio et naturels. donc les vins que je sélectionne sont des vins qui sont faits le plus naturellement possible, qui sont les plus vivants possibles. Il ne faut pas que ce soit des vins formatés surtout, il faut des vins différents. Comme je connais tous les exposants, je fais attention lors de la sélection des vins à ce que les vins ne se ressemblent pas. »

Parmi ces exposants, il y a Valentin Morel, vigneron dans le Jura, à Poligny précisément. Il a fait des études de droit et était auparavant fonctionnaire comme attaché de préfecture.  » Je fais partie de ces jeunes qui n’ont pas trouvé d’intérêt dans ces métiers soit-disant intellectuels. J’ai trouvé bien plus d’intérêt à retourner sur le domaine familial dans le Jura et reprendre les vignes que mon père avait travaillé depuis 30 ans pour faire des vins sans intrants. J’exploite avec mon père un domaine de 5ha. On a des terroirs typiquement jurassiens : des marnes argilo-calcaires et un coteaux sur éboulis calcaires. On cultive tous les cépages jurassiens (chardonnay, savagnin, poulsard, trousseau).

Je travaille de manière naturelle, j’ajoute éventuellement un peu de soufre à la mise en bouteille. Mon père avait arrêté tout désherbage chimique en 1999. Quand je suis arrivé en 2013, j’ai achevé de convertir le domaine en bio et biodynamie. J’essaye beaucoup les techniques culturales simplifiées : j’implante de la végétation dans les rangs de vignes pour corriger les propriétés du sol. On dit qu’on préfère le vert au fer : on préfère les plantes à la charrue. J’estime que les plantes et leur système racinaire peut davantage corriger les propriétés du sol qu’une intervention humaine. »

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C’est la première fois qu’il participe à ce salon. Sur la cinquantaine de domaine présent à chaque édition, Antonin sélectionne une vingtaine de nouveaux domaines qui changent à chaque salon. Valentin à saisit l’occasion : « D’une part j’ai accepté parce que j’ai besoin de me faire connaître parce que je suis jeune, mais aussi parce que je revendique une vision militante de mon métier de vigneron et j’ai le sentiment que dans ce salon il y a une vision un peu résistante et revendicative.

On revendique une vision du goût qui n’est pas formatée, qui est libérée. Parfois il y a des petits travers, il peut y avoir des vins un peu déviants. Mais je me retrouve dans cette résistance naturelle, dans ce combat agricole.  J’ai décliné ce combat là à l’échelle de mon exploitation : quand on défend cette vision là du vin, on vendange manuellement, on ne levure pas, on mets moins de sulfites et surtout on prend conscience que l’on fait un vin unique. Il n’est pas meilleur que les autres mais il est unique et singulier, et on défend cette singularité. »

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Organisé à la Bellevilloise, autour du vin nature très en vogue, le salon souffre d’une image de salon parisien pour bobos… « On a un public assez varié, autant au niveau des âges qu’au niveau de l’intérêt pour le vin : on a des gens qui ne connaissent pas du tout le vin naturel, ce n’est pas un public d’habitués. Il y a aussi des professionnels. L’idée, et c’est aussi la force d’un salon qui est adossé à un média généraliste, c’est que l’on peut toucher le grand public. On a Rue89 derrière nous, mais on a aussi L’Obs (propriétaire de Rue89 ndlr) et Télérama avec qui on organise la soirée de clôture, une projection du film Saint Amour commentée en direct par le réalisateur …… On a un panel de médias généralistes qui couvrent cet événement qui nous permet d’attirer autant de clients potentiels pour nos vignerons.

Autre nouveauté de cette quatrième édition, un espace dédié aux exposants « food ». Cela va des huitres au parmesan, en passant par des sardines… Et on peut toujours trouver des auteurs en dédicaces, des livres, et même un stand pour une application dédiée au vins natures qui s’appelle « Raisin »

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Au détour d’une allée, Patrick Böttcher, également blogueur (vins libres) et organisateur du salon Vini Birre Ribelli dont il arbore fièrement les couleurs sur son polo. « Comme Antonin, j’organise un salon à Bruxelles, et je pense qu’il faut être solidaires. Ces salons ce sont des moments de rencontres.

Notre philosophie, ce n’est pas le vin pour la bouteille, mais ce sont les humains qui sont derrière, c’est plus important. On veut faire comprendre aux gens que ce n’est pas comme en grande surface, c’est autre chose. Tout ces vins sont différents, les producteurs sont différents. » Également engagé dans le mouvement Slow Food, également présent au salon, il constate un changement dans les modes de consommation de nourriture et de vins comme un effet de génération : « les gens de 30 ans ont envie de changer leur manière de consommer, de se sentir responsables et veulent connaître les vignerons. »

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manifeste viPour aller plus loin : 

 

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L’héritage de Jules Chauvet célébré pour Bien Boire en Beaujolais

Chateau de Pizay Gamay DayJules Chauvet conférence

A la veille de la dégustation Bien Boire en Beaujolais, une journée de conférences et de débats s’est tenue au Chateau de Pizay à l’occasion du #gamayday. Parmi ces conférences, il y avait un hommage à l’héritage de Jules Chauvet, négociant beaujolais et précurseur des vins « natures ». Jules Chauvet est un personnage emblématique de l’histoire de la viticulture et est un enfant du Beaujolais. C’est à ce titre que la manifestation du Gamay Day lui a consacré ce dimanche une conférence sous forme d’hommage en présence de plusieurs vignerons.

 

Qui était Jules Chauvet ? 

Quelques éléments de biographie sont nécessaires pour saisir la personnalité de Jules Chauvet. Enfant de la Chapelle de Guinchay, un village du Beaujolais, il est né en 1907 dans une famille de négociants en vins. Dès 1934, il consacre un jour par semaine à des études de chimie et de biologie sur mycoderma vini, un champignon qui forme un voile à la surface des boissons fermentées et des jus sucrés sans provoquer la fermentation alcoolique. Jusqu’en 1939, année de sa mobilisation sous les drapeaux, il poursuit des études scientifiques très poussées.

Il reprend l’activité de négoce familiale Chauvet Frères après les décès de son père et de son oncle dans les années 1942-1943. En parallèle, il poursuit ses travaux sur les vinifications en rouge et les fermentations alcooliques à hautes températures. En 1954 il fait des recherches sur les macérations carboniques. C’est également dans les années 1950′ qu’il met en place une technique inédite et rigoureuse de dégustation descriptive. En collaboration avec Paul Bréchot, il effectue des recherches sur les levures indigènes et sur les effets des différentes souches de levures sur les arômes dans le vin. Ces recherches occuperont la dernière partie de sa vie, de 1960 à 1989.

Jules Chauvet

Jules Chauvet dégustation

Son oeuvre scientifique porte donc sur la recherche fondamentale en biochimie et en biologie. Elle s’intéresse aussi à la biologie appliquée à l’oenologie. Il a également utilisé sa rigueur scientifique pour déterminer une dégustation olfactive et organoleptique détaillée. Il a forgé avec 50 ans d’avance le concept de « vin nature » avec pour philosophie de « faire des vins peu alcoolisés, avec de jolis parfums ».

« La vigne, moins on la touche, mieux elle se porte » : à la vigne aussi il applique une approche novatrice. Une pensée basée sur le respect de la vie microbiologique des sols, l’utilisation d’engrais organiques, le développement des biocontroles, la recherche de variétés résistantes, une vendange à maturité optimale et le respect de la récolte avec le moins de trituration du raisin.

Philippe Pacalet, stagiaire de Jules Chauvet et vigneron bourguignon

Philippe Pacalet, a eu l’opportunité d’apprendre aux côtés de Jules Chauvet par l’intermédiaire de son oncle Marcel Lapierre, autre grand nom de la viticulture beaujolaise. Il l’a rencontré en 1983 et garde surtout de lui le souvenir d’un conseiller bienveillant. Marcel Lapierre lui même venait prendre conseil auprès de Jules Chauvet au sujet des vinifications sans soufre sur lesquelles il travaillait. Entre 1987 et 1988 Philippe Pacalet a fait un stage de formation chez Jules Chauvet. « C’était un maître perspicace, il ne faisait pas de cadeau mais était toujours bienveillant. C’était un visionnaire. Il s’intéressait à des sujet dont pas grand monde se préoccupait et que très peu de gens appliquait : les levures indigènes, vinifier avec le moins d’intervention possible, respecter le raisin et le sol » se souvient-il.

« Il avait un pied dans la profession comme il était négociant, mais il avait une passion pour la science et la recherche. Il se posait les questions pratiques et essayait d’y trouver des réponses scientifiques. Il avait les moyens de faire de la recherche fondamentale et de l’appliquer. Il amenait toujours des tonnes de livres, c’était un érudit qui mettait toujours une touche de spirituel et de poésie dans le travail. »

Philippe Pacalet est désormais vigneron en Bourgogne à Beaune. « J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message.C’est ce qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui et certainement d’être là où je suis et d’avoir toujours l’esprit scientifique. Les dégustations chez lui étaient toujours de grands moments, elles commençaient à 11h précises. Le mot « nature » n’est pas un mot féérique, car la nature ne fait pas de cadeau, il faut prendre soin de la biomasse car un sol aussi fermente ».

« J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message. »

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

La cuvée « Jules Chauvet » du domaine Robert Denogent

Après le décès de Jules Chauvet, le domaine viticole de 6,5 hectares a été entretenu de manière conventionnel. Une source d’insatisfaction pour la petite nièce de Jules Chauvet, Bénédicte Chauvet qui a donc fait appel à plusieurs vignerons pour reprendre chacun une partie du domaine et l’entretenir de manière plus respectueuses de la nature. Parmi ces vignerons, Marie Lapierre, Jean Claude Chanudet, Yvon et Jules Métras, Christophe Pacalet, Marcel Joubert et Jean Jacques Robert . 

Le domaine Robert-Denogent situé à Pouilly Fuissé est un domaine qui ne vinifie que des vins blancs, c’est donc sa seule cuvée de vin rouge mais à laquelle Jean Jacques Robert, grand amateur de Beaujolais tient particulièrement. Depuis 2012, avec ses fils Antoine et Nicolas, il vinifie ainsi une cuvée Jules Chauvet sur 1,14 hectares de vignes. Son fils Antoine explique « à la vigne nous n’utilisons aucun insecticide et aucun désherbant, uniquement un labour mécanique assez léger, en surface, et à la cave il n’y aucun intrant dans les vins. Pour cette cuvée, nous faisons une sorte de macération carbonique en levures indigènes, sans soufre à la vinification (même si il y a eu 1g de SO2 à la mise en bouteille pour le millésime 2014 car 99% de ce vin part à l’export).

« Jules Chauvet prônait les vins de faible degré, en essayant de faire des vins le plus naturellement possible (avec ou sans soufre, ce n’est pas la question) mais essayer de laisser le vin se faire tout seul avec le temps grâce aux levures. C’est le travail des levures indigènes qui est essentiel ce sont elles la colonne vertébrale du vin qui permettent l’expression du terroir. C’est Jules Chauvet qui a mis au point la macération carbonique, ce qui permet un développement levurien dans un espace clos sans oxygène saturé en gaz carbonique.  Comme nous n’avons pas les moyens matériels de faire une macération carbonique de ce type, nous déposons une partie de la vendange triée et saine en grappe entière dans les cuves par gravité et nous pressons une partie de la vendange (environ 5%) que l’on incorpore tout de suite dans la cuve. Ce jus nous permet de faire des remontages. Nous ne contrôlons pas encore les températures mais pour l’instant on s’en est bien sortis, on n’a jamais dépassé des températures de 25° sur des vinifs de 10 à 15 jours. On garde un coté très floral dans ce vin, avec une extraction très légère. »

« Sur nos blancs, on fait très peu d’intervention sur les vins. Il n’y a aucun intrant, aucun levurage, aucun batonage, aucune manipulation. Ce sont les lies qui font tout, qui vont être la structure et la colonne vertébrale du vin. La durée d’élevage est importante, il faut laisser du temps. »

 

Pour en savoir plus :

Jules Chauvet a écrit plusieurs livres qui sont malheureusement très difficiles à trouver car ils ne sont plus réédités

Relire Jules Chauvet par Vincent Pousson

Contactez l’Amicale Jules Chauvet : amicalejuleschauvet@gmail.com

Domaine Philippe Pacalet 12, rue de Chaumergy 21200 Beaune. Teléphone : 03 80 25 91 00

Domaine Robert Denogent Le Plan, 71960 Fuissé. Téléphone : 03 85 35 65 39

 

 

 

 

 

 

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

Ce dimanche, les vignerons beaujolais de Brouilly ont enterré trois fût de vins au sommet du Mont Brouilly. Une initiative inédite dans le monde du vin contemporain inspirée de pratiques ancestrales.

Des peuples nomades d’Asie Mineure et de Géorgie, le berceau de la culture de la vigne enterraient des jarres ou des amphores de vins pour le préserver pendant leurs voyages. C’est de cette coutume que se sont inspirés ces viticulteurs beaujolais. Ils ont choisi trois fûts, deux de l’appellation Cru Brouilly et un de l’appellation Côte de Brouilly. Ils sont simplement fermés avec une bonde protégée par une tuile de terre avant d’être recouvert de terre et laissés ainsi pendant 18 mois.

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

La géologie du Mont Brouilly est riche en minéraux ferro-magnésiens et très pauvre en quartz. Elle est composée en majorité de diorite (appelée corne-verte) la plus vieille du Beaujolais et de méta-diorite (granit rose). Les vignerons espèrent que cette force tellurique active aura une action bénéfique sur le vieillissement des vins. 

Les trois fûts de vin vont rester ainsi enterrés pendant 18 mois. Le « réveil » de cette dormance aura donc lieu en octobre 2017. Une dégustation comparative avec des magnum témoins élevés de manière traditionnelle en cave sera alors réalisée afin de constater les effets de ce procédé sur la qualité des vin. Mis en bouteille dans la foulée, une vente caritative au bénéfice du Rotary Club de Belleville en Beaujolais sera alors réalisée.

Reportage vidéo réalisé à cette occasion avec Michel Trichard, président des crus Brouilly et Côte de Brouilly :

Pour en savoir plus :

Espace des Brouilly : www.espace-des-brouilly.com

Les vieux millésimes à l’honneur à la fête des crus du Beaujolais