Après le gel en Bourgogne, les vignerons sont dans l’expectative

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Deux semaines après l’épisode climatique qui a gelé une grande partie du vignoble bourguignon, les vignerons font leurs comptes dans les vignes. Entre résignation et fatalisme,  ils attendent que la nature soit plus clémente, faute de mieux. On fait le point avec deux jeunes vignerons de Côte de Beaune : Armand Heitz (Domaine Heitz-Lochardet à Chassagne-Montrachet) et Thibault Clerget (Domaine Yves Clerget à Pommard).

Cela faisait des années que la Bourgogne n’avait pas connu d’épisode de gel, et encore plus de cette ampleur. Une hydrométrie élevée et des températures négatives trois nuits d’affilées ont eu raison d’une bonne partie des jeunes feuilles et embryons de grappes qui avaient commencé à poindre sous les soleils printaniers. Même les anciens n’ont jamais vu cela : que certaines parcelles soient sensibles au gel, c’est bien connu, mais là, même des parcelles de premiers et grands crus en coteaux ont été décimées (alors que des endroits dits « gélifs » s’en sortent bien »). 


Au premier rang des appellations touchées, on trouve les Hautes Côtes de Beaune, Chassagne-Montrachet et Meursault. Sur sa parcelle de Meursault en la Barre, Amand Heitz n’a aucun mal à estimer les dégâts : on ne perçoit que quelques pousses vertes au milieu d’un océan de pousses grises et sèches, grillées par le gel. « Cette parcelle est touchée à 80%, donc d’une part le travail pour essayer de remettre cette vigne en état pour l’année prochaine va être énorme, d’autre part le potentiel de récolte est réduit de 80%. Les anciens racontent que sur des vignes gelées comme ça, on ne récolte parfois qu’un seau de raisin par rang… » Au hasard il désigne un pied de vigne :

 » Voilà un bon exemple, il y a une pousse qui a été épargnée, tout le reste est gelé et ne donnera rien. Les bourgeons secondaires sur lesquels on fondait beaucoup d’espoir ont pour une bonne partie été gelé aussi. On sait que ces bourgeons ont par nature une piètre fertilité, donc même s’ils venaient à se développer, le rendement de la récolte 2016 est considérablement amoindri… ». En quittant Meursault pour Pommard, le constat est sensiblement le même, sur l’ensemble de son domaine, Thibault Clerget estime une moyenne de 70% de pertes. « J’ai une parcelle de Meursault Santenots qui est touchée à 100%. C’est le seul vin blanc du domaine, donc je n’aurais pas de vin blanc, ou quasiment pas, pour le millésime 2016 ». 

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Que faire ? Pas grand chose. « Le mot d’ordre aujourd’hui c’est d’attendre » explique Armand Heitz. « Il faut voir ce qui va repousser et laisser la vigne reprendre son cycle de croissance. Par la suite, tout au long de la saison, il va falloir aider la vigne en la protégeant contre les cryptogammes, en lui faisant des apports sous forme de complément foliaire si besoin. Une importance particulière sera à apporter aux travaux en verts pour permettre la taille de l’année prochaine. » Un des problèmes auquel les vignerons vont devoir faire face dans un premier temps c’est le timing justement. Car les parcelles gelées sont « en retard » sur celles qui n’ont pas été touchées, ce qui pose des problèmes pour élaborer les calendriers de traitements liés au stade de développement de la plante. Mais ce décalage pourra également se constater au sein d’une parcelle gelée : « le travail que l’on appelle le relevage va être particulièrement compliqué » explique Thibault Clerget.  » Les pampres qui auront été peu touchés par le gel vont pousser normalement, alors que les autres ne seront pas assez grands. »

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Le problème majeur, c’est que ce gel arrive dans un contexte plus que tendu en Bourgogne. Les caves sont vides, il n’y a pas de stock après des épisodes grêleux successifs et un millésime 2015 certes qualitatif mais trop peu quantitatif. « Cela va faire deux ans que j’ai repris le domaine » raconte Thibault Clerget. » Mon père est officiellement en retraite mais j’espère qu’il va me donner un coup de main ! J’ai commencé avec le millésime 2015, c’est un très beau millésime mais qui en quantité n’est pas énorme. On fait environ 30% de moins que sur un millésime normal. On avait prévu d’embaucher deux saisonniers, on ne pourra pas les prendre. Cela fait trois ans que certaines de nos vignes souffrent de la grêle, c’est déjà pour ça que la récolte de 2015 était moindre, alors le stress du gel en plus on va voir quel impact celà aura. Il y a eu un fort épisode en gel en 1981, je n’étais pas né, mais d’après mon père ça a été très compliqué, même si en 1982 ils ont fait une belle récolte. On va espérer que ça sera le cas en 2017! »

Les vignerons bourguignons jouissent souvent d’une image de nantis mais très peu d’entre eux sont propriétaires de la totalité de leur parcellaire de vignes et le prix des fermages est indexé sur le cours du vrac qui a déjà atteint des sommes astonomiques. Beaucoup ont du mal à se relever après plusieurs années de vache maigre et espèrent une « bonne année » qui ne vient pas. Armand Heitz s’est installé en 2012 en Bourgogne : « Après plusieurs épisodes de grêles et une petite récolte 2015, je subis ça depuis que je suis arrivé donc j’ai appris à faire avec ces aléas depuis mon installation. Mais ce que j’espère avec un événement d’une telle ampleur, c’est que quelque chose bouge, du côté des paiements des cotisations patronales MSA, ou sur les règlementations VCI et VSI. »

Une campagne 2016 qui vient seulement de commencer mais qui s’annonce déjà comme celle d’un millésime hors norme en Bourgogne, entre grêle précoce dans le Macônnais et gelée tardives en Côte d’Or, des phénomènes jamais vu de mémoire d’ anciens à cette ampleur là. 

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Voir également l’article de Bourgogne Aujourd’hui  et de Laurent Gotti

Voir mon reportage sur la grêle dans le Macônais au domaine Robert Denogent 

La grêle a ravagé les vignes dans le Mâconnais

« C’est du jamais vu », voilà le cri choral du coeur des vignerons du Mâconnais. Des grêlons gros comme des balles de ping pong, pendant trente minutes. Un millésime dévasté alors que les bourgeons venaient tout juste de sortir de leur coton.

Sur les pentes abruptes de Pouilly, 24h après l’orage, on compte les quelques pointes vertes rescapées le long des baguettes nues. Le coeur gros, les vignerons ont du mal à réaliser. « On s’attendait à un bel orage, à de la pluie, mais pas à ça. C’est arrivé de nulle part. » Antoine et Nicolas Robert (domaine Robert Denogent) essayent de garder le sourire, mais sont terriblement démunis face à leurs vignes ravagées. « Il y avait vraiment 10cm de grêlons sur la route. ce matin à 9h j’ai visité une vigne, il y avait encore des grêlons au sol. C’est incroyable. »

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Face à la roche de Solutré, une de leurs parcelles de Mâcon, les sols sont travaillés, les baguettes soigneusement attachées, mais les bourgeons sont quasiment tous tombés, et ceux qui restent accrochés commencent déjà à noircir, signe qu’ils ne vont pas résister longtemps. « La grêle a tout arraché, les bourgeons sont tous tombés, il y a très peu de contre bourgeons et c’est comme ça sur tous les pieds. Est ce que cela va repousser? Est ce qu’il y aura des raisins, on ne sait pas comment ça va évoluer, il faut attendre quelques jours. On ne sait surtout pas comment on va tailler l’année prochaine. On a une trentaine de parcelles pour un total de 7,5 hectares et c’est partout le même constat ».

« Depuis mes parents on a toujours été assurés contre la grêle. On espère être indemniser correctement. C’est vital pour au moins pouvoir payer les frais de production. Mais la perte de rentabilité reste énorme. Et puis nous on fait du vin avant tout, et c’est cela qui nous inquiète le plus, on ne sait pas du tout ce que l’on va pouvoir faire cette année. Les experts des assurances vont venir dans les jours qui viennent pour estimer la perte, même si elle est vraiment facile à voir là. C’est arrivé il y a un jour et personne n’en a parlé alors que cela a touché vraiment tout le Mâconnais. C’est une vraie catastrophe pour la plupart des vignerons. » En creux, ils s’inquiètent également de la hausse des prix de vente au négoce, des prix des fermages, des risques de contrefaçons …

« On peut partir en vacances, pas besoin d’ébourgeonner cette année », dans le village, on tente de garder le sourire mais le coeur n’y est pas vraiement. Les Brets Brother (domaine de la Soufrandière), leurs voisins, sont passé dans leurs vignes avec des tisanes et des décoctions cicatrisantes. Mais ils ne savent pas non plus ce que cela va donner. Ils ont fait des rangs témoins, avec et sans traitements, pour voir ce que cela va donner. Pendant que nous discutons, sur une parcelle voisine, une petite équipe d’ouvriers viticoles arrive et passe au bidon à dos une pulvérisation qu’Antoine et Nicolas pensent être du soufre. On sent bien que tous sont démunis face à l’ampleur des dégâts.

Même constat au domaine des Héritiers du Comte Lafon. Dominique Lafon est formel, il n’a jamais vu cela. A cette époque, une telle grêle, c’est inédit. Il espère malgré tout une reprise de la végétation, le développement des contre-bourre qui pourraient donner au mieux de la récolte ou tout au moins produire du bois sur lequel tailler l’année prochaine. Mais encore faut il que le climat soit favorable… Lui aussi attend le passage des experts.

Capture d’écran 2016-04-15 à 01.39.21Domaine Gonon

Du coté de la chambre d’agriculture, on tente de minimiser l’étendue des dégâts en invoquant un épisode grêleux très précoce et en disant qu’il est trop tôt pour se prononcer sur des effets sur le millésime 2016, « on a tendance à dramatiser, mais à ce stade, rien n’est joué pour le millésime » tente de rassurer Didier Sauvage. De leur coté les frères Robert eux n’arrivent pas vraiment à relativiser.

Selon Bourgogne Aujourd’hui, ce sont plus de 2000 hectares de vignes qui seraient touchés : « on peut même estimer que près de 2 500 hectares de vignes ont été plus ou moins touchés sur une distance nord-sud de 7-8 kilomètres entre Prissé au nord et Chânes au sud pour le Mâconnais, voire Juliénas encore plus au sud dans le vignoble du Beaujolais. ». De son coté Vitisphère évoque les villages beaujolais de Juliénas et Saint Amour également touchés. 

Les photos de grêle sont issues des comptes facebook des domaines Gonon  et Vincent Girard 

 

 

 

 

Fundovino : premier site de financement participatif dédié au monde du vin

Fundovino ©Marthe Henry - L'actu du vin

Vous connaissez sans doute MyMajorCompany ou KissKissBankBank, ces sites de financement participatif (ou crowdfunding) qui permettent à des projets de trouver des financements auprès de particuliers. Un premier site de ce type entièrement dédié au monde du vin vient de voir le jour : Fundovino.

L’idée c’est de mettre en relation des vignerons, des cavistes, des acteurs du secteur œnotouristique, des négociants qui sont porteurs d’un projet et des amateurs de vins, ou simples curieux, prêts à miser sur leur idée. Achat de cuve, de matériel de vinification, de parcelles de vignes, … les projets sont divers. Et une contrepartie, proportionnelle au don, est offerte au donateur. 

Un exemple de projet : une cuvée inédite de Vosne Romanée au service d’Equivinum

Pour mieux comprendre, je me suis intéressée à l’un des projets soumis à cette souscription, porté par un Bourguignon : Oronce de Beler. « Le vin, la viticulture, c’est avant tout des histoires d’hommes, de rencontres, je trouve que c’est une excellente idée de lancer ce site de financement participatif, cela va créer des liens entre les gens. » Bien que situé à Vosne Romanée, prestigieux village de la Côte de Nuits, cet ancien Parisien devenu fabriquant de charrues pour le labour à cheval et négociant espère bien récolter 7 340 euros. 

Son projet à lui, c’est de réussir à protéger les prototypes de charrues destinées au labour à cheval qu’il a élaboré et qu’il commercialise. Un matériel innovant pour un retour à un travail du sol des vignes plus respectueux de la nature :  » Equivinum à l’heure actuelle ce sont 150 charrues qui sont sorties de l’atelier et qui sont dans les vignes, c’est donc 300 chevaux qui sont sortis des prés et remis au travail, et au final, ce sont environ 2 000 hectares entretenus avec ces outils. L’idée c’est de faire reculer le désherbage chimique et d’utiliser une technique de travail plus douce autour des pieds de vignes pour qu’ils gagnent en pérennité. »

Fundovino ©Marthe Henry - L'actu du vin

 Pour l’instant l’objectif est de déposer des brevets pour protéger sa propriété intellectuelle, mais si l’objectif est dépassé, les fonds récoltés permettront de mettre au point de nouveaux outils pour le travail au cheval dans la vigne : une rogneuse, un appareil de pulvérisation, … ce ne sont pas les idées qui manquent ! 

En contrepartie, pour « récompenser » les donateurs, Oronce de Beler offrira aux généreux internautes des bouteilles de la Maison Romane, maison de vinification de vins élevés sans soufre qu’il gère également. Il a d’ailleurs décidé de consacrer l’exclusivité de son unique et premier fût de Vosne Romanée (soit environ 280 bouteilles) à cette souscription. Miser sur son projet en donnant sur Fundovino sera donc le seul moyen pour les amateurs de ce vigneron d’acquérir son Vosne Romanée 2013 …

Oronce de Beler Fundovino ©Marthe Henry - L'actu du vin

 Vous pouvez également découvrir les projets portés par Stanislas Wallut (achat d’un cuve ovoïde pour produire une cuvée spéciale et numérotée en magnum), Thomas Noël (acquisition de 20 ares de vignes à Canon Fronsac, en vue de faire une cuvée exclusive de 4 à 500 bouteilles), Corinne Dewailly (acquisition et installation dans la cuverie d’un boitier thermorégulateur) ou encore Francis Boulard (Acquisition et installation dans les chais d’un foudre pour vinifier la prochaine cuvée Petraea).

Retrouvez également Fundovino sur Facebook, Twitter et toutes les vidéos de présentation des projets sur YouTube

Vigneron Indépendant : quel intérêt pour les vignerons ?

Ce week-end a lieu Porte de Champerret l’un des deux salons annuels parisiens des vignerons indépendants. Plusieurs centaines de vignerons venus de toute la France viennent ainsi faire déguster leurs vins. Face à eux, une foule, pendant 4 jours. Des clients habitués, réguliers, des « connaisseurs » -plus ou moins « connaisseurs »-, des curieux, … Alors quel intérêt pour les vignerons ? Rencontre avec deux vignerons bourguignons, Pierre Bouzereau (Meursault) et Antoine Olivier (Santenay)

« Un vigneron indépendant, c’est un vigneron qui cultive sa vigne, qui soigne son vin, et qui le vend, le distribue » explique Pierre Bouzereau. « Pour un Bourguignon, cultiver sa vigne, élever son vin, c’est quelque chose de naturel. Les vignerons indépendants c’est une association qui est née dans le sud de la France, dans un milieu plutôt coopérateur, très différent du milieu bourguignon. On a toujours été vignerons indépendants dans l’âme en Bourgogne, surtout en Côte d’Or. Pour moi c’est quelque chose de naturel » poursuit Antoine Olivier.

« Les vignerons indépendants ont créé un réseau de très beaux salons, porteurs. On les suit parce que c’est rentable, que l’on touche une belle clientèle, fidèle. Cela fait 25 ans que je viens, et je continue » raconte Pierre Bouzereau. Pour Antoine Olivier, c’est son père qui est venu le premier aux salons : « c’était une solution de distribution irremplaçable pour lui. C’était un excellent moyen de se faire connaître et un excellent moyen de connaître les gens. Aujourd’hui, on s’est diversifié sur des tas d’autres marchés aussi bien en France qu’à l’étranger. Mais les salons restent un moyen intéressant et valorisant pour nos produits avec un grand avantage : on est en relation directe avec le consommateur final. »

Une relation privilégiée avec les clients

« On sait mieux ce que les gens recherchent, ce qu’ils apprécient, et comment ils perçoivent nos vins », un atout indéniable selon Antoine Olivier. « Quand on vend à un distributeur ou à un importateur, on a une relation avec un professionnel mais on n’a pas la réaction du client final. Là on a une relation directe avec celui qui va boire le vin …. »

« Le contact avec les clients est toujours intéressant. On répète souvent la même chose, c’est vrai, mais chaque client est différent » raconte Pierre Bouzereau. « Je me régale à discuter avec chaque client, c’est comme ça! Et puis, on finit par se connaître, et avec certains clients on devient des amis. Il y a ceux que l’on voit une fois et qu’on ne revoit jamais, et ceux que l’on revoit, on est ravis parce que cela veut dire qu’on ne les as pas déçu, donc on est contents de les revoir. »

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Rendez vous ce week-end, du 22 au 25 mars,

Porte de Champerret à Paris

Pour tout savoir sur le Domaine Olivier, voir ici et pour en savoir plus sur Michel Bouzereau, voir ce très vieil article (de 2007 !)

A voir (ou revoir) également ce reportage de 2011 !

Faibles rendements de 2012 en Bourgogne: les conséquences sur les prix selon Albéric Bichot

L’année 2012 aura été particulièrement compliquée pour les vignerons bourguignon. Ils ont eu « les sept plaies d’Egypte sauf les sauterelles » selon le mot d’Albéric Bichot, directeur général de la grande maison bourguignonne Albert Bichot. Gelées, co ulures, millerandage, grêles n’auront laissés dans les rangs qu’un faible pourcentage de raisin. Même si la qualité est satisfaisante, certains parlent déjà de « pénurie » et annoncent une hausse des prix. Éclairage sur ce point avec Albéric Bichot. 

Une chose est sûre, la qualité est plutôt bonne, surtout pour les rouges. « Pour les pinots noirs, on peut être très optimiste, pour les blancs, cela va dépendre des parcelles. Il y a des parcelles qui ont vraiment été grêlées, là il y a eu des blocages de maturité, qui ont pu, si on a vendangé plus tard se rattraper, mais pas forcément partout. »

Le millésime 2012 est donc un millésime de faible rendement, de petit volume.  » Environ -30 à -50% selon les parcelles. En Côte de Nuits, on est plutôt entre -20% et -35%. Mais il y a des parcelles chez nous comme le Clos des Mouches où le rendement va être de 16 hectolitres par hectare, alors que normalement on en fait 36 ! ». « Il y aura une pénurie sur ce millésime, mais les Bourguignons sont assez sages pour garder des stocks de millésimes antérieurs donc tout cela devrait se réguler »

Pas de nette hausse des prix, mais des « allocations » pour les clients

« Commercialement, on ne peut pas le compenser sur les prix. Il y aura une petite tension sur les prix maison ne va pas augmenter de 50% le prix des vins là où on a eu 50% de récoltes en moins. Ca ne se fait pas, ça n’est pas correct vis à vis des clients.  En revanche il y aura des allocations pour les clients. Tous les ans on garde des stocks, on va donc pouvoir faire un lissage des prix, tous en espérant que 2013 et 2014 soient plus généreux. »

La maison Albert Bichot est le plus gros acheteur lors de la vente de charité des Hospices de Beaune. Cette vente en primeur qui a lieu tous les ans donne traditionnellement un indice des prix du millésime. Avec la faible récolte de 2012, on attend là aussi quelques conséquences sur les bénéfices de cette vente. « Une récolte moyenne dans le domaine des Hospices de Beaune, c’est environ 800-850 pièces* de vin » explique Albéric Bichot. « Cette année il y en a 500, 400 rouges et 100 blanc. C’est la plus petite récolte depuis très longtemps car même 2003 qui était une petite récolte était supérieure à celle ci.

Une tension sur les prix attendue à la Vente des Vins des Hospices de Beaune

« On ne sait pas ce qui peut se passer. C’est une vente aux enchères, c’est une vente de charité, il faut aussi prendre en compte le contexte économique mondial actuel … mais il y aura forcément une tension sur les prix.

Sur les très grands vins comme les Batard-Montrachet, les Mazis-Chambertin, voire certains Corton-Charlemagne, que la pièce vaille 50 000 euros ou 60 000 euros, peut être que cela ne va pas influer sur le comportement de certains acheteurs particuliers, les russes, certains asiatiques ou des américains. En revanche pour les acheteurs plus classiques, tous nos clients particuliers, les restaurateurs, et essentiellement les Français, les Suisses et les Belges, qui achetaient des pièces de Beaune entre 3 000 et 4 000 euros, cette année, si la pièce vaut 6 000 ou plus, je pense qu’ils n’achèteront pas.Je ne le leur conseillerais pas en tous cas. Même si le bénéficiaire de cette vente c’est l’hôpital de Beaune. Il faut aussi que malgré ce petit volume, ils arrivent à boucler des budgets sur des investissements qu’ils ont, notamment un centre de neurologie et le centre pour les personnes âgées. »

* une « pièce » est un tonneau bourguignon. Il a une contenance de 228 litres soit 300 bouteilles (retenez ça, ça peut toujours vous servir au Trivial Poursuit 😉

La « tasting box » : dégustez le vin avant d’acheter

Le concept : recevez chez vous 3 échantillons de vins différents sous forme de wit (des tubes) de 6cl, soit un demi verre de chaque vin sélectionné. Franck Bernard, à l’origine de ce projet est également derrière le site Rendez vous des vin, un site de vente en ligne de vin. Il est parti du constat qu’il est difficile d’acheter du vin avant de l’avoir goûté. Et que les frais de ports pour envoyer une ou deux bouteilles sont conséquents.

Avec la Tasting box, vous découvrez trois vins de la sélection du mois. Des vins que vous n’avez donc pas pas choisis, qui « sortent des sentiers battus : appellations peu connues, parfois des vins étrangers » raconte Franck Bernard. Si les vins vous plaisent, vous pouvez les retrouver sur Rendez vous des vins et les acheter à des tarifs préférentiels.

Chaque coffret contient une petite fiche explicative sur chaque vin. Dans la Tasting Box que j’ai testée, il y avait un vin blanc et deux vin rouges :

  • Catena Zapata, Alamos Torrontes 2010, Mendoza, Argentine
  • Domaine du Jas, Syraphaël 2009, Côtes du Rhône
  • Château d’Ollières, Prestige 2009, Coteaux Varois

Combien ça coûte ? Si vous vous abonnez à l’année il vous en coutera 9 euros. Pour l’essayer un mois, la Tasting Box est à 11,90 euros. Pour tout savoir sur la Tasting Box voyez aussi cet article d’Audrey cuisine et de Papilles et Pupilles

All You Need Is Wine : quand la vente de vin en ligne rencontre les réseaux sociaux

Après l’arrivée fracassante de Lot 18 sur le marché français de la vente de vin en ligne, un petit nouveau entend bien tirer profit de ce marché en plein essor : All You Need Is Wine. Un concept qui mise beaucoup sur une image jeune et conviviale et sur les réseaux sociaux. 

Le marché du vin sur internet en France représente 410 millions d’euros de chiffre d’affaire rien que pour l’année 2011 … Et depuis 2007, ce marché connaît une croissance de 30% par an. Et il ne représente que 3 à 4% du marché total en France. Autant dire qu’il est particulièrement attractif.

« Le marché du vin en ligne est un marché très attractif et à l’heure où il commence à peine à s’organiser, il s’agit d’un moment opportun pour le pénéter » selon l’équipe de All you Need Is Wine.

Allyouneediswine.com, c’est une boutique en ligne de vin. Avec une particularité : la suppression des frais de ports en échange d’un « acte social » c’est à dire d’un partage sur Facebook ou Twitter … On peut également souscrire un abonnement, de 12€ par mois, qui permet d’obtenir des réductions sur les commandes.

Pour Florent Cantat , Sylvain Crouzet et Aymeric Chanteloup, les trois membres fondateurs de All You Need Is Wine, la volonté est clairement de dédramatiser l’achat de vin. De le rendre facile, et si possible ludique. Alors ils osent tout, et mettent en valeur des vins aux noms ou aux histoires atypiques, comme le Chateau La Levrette, à l’honneur pour le lancement du site …

Chaque colis est livré avec les fiches techniques sur les vins expédiés, des commentaires de dégustations, …