Musique et vin : le festival de Bach à Bacchus à Meursault

Si aujourd’hui les festivals associant musique et vins sont légions, il en est un qui existe depuis 32 ans déjà et qui est tout particulièrement cher à mon coeur, il s’agit du festival De Bach à Bacchus qui fut créé à Meursault autour de vignerons passionnés de musique. Cet été comme à l’accoutumée, ce petit village de Cote d’Or a vécu quelques jours sous la signe de la musique, sans se départir de sa convivialité vigneronne.

Fanfare, orgue, jazz, piano classique, ensembles insolites, toutes les musiques sont à l’honneur dans une ambiance festive. La musique, même pointue, doit se mettre à la portée de tous, s’offrir au plus grand nombre. Ainsi le samedi est chaque année une journée où les concerts se déroulent en plein air, dans des lieux insolites du village ou chez des murisaltiens qui ouvrent leurs portes pour l’occasion. On peut ainsi déambuler dans Meursault, un verre à la main et flânant d’une rue à l’autre et s’arrêter pour écouter ici l’Harmonie de Meursault, là un duo d’accordéon et guitare ou ailleurs un nocture de Chopin. Un parcours musical et œnologique qui permet de découvrir cinq concerts et cinq vins en cinq lieux différents, sous le soleil.

   

Talents confirmés et en devenir constituent la programmation du festival. Cette volonté de mettre en avant de jeunes musiciens est soulignée depuis quatre ans par un prix, le Prix André Boisseaux, qui donne la possibilité au lauréat d’enregistrer son premier disque et d’en faire la promotion. Il a précédemment récompensé le violoniste David Petrlik, le violoncelliste Ivan Karizna et la pianiste Célia Oneto Bensaid. Cette année, c’est un jeune pianiste de jazz, Noé Huchard qui a été distingué à seulement 18 ans. Après avoir reçu ce prix des mains de Monique Boisseaux et de Yves Henry (président du festival), le jeune homme a joué quelques standards du jazz et une improvisation sur le thème de Mozart.

La soirée qui se déroulait au Château de Meursault s’est ensuite poursuivie par un spectacle littéraire et musical autour de Mozart avec le pianiste François Chaplin et la comédienne Brigitte Fossey avant de se conclure par un diner dégustation. Une édition 2018 qui une fois encore à su trouver l’accord parfait entre grands artistes, jeunes talents, et convivialité : l’équilibre, comme pour les grands vins, fait les grands festivals !

Pour plus de renseignements, découvrez le site internet du festival ici 

Pour vous inscrire pour l’édition 2019 contactez l’office du tourisme de Meursault 

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« Le jour où il n’y aura plus de vin » de Laure Gasparotto et Lilian Bérillon

 

« Le jour où il n’y aura plus de vin » est un livre écrit à quatre mains par Laure Gasparotto, journaliste spécialisée dans le vin et néo-vigneronne dans le Sud, et Lilian Bérillon, pépiniériste, fils et petit fils de pépiniériste à Jonquières (84). Mi récit mi essai, ce livre lance un cri d’alerte sur la qualité du matériel végétal qui conditionne la santé de la vigne et la qualité des vins.

Course aux rendements des pépiniéristes, standardisation et perte de savoirs-faire des viticulteurs seraient à l’origine d’une disparition de variété des spécimens et d’une accélération du dépérissement du vignoble mondial. Et qui dit vignobles médiocres dit évidemment vin de piètre qualité. A terme, c’est moins le jour où il n’y aura plus de vin que le jour où il n’y aura plus de « bon » vin qu’ils craignent.  Ils entendent donc « défendre la diversité, seule solution pour garantir la pérennité de tout végétal, ainsi que le retour de gestes oubliés qui garantissent plus de précision ».

Lilian Bérillon part du constat qu' »avant un vigneron plantait pour lui, ses enfants, ses petits enfants, voire davantage » mais que désormais le rapport au temps a changé et qu’il plante pour lui même. Alors qu’une vigne avait une espérance de vie pouvant atteindre 80 à 100 ans autrefois, maintenant elle ne vit parfois que 25 à 30 ans.

Selon lui ce problème à différentes causes :

  • Un temps de repos insuffisant entre l’arrachage d’une vigne et la replantation. Selon lui ce temps devrait être de 5 à 7 ans. Ce temps de jachère qui représente un manque à gagner certain (plusieurs années sans récolte) pour les vignerons mais qui était respecté autrefois car « les anciens acceptaient moins de confort que nous n’en exigeons désormais » permettraient auraient des effets certains sur la vigueur de la plante et sa bonne santé donc sa condition à vieillir.
  • La qualité du matériel végétal fournie par les pépiniéristes : « à force de reproduire vite, de cloner sans fin, la qualité des plants est gravement compromise ». Ancien courtier dans le secteur, avant d’avoir lui même créé une pépinière plus « vertueuse », Lilian Bérillon dénonce aussi avec cynisme ses anciens confrères expliquant que « la mortalité crée de l’activité pour la filière ».
  • Les maladies qui causent un dépérissement précoce des vignes. Il estime que 11% des ceps sont improductifs à cause des maladies du bois par exemple. Ce dépérissement aurait pour conséquence une baisse de 4,6 hectolitres par hectare (pour les AOP en 2014). Là encore de mauvaises pratiques viticoles seraient en cause, notamment la taille.

« Les causes climatiques ou biologiques ne sont pas nouvelles : le vigneron a toujours du s’adapter aux mauvaises surprises qui se présentent à lui. La menace actuelle résiste moins dans le dérèglement climatique que dans la perte de gestes ancestraux qui lui ont toujours permis cette adaptation. » Autrefois les vignerons greffaient eux mêmes. Cette pratique était enseignée dans les lycées viticoles. Les pépiniéristes fournissaient uniquement les portes-greffes, les vignerons sélectionnaient des greffons dans leurs vignes (la sélection massale) qu’ils greffaient ensuite eux mêmes.

Le problème fondamental serait donc celui de la « déresponsabilisation » du vigneron qui fait appel à des consultants et délègue la prise de décision, aussi bien à la vigne qu’en cave. « L’idéal, ce sont vraiment les démarches privées de vignerons qui cherchent à entretenir leur vignoble. C’est la seule manière de préserver la diversité, et plus intéressant que de planter des clones dont la mortalité est quasiment autoprogrammée ».

Pour remédier à ce dépérissement précoce, Lilian Bérillon encourage les vignerons à planter des « racinés ». Cette technique représente 20% de ses livraisons aux vignerons. « Avec le raciné, le plant de vigne développe son propre système racinaire dans le lieu où il vivra. Une fois que celui ci est en place, soit au moins trois ans après l’avoir planté, le temps que ses racines poussent un peu, on greffe la variété souhaitée. » Au lieu de planter un greffé-soudé, on plante d’abord ce qui fait office de porte greffe et ensuite seulement on greffe. Ce système permettrait de mieux enraciner le plant et donc de limiter le taux de mortalité. Il affirme même que 10 à 15% des plants greffés soudés développeraient des maladies contre un nombre « anecdotique » pour des racinés. Concernant le type de greffe, là aussi Lilian Bérillon déconseille également fortement la greffe dite « oméga » qui ne respecterait pas les flux de sève et serait donc contraire à un bon développement du plant.

Voici la chronologie qu’il explique mettre en place dans sa pépinière :

  • un vieux cep qui constitue « le patrimoine viticole » est repéré avant les vendanges dans un domaine
  • pendant deux à trois ans, il est observé puis contrôlé par des tests sanitaires pour voir s’il est indemne de maladie et de virose
  • des sarments sont prélevés qui permettent de récupérer une bouture : le « greffon » qui est préparé pendant l’hiver
  • en mars le greffon est greffé au porte greffe de 30cm environ
  • les plants sont mis en terre en mai, là le « porte greffe va libérer des racines, le greffon de la végétation »
  • aux premières gelées, les plants sont arrachés
  • la livraison aux vignerons se fait à partir de janvier

« Le seul rempart aux maladies et au réchauffement climatique, c’est définitivement la biodiversité ». Contre le réchauffement climatique, une des solutions serait de réfléchir aux cépages selon lui. « Il faut faire monter des cépages du sud vers le nord, pas l’inverse. La syrah provient du nord du Rhône, pas du Languedoc, d’où son espérance de vie courte dans cette région ». Mais concernant les cépages résistants, créés par croisement de variétés pour résister aux maladies cryptogamiques et ainsi limiter les traitement chimiques (voir notamment mon article à ce sujet ici) il dénonce « la perte de diversité puisque chaque nouvelle variété se limitera à un seul individu. La plus grande part de la viticulture cautionne ces nouveaux cépages, comme elle avait cautionné la sélection clonale ».

Mon avis sur ce livre (qui n’engage donc que moi)

Le sujet est effectivement brûlant et essentiel et mérite d’être porté sur le devant de la scène.Le constat de départ n’est pas une découverte. Les greffes repiquées ou dans des plantes meurent en trop grand nombre tous les ans et les maladies du bois progressent. Il existe d’ailleurs un plan national de lutte contre le dépérissement de la vigne (dont parle également ce livre). À la fin du livre, un lexique et un calendrier du pépiniériste sont éclairants et pratiques à consulter.

Mais au fil de ces quelques 130 pages, Lilian Bérillon se compare à un « Noé de la vigne » (sic) sauveur du vignoble grâce à son arche-pépinière. On le suit lors de ses rencontres avec des vignerons toujours très prestigieux. Les prises de conscience emphatiques sont à mon sens plus détaillées que les pistes pour faire face aux problèmes. Et cette phrase glissée l’air de rien : « J’aimerais tellement que les vignerons comprennent mon message. Que la presse l’explique, que les consultants me fassent intervenir. » Un mélange des genres sur fond de panégyrique qui m’a laissée un peu perplexe. Si le sujet vous intéresse, faites comme moi, lisez le et faites vous votre avis ! Et n’hésitez pas à me le donner …

« Le jour où il n’y aura plus de vin » par Laure Gasparotto et Lilian Bérillon, Grasset, 152p, 17 euros 

Pour aller plus loin : cet entretien de la Revue du Vin de France et cette interview de Laure Gasparotto chez Frédéric Taddeï sur Europe 1 

*Les photos qui illustrent cet article sont des photos d’archives personnelles 

 

 

Guillaume Bodin revient avec un nouveau film : Zéro Phyto, 100% Bio !

Après La Clef des Terroirs et Insecticides mon amour, Guillaume Bodin revient avec un nouveau film documentaire « Zéro Phyto, 100% Bio » qui sortira sur grand écran le 31 janvier prochain. Après avoir exploré le monde de la viticulture biodynamique et avoir dénoncé les méfaits des produits phytosanitaires appliqués à la viticulture, ce film met en avant des pratiques vertueuses associant cantines collectives bio et arrêt des pesticides dans les lieux publics. Ou comment une somme de bonnes volontés et une prise de conscience partagée peuvent faire évoluer les pratiques agricoles et améliorer environnement et qualité de vie. 

Rencontre avec Guillaume Bodin, jeune homme engagé et dynamique, militant et sympathique lors de la projection de son film en avant première à Beaune le 2 octobre.

Comment es tu passé des documentaires sur le vin à celui ci, qui sort du domaine viticole ? 

Pour Insecticides mon amour, j’avais pas mal travaillé avec l’association Génération Futures. Je fais partie de cette association depuis 2013, depuis mon intoxication aux produits phytosanitaires*. L’association Agir pour l’environnement m’a aussi beaucoup aidé pour la communication autour de ce film au cinéma. Zéro phyto 100% bio a été créé en 2014 par trois associations (Agir Pour l’environnement, Générations Futures et Bio Consom’Acteur)  pour essayer de promouvoir les cantines bio et l’arrêt des pesticides en ville. Ils m’ont demandé de faire des vidéos pour promouvoir cette initiative. J’ai commencé à tourner quelques vidéos que j’ai mises sur internet mais pendant le tournage j’ai pensé qu’il faudrait en faire un documentaire pour le cinéma pour pouvoir débattre de ces sujets là au cinéma. Il y a un vrai manque autour de cette thématique.

 

Ce film porte deux idées phares : l’arrêt des pesticides dans les villes et les cantines bio, c’est à dire la restauration collective bio en général (crèches, écoles, collèges, lycées, hôpitaux, prisons, Epad). Depuis le 1er janvier 2017, il y a une loi qui interdit l’utilisation de tous les pesticides dans les lieux publics. On voulait mettre en avant cette mesure. Nous avons pour cela rencontré le sénateur Joël Labé qui a été à l’origine de cette loi. D’un côté les villes se sont engagées, d’un autre coté le bio dans les cantines permet des débouchées pour l’agriculture bio. On essaye de prouver que contrairement à ce que dit le syndicat agricole majoritaire, le bio peut nourrir l’humanité et qu’il existe des débouchés, il suffit de les encourager !

 

 

Quel impact est ce qu’un documentaire peut avoir concrètement ? 

C’est un film informatif et militant, cela dépend comment on vient le voir. Il y a des gens qui utilisent ce film pour faire changer des choses dans leurs communes ou leur ville. Après la projection du film à Versailles, le maire a décidé de mettre 20% de bio en restauration collective. Ils sont passé de 0 à 20% donc c’est quand même un grand pas en avant. Ca concerne quand même 5 600 repas par jour environ. Hier on a discuté avec deux jeunes agriculteurs à l’issue de la projection qui pensaient que le bio n’était pas pour eux car ils ne voyaient pas de débouchés possibles mais il avaient envie de faire en sorte que cela change. Ils ont simplement peur de se lancer dans le changement et de ne pas y arriver même s’ils sont convaincus du bien fondé du bio. Ils ont peur de la baisse de productivité engendrée par une conversion en bio, peur des maladies, peur de ne pas tenir le coup financièrement. Dans le film on montre des exemples qui fonctionnent, où des agriculteurs on dû créer une filière mais qui y sont arrivés.

Concernant la biodynamie, ton film la Clef des Terroirs avait également été très pédagogique, c’est cela qui compte pour toi ? 

La Clef des terroirs a suscité beaucoup de réactions. J’ai rencontré beaucoup de vignerons, et je continue à en rencontrer, qui m’ont dit que ça leur avait donné envie de s’intéresser de plus près aux pratiques biodynamiques. Pour certains, ils sont même passé en biodynamie ou ont fait leurs premières préparations biodynamiques suite à la projection du film, simplement par curiosité. Petit à petit on peut faire évoluer les choses. Pierre Masson aussi a vu que le film avait vraiment créé une demande en désacralisant un peu ces pratiques dites « ésotériques » et s’appuyant sur les planètes et la lune. Dans le film on montrait des choses concrètes. Avec Insecticides mon amour il y a eu beaucoup de réactions en Champagne. J’y ai fait énormément de projections où les salles étaient combles et où il y avait énormément de vignerons. Je pense que cela contribue à faire évoluer les mentalités et bouger les choses petit à petit.

 

 

J’essaye de faire des films qui ne soient pas clivant. Le but n’est pas de dresser les bio contre les non-bio, le but c’est de faire évoluer les choses. Avec ce nouveau film c’est pareil, on essaye de faire évoluer les choses…

Tu es en train d’achever la suite de la Clef des Terroirs, quel en sera le thème principal ?

La suite de la Clé des Terroirs devrait sortir l’année prochaine, j’ai presque fini de le tourner. Dans ce film il n’y aura que des femmes vigneronnes : Hélène Thibon (Mas de Libian en Ardèche), Marie Thérèse Chappaz (Valais), Elisabetta Foradori (Dolomites et Toscane) et Virginie Saverys (Avignonesi à Montepulciano). Le sujet reste la biodynamie mais on va un peu plus loin et on aborde aussi l’élevage dans ce film. Il y a aussi une évolution dans l’élevage des vins. On boise de moins en moins, il y a une évolution vers des vins plus fruités et moins maquillés. Chez ces vigneronnes, on trouve soit des oeufs en béton, soit des amphores…

 

 

En Bref : 

Pour tout savoir sur Zéro Phyto, 100% Bio, retrouver les avants-premières près de chez vous et voir davantage de vidéos cliquez ici 

Pour ne rater aucune vidéo de Guillaume Bodin, suivez sa chaîne You Tube 

Pour voir la carte des villes et villages sans pesticides cliquez ici et pour voir celle des cantines bio cliquez ici.

 

Une minute d’oenotourisme par soir sur France Télévision

« 1 Minute, 1 Vignoble » : France Télévisions va diffuser un programme oenotouristique construit avec 6 régions viticoles françaises et Vin & Société.

Le 27 mars, France Télévisions lance un programme oenotouristique court baptisé « 1 Minute, 1 Vignoble » sur les régions viticoles deBordeaux, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Provence et Côtes du Rhône Il sera diffusé sur France 2 du lundi au jeudi (du 27 mars au 4 mai) et sur France 5 du vendredi au dimanche (du 28 avril au 18 juin) vers 20h35. 

100% axé sur la culture et le patrimoine, ce programme inédit constitué de 18 films d’une minute chacun, propose au spectateur une promenade oenotouristique qui le conduira à la découverte des terroirs et mettra en lumière un paysage, une histoire, un lieu ou un savoir-faire spécifique autour de l’animatrice Tiga.

Objectif ? Faire découvrir au grand public la diversité et la richesse du patrimoine viticole français : savoir-faire traditionnel à Bordeaux ; Climats de Bourgogne ; histoire et géographie en Champagne ; terroirs du Languedoc ; routes des vins de Provence ; patrimoine et culture en Côtes du Rhône ; histoire viticole de Paris. Chaque programme racontera un peu de notre histoire commune.

« 1 Minute 1 Vignoble » a fédéré 6 régions viticoles sur la base du volontariat des interprofessions participantes. Il a été conçu par le Studio Kabo et parrainé par Vin & Société. « Ce programme inédit a pour objectif de raconter aux téléspectateurs un peu de l’histoire du patrimoine viticole français et de leur donner l’envie de partir à la découverte des vignobles comme 10 millions de touristes l’ont déjà fait en 2016 » commente Joël Forgeau, Président de Vin & Société.

 

(source : communiqué de presse Vin et Société)

Cédric Klapisch expose les photos préparatoires de son film sur le vin tourné en Bourgogne

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Cédric Klapisch exposera du 2 février au 4 avril prochain à la Galerie Cinéma à Paris une série de photos intitulée « Nature humaine ». Cette exposition est consacrée à la région viticole de la Bourgogne où il a tourné son prochain film, « Ce qui nous lie » qui devrait sortir en salle en juin 2017.

Lors d’une interview sur France Inter dans l’émission culturelle Boomerang, le réalisateur de Péril Jeune et de L’Auberge Espagnole (entre autres) s’est confié au journaliste Augustin Trapenard. Pour réécouter l’émission c’est ici :

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« D’habitude les photos que je fais sont toujours des photos avec des gens. Là, le film que j’ai réalisé, « Ce qui nous lie » est un film sur le vin. Et dans cette exposition, plutôt que de parler du vin et des gens qui font le vin, j’ai préféré parler de la nature. L’exposition s’appelle « Nature humaine » mais l’idée c’est qu’il n’y ait justement pas de présence humaine. Il y a quelque chose d’humain qui est présent dans les vignes, parce qu’elles sont alignées, dessinées. Les paysages de Bourgogne sont des paysages dans lesquels on voit beaucoup l’activité humaine. L’idée c’est de montrer la nature modifiée par l’homme.

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J’ai commencé par la photographie, c’est une activité qui est importante pour moi, un peu comme un échauffement pour un sportif. C’est quelque chose qui vient au préalable et qui est indispensable pour faire du cinéma. Quand je fais des photos de repérages, c’est une façon de capter un lieu. (…) Prendre l’ambiance permet d’imaginer une scène. J’hésitais entre photographe et réalisateur mais pour moi le cinéma est plus complet. Ma dernière exposition était un regard croisé sur Paris et New York, là c’est un regard posé sur la campagne française, la nouvelle campagne française. En France aujourd’hui il n’y a plus de nature, il n’y a plus de forêt primaire. Tout est planté, tout a été fabriqué par l’homme. Que ce soient les forêts, les champs ou les vignes, il y a toujours ce mariage entre l’activité humaine et la nature.

Le vin, c’est le produit magique pour moi. C’est le seul produit qui vieillit bien, qui peut être meilleur vingt ans plus tard que quand il est fait, et puis il y a quelque chose de mythologique dans le vin car ça date de l’antiquité. Quand on va en Bourgogne, ça se sent, on ressent l’empreinte médiévale et ce travail que les moines ont fait il y a si longtemps. C’est un vieux produit qui est toujours plus moderne. C’est un produit qui est en constante évolution et qui s’améliore sans cesse.

Ce qui est beau dans la vigne, c’est qu’elle a besoin de la terre, des racines, et du ciel et du soleil. Le raisin, c’est vraiment un produit qui se situe entre la terre et le ciel. Ce qui fait la richesse quand on boit un vin, outre l’ivresse, c’est qu’il y a quelque chose d’assez magique. »

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Lors du tournage du film « Ce qui nous lie », Cédric Klapish avait également posté de nombreuses photos que vous pouvez toujours voir sur son compte Instagram @cedklap. Vous y trouverez des photos du tournage qui s’est déroulé principalement entre Chassagne Montrachet et Beaune, en passant par Puligny et Meursault notamment, mais aussi des très belles photos de paysages de la cote viticole au fil des saisons puisque ce film qui sortira en juin prochain retrace les retrouvailles d’une fraterie sur les terres bourguignonnes pendant un an. Pour tout savoir sur ce film qui sera interprété entre autres par Ana Girardot, Pio Marmai et François Civil, voir ici.

Au cours de cette interview, Cédric Klapish a également fait découvrir la chanson inédite du film « Ce qui nous lie » composée par lui même et la chanteuse Camélia Jordana et interprétée par cette dernière ( vous pouvez l’entendre dans le lien ci dessus vers la 16e minute).

Voir également cette interview donnée par Cédric Klapisch sur ses débuts dans la photo à Camille Lorente pour Fisheye Magazine

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F230124280495066%2Fvideos%2F345927185581441%2F&show_text=0&width=560

La photo qui illustre cet article provient d’ici

20 déjeuners autour du vin : rencontres viticoles et gustatives en Bourgogne

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Objet livresque non identifié, « 20 déjeuners autour du vin » n’est pas uniquement un livre de recettes, mais pas non plus une galerie de portraits. C’est une promenade gourmande. Un fil tendu entre la cuisine et la cave où Sébastien Chambru répond en cuisine aux confidences de vignerons bourguignons. Une balade appétissante et poétique grâce aux magnifiques photos de Matthieu Cellard.

Sébastien Chambru, à l’origine du projet, est un cuisinier. Un chef même, formé chez Paul Bocuse. Et meilleur ouvrier de France de surcroît. En 2013, il est revenu sur ses terres natales près de Fuissé et a ouvert son premier restaurant « L’Ô des vignes ». Le choix de ce nom déjà annonçait la couleur.

« Combien de fois, autour d’un diner, j’ai parcouru avec mes compagnons de gueule, les routes du Mâconnais, de la Côte chalonnaise, les chemins de Nuits, de Beaune, … (…) Tant de fois, qu’un jour, l’idée de faire grandeur nature ce tour de la Bourgogne, de partir de L’O des vignes et d’aller sonner à leurs portes s’est imposée comme une évidence : j’irai diner chez mes vignerons fétiches, ceux qui depuis des années me confient leurs vins comme on envoie ses enfants se confronter au monde. Ils serviraient les plats familiaux, ceux qu’ils aiment marier avec les vins de leurs domaines. Nous allions vivre de beaux moments… » Voilà comme Sébastien Chambru explique son idée.

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Ce livre est donc composé en vingt rencontres, chez vingt vignerons, depuis le Domaine Robert Denogent dans le Maconnais jusqu’au domaine Sylvain Pataille à Marsannay. L’idée originale de ce cuisinier : à l’issu de chaque rencontre, de chaque déjeuner, il a créé comme une « dédicace » une recette inédite réalisée avec les mêmes ingrédients que ceux du plat familial « comme un trait d’union entre la cuisine familiale et la cuisine des chefs, poignée de main entre le vigneron et le cuisinier ».

On peut piocher dans ce livre de rencontres des recettes du chef, mais aussi celles proposées par les vignerons. On peut découvrir le travail de ces vingt artisans vignerons dans des portraits sensibles et attachants, riches d’anecdotes qui donnent à voir le métier différemment.

Les vingt domaines à l’honneur sont : domaine Robert Denogent, domaine de la Sarazinière, domaine Nicolas Maillet, domaine Guillemot Michel, domaine Guillot Broux, domaine Stéphane Aladame, domaine François Lumpp, domaine de la Framboisière, domaine Paul et Marie Jacqueson, domaine de Villaine, domaine Arnaud Ente, château de Monthelie, maison Sarnin Berrux, maison Philippe Pacalet, domaine Emmanuel Giboulot, domaine Danièle Bonnardot, domaine de Bellène, domaine Cécile Tremblay, domaine Anne Gros, domaine Sylvain Pataille.

Une part très importante de cet ouvrage est faite à l’illustration et les photos de Matthieu Cellard achèvent de régaler cette lecture. Des mosaïques de détails. Des portraits jamais posés. On passe de la contemplation admirative d’un paysage ou d’un plat à une scène spontanée de dégustation ou de préparation culinaire. Il y a du travail et il y a de la vie qui passent. On touche au plus près les sensations. A la fin de chaque chapitre, on a l’impression d’avoir soi même rencontré le vigneron.

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Infos 

20 déjeuners autour du vin – Bamboo éditions – 40€ – parution le 2 novembre 2016

Disponible déjà à l‘Athenaeum à Beaune ici

Restaurant L’O des vignes, Rue du Bourg,71960 FUISSÉ – Tel. 03 85 38 33 40 – chambru@me.com

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A mettre entre toutes les mains : 12°5, « jajazine » de qualité sur le vin

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C’est la bonne nouvelle de cette rentrée, la sortie du « jajazine » de 180°C, baptisé 12°5 (prononcé « douze degré cinq ». Un magazine de qualité, qui entend mettre en avant « des hommes et des femmes qui ont décidé de ne pas ou de ne plus adhérer à un système conventionnel globalement irrespectueux de l’environnement et du consommateur » comme l’écrit Philippe Toinard, rédacteur en chef dans son premier édito.

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C’est fait par qui ? 

Coté équipe rédactionnelle, on trouve donc en tête Eric Fénot et Philippe Toinard et au nombre des rédacteurs de ce premier numéro, on retrouve des journalistes tels que Aymone Vigière d’Anval, Luc Folliet, Sylvie Augereau, Dominique Hutin, Jacky Durand, Isabelle Saporta. Tous ont déjà largement traité de sujets viticoles sur différents médias tels que la Revue du Vin de France, Saveurs, Radio France… Bref, du lourd.

Coté image, les photos sont vraiment travaillées et contribuent à donner une atmosphère authentique et hautement qualitative à l’ensemble. Elles sont signées Marie Pierre Morel, Jean Luc Bertini et Jean-Luc Luyssen. Bonne surprise également coté illustration : Michel Tolmer parsème lquelques pages de ses célèbres bonhommes glougophiles (Mimi Fifi, Glouglou) et les photos

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De quoi ça parle ? 

Le programme affiché est celui là : « Naturellement vinifiée avec la volonté de défricher, dénicher, s’intéresser aux vins bios, en biodynamie, et engagés, 12°5, revue porte-étendard des vins de la nouvelle génération, fait la part belle aux vins produits dans le respect de la terre, du terroir et du fruit et à ces hommes, ces femmes, qui se cachent derrière les étiquettes. »

Je l’ai ouvert et lu en grande partie. Les classiques du genres sont évidemment présents : grands portraits, présentation d’une appellation, accord mets-vins, polémiques, sujets historiques. Mais ici tout prend un ton différent. Les portrait sont précis et humains et mettent à l’honneur des vignerons atypiques (Patrick Baudouin, Raphael Monnier, Marie-Thérèse Chappaz). Un graphiste décode des étiquettes de bouteilles de vin. Un écrivain raconte une émotion de dégustation. La malo (fermentation malolactique) est expliquée simplement et intelligemment. On nous emmène à la découverte de la renaissance des vins bretons et normands … Une petite plongée historique dans les chansons bachiques. Des accords mets-vins construits autour des bouteilles sélectionnées et non des plats.

12°5 c’est des sujets qui détonnent, légèrement militant mais pas trop non plus. « En toute indépendance, nous sommes allées à la rencontre de ces vignerons qui ont décidé , pour votre bien être, de sortir du rang. Les écouter c’est comprendre qu’une autre viticulture est possible, qu’elle ne date pas d’hier, qu’elle n’est pas un effet de mode et qu’il est important à leurs yeux de proposer aux consommateurs une alternative avec des vins sains, des vins propres, des vins singuliers » explique Philippe Toinard.

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Pour en savoir plus :

12°5, #1 automne-hiver 2016, 20€ (j’ai trouvé le mien à l’Athénaeum de Beaune, mais vous pouvez le trouver dans les bonnes librairies, les librairies spécialisées ou encore en ligne ici : http://www.180c.fr/12-5/

N’hésitez pas à aller visiter leur site internet pour découvrir d’autres articles : www.180c.fr !

Bonne lecture