Guillaume Bodin revient avec un nouveau film : Zéro Phyto, 100% Bio !

Après La Clef des Terroirs et Insecticides mon amour, Guillaume Bodin revient avec un nouveau film documentaire « Zéro Phyto, 100% Bio » qui sortira sur grand écran le 31 janvier prochain. Après avoir exploré le monde de la viticulture biodynamique et avoir dénoncé les méfaits des produits phytosanitaires appliqués à la viticulture, ce film met en avant des pratiques vertueuses associant cantines collectives bio et arrêt des pesticides dans les lieux publics. Ou comment une somme de bonnes volontés et une prise de conscience partagée peuvent faire évoluer les pratiques agricoles et améliorer environnement et qualité de vie. 

Rencontre avec Guillaume Bodin, jeune homme engagé et dynamique, militant et sympathique lors de la projection de son film en avant première à Beaune le 2 octobre.

Comment es tu passé des documentaires sur le vin à celui ci, qui sort du domaine viticole ? 

Pour Insecticides mon amour, j’avais pas mal travaillé avec l’association Génération Futures. Je fais partie de cette association depuis 2013, depuis mon intoxication aux produits phytosanitaires*. L’association Agir pour l’environnement m’a aussi beaucoup aidé pour la communication autour de ce film au cinéma. Zéro phyto 100% bio a été créé en 2014 par trois associations (Agir Pour l’environnement, Générations Futures et Bio Consom’Acteur)  pour essayer de promouvoir les cantines bio et l’arrêt des pesticides en ville. Ils m’ont demandé de faire des vidéos pour promouvoir cette initiative. J’ai commencé à tourner quelques vidéos que j’ai mises sur internet mais pendant le tournage j’ai pensé qu’il faudrait en faire un documentaire pour le cinéma pour pouvoir débattre de ces sujets là au cinéma. Il y a un vrai manque autour de cette thématique.

 

Ce film porte deux idées phares : l’arrêt des pesticides dans les villes et les cantines bio, c’est à dire la restauration collective bio en général (crèches, écoles, collèges, lycées, hôpitaux, prisons, Epad). Depuis le 1er janvier 2017, il y a une loi qui interdit l’utilisation de tous les pesticides dans les lieux publics. On voulait mettre en avant cette mesure. Nous avons pour cela rencontré le sénateur Joël Labé qui a été à l’origine de cette loi. D’un côté les villes se sont engagées, d’un autre coté le bio dans les cantines permet des débouchées pour l’agriculture bio. On essaye de prouver que contrairement à ce que dit le syndicat agricole majoritaire, le bio peut nourrir l’humanité et qu’il existe des débouchés, il suffit de les encourager !

 

 

Quel impact est ce qu’un documentaire peut avoir concrètement ? 

C’est un film informatif et militant, cela dépend comment on vient le voir. Il y a des gens qui utilisent ce film pour faire changer des choses dans leurs communes ou leur ville. Après la projection du film à Versailles, le maire a décidé de mettre 20% de bio en restauration collective. Ils sont passé de 0 à 20% donc c’est quand même un grand pas en avant. Ca concerne quand même 5 600 repas par jour environ. Hier on a discuté avec deux jeunes agriculteurs à l’issue de la projection qui pensaient que le bio n’était pas pour eux car ils ne voyaient pas de débouchés possibles mais il avaient envie de faire en sorte que cela change. Ils ont simplement peur de se lancer dans le changement et de ne pas y arriver même s’ils sont convaincus du bien fondé du bio. Ils ont peur de la baisse de productivité engendrée par une conversion en bio, peur des maladies, peur de ne pas tenir le coup financièrement. Dans le film on montre des exemples qui fonctionnent, où des agriculteurs on dû créer une filière mais qui y sont arrivés.

Concernant la biodynamie, ton film la Clef des Terroirs avait également été très pédagogique, c’est cela qui compte pour toi ? 

La Clef des terroirs a suscité beaucoup de réactions. J’ai rencontré beaucoup de vignerons, et je continue à en rencontrer, qui m’ont dit que ça leur avait donné envie de s’intéresser de plus près aux pratiques biodynamiques. Pour certains, ils sont même passé en biodynamie ou ont fait leurs premières préparations biodynamiques suite à la projection du film, simplement par curiosité. Petit à petit on peut faire évoluer les choses. Pierre Masson aussi a vu que le film avait vraiment créé une demande en désacralisant un peu ces pratiques dites « ésotériques » et s’appuyant sur les planètes et la lune. Dans le film on montrait des choses concrètes. Avec Insecticides mon amour il y a eu beaucoup de réactions en Champagne. J’y ai fait énormément de projections où les salles étaient combles et où il y avait énormément de vignerons. Je pense que cela contribue à faire évoluer les mentalités et bouger les choses petit à petit.

 

 

J’essaye de faire des films qui ne soient pas clivant. Le but n’est pas de dresser les bio contre les non-bio, le but c’est de faire évoluer les choses. Avec ce nouveau film c’est pareil, on essaye de faire évoluer les choses…

Tu es en train d’achever la suite de la Clef des Terroirs, quel en sera le thème principal ?

La suite de la Clé des Terroirs devrait sortir l’année prochaine, j’ai presque fini de le tourner. Dans ce film il n’y aura que des femmes vigneronnes : Hélène Thibon (Mas de Libian en Ardèche), Marie Thérèse Chappaz (Valais), Elisabetta Foradori (Dolomites et Toscane) et Virginie Saverys (Avignonesi à Montepulciano). Le sujet reste la biodynamie mais on va un peu plus loin et on aborde aussi l’élevage dans ce film. Il y a aussi une évolution dans l’élevage des vins. On boise de moins en moins, il y a une évolution vers des vins plus fruités et moins maquillés. Chez ces vigneronnes, on trouve soit des oeufs en béton, soit des amphores…

 

 

En Bref : 

Pour tout savoir sur Zéro Phyto, 100% Bio, retrouver les avants-premières près de chez vous et voir davantage de vidéos cliquez ici 

Pour ne rater aucune vidéo de Guillaume Bodin, suivez sa chaîne You Tube 

Pour voir la carte des villes et villages sans pesticides cliquez ici et pour voir celle des cantines bio cliquez ici.

 

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Une minute d’oenotourisme par soir sur France Télévision

« 1 Minute, 1 Vignoble » : France Télévisions va diffuser un programme oenotouristique construit avec 6 régions viticoles françaises et Vin & Société.

Le 27 mars, France Télévisions lance un programme oenotouristique court baptisé « 1 Minute, 1 Vignoble » sur les régions viticoles deBordeaux, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Provence et Côtes du Rhône Il sera diffusé sur France 2 du lundi au jeudi (du 27 mars au 4 mai) et sur France 5 du vendredi au dimanche (du 28 avril au 18 juin) vers 20h35. 

100% axé sur la culture et le patrimoine, ce programme inédit constitué de 18 films d’une minute chacun, propose au spectateur une promenade oenotouristique qui le conduira à la découverte des terroirs et mettra en lumière un paysage, une histoire, un lieu ou un savoir-faire spécifique autour de l’animatrice Tiga.

Objectif ? Faire découvrir au grand public la diversité et la richesse du patrimoine viticole français : savoir-faire traditionnel à Bordeaux ; Climats de Bourgogne ; histoire et géographie en Champagne ; terroirs du Languedoc ; routes des vins de Provence ; patrimoine et culture en Côtes du Rhône ; histoire viticole de Paris. Chaque programme racontera un peu de notre histoire commune.

« 1 Minute 1 Vignoble » a fédéré 6 régions viticoles sur la base du volontariat des interprofessions participantes. Il a été conçu par le Studio Kabo et parrainé par Vin & Société. « Ce programme inédit a pour objectif de raconter aux téléspectateurs un peu de l’histoire du patrimoine viticole français et de leur donner l’envie de partir à la découverte des vignobles comme 10 millions de touristes l’ont déjà fait en 2016 » commente Joël Forgeau, Président de Vin & Société.

 

(source : communiqué de presse Vin et Société)

Cédric Klapisch expose les photos préparatoires de son film sur le vin tourné en Bourgogne

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Cédric Klapisch exposera du 2 février au 4 avril prochain à la Galerie Cinéma à Paris une série de photos intitulée « Nature humaine ». Cette exposition est consacrée à la région viticole de la Bourgogne où il a tourné son prochain film, « Ce qui nous lie » qui devrait sortir en salle en juin 2017.

Lors d’une interview sur France Inter dans l’émission culturelle Boomerang, le réalisateur de Péril Jeune et de L’Auberge Espagnole (entre autres) s’est confié au journaliste Augustin Trapenard. Pour réécouter l’émission c’est ici :

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/5c9857c9-25c4-42d5-a317-f2d43f973f9f

« D’habitude les photos que je fais sont toujours des photos avec des gens. Là, le film que j’ai réalisé, « Ce qui nous lie » est un film sur le vin. Et dans cette exposition, plutôt que de parler du vin et des gens qui font le vin, j’ai préféré parler de la nature. L’exposition s’appelle « Nature humaine » mais l’idée c’est qu’il n’y ait justement pas de présence humaine. Il y a quelque chose d’humain qui est présent dans les vignes, parce qu’elles sont alignées, dessinées. Les paysages de Bourgogne sont des paysages dans lesquels on voit beaucoup l’activité humaine. L’idée c’est de montrer la nature modifiée par l’homme.

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J’ai commencé par la photographie, c’est une activité qui est importante pour moi, un peu comme un échauffement pour un sportif. C’est quelque chose qui vient au préalable et qui est indispensable pour faire du cinéma. Quand je fais des photos de repérages, c’est une façon de capter un lieu. (…) Prendre l’ambiance permet d’imaginer une scène. J’hésitais entre photographe et réalisateur mais pour moi le cinéma est plus complet. Ma dernière exposition était un regard croisé sur Paris et New York, là c’est un regard posé sur la campagne française, la nouvelle campagne française. En France aujourd’hui il n’y a plus de nature, il n’y a plus de forêt primaire. Tout est planté, tout a été fabriqué par l’homme. Que ce soient les forêts, les champs ou les vignes, il y a toujours ce mariage entre l’activité humaine et la nature.

Le vin, c’est le produit magique pour moi. C’est le seul produit qui vieillit bien, qui peut être meilleur vingt ans plus tard que quand il est fait, et puis il y a quelque chose de mythologique dans le vin car ça date de l’antiquité. Quand on va en Bourgogne, ça se sent, on ressent l’empreinte médiévale et ce travail que les moines ont fait il y a si longtemps. C’est un vieux produit qui est toujours plus moderne. C’est un produit qui est en constante évolution et qui s’améliore sans cesse.

Ce qui est beau dans la vigne, c’est qu’elle a besoin de la terre, des racines, et du ciel et du soleil. Le raisin, c’est vraiment un produit qui se situe entre la terre et le ciel. Ce qui fait la richesse quand on boit un vin, outre l’ivresse, c’est qu’il y a quelque chose d’assez magique. »

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Lors du tournage du film « Ce qui nous lie », Cédric Klapish avait également posté de nombreuses photos que vous pouvez toujours voir sur son compte Instagram @cedklap. Vous y trouverez des photos du tournage qui s’est déroulé principalement entre Chassagne Montrachet et Beaune, en passant par Puligny et Meursault notamment, mais aussi des très belles photos de paysages de la cote viticole au fil des saisons puisque ce film qui sortira en juin prochain retrace les retrouvailles d’une fraterie sur les terres bourguignonnes pendant un an. Pour tout savoir sur ce film qui sera interprété entre autres par Ana Girardot, Pio Marmai et François Civil, voir ici.

Au cours de cette interview, Cédric Klapish a également fait découvrir la chanson inédite du film « Ce qui nous lie » composée par lui même et la chanteuse Camélia Jordana et interprétée par cette dernière ( vous pouvez l’entendre dans le lien ci dessus vers la 16e minute).

Voir également cette interview donnée par Cédric Klapisch sur ses débuts dans la photo à Camille Lorente pour Fisheye Magazine

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F230124280495066%2Fvideos%2F345927185581441%2F&show_text=0&width=560

La photo qui illustre cet article provient d’ici

20 déjeuners autour du vin : rencontres viticoles et gustatives en Bourgogne

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Objet livresque non identifié, « 20 déjeuners autour du vin » n’est pas uniquement un livre de recettes, mais pas non plus une galerie de portraits. C’est une promenade gourmande. Un fil tendu entre la cuisine et la cave où Sébastien Chambru répond en cuisine aux confidences de vignerons bourguignons. Une balade appétissante et poétique grâce aux magnifiques photos de Matthieu Cellard.

Sébastien Chambru, à l’origine du projet, est un cuisinier. Un chef même, formé chez Paul Bocuse. Et meilleur ouvrier de France de surcroît. En 2013, il est revenu sur ses terres natales près de Fuissé et a ouvert son premier restaurant « L’Ô des vignes ». Le choix de ce nom déjà annonçait la couleur.

« Combien de fois, autour d’un diner, j’ai parcouru avec mes compagnons de gueule, les routes du Mâconnais, de la Côte chalonnaise, les chemins de Nuits, de Beaune, … (…) Tant de fois, qu’un jour, l’idée de faire grandeur nature ce tour de la Bourgogne, de partir de L’O des vignes et d’aller sonner à leurs portes s’est imposée comme une évidence : j’irai diner chez mes vignerons fétiches, ceux qui depuis des années me confient leurs vins comme on envoie ses enfants se confronter au monde. Ils serviraient les plats familiaux, ceux qu’ils aiment marier avec les vins de leurs domaines. Nous allions vivre de beaux moments… » Voilà comme Sébastien Chambru explique son idée.

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Ce livre est donc composé en vingt rencontres, chez vingt vignerons, depuis le Domaine Robert Denogent dans le Maconnais jusqu’au domaine Sylvain Pataille à Marsannay. L’idée originale de ce cuisinier : à l’issu de chaque rencontre, de chaque déjeuner, il a créé comme une « dédicace » une recette inédite réalisée avec les mêmes ingrédients que ceux du plat familial « comme un trait d’union entre la cuisine familiale et la cuisine des chefs, poignée de main entre le vigneron et le cuisinier ».

On peut piocher dans ce livre de rencontres des recettes du chef, mais aussi celles proposées par les vignerons. On peut découvrir le travail de ces vingt artisans vignerons dans des portraits sensibles et attachants, riches d’anecdotes qui donnent à voir le métier différemment.

Les vingt domaines à l’honneur sont : domaine Robert Denogent, domaine de la Sarazinière, domaine Nicolas Maillet, domaine Guillemot Michel, domaine Guillot Broux, domaine Stéphane Aladame, domaine François Lumpp, domaine de la Framboisière, domaine Paul et Marie Jacqueson, domaine de Villaine, domaine Arnaud Ente, château de Monthelie, maison Sarnin Berrux, maison Philippe Pacalet, domaine Emmanuel Giboulot, domaine Danièle Bonnardot, domaine de Bellène, domaine Cécile Tremblay, domaine Anne Gros, domaine Sylvain Pataille.

Une part très importante de cet ouvrage est faite à l’illustration et les photos de Matthieu Cellard achèvent de régaler cette lecture. Des mosaïques de détails. Des portraits jamais posés. On passe de la contemplation admirative d’un paysage ou d’un plat à une scène spontanée de dégustation ou de préparation culinaire. Il y a du travail et il y a de la vie qui passent. On touche au plus près les sensations. A la fin de chaque chapitre, on a l’impression d’avoir soi même rencontré le vigneron.

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Infos 

20 déjeuners autour du vin – Bamboo éditions – 40€ – parution le 2 novembre 2016

Disponible déjà à l‘Athenaeum à Beaune ici

Restaurant L’O des vignes, Rue du Bourg,71960 FUISSÉ – Tel. 03 85 38 33 40 – chambru@me.com

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A mettre entre toutes les mains : 12°5, « jajazine » de qualité sur le vin

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C’est la bonne nouvelle de cette rentrée, la sortie du « jajazine » de 180°C, baptisé 12°5 (prononcé « douze degré cinq ». Un magazine de qualité, qui entend mettre en avant « des hommes et des femmes qui ont décidé de ne pas ou de ne plus adhérer à un système conventionnel globalement irrespectueux de l’environnement et du consommateur » comme l’écrit Philippe Toinard, rédacteur en chef dans son premier édito.

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C’est fait par qui ? 

Coté équipe rédactionnelle, on trouve donc en tête Eric Fénot et Philippe Toinard et au nombre des rédacteurs de ce premier numéro, on retrouve des journalistes tels que Aymone Vigière d’Anval, Luc Folliet, Sylvie Augereau, Dominique Hutin, Jacky Durand, Isabelle Saporta. Tous ont déjà largement traité de sujets viticoles sur différents médias tels que la Revue du Vin de France, Saveurs, Radio France… Bref, du lourd.

Coté image, les photos sont vraiment travaillées et contribuent à donner une atmosphère authentique et hautement qualitative à l’ensemble. Elles sont signées Marie Pierre Morel, Jean Luc Bertini et Jean-Luc Luyssen. Bonne surprise également coté illustration : Michel Tolmer parsème lquelques pages de ses célèbres bonhommes glougophiles (Mimi Fifi, Glouglou) et les photos

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De quoi ça parle ? 

Le programme affiché est celui là : « Naturellement vinifiée avec la volonté de défricher, dénicher, s’intéresser aux vins bios, en biodynamie, et engagés, 12°5, revue porte-étendard des vins de la nouvelle génération, fait la part belle aux vins produits dans le respect de la terre, du terroir et du fruit et à ces hommes, ces femmes, qui se cachent derrière les étiquettes. »

Je l’ai ouvert et lu en grande partie. Les classiques du genres sont évidemment présents : grands portraits, présentation d’une appellation, accord mets-vins, polémiques, sujets historiques. Mais ici tout prend un ton différent. Les portrait sont précis et humains et mettent à l’honneur des vignerons atypiques (Patrick Baudouin, Raphael Monnier, Marie-Thérèse Chappaz). Un graphiste décode des étiquettes de bouteilles de vin. Un écrivain raconte une émotion de dégustation. La malo (fermentation malolactique) est expliquée simplement et intelligemment. On nous emmène à la découverte de la renaissance des vins bretons et normands … Une petite plongée historique dans les chansons bachiques. Des accords mets-vins construits autour des bouteilles sélectionnées et non des plats.

12°5 c’est des sujets qui détonnent, légèrement militant mais pas trop non plus. « En toute indépendance, nous sommes allées à la rencontre de ces vignerons qui ont décidé , pour votre bien être, de sortir du rang. Les écouter c’est comprendre qu’une autre viticulture est possible, qu’elle ne date pas d’hier, qu’elle n’est pas un effet de mode et qu’il est important à leurs yeux de proposer aux consommateurs une alternative avec des vins sains, des vins propres, des vins singuliers » explique Philippe Toinard.

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Pour en savoir plus :

12°5, #1 automne-hiver 2016, 20€ (j’ai trouvé le mien à l’Athénaeum de Beaune, mais vous pouvez le trouver dans les bonnes librairies, les librairies spécialisées ou encore en ligne ici : http://www.180c.fr/12-5/

N’hésitez pas à aller visiter leur site internet pour découvrir d’autres articles : www.180c.fr !

Bonne lecture

L’héritage de Jules Chauvet célébré pour Bien Boire en Beaujolais

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A la veille de la dégustation Bien Boire en Beaujolais, une journée de conférences et de débats s’est tenue au Chateau de Pizay à l’occasion du #gamayday. Parmi ces conférences, il y avait un hommage à l’héritage de Jules Chauvet, négociant beaujolais et précurseur des vins « natures ». Jules Chauvet est un personnage emblématique de l’histoire de la viticulture et est un enfant du Beaujolais. C’est à ce titre que la manifestation du Gamay Day lui a consacré ce dimanche une conférence sous forme d’hommage en présence de plusieurs vignerons.

 

Qui était Jules Chauvet ? 

Quelques éléments de biographie sont nécessaires pour saisir la personnalité de Jules Chauvet. Enfant de la Chapelle de Guinchay, un village du Beaujolais, il est né en 1907 dans une famille de négociants en vins. Dès 1934, il consacre un jour par semaine à des études de chimie et de biologie sur mycoderma vini, un champignon qui forme un voile à la surface des boissons fermentées et des jus sucrés sans provoquer la fermentation alcoolique. Jusqu’en 1939, année de sa mobilisation sous les drapeaux, il poursuit des études scientifiques très poussées.

Il reprend l’activité de négoce familiale Chauvet Frères après les décès de son père et de son oncle dans les années 1942-1943. En parallèle, il poursuit ses travaux sur les vinifications en rouge et les fermentations alcooliques à hautes températures. En 1954 il fait des recherches sur les macérations carboniques. C’est également dans les années 1950′ qu’il met en place une technique inédite et rigoureuse de dégustation descriptive. En collaboration avec Paul Bréchot, il effectue des recherches sur les levures indigènes et sur les effets des différentes souches de levures sur les arômes dans le vin. Ces recherches occuperont la dernière partie de sa vie, de 1960 à 1989.

Jules Chauvet

Jules Chauvet dégustation

Son oeuvre scientifique porte donc sur la recherche fondamentale en biochimie et en biologie. Elle s’intéresse aussi à la biologie appliquée à l’oenologie. Il a également utilisé sa rigueur scientifique pour déterminer une dégustation olfactive et organoleptique détaillée. Il a forgé avec 50 ans d’avance le concept de « vin nature » avec pour philosophie de « faire des vins peu alcoolisés, avec de jolis parfums ».

« La vigne, moins on la touche, mieux elle se porte » : à la vigne aussi il applique une approche novatrice. Une pensée basée sur le respect de la vie microbiologique des sols, l’utilisation d’engrais organiques, le développement des biocontroles, la recherche de variétés résistantes, une vendange à maturité optimale et le respect de la récolte avec le moins de trituration du raisin.

Philippe Pacalet, stagiaire de Jules Chauvet et vigneron bourguignon

Philippe Pacalet, a eu l’opportunité d’apprendre aux côtés de Jules Chauvet par l’intermédiaire de son oncle Marcel Lapierre, autre grand nom de la viticulture beaujolaise. Il l’a rencontré en 1983 et garde surtout de lui le souvenir d’un conseiller bienveillant. Marcel Lapierre lui même venait prendre conseil auprès de Jules Chauvet au sujet des vinifications sans soufre sur lesquelles il travaillait. Entre 1987 et 1988 Philippe Pacalet a fait un stage de formation chez Jules Chauvet. « C’était un maître perspicace, il ne faisait pas de cadeau mais était toujours bienveillant. C’était un visionnaire. Il s’intéressait à des sujet dont pas grand monde se préoccupait et que très peu de gens appliquait : les levures indigènes, vinifier avec le moins d’intervention possible, respecter le raisin et le sol » se souvient-il.

« Il avait un pied dans la profession comme il était négociant, mais il avait une passion pour la science et la recherche. Il se posait les questions pratiques et essayait d’y trouver des réponses scientifiques. Il avait les moyens de faire de la recherche fondamentale et de l’appliquer. Il amenait toujours des tonnes de livres, c’était un érudit qui mettait toujours une touche de spirituel et de poésie dans le travail. »

Philippe Pacalet est désormais vigneron en Bourgogne à Beaune. « J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message.C’est ce qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui et certainement d’être là où je suis et d’avoir toujours l’esprit scientifique. Les dégustations chez lui étaient toujours de grands moments, elles commençaient à 11h précises. Le mot « nature » n’est pas un mot féérique, car la nature ne fait pas de cadeau, il faut prendre soin de la biomasse car un sol aussi fermente ».

« J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message. »

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

La cuvée « Jules Chauvet » du domaine Robert Denogent

Après le décès de Jules Chauvet, le domaine viticole de 6,5 hectares a été entretenu de manière conventionnel. Une source d’insatisfaction pour la petite nièce de Jules Chauvet, Bénédicte Chauvet qui a donc fait appel à plusieurs vignerons pour reprendre chacun une partie du domaine et l’entretenir de manière plus respectueuses de la nature. Parmi ces vignerons, Marie Lapierre, Jean Claude Chanudet, Yvon et Jules Métras, Christophe Pacalet, Marcel Joubert et Jean Jacques Robert . 

Le domaine Robert-Denogent situé à Pouilly Fuissé est un domaine qui ne vinifie que des vins blancs, c’est donc sa seule cuvée de vin rouge mais à laquelle Jean Jacques Robert, grand amateur de Beaujolais tient particulièrement. Depuis 2012, avec ses fils Antoine et Nicolas, il vinifie ainsi une cuvée Jules Chauvet sur 1,14 hectares de vignes. Son fils Antoine explique « à la vigne nous n’utilisons aucun insecticide et aucun désherbant, uniquement un labour mécanique assez léger, en surface, et à la cave il n’y aucun intrant dans les vins. Pour cette cuvée, nous faisons une sorte de macération carbonique en levures indigènes, sans soufre à la vinification (même si il y a eu 1g de SO2 à la mise en bouteille pour le millésime 2014 car 99% de ce vin part à l’export).

« Jules Chauvet prônait les vins de faible degré, en essayant de faire des vins le plus naturellement possible (avec ou sans soufre, ce n’est pas la question) mais essayer de laisser le vin se faire tout seul avec le temps grâce aux levures. C’est le travail des levures indigènes qui est essentiel ce sont elles la colonne vertébrale du vin qui permettent l’expression du terroir. C’est Jules Chauvet qui a mis au point la macération carbonique, ce qui permet un développement levurien dans un espace clos sans oxygène saturé en gaz carbonique.  Comme nous n’avons pas les moyens matériels de faire une macération carbonique de ce type, nous déposons une partie de la vendange triée et saine en grappe entière dans les cuves par gravité et nous pressons une partie de la vendange (environ 5%) que l’on incorpore tout de suite dans la cuve. Ce jus nous permet de faire des remontages. Nous ne contrôlons pas encore les températures mais pour l’instant on s’en est bien sortis, on n’a jamais dépassé des températures de 25° sur des vinifs de 10 à 15 jours. On garde un coté très floral dans ce vin, avec une extraction très légère. »

« Sur nos blancs, on fait très peu d’intervention sur les vins. Il n’y a aucun intrant, aucun levurage, aucun batonage, aucune manipulation. Ce sont les lies qui font tout, qui vont être la structure et la colonne vertébrale du vin. La durée d’élevage est importante, il faut laisser du temps. »

 

Pour en savoir plus :

Jules Chauvet a écrit plusieurs livres qui sont malheureusement très difficiles à trouver car ils ne sont plus réédités

Relire Jules Chauvet par Vincent Pousson

Contactez l’Amicale Jules Chauvet : amicalejuleschauvet@gmail.com

Domaine Philippe Pacalet 12, rue de Chaumergy 21200 Beaune. Teléphone : 03 80 25 91 00

Domaine Robert Denogent Le Plan, 71960 Fuissé. Téléphone : 03 85 35 65 39

 

 

 

 

 

 

Lu et approuvé : Boissons et séduction par Ophélie Neiman

Boissons et séductions Ophélie Neiman ©Marthe Henry - L'actu du vinÉvidemment, je ne suis pas pleinement objective parce que Ophélie (miss GlouGlou de son état blogueux) c’est un peu une copine et beaucoup une fille géniale, et qu’au fil des pages, on croise pas mal de témoignages de copains. Je vous en ai d’ailleurs déjà parlé ici (le vin pour ceux qui n’y connaissent rien) et . Ophélie c’est un peu la spécialiste de la pédagogie décalée. Elle nous fait croire qu’on lit quelque chose de très léger et en fait elle nous apprend des choses.

Je ne suis pas une très grande fan de ce que l’on appelle la « vulgarisation », parce que justement je trouve ça vulgaire. Et je n’aime pas trop ce qui est vulgaire. Du coup j’aime bien ce livre. Parce que c’est un ovni. A lire un verre à la main. Ophélie ne simplifie pas, elle raconte autrement. Et surtout je pense qu’elle se fait plaisir à vouloir nous faire sourire. 

Le prisme choisi est donc la séduction… Plus attrayant que Boissons et Histoire, ou Boissons et Jardinage. Donc déjà ça donne envie. Bien. Mais qu’est ce qu’elle nous raconte Ophélie ? Elle nous raconte comment du « premier verre » à « la rupture », en passant par  « la première pelle », « au bout d’un moi » voire même « au bout d’un mois si c’est moisi » … qu’est ce qu’on boit ? Et comment on boit? Tout cela illustré par Guillaume Long, lui aussi blogueur pour Le Monde

 

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Mais c’est surtout un divertissement ce Boissons et Séduction. Un livre ovni, sorti de l’imagination farfelue de ses auteurs. Enfin moi je l’ai lu comme tel, et je ne pense pas que quelqu’un puisse le lire au premier degré même si on y apprend quelques choses intéressantes : pourquoi le champagne coûte cher, comment réussir un Mojito, quels sont les incontournables à avoir chez soi, comment choisir et commander son vin au restaurant, … Voila par exemple quelques infos distillé au fil des pages par Ophélie, l’air de rien.

A priori Sandrine l’a aimé, Nicolas aussi … À vous de vous faire votre idée ! Moi je l’ai lu au soleil, un verre à la main, et c’était bien. Et comme conclut Ophélie, « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, pour la séduction aussi. » 

Boissons et Séduction
O. Neiman & G. Long
Editions Delcourt, collection Tapas
89 p.  14,95 €

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