Oubliés, modestes, interdits : les cépages rares en vedette !

Dans le monde du vin comme ailleurs, le rejet de la standardisation passe par un retour aux particularités : vinifications inhabituelles, recherches de terroirs exclusifs, et retour à la valorisation des « cépages » méconnus. Réel retour aux sources ou effet marketing, pleins feux sur ces variétés de raisins jusqu’alors reléguées au second plan de l’imagerie viticole. Publications, salons, cuvées spéciales leurs sont désormais dédiés.

Ils sont en pleins préparatifs. Dans 48h ces cinq étudiants du BTS viticulture-oenologie de Beaune (Côte d’Or) présenteront leur « Salon des cépages rares », une grande première dans cette contrée bourguignonne où la culture viticole ne se caractérise pas par une grande diversité de cépages (on trouve principalement du chardonnay et de l’aligoté en blanc, et du pinot noir et un petit peu de gamay en rouge). En deux mois, ils ont réuni une dizaine d’exposants (liste ici) et pas mal de bouteilles issues de ces cépages rares.

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« Aujourd’hui 95% des vignes plantées dans le monde ne sont plantées qu’avec une dizaine de cépages, qui sont très connus parce qu’on les voit plus fréquemment. Ici en Bourgogne, on pense tout de suite Pinot Noir et Chardonnay. Nous on a voulu se concentrer sur d’autres cépages très anciens, qui ont pu être oubliés ou plus récents créés par croisements ou hybridation » explique Paul Chevreux. « Le domaine Beirieu, qui sera présent, est un domaine bio qui a planté des nouveaux cépages dans les années 80 pour réduire les besoins en produits phytosanitaires ce qui peut être une piste intéressante pour l’avenir. »

Outre ces cépages d’avenir, on trouve également des cépages anciens, autrefois méprisés et relégués à des pourcentages minimes dans des assemblages désormais mis en avant. C’est le cas du fié gris, un genre de sauvignon gris, originaire de Touraine et que produit le domaine Frissant. C’est aussi le cas du damas noir, un cépage auvergnat que cultive le domaine de la Croix Arpin. Parmi ces cépages rares et méconnus, certains, comme le jacquez ont même été interdits. L’association Mémoire de la vigne sera là pour expliquer l’histoire de ce sulfureux jacquez, interdit à cause de sont taux trop élevé de méthanol. Il sera proposé à la dégustation, mais pas à la vente comme l’explique Christo Lafond.

Au delà des variétés de cépages, il y a également des variétés au sein même des cépages. Le chateau Pontus de Tyard situé en Saône et Loire propose des vins issus d’un conservatoire de cépage chardonnay qui recense 80 variétés de ce même cépage. Ces recherches menées en partenariat avec la chambre d’agriculture visent à endiguer une uniformisation du matériel végétal et à conserver une certaine diversité.

« A travers ces cépages, ce que l’on veut faire découvrir aux gens ce sont aussi des histoires parce qu’il y a vraiment des gens passionnés derrière toutes ces bouteilles et c’est cela aussi que l’on veut montrer » explique Enzo Navarro.

C’est en allant voir le salon Rare à Paris l’année dernière que ces étudiants se sont passionnés pour ces variété méconnues de raisins et pour ces vins confidentiels. Outre ces salons ouverts au public et qui développent la curiosité pour ces « pépites », il existe également une des associations de vignerons et des recherches de plus en plus nombreuses sur ces sujets ampélographiques. Les désormais célèbres « Rencontres des cépages modestes », tiendront leur 7e édition en 2017. Il s’agit d’une association fondée par Philippe Meyer et présidée par André Deyrieux qui promeut ces cépages reflets de leur terroir et d’une histoire : « La modestie ampélographique ne vise pas la compétition, le toujours mieux, le toujours plus. Affirmation déterminée de fondamentaux très simples et authentiques, elle revendique une existence assumée, déterminée, et refuse les superlatifs, à la recherche d’une vérité locale, une histoire de quelque part » explique Jean Rosen, dit Petit Verdot, vice-président des Rencontres des cépages modestes. (voir leur site internet).

Infos Pratiques :

Le salon des cépages (voir site internet) se déroulera à Beaune chapelle Saint Etienne place Ziem du 25 au 26 février (5€ l’entrée).

Pour aller plus loin :

Je vous recommande la lecture de ces deux ouvrages aux éditions Dunod :

  • Cépages et vins, ces raisins qui font les bonnes bouteilles par François Collombet pour tout savoir sur les cépages les plus connus
  • A la rencontre des cépages modestes et oubliés, l’autre goût des vins, par André Deyrieux, pour découvrir des cépages et des vins atypiques

Voir également cet article réalisé en Aout 2016 sur les cépages résistants aux maladies

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20 déjeuners autour du vin : rencontres viticoles et gustatives en Bourgogne

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Objet livresque non identifié, « 20 déjeuners autour du vin » n’est pas uniquement un livre de recettes, mais pas non plus une galerie de portraits. C’est une promenade gourmande. Un fil tendu entre la cuisine et la cave où Sébastien Chambru répond en cuisine aux confidences de vignerons bourguignons. Une balade appétissante et poétique grâce aux magnifiques photos de Matthieu Cellard.

Sébastien Chambru, à l’origine du projet, est un cuisinier. Un chef même, formé chez Paul Bocuse. Et meilleur ouvrier de France de surcroît. En 2013, il est revenu sur ses terres natales près de Fuissé et a ouvert son premier restaurant « L’Ô des vignes ». Le choix de ce nom déjà annonçait la couleur.

« Combien de fois, autour d’un diner, j’ai parcouru avec mes compagnons de gueule, les routes du Mâconnais, de la Côte chalonnaise, les chemins de Nuits, de Beaune, … (…) Tant de fois, qu’un jour, l’idée de faire grandeur nature ce tour de la Bourgogne, de partir de L’O des vignes et d’aller sonner à leurs portes s’est imposée comme une évidence : j’irai diner chez mes vignerons fétiches, ceux qui depuis des années me confient leurs vins comme on envoie ses enfants se confronter au monde. Ils serviraient les plats familiaux, ceux qu’ils aiment marier avec les vins de leurs domaines. Nous allions vivre de beaux moments… » Voilà comme Sébastien Chambru explique son idée.

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Ce livre est donc composé en vingt rencontres, chez vingt vignerons, depuis le Domaine Robert Denogent dans le Maconnais jusqu’au domaine Sylvain Pataille à Marsannay. L’idée originale de ce cuisinier : à l’issu de chaque rencontre, de chaque déjeuner, il a créé comme une « dédicace » une recette inédite réalisée avec les mêmes ingrédients que ceux du plat familial « comme un trait d’union entre la cuisine familiale et la cuisine des chefs, poignée de main entre le vigneron et le cuisinier ».

On peut piocher dans ce livre de rencontres des recettes du chef, mais aussi celles proposées par les vignerons. On peut découvrir le travail de ces vingt artisans vignerons dans des portraits sensibles et attachants, riches d’anecdotes qui donnent à voir le métier différemment.

Les vingt domaines à l’honneur sont : domaine Robert Denogent, domaine de la Sarazinière, domaine Nicolas Maillet, domaine Guillemot Michel, domaine Guillot Broux, domaine Stéphane Aladame, domaine François Lumpp, domaine de la Framboisière, domaine Paul et Marie Jacqueson, domaine de Villaine, domaine Arnaud Ente, château de Monthelie, maison Sarnin Berrux, maison Philippe Pacalet, domaine Emmanuel Giboulot, domaine Danièle Bonnardot, domaine de Bellène, domaine Cécile Tremblay, domaine Anne Gros, domaine Sylvain Pataille.

Une part très importante de cet ouvrage est faite à l’illustration et les photos de Matthieu Cellard achèvent de régaler cette lecture. Des mosaïques de détails. Des portraits jamais posés. On passe de la contemplation admirative d’un paysage ou d’un plat à une scène spontanée de dégustation ou de préparation culinaire. Il y a du travail et il y a de la vie qui passent. On touche au plus près les sensations. A la fin de chaque chapitre, on a l’impression d’avoir soi même rencontré le vigneron.

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Infos 

20 déjeuners autour du vin – Bamboo éditions – 40€ – parution le 2 novembre 2016

Disponible déjà à l‘Athenaeum à Beaune ici

Restaurant L’O des vignes, Rue du Bourg,71960 FUISSÉ – Tel. 03 85 38 33 40 – chambru@me.com

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A mettre entre toutes les mains : 12°5, « jajazine » de qualité sur le vin

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C’est la bonne nouvelle de cette rentrée, la sortie du « jajazine » de 180°C, baptisé 12°5 (prononcé « douze degré cinq ». Un magazine de qualité, qui entend mettre en avant « des hommes et des femmes qui ont décidé de ne pas ou de ne plus adhérer à un système conventionnel globalement irrespectueux de l’environnement et du consommateur » comme l’écrit Philippe Toinard, rédacteur en chef dans son premier édito.

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C’est fait par qui ? 

Coté équipe rédactionnelle, on trouve donc en tête Eric Fénot et Philippe Toinard et au nombre des rédacteurs de ce premier numéro, on retrouve des journalistes tels que Aymone Vigière d’Anval, Luc Folliet, Sylvie Augereau, Dominique Hutin, Jacky Durand, Isabelle Saporta. Tous ont déjà largement traité de sujets viticoles sur différents médias tels que la Revue du Vin de France, Saveurs, Radio France… Bref, du lourd.

Coté image, les photos sont vraiment travaillées et contribuent à donner une atmosphère authentique et hautement qualitative à l’ensemble. Elles sont signées Marie Pierre Morel, Jean Luc Bertini et Jean-Luc Luyssen. Bonne surprise également coté illustration : Michel Tolmer parsème lquelques pages de ses célèbres bonhommes glougophiles (Mimi Fifi, Glouglou) et les photos

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De quoi ça parle ? 

Le programme affiché est celui là : « Naturellement vinifiée avec la volonté de défricher, dénicher, s’intéresser aux vins bios, en biodynamie, et engagés, 12°5, revue porte-étendard des vins de la nouvelle génération, fait la part belle aux vins produits dans le respect de la terre, du terroir et du fruit et à ces hommes, ces femmes, qui se cachent derrière les étiquettes. »

Je l’ai ouvert et lu en grande partie. Les classiques du genres sont évidemment présents : grands portraits, présentation d’une appellation, accord mets-vins, polémiques, sujets historiques. Mais ici tout prend un ton différent. Les portrait sont précis et humains et mettent à l’honneur des vignerons atypiques (Patrick Baudouin, Raphael Monnier, Marie-Thérèse Chappaz). Un graphiste décode des étiquettes de bouteilles de vin. Un écrivain raconte une émotion de dégustation. La malo (fermentation malolactique) est expliquée simplement et intelligemment. On nous emmène à la découverte de la renaissance des vins bretons et normands … Une petite plongée historique dans les chansons bachiques. Des accords mets-vins construits autour des bouteilles sélectionnées et non des plats.

12°5 c’est des sujets qui détonnent, légèrement militant mais pas trop non plus. « En toute indépendance, nous sommes allées à la rencontre de ces vignerons qui ont décidé , pour votre bien être, de sortir du rang. Les écouter c’est comprendre qu’une autre viticulture est possible, qu’elle ne date pas d’hier, qu’elle n’est pas un effet de mode et qu’il est important à leurs yeux de proposer aux consommateurs une alternative avec des vins sains, des vins propres, des vins singuliers » explique Philippe Toinard.

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Pour en savoir plus :

12°5, #1 automne-hiver 2016, 20€ (j’ai trouvé le mien à l’Athénaeum de Beaune, mais vous pouvez le trouver dans les bonnes librairies, les librairies spécialisées ou encore en ligne ici : http://www.180c.fr/12-5/

N’hésitez pas à aller visiter leur site internet pour découvrir d’autres articles : www.180c.fr !

Bonne lecture

Entre les vignes, le livre qui donne la parole aux vignerons

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C’est dans l’écrin magique et symbolique des Hospices de Beaune que Guillaume Laroche, Frédéric Henry et Harry Annoni ont présenté leur livre « Entre les vignes » mercredi soir. Un livre qui consacre à 15 vignerons bourguignons (voir liste ci-après) un long portrait sous forme de conversation, de rencontre. Ce n’est pas un livre sur le vin, mais un livre sur les vignerons, leurs parcours individuels, leurs doutes personnels, et leur passion commune. 

« Quand je buvais un bon vin, j’avais toujours envie de savoir qui l’avait fait, comment, et avec quelles contraintes. Envie de savoir qui était l’homme ou la femme qui était derrière ce vin. C’est de cette envie, qu’a germé ce projet. Piqué par sa curiosité, Guillaume Laroche décide il y a deux ans de donner la parole aux vignerons, pour parler de leurs vins, mais pas seulement. Pour parler d’eux surtout. Écrire des longs portraits de vignerons. Prendre le temps de les laisser parler. Il se tourne alors vers Frédéric Henry, caviste Beaunois. Ensemble ils sont allés rencontrer ces vignerons bourguignons, tout au fil de l’année. 

« C’est un livre qui s’adresse à tout le monde même si je pense qu’il sera considéré comme un livre fait pour les gens qui s’intéressent vraiment au vin. Ce n’est pas du tout un guide, il n’y a pas de notes sur les vins, le but du jeu n’est pas de juger les vins. J’avais l’impression que ce type de format n’existait pas, c’est pour ça que j’ai eu envie de le faire. Je trouve que c’est assez complémentaire, plus il y a de livres de qualité sur le vin, et sur de bons vignerons, mieux c’est !

 

Journaliste sportif, Guillaume Laroche a appliqué la même technique que pour les grands entretiens qu’il réalise avec des sportifs, même s’il reconnait qu’il est plus facile d’interviewer un vigneron. « L’idée était de prendre son temps. Quand on fait une interview, en général, le temps est assez court, les questions préparées à l’avance. En général il en ressort beaucoup de banalités que l’on n’a pas le temps de creuser. C’est dommage. Les gens ont souvent besoin de temps pour être à l’aise, se dévoiler, libérer leur parole. Avec un grand entretien, la personne est bien plus à l’aise. Avec ces vignerons, on a pu aborder des sujets comme les relations familiales, la manière de travailler. On a le temps de creuser l’aspect humain au delà des questions techniques sur le vin et la viticulture. C’est vraiment une discussion et c’est aussi pour cela que l’on ressent une vraie sincérité dans les propos. »

Ce livre dresse donc quinze portraits de vignerons, tous bourguignons. « La Bourgogne c’est très intéressant parce que c’est la région viticole la plus prestigieuse au monde selon moi. Il y a des vraies problématiques économiques ici, c’est un marché capitaliste avec une pression économique forte. Les vins sont très chers, demandés partout dans le monde et les quantités produites sont très faibles. Et malgré ce contexte économique, il y a des gens qui travaillent comme des artisans, c’est très intéressant. Et en plus des contraintes économiques, ils se posent tous la question de l’environnement. » L’idée était de se concentrer sur une seule région pour qu’il y ait une unité de propos.  » Ces quinze vignerons se posent les mêmes questions, avec le même outil de travail qui est le terroir de Bourgogne et les mêmes contraintes climatiques, mais ils apportent tous des réponses différentes. C’est intéressant de confronter ces visions. Les chapitres s’enrichissent les uns les autres. »

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Bio, nature, raisonné… on trouve de tout parmi ces quinze vignerons. Aucune étiquette n’est mise en avant, seule la qualité du travail importe. Car il y a tout de même un engagement la démarche de Guillaume Laroche. »Il faut aussi dire que beaucoup de vins sont encore malheureusement de piètre qualité, qui ne sont pas travaillés comme il le faudrait à mon sens. Nous avons choisi de mettre en avant des gens qui travaillent vraiment très bien. J’aimerais que les gens qui vont lire ce livre prenne conscience de cela et aient envie d’acheter mieux et d’acheter les vins de ces vignerons par exemple. Parce que ce sont des vrais vins et on se fait plaisir en les dégustant! »

Une mission qui semble déjà en passe d’être réussie à la plus grande joie de l’auteur : « les gens qui ont lu le livre me disent qu’ils ont eu envie de goûter les vins. Donc je pense que cela fonctionne ! » Un livre à mettre entre toutes les mains de passionnés de vins, de Bourgogne ou d’artisanat et dont les entretiens fouillés sont illustrés par des photos de Harry Annoni qui captent la sincérité chez chacun des vignerons. 

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Guillaume Laroche, Frédéric Henry et Harry Annoni entourés de Oronce de Beler, Athénaïs de Béru, Jean-Yves Bizot, Pierre Boillot, Renaud Boyer, Dominique Derain, Pierre Fenals, Emmanuel Giboulot, Thierry Glantenay, Julien Guillot, Antoine Jobard, Marie-Christine et Marie-Andrée Mugneret, Claire Naudin, François de Nicolay et Cécile Tremblay
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ÉDITIONS REVERSE, préface de Cédric Klapisch

Prix : 29€

Distribution : internet (www.entrelesvignes.net), librairies spécialisées (Athenaeum à Beaune,…), cavistes.

Lire aussi cette note d’intention de Guillaume Laroche et suivre la page Facebook

Pour en savoir plus sur Athénaïs de Béru revoir cet article consacré au Chateau de Béru.

Pour en savoir plus sur Oronce de Béler, revoir cet article sur Fundovino

Pour découvrir d’autres livres sur le vin, regardez ici

Lu et approuvé : Boissons et séduction par Ophélie Neiman

Boissons et séductions Ophélie Neiman ©Marthe Henry - L'actu du vinÉvidemment, je ne suis pas pleinement objective parce que Ophélie (miss GlouGlou de son état blogueux) c’est un peu une copine et beaucoup une fille géniale, et qu’au fil des pages, on croise pas mal de témoignages de copains. Je vous en ai d’ailleurs déjà parlé ici (le vin pour ceux qui n’y connaissent rien) et . Ophélie c’est un peu la spécialiste de la pédagogie décalée. Elle nous fait croire qu’on lit quelque chose de très léger et en fait elle nous apprend des choses.

Je ne suis pas une très grande fan de ce que l’on appelle la « vulgarisation », parce que justement je trouve ça vulgaire. Et je n’aime pas trop ce qui est vulgaire. Du coup j’aime bien ce livre. Parce que c’est un ovni. A lire un verre à la main. Ophélie ne simplifie pas, elle raconte autrement. Et surtout je pense qu’elle se fait plaisir à vouloir nous faire sourire. 

Le prisme choisi est donc la séduction… Plus attrayant que Boissons et Histoire, ou Boissons et Jardinage. Donc déjà ça donne envie. Bien. Mais qu’est ce qu’elle nous raconte Ophélie ? Elle nous raconte comment du « premier verre » à « la rupture », en passant par  « la première pelle », « au bout d’un moi » voire même « au bout d’un mois si c’est moisi » … qu’est ce qu’on boit ? Et comment on boit? Tout cela illustré par Guillaume Long, lui aussi blogueur pour Le Monde

 

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Mais c’est surtout un divertissement ce Boissons et Séduction. Un livre ovni, sorti de l’imagination farfelue de ses auteurs. Enfin moi je l’ai lu comme tel, et je ne pense pas que quelqu’un puisse le lire au premier degré même si on y apprend quelques choses intéressantes : pourquoi le champagne coûte cher, comment réussir un Mojito, quels sont les incontournables à avoir chez soi, comment choisir et commander son vin au restaurant, … Voila par exemple quelques infos distillé au fil des pages par Ophélie, l’air de rien.

A priori Sandrine l’a aimé, Nicolas aussi … À vous de vous faire votre idée ! Moi je l’ai lu au soleil, un verre à la main, et c’était bien. Et comme conclut Ophélie, « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, pour la séduction aussi. » 

Boissons et Séduction
O. Neiman & G. Long
Editions Delcourt, collection Tapas
89 p.  14,95 €

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Rentrée littéraire : ma sélection de nouveaux livres sur le vin

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Avec la rentrée vient fort heureusement la rentrée littéraire, qui concerne également les livres sur le vin. J’ai donc sélectionné trois ouvrages pour des publics différents. Un récit sur la passion de l’auteure Colette pour le vin, une encyclopédie des vins de Bourgogne et deux bandes dessinées humoristiques sur la Bourgogne et le Bordeaux. En attendant de pouvoir lire le nouvel opus de Miss Glouglou annoncé également pour la rentrée et la nouvelle BD de Benoist Simmat sur la Bourgogne …

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Originaire du nord de la Bourgogne, dans l’Yonne, Colette a été toute enfant initiée au vin. Au fil de sa vie, ce sont ses (trois) maris qui lui ont ensuite fait découvrir d’autres régions viticoles : Jura, Provence, … Le vin est présent dans nombre de ses romans, remis en contexte ici par l’auteur. En épicurienne affirmée, Colette aimait le vin mais surtout elle s’y intéressait. Elle a entretenu une longue correspondance avec Lucien Brocard, un négociant en vin berrichon et avec un viticulteur du Beaujolais, Jean Guillermet. 

Ce livre passionnant m’a fait redécouvrir une auteure qui pour moi n’évoquait qu’un vague souvenir de Dialogues de Bêtes (lu à l’école sans doute). On y apprends beaucoup d’anecdotes sur la consommation de vin au début du XXe siècle. Savez vous par exemple que l’ancêtre du Coca-Cola est en fait une boisson bien française faite de mélange de feuilles de coca et de vin, appelé « vin de coca ». Ce breuvage inventé par un dénommé Mariani était en fait une drogue et fut interdit par la suite.  

Au fil du récit, on suit Colette dans sa  apprentissage du vin, on découvre les lettres inédites à ses amis vignerons et négociants, on appréhende les rationnement en vin pendant la guerre … Ce livre passionnant se lit comme un roman et donne furieusement envie de se rendre au musée Colette à Saint Sauveur en Puisaye, le village bourguignon où Colette a passé son enfance. Sa vie, elle l’a terminée à Paris, rue de Beaujolais … Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le site Colette et le vin.

Colette, la passion du vin parBernard Lonjon, Éditions du Moment, 17,95€ (sortie le 19 août)

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Le vin de Bourgogne, par Jean François Bazin, c’est le livre que tout amoureux de la Bourgogne devrait avoir dans sa bibliothèque. Parce qu’il est complet, illustré, pratique et passionnant. Appellation par appellation, on sillonne la Bourgogne du Nord au Sud, de Chablis à Macon. C’est Aubert de Villaine, le gérant du domaine de la Romanée Conti et président de l’association pour l‘inscription des Climats de Bourgogne à l’Unesco qui préface cet ouvrage de référence.

Outre l’histoire et la description des climats, le livres est truffé de petites infos insolites mises en avant dans des encadrés. On peut le lire d’une traite ou alors choisir de se renseigner sur une appellation en particulier, apprendre les pratiques vitivinicoles locales, découvrir les enjeux économiques qui dépendent de la production de vin ou encore apprendre à déguster « à la bourguignonne ». Aucun aspect n’est oublié, pas même la gastronomie locale, si intimement liée à la consommation de vin. 

Un livre d’expert, écrit par Jean-François Bazin, journaliste et auteur, ex- président du Conseil régional de Bourgogne et passionné de vin, et illustré des cartes de Sylvain Pitiot et Jean-Charles Servant qui font référence en matière de recensement des centaines de climats bourguignons mais à la portée du plus grand nombre. 

Le Vin de Bourgogne par Jean-François Bazin, Dunod,  27 euros (disponible le 4 septembre)

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Deux nouvelles bande dessinées sur le vin, Les fondus du vin de Bourgogne et Les fondus du vin de Bordeaux sont également venu agrandir le rayon BD de ma bibliothèque sur le vin. Rien à voir avec le récit initiatique Les Ignorants d’Étienne Davodeau, ni avec les intrigues de la série Château Bordeaux où avec les BD enquêtes de Benoist Simmat

Le ton est humoristique. Le fond est didactique. Pour vous faire une idée, vous pouvez d’ailleurs en lire un extrait ici. La BD compte une courte histoire par page et met en scène une bande d’amis œnophiles qui part à la découverte des vins de la région. Une lecture récréative mais instructive, idéale pour les amateurs de vin débutants. 

Le petit plus de ces BD, c’est un « cahier de notes »  réalisé en partenariat avec La Revue du Vin de France, à la fin de l’album, qui présente les vignobles. Cartes, glossaires, historqiues et clés d’entrées pour mieux comprendre la région viticole à laquelle est consacrée la BD.  

Les fondus du vin de Bordeaux, Scénario : Cazenove & Richez – Dessin : Carrère Prix : 10,60 € (disponible le 4 septembre)

Les fondus du vin de Bourgogne, Scénario : Cazenove & Richez – Dessin : Carrère Prix : 10,60 € (disponible le 4 septembre)

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Tour du monde épicurien des vins insolite de Claude Gilois

Mes vacances #4 : Une bouteille à la mer

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Pour clore en beauté cette série d’articles sur les vacances, changement de décor ! Après Chablis, Beaune et Autun, cap au Sud. Passée la très jolie gare SNCF de Tain l’Hermitage et son magnifique panorama (ci dessus) sur le vignoble, direction le bord de mer. 48h de dépaysement en autarcie totale. 48h pour buller et plonger dans le dernier livre de Jean Robert Pitte : La bouteille de vin, histoire d’une révolution. 

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Entre les pins et les lauriers en fleurs, avec en bruit de fond les clapotis de la mer et les jeux des enfants, plongeons donc dans ce livre. Cette somme même. Car c’est un récit hyper détaillé et très documenté que nous propose Jean-Robert Pitte.  Il faut dire que Jean Robert Pitte, ex-président de la Sorbonne, est à la fois membre de l’Institut, président de la Société de géographie et président de l’Académie du vin de France. C’est notamment lui qui a orchestré l’hiver dernier le colloque « Pourquoi aimer le vin »

L’amour, voila un des premiers thèmes abordé dans le livre. Vous connaissez sans doute ce fameux mot de Musset : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. »  Et bien le premier choc du livre de Jean-Robert Pitte, est de découvrir qu’en fait, Musset ne parlait pas de boisson mais d’amour et que la phrase qui précède cette citation (mais qui est bien moins connue, allez savoir pourquoi) est : « Aimer est le grand point qu’importe la maitresse ». 

Tout ce que je savais de l’histoire de la bouteille remontait à cette exposition sur la cave de Joséphine au Château de Rueil-Malmaison. La deuxième claque de ce livre est de se rendre compte que comme pour le champagne, nous devons une fois de plus remercier les Anglais. Ce sont eux qui, au 17e siècle, ont vraiment mis au point les premières bouteilles de vin et eux encore qui sont allé au Portugal trouver un système de bouchage adapté.

Si vous êtes passionné de vin ou féru d’histoire, ce livre est pour vous ! Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, tous les contenants sont passés en revue (même les plus insolites) et resitués dans leurs contextes historiques grâce à des citations littéraires. La lecture est fluide et même si le livre est assez imposant (310 pages quand même) il se lit comme un roman. 

Bouteille à la mer - Copyright Marthe Henry L'actu du vinBouteille à la mer - Copyright Marthe Henry L'actu du vin

Pour agrémenter ces deux jours de lecture au soleil, j’ai eu le plaisir de déguster un vieux Meursault de Pierre Boillot dont le millésime avait malheureusement disparu et un tout nouveau champagne, le champagne Brimoncourt. Cette cuvée brut « Régence » aux notes crémeuses est surtout composée de chardonnay, avec juste ce qu’il faut de vivacité et de fruité pour donner envie d’en prendre un deuxième verre en regardant le soleil se coucher… 

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Jean Robert Pitte - Marthe Henry L'actu du vinPour en savoir plus sur l’histoire de la bouteille de vin vous pouvez lire cet article de l’Avis du Vin – Le Figaro ou voir l’interview vidéo de Jean Robert Pitte ci-dessus . 

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La Bouteille de vin – Histoire d’une révolution

Auteur: Jean-Robert Pitte
Editeur: Tallandier 
Prix: 26,80€

Merci à Laurent pour son hospitalité et à François pour cette pétillante découverte !

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