Château Sainte Roseline : grand cru rosé et site classé de Provence

Château Sainte Roseline, c’est un rosé de Provence fameux, un grand cru classé même, qui fait la renommée du domaine. Mais un point d’honneur est mis aussi à la réalisation de grands vins blancs et rouges, qui comptent pour 45% dans la production du domaine. La propriété viticole en elle même compose un patrimoine exceptionnel, tourné depuis des années vers l’œnotourisme. Visite guidée avec Aurélie Bertin, la pétillante propriétaire de ce domaine séculaire.

Un domaine viticole vieux de plus de 7 siècles

Depuis le 10e siècle il y a des traces de l’existence de ce domaine, mais c’est vraiment au milieu du 11e siècle qu’un ermite s’est installé ici parce qu’il y avait une source. Un oratoire puis une abbaye ont été créés. Sainte Roseline était la mère prieure de cette abbaye au 14e siècle et à son décès en 1329, elle a été inhumée dans le cloître. Son corps repose toujours aujourd’hui dans la chapelle sous une chasse de cristal. Sainte Roseline était la protégée de l’évêque de Fréjus et c’est cet évêque qui a créé le vignoble du Château Sainte Roseline au 14e siècle, il est ensuite devenu Pape en Avignon.

C’est un vieux domaine qui a plus de 7 siècles d’histoire de culture de la vigne. On a acquis ce domaine en 1994, mes parents ont restructuré le domaine et reconstruit les caves. Ce qui est important, c’est que cette fameuse source, à l’origine du domaine, existe encore aujourd’hui et permet de produire les 400 000 bouteilles annuelles du domaine ainsi qu’une irrigation naturelle du vignoble.

Ce domaine est chargé d’histoire et pour nous, c’est très important. On essaye de l’ouvrir le plus possible pour le faire découvrir aux visiteurs. On fait visiter les caves mais aussi toute la partie historique du Château, le cloître, la chapelle.On explique l’histoire de ce domaine. Il est connu pour ses vins, qui sont crus classés, mais aussi pour son site, classé monument historique.

L’ouverture à l’œnotourisme est primordiale car les gens qui sont venus visiter les caves, qui ont entendu l’histoire du domaine, se souviennent de nous. On a de la chance d’être dans une région extrêmement touristique, ce qui nous fait une publicité énorme dans le monde entier. J’ai pris la relève de mes parents ici au domaine en 2007 et c’est une très belle histoire qui se perpétue. J’espère que mes enfants continueront aussi !

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Seulement 55% de rosés, et un gros travail sur la qualité des vins

On a vraiment fait un gros travail au niveau de la qualité des vins. On met tout en œuvre pour faire des vins de grande qualité. La différence entre un rosé sur le fruit, qu’on peut boire tous les jours autour de la piscine ou à la plage et un rosé de gastronomie, c’est vraiment la structure en bouche. Beaucoup de rosés sont très agréables, très aromatiques, mais sont souples et assez simples en bouche. Les rosés de garde ont beaucoup de matière en bouche, ont une belle structure et peuvent être associés à une cuisine puissante et gastronomique. Un cépage comme le mourvèdre, qu’on utilise beaucoup dans nos cuvées haut de gamme, est un cépage qui a de la structure.

Le rosé ne représente que 55% de la production du domaine, alors que la plupart des producteurs de l’appellation lui consacrent environ 90% de leurs productions. Aurélie Bertin défend ce choix de produire également 30% de rouge et 15% de blanc : « On peut faire de très grands blancs et de très grands rouges ici. Sainte Roseline a toujours été un terroir excellent pour les rouges. On a des sols argilo-calcaires et il y a toujours eu de très grands rouges au Château Sainte Roseline donc quand on a repris la propriété, on a continué sur cette lignée là. On a replanté beaucoup de syrah et de cabernet sauvignon. Je pense qu’en Provence, on a la chance de pouvoir travailler avec de nombreux cépages pour les rouges (syrah, grenache, cabernet sauvignon, carignan) donc on peut faire de très belles choses en rouges.  »

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Un grand merci à Eric pour m’avoir fait rencontrer Aurélie, découvrir ce très bel endroit et déguster ces vins d’exception.

Pour en savoir plus, vous pouvez voir ce magnifique reportage vidéo par Obiwine, lire également l’article de Miss Vicky Wine, et celui de Nina. Et à voir, l’interview d’Aurélie Bertin par La Revue du Vin de France

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Mariage vin et huile des Baux de Provence chez Christian Têtedoie

Quand on pense aux Baux de Provence, on pense cigales, garrigue et oliviers. On pense huile d’olive. Et on oublie souvent le vin. Il existe 13 domaines sur cette appellation Vins des Baux de Provence de 350 hectares. Une appellation qui s’est récemment étendue à la production de vins blancs issus principalement de clairette, grenache blanc et vermentino.

Jean André Charial, président des vignerons des Baux de Provence raconte ces vins des Alpilles qui ont « la gueule de l’endroit » …


En Provence, les vignerons ont souvent plusieurs casquettes et certains sont souvent également oliverons. Vignes et oliviers sont deux cultures méditerranéennes traditionnelles et sont historiquement liées et le terroir pour ces deux cultures est « parfaitement compatible » comme l’explique  Jean-Pierre Lombrage (Président du syndicat inter-professionnel oléicole de la Vallée-des-Baux). En terme d’arômes et d’organolepsie, il y a d’ailleurs des similitudes.

  Jean-Pierre Lombrage explique comment de ce même terroir les hommes des Baux de Provence produisent de l’huile et un vin typiques et proches.

Le chef lyonnais Christian Têtedoie, meilleur ouvrier de France 1996,  considère qu’il en va des huiles d’olives comme des grands crus et que c’est un produit d’exception. Voici le menu qu’il a proposé pour mettre en avant huiles et vins des Baux de Provence.

Féra du Lac Léman, Filet façon tartare acidulé et polenta crémeuse au beurre Noisette

Cochon Ibérique Bellota « Entrecôte » rôtie, pressé de légumes grillés, jus aux épices

Praliné et pomme verte, biscuit dacquois Xocomeli, crémeux praliné, compotée, sauce et sorbet pomme verte

Mention spéciale à la vue sublime depuis ce restaurant…

Christian Têtedoie, Montée du Chemin Neuf  69005 Lyon, Tel : 04 81 68 02 19

Rencontre avec Bertrand Letartre, industriel devenu vigneron à Saint Tropez

Bertrand Letartre, c’est un peu le Bernard Arnault de Saint Tropez. Un industriel lillois (il est l’actuel Pdg d’Anios, troisième plus grande entreprise de désinfectant hospitalier du monde) qui s’est pris d’amour pour le vin. Et son Château d’Yquem à lui, c’est le Domaine de Roullière

« J’ai vu cette propriété à vendre, vraiment par hasard dans une revue, je suis allé la voir, et j’ai été emballé par l’emplacement, par la qualité du site. Et c’est a près, seulement, que m’est venu la passion du vin. » raconte Bertrand Letartre. « J’ai appris au fur et à mesure, sur le tas, avec les conseils de gens compétents qui m’ont aidé à remettre en état la propriété et qui m’ont appris comment on faisait du vin, comment on cultivait la vigne ….  »

Bertrand Letartre  présente les nouveauté 2011 du Domaine de Rouillere  et revient sur son coup de foudre pour ce domaine 

Modestie et respect pour devenir légitime

Lillois d’origine, chef d’industrie n’ayant aucune connaissance particulière du milieu de la vigne et du vin, Bertrand Letartre a dû se faire une place et surtout trouver sa légitimité : « Au début on vous regarde avec un certain sourire. On se dit « oh lui, il n’y connaît rien ! » Et puis si vous êtes modeste, si vous faites bien votre travail, si votre exploitation commence à être connue, que votre vin se vend bien et que l’image est respectée, on finit par vous respecter. C’est logique » sourit-il.

« C’est le plus beau métier du monde, parce que c’est un métier complet. On produit, on fait du marketing et on fait de la vente. Ce qui est compliqué c’est qu’il faut faire plaisir au consommateur sans renier le terroir ni son envie de faire du vin » 

Entreprendre, innover, oser : un rosé 2011 original et un cuvée rosée méthode champenoise inédite 

Le rosé 2011 est réalisé à base de grenache et de cinsault qui sont les deux « les plus beaux cépages pour faire du rosé » selon Bertrand Letartre. Mais il a voulu le « complexifier » en y ajoutant un peu de syrah et de mourvèdre. « La syrah donne du corps, et j’utilise des jeunes mourvèdres ce qui donne un rosé qui est facile à boire, friand, mais qui a un peu de corps quand même, qui reste quand même en bouche » analyse le propriétaire.

« Cette année on va sortir au mois d’avril le premier (je crois que c’est le premier) méthode vin rosé provençal façon méthode champenoise fait à la propriété, comme en Champagne. Il sera mis en bouteille à la propriété, mis sur pupitres, la liqueur, le capsulage, tout sera fait à la propriété. Je pense que ça va être un beau produit. Personne ne l’a jamais fait, les gens font des méthodes champenoises en Provence mais elles sont faites à l’extérieur. Moi je voulais que tout soit fait chez nous. » Avec l’aide d’un champenois, il espère réaliser un produit de qualité mais surtout un produit « festif » qui plaira à la clientèle la plus immédiate, celle de Saint Tropez …

Pour tout savoir sur le Domaine la Rouillère, Presqu’île de Saint-Tropez, Route de Ramatuelle (D61), 83580 Gassin – France, tél: 04 94 55 72 60

A voir également l’interview de Bertrand Letartre sur L’Avis du vin les magnifiques photos du domaine sur le site AOC Côtes de Provence et l’article sur Pure Saint Tropez 

Cette interview a été réalisée au restaurant Les Tablettes, de Jean-Louis Nomicos