Les Affranchis, un salon de vin nature en marge des Grands Jours de Bourgogne

Les Affranchis Bourgogne

Monter un salon de vignerons natures venus de la France entière en marge des très officiels Grands Jours de Bourgogne, tel est le pari osé par Laetitia Laure, organisatrice du salon "Les Affranchis" qui aura lieu les 19 et 20 mars prochain. Cet événement vineux et gastronomique se déroulera dans le cadre prestigieux du Hameau de Barboron, ancienne ferme cistercienne situé près de Savigny-lès-Beaune.

"Les Affranchis, c’est un salon que j’ai créé l’année dernière avec une amie vigneronne." raconte Laetitia Laure, organisatrice de ce salon dont c’est déjà la 4e édition. "C’est une réunion de vignerons (voir liste en bas de l’article) qui sortent des carcans de la technologie. Ce sont des vignerons qui travaillent sans filets. Ils sont en culture bio ou en biodynamie, mais surtout ils travaillent sans technologie en vinification : le raisin devient du vin, et il n’y a rien d’autre dans la bouteille." C’est d’ailleurs pour cela qu’ils s’appellent "les Affranchis", non pas en référence au film sur la mafia, mais en référence à l’esclavage.

C’est la première édition bourguignonne de ce salon des Affranchis (il y a déjà eu deux éditions à Montpellier en marge de Millésime Bio ainsi qu’une édition parisienne autour des vins de Loire). "A l’occasion des Grands Jours de Bourgogne, avec Frederic Cossard (vigneron à Saint Romain), on a voulu organiser ce salon comme une fête de copains. Dans cette région où il y a très peu de manifestation de ce type, on veut donner l’opportunité aux gens de découvrir ces vins moins conventionnels."

Les Affranchis Bourgogne

 

Ce salon aura donc lieu en marge des événements officiels des Grands Jours de Bourgogne, en "off", au Hameau de Barboron. Ancienne ferme cistercienne, on y a retrouvé des traces de vies remontant au 11ème siècle. "Avec mon père, on a repris ce domaine qui est aussi un domaine de chasse en 1990. On a rénové les bâtiments pendant 4 ans" raconte Odile Nominé, responsable des lieux. "J’avais un petit négoce de vin en parallèle. On a également développé la réserve de chasse puisque l’on gère un cheptel sur 400 hectares pour la chasse au sanglier en battue."

C’est donc dans ce cadre historique et privilégié authentiquement restauré que les vignerons venus des différentes régions viticoles feront déguster leurs vins. Les anciens celliers, les salons, les caves seront investis par les vignerons et les visiteurs. Une première pour Odile Nominé : "on a davantage l’habitude d’accueillir des séminaires ou des réceptions de particuliers. Là, c’est différent, c’est un peu comme prêter sa maison, mais comme cela reste dans le sens vineux des choses, on est très heureux d’accueillir cet événement".

Les Affranchis Bourgogne Hameau de Barboron

Les Affranchis Bourgogne Hameau de BarboronCette édition des Affranchis sera également marquée par un diner gastronomique orchestré à 6 mains par deux chefs bourguignons et un chef parisien : Laurent Parra (Le Conty à Beaune), Guillaume Crotet (Les Roches à Saint Romain) et Yves Camdeborde (le Pré Saint Germain à Paris). Trois autres grands noms de la gastronomie s’associent également à cet événement et seront présents à ce diner : Hugo Desnoyer, Pierre Hermé et Jean Yves Bordier.

Les Affranchis Bourgogne Hameau de Barboron

Retrouvez plus d’infos sur le blog des Affranchis ainsi que sur l’événement Facebook consacré à ce salon.

Infos Pratiques : droit d’entrée de 10 euros pour le salon (de 10h à 18h sans interruption) – navettes gratuites depuis Beaune

Pour en savoir plus sur les Grands Jours de Bourgogne, voir ici.

Les Affranchis Bourgogne

Le caviste de garde de Beaune : la cave des Saint Pères

Cave des Saints Pères Beaune - ©Marthe Henry L'actu du vin C’est tout nouveau à Beaune, un caviste sympa qui va dénicher pour vous des petites pépites bourguignonnes et qui en plus assure une permanence le vendredi soir en cas d’imprévu ! Adrien Dumay vous promet le plaisir à partir de 10 euros et surtout vous fait partager sa curiosité communicative pour les vins de Bourgogne (allez, et même d’un peu plus loin …).

"La cave des Saints Pères, c’est tout nouveau ! On a ouvert en novembre 2013, avec un concept un peu différent de ce que font mes confrères : avoir une sélection de bouteilles plus réduite, pour mieux maitriser les approvisionnements, avoir des partenariats très forts avec les vignerons avec lesquels on décide de travailler, des vignerons vraiment amoureux du vin, des noms très connus mais aussi des petits nouveaux."

Le plaisir à 10 euros, le coup de coeur entre 20 et 30

"J’essaye de provoquer le plaisir à partir de 10 euros. Un vin à moins de 10 euros, c’est très compliqué, en Bourgogne, ça n’existe quasiment pas ! Mais il y a des choses qui sont très accessibles : entre 20 et 30 euros, on peut décrocher un coup de coeur magique en Bourgogne."

"Dans la mesure où on veut toujours donner la perle rare à nos clients, il y a un équilibre assez précaire pour nous. En ce moment la Bourgogne connait une période compliquée avec de très petites récoltes donc de très petites quantités de bouteilles … Chercher la perle rare est encore plus difficile, mais s’il faut se battre pour 12 bouteilles, on se bat, parce que ce sont 12 bouteilles qui vont faire plaisir au client et c’est ce qui est le plus important au final !"

Pour les urgences : le caviste de garde

"Le lieu est vraiment atypique par rapport aux cavistes traditionnels bourguignons, et vraiment magnifique. Il y a une dimension esthétique, un coté presque bijouterie que j’aime beaucoup. Nos bouteilles sont comme des joyaux que l’on expose ici. On va commencer à faire quelques soirées privatisées pour les Grands Jours de Bourgogne. Je fais également caviste de garde le vendredi soir jusqu’à 21h. Le principe est le même que pour une pharmacie de garde, il peut aussi y avoir des urgences en matière de vin … On a vraiment envie d’être proches de nos clients."

cave des saints pères beaune

"Chaque vin qui se trouve ici, je l’ai dégusté et j’ai aimé le dégusté. On a environ 250 références aujourd’hui, c’est peu mais c’est voulu. L’idée c’est de maitriser chaque vin : chaque vin je l’ai eu en bouche et je l’ai toujours en tête aujourd’hui. Je sais vendre ce que j’ai goûté. Vendre ce que je n’ai pas goûté, c’est un concept qui me parait délirant. Je n’ai pas envie d’avoir 1 000 références. Je préfère en avoir peu et changer plusieurs fois par an ma carte. Je crois que si on n’est pas curieux quand on est caviste, on est plus un vendeur de vin qu’un caviste…"

Gevrey Chambertin la Justice Alexandrine Roy

Mention spéciale à cette pépite qu’Adrien m’a conseillée. La Justice, un Gevrey Chambertin domaine Marc Roy millésime 2011. Du velours, de la profondeur, de la gourmandise … à déguster pour les grandes occasions !
Cave des Saints Pères Beaune - ©Marthe Henry L'actu du vin Cave des Saints Pères Beaune - ©Marthe Henry L'actu du vin

La Cave des Saint-Pères, 16 place Fleury, 21200 Beaune (et sur Facebook ici)

Et comme à Beaune, les choses sont bien faites, vous pouvez également aller rendre visite à Maurice (à qui j’ai consacré un article ici) et découvrir sa sélection de vins de Bourgogne et d’ailleurs, c’est à deux pas !

Voir toutes mes Bonnes adresses ici 

L’agenda de la semaine : Emmanuel Giboulot face à la justice, VINISUD in et off et Millésime consacré aux fraudes

  • Emmanuel Giboulot Emmanuel Giboulot convoqué au tribunal correctionnel de Dijon

Ce viticulteur de Côte d’Or encourt jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. La justice lui reproche  d’avoir délibérément refusé d’appliquer un arrêté préfectoral au printemps 2013 obligeant les viticulteurs à traiter leurs vignes en prévention d’une maladie : la flavescence dorée. Ce vigneron en biodynamie fait valoir la protection de l’environnement pour expliquer sa position.

Voir la vidéo ici : http://api.dmcloud.net/player/pubpage/4f3d114d94a6f66945000325/52962a0d06361d1cae7aba1d/07396456322d4a5dbba02473c490fc15?wmode=transparent&autoplay=1

Plus de 250 000 personnes ont déjà signé une pétition de soutien à ce vigneron beaunois. Une page Facebook de mobilisation rassemble également plusieurs milliers de personnes. Un picnic de soutien est organisé devant le tribunal, lundi midi.

  • Vinisud 2014
  • Cette semaine, vous n’échapperez pas à VINISUD.

Vinisud, c’est le salon des vins méditerranéens, de France bien sûr (Languedoc, Roussillon, Provence, Vallée du Rhône, Sud Ouest, Corse) mais pas seulement. Italie, Espagne, Portugal, Tunisie, Maroc, Algérie, Grèce, Israël, Liban, Chypre, Malte, Turquie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Bulgarie, Slovénie, Macédoine… Ce sont les vins de toute la Méditerranée (1700 exposants) qui seront présents à Montpellier pour ces 3 jours de salon professionnel.

Objectif de Vinisud cette année est de montrer que face à une production mondiale toujours plus standardisée, les vignobles méditerranéens multiplient les initiatives pour se démarquer tout en valorisant leur production : réintroduction de cépages ancestraux, renaissance de terroirs historiques et du patrimoine viticole…

Du 24 au 26 février. Plus d’infos sur le site internet de Vinisud, le blog, la page Facebook et le compte Twitter  !

Vignerons hors piste

  • En "off" de VINISUD, la dégustation des "Vignerons Hors Pistes"

Salon d’une vingtaine de vignerons de toute la France qui se tiendra le 25 février en marge de Vinisud. Comme l’annonce leur page Facebook Les vignerons "Hors-Piste" ne sont ni inconscients, ni avides de risques inconsidérés mais veulent en toute liberté élaborer des vins de plaisir, basés sur la pureté du terroir, l’identité des cépages, le respect de l’environnement en ayant le souci de la santé du consommateur.

Millésime Muriel Bessard

  • Dimanche 2 mars, ne ratez pas "Millésime" consacré aux fraudes dans le monde du vin 

Petits vins maquillés en grands crus, étiquettes posées sur les mauvaises bouteilles, des taux d’alcool obtenus en trichant avec la nature : ce numéro de l’émission de Muriel Bessard est consacrée aux fraudes, tromperies, et falsifications en tous genres sur le vin… Cette émission diffusée sur France 3 Bourgogne est également accessible en streaming sur le site internet 

Au sommaire :

- retour avec Laurent Ponsot sur le procès de Rudy Kurniawan, un Américain d’origine asiatique, accusé d’avoir fabriqué et vendu des milliers de fausses bouteilles jugé aux Etats Unis fin 2013.

- reportage sur le rôle de la douane et de la répression des fraudes dans le monde du vin

- découverte d’un laboratoire bordelais qui utilise des techniques étonnantes pour vérifier l’authenticité de bouteilles

BONNE SEMAINE À TOUS !

En Bourgogne, un collectif de vignerons veut peser dans la lutte contre la flavescence dorée

Depuis décembre 2013, en Bourgogne, des vignerons du Chablisien jusqu’au sud de la Saône et Loire ont décidé de prendre en main leur avenir face à la menace de plus en plus présente et pressante de la flavescence dorée, cette maladie incurable de la vigne. Hasard du calendrier, c’est à quelques jours du procès d’Emmanuel Giboulot (vigneron convoqué par la justice pour avoir refusé le traitement obligatoire imposé au printemps dernier contre cette maladie) que ce collectif de vigneron a tenus une conférence d’information suivie par un public large et très attentif. 

Photo - FREDON

Photo – FREDON

De quoi on parle : la flavescence dorée, qu’est ce que c’est ?

La flavescence dorée, c’est une maladie infectieuse de la vigne. Elle se caractérise entre autre par un jaunissement des feuilles et un dépérissement du raisin (voir photo ci dessus).Elle est causée par des phytoplasmes, sortes de petites bactéries sans paroi transmises par des insectes : les cicadelles (en latin, Scaphoideus titanus…). La maladie n’est pas visible tout de suite, il y a un temps d’incubation qui peut prendre plusieurs années, ce qui rend la détection de la contamination encore plus difficile. Ces phytoplasmes empêchent la circulation de la sève et infectent la plante en totalité. On ne peut donc pas envisager de recépage ou de surgreffage pour sauver les pieds de vignes malade.

Apparue en France dans le Sud Ouest dans les années 1950, cette maladie est souvent confondue avec une autre maladie ayant les mêmes symptômes, la maladie dite du "bois noir". En 1974, une sévère épidémie a touché le vignoble Corse. Elle est désormais présente dans de nombreuses régions viticoles, du Sud Ouest en passant par la Savoie (voir cet article de La Revue du Vin de France). Il n’existe pas de solution contre la maladie en elle même. Le seul moyen de lutter contre cette maladie est donc de lutter contre son vecteur, la cicadelle : seul ses traitements insecticides peuvent donc endiguer les épidémies à l’heure actuelle.

La flavescence dorée en Bourgogne

En Bourgogne, les premiers foyers de cette maladie ont été détectés au Sud de la Saône et Loire en 2012. 15 hectares de vignes ont du être arraché sur la commune de Plottes, où un important foyer avait été détecté (le rappel des faits dans cet article de La Vigne). Un précédent dramatique encore dans toutes les mémoires quand en juin 2013, un arrêté préfectoral a imposé le traitement de l’ensemble des vignobles de la Côte d’Or au moyen «d’une application unique d’un insecticide» contre la cicadelle. Une décision contestée et qui n’a pas été appliquée par tous les vignerons, parmi lesquels Emmanuel Giboulot, vignerons bio à Beaune, qui encourt à ce titre 30 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement.

"Nous avons agis sous le coup de l’émotion du foyer de Plottes" a reconnu ce soir Jean Michel Aubinel, le président de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB) qui dit cependant ne pas regretter cette décision. "La campagne 2014 doit être abordée de manière différente. Il ne faut ni reconduire les mêmes erreurs ni baisser la garde face à ce fléau."

Alec Seysses, président Collectif de vignerons contre la flavescence dorée (photo Weinrouten.de)

Alec Seysses, président Collectif de vignerons contre la flavescence dorée
(photo Weinrouten.de)

La création d’un collectif de vignerons

"Nous ne sommes pas des anti-traitements, nous ne sommes pas une force d’opposition mais voulons être une force de proposition. Il faut que les viticulteurs participent à la réflexion et à la définition du plan de lutte contre la flavescence dorée" c’est ainsi que Alec Seysses, président du Collectif de vignerons contre la flavescence dorée définit l’ambition de cette association. Son statut paru au Journal Officiel précise d’ailleurs qu’elle a pour but de "composer un groupe de réflexion ayant pour but de comprendre, rechercher et informer sur les différents moyens de lutte contre la flavescence dorée ; devenir un interlocuteur représentatif de la profession".

Créée en décembre 2013, elle compte déjà plus de 120 domaines membres et rassemble aussi bien des petits domaines que des négoces ou des coopératives, situés du Chablisien jusqu’au sud de la Saône et Loire. Le but de cette association est de rassembler les viticulteurs de tous bords (elle ne souhaite d’ailleurs pas prendre partie quant au litige qui oppose Emmanuel Giboulot à la justice) pour que leur voix pèse dans la prise de décision du plan de lutte 2014. Alec Seysses appelle à être "responsable et raisonnable".

Les propositions du Collectif

1- Rendre la prospection obligatoire

La prospection, c’est la visite des parcelles et le marquage de pieds contaminés (étayé par des analyses en laboratoire des pieds identifiés). Réalisée en 2013 sur toute la Bourgogne, elle permet une surveillance du vignoble efficace. Le Collectif estime que cette prospection doit désormais être rendue obligatoire et collective (si chaque vigneron inspecte ses propres parcelles, évidemment les résultats seront moins sûrs). Cela doit même être considéré comme "une nouvelle tâche du métier" au même titre que la taille de la vigne explique Nicolas Maillet, membre du Collectif.

Cette prospection doit se doubler d’un contrôle systématique de l’arrachage des pieds marqués lors de la prospection.

2- Accroître la vigilance quant au matériel végétal

La flavescence dorée peut aussi se transmettre d’une région viticole à l’autre via le matériel végétal : les plants utilisés pour les nouvelles plantations de parcelles ou les remplacements de pieds morts par exemple. Le Collectif souhaite donc une meilleure qualité et une meilleure traçabilité de ces plants de vignes : la création d’une carte d’identité des plants, l’obligation du traitement à l’eau chaude (réalisé en pépinière), et un renforcement du contrôle des vignes mères des porte-greffes par France AgriMer.

Objectif : avoir un matériel végétal sûr et sain (non contaminé).

3- Une proposition de lutte graduée

Établir une grille de lutte graduée selon plusieurs critères qui définiront si les viticulteurs doivent effectuer un, deux, trois ou aucun traitement. Sachant que tous devront en revanche participer à la prospection. Le collectif souhaite qu’il y ait une meilleure définition de ces zones de traitement en "réduisant ces zones aux zones les plus sensibles".

La cicadelle, vecteur de transmission de la flavescence dorée

La cicadelle, vecteur de transmission de la flavescence dorée

La recherche de solutions alternatives 

Pour l’instant il n’existe aucune alternative aux traitements insecticides pour lutter contre cette maladie. Deux axes de recherches sont cependant étudiés par le pôle technique du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) : la modélisation des stades du vecteur de la maladie et la lutte contre ce vecteur en viticulture bio. À ce titre, une enquête sur le Pyrevert (insecticide à base de pyrèthres naturels utilisé en viticulture bio mais particulièrement décrié) est conduite ainsi que des expérimentations à base de traitement avec des sucres, notamment le saccharose. En parallèle, le SEDARB entreprend également des recherches (voir les essais ici).

Les enjeux pour la Bourgogne 

La flavescence dorée est une maladie qui d’une part met en danger les vignobles, et d’autre part rend obligatoire un traitement insecticide, ce qui peut sembler contraire à tous les efforts entrepris par nombre de vignerons bourguignons pour pratiquer une viticulture la moins impactante possible pour l’environnement.

À moins d’un mois des Grands Jours de Bourgogne, rendez-vous médiatique et professionnel qui a lieu tous les deux ans en Bourgogne, tous les acteurs de la filières craignent de voir ces débats prendre l’ascendant médiatique. Demain vendredi 21 février, c’est d’ailleurs l’interprofession des vins de Bourgogne (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, BIVB) qui tiendra à son tour une conférence de presse sur ce sujet brûlant de la flavescence dorée.

CP FD BIVBPour en savoir plus : http://www.stop-flavescence-bourgogne.fr/

Sont intervenus lors de cette conférence : Alec Seysses (président du collectif) ; Nicolas Maillet – Sébastien Boisseau – Jean Philippe Bret (membres du collectif) ; Jean Michel Aubinel (CAVB) ; Charles Chamblin (FREDON) ; Elizabeth Bourdon Padieu (ex-chercheur INRA) ; Dr Mauro Jermini (Agroscope)

Coravin, l’invention qui permet de goûter un vin sans ouvrir la bouteille

Coravin  Copyright Marthe Henry-L'actu du vin

Goûter un vin sans ouvrir la bouteille, à priori c’est impossible. C’était sans compter sur Greg Lambrecht, un américain fondu de vin qui travaille dans le monde médical et qui a eu la brillante idée d’inventer Coravin. Un outil innovant permettant de servir un vin à travers le bouchon qu’il a présenté lors de son passage à Beaune ce week-end. 

Comment ça marche ? 

Le procédé est plutôt simple : à l’aide d’une très fine aiguille qui passe à travers le bouchon (et même la capsule), le vin est aspiré et le vide créé dans la bouteille rempli par un gaz contenu dans l’air, l’argon. L’élasticité naturelle du liège rebouche instantanément le trou minuscule créé par l’aiguille. Le vin restant dans la bouteille est protégé de toute évolution (l’oxydation notamment) par le gaz. La bouteille peut donc être conservée comme si aucun contenu n’en avait été prélevé.

Quel est l’intéret ? 

L’intérêt est évidemment de pouvoir goûter le vin contenu dans une bouteille sans avoir à l’ouvrir et donc à la finir… C’est d’ailleurs pour cela que Greg Lambrecht l’a conçu. C’est lors de la grossesse de son épouse qu’il a pensé à élaborer cet outil, pour pouvoir apprécier un verre de telle ou telle bouteille sans devoir en sacrifier l’intégralité. Il a mis 9 ans à mettre au point cette aiguille qui transperce le bouchon sans l’altérer, en s’inspirant des matériels médicaux.

"Cela permet par exemple en une soirée de goûter plusieurs bouteilles de vin, au lieu d’en ouvrir une seule. De comparer différentes régions sur un même millésime, de goûter plusieurs vins d’un même producteur." explique Greg Lambrecht. "On peut aussi surveiller l’évolution d’un vin. D’en prélever un tout petit échantillon pour voir s’il est prêt à être bu ou s’il peut attendre encore un peu en cave. Les restaurateurs évidemment peuvent s’en servir pour vendre des vins rares au verre puisqu’ils n’ont plus à se soucier du problème de l’évolution de la bouteille. Coravin est déjà beaucoup utilisé dans les restaurants new-yorkais. Les marchands de vins peuvent également ainsi proposer de goûter la bouteille avant de la vendre, un avantage qui peut aussi intéresser les vignerons lorsqu’ils font déguster leurs vins."

Est-ce que ça marche ? 

Greg Lambrecht a mis une dizaine d’année pour mettre au point cet outil. Évidemment cela ne marche que sur les bouchons en liège, inutile d’essayer avec des bouchons en plastiques ou des capsules à vis … Il dit avoir comparé l’évolution des bouteilles entamées avec ce procédé avec des bouteilles similaires jamais entamées et n’avoir constaté aucun signe d’oxydation notamment.

Coravin 1 Copyright Marthe Henry-L'actu du vin

Il est pour l’instant impossible de se procurer cet objet en France, mais son inventeur est activement à la recherche d’un distributeur en France et espère pouvoir le commercialiser d’ici quelques mois. Il faut tout de même préciser que ce gadget coûte 300$ et qu’il faut ensuite se procurer les cartouches de gaz d’argon de rechange. Quelques chanceux s’en sont néanmoins déjà procuré comme Frédéric Morandi au bar à vin italien Le Bronx à Dijon (dont j’espère vous reparler très vite ici).

Pour en savoir plus, je vous recommande cet article de Jancis Robinson (en anglais) ainsi que l’article de Bourgogne Live !

Merci à Anne-Sophie de m’avoir permis de découvrir cette étonnante innovation !

Clichés sur les vendanges en Côte d’Or

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Les vendanges 2013 se terminent en Bourgogne. Cette campagne si compliquée s’achève par une bien maigre récolte. Les blancs fermentent déjà en fûts depuis quelques jours et on commence à décuver les rouges ici en Côte de Beaune tandis que les feuilles prennent leurs couleurs d’automne. 2012 avait déjà été une petite année, 2013 sera confidentielle …

Plus de clichés sur le vendanges à voir ici 

Le pineau d’Aunis, atout atypique des Coteaux du Vendômois

C’est l’histoire d’un vignoble confidentiel, qui produit un cépage qui l’est encore encore plus. Une toute jeune appellation (l’AOC Coteau du Vendomois a été obtenue en 2011 seulement) à moins de 200km de Paris, au cœur du val de Loire  (voir ici). Un vignoble porté par une poignée de vignerons qui ont tous à cœur de faire découvrir leur cépage emblématique : le pineau d’Aunis, raisin rouge qui produit des vins gris et rouges. 

Le pineau d’Aunis tient son nom du village d’Aunis près de Saumur. Il s’appellait également autrefois Chenin noir ou Pinot d’Aunis, bien qu’il n’ait aucun lien avec le pinot noir … "Dans la vigne, c’est un cépage qui est très producteur. C’est tout le travail de maîtrise du vigneron qui va faire la différence" explique Michael Andry, directeur technique de la cave coopérative du Vendômois. Vinifié en vin rouge, la structure tannique arrive très tôt. Donc il faut trouver des méthodes pour avoir de la couleur, car c’est un cépage qui n’a pas beaucoup d’anthocyanes, donc son jus est très peu coloré, mais qui a beaucoup de tannins. Il faut donc trouver le juste équilibre. C’est tout l’art du vigneron, de sélectionner et de rechercher la méthode la plus adaptée."

Benoît Brazilier, président du syndicat des vignerons du Vendômois, le pineau d’Aunis est un cépage qui permet de faire d’excellents vins de terroir. "On reste des petits domaines où on laisse travailler la nature tout en la guidant avec des moyens assez simples. Ici il n’y a pas de grands domaines technologiques. On fait des vins assez "terroir". On adapte la technique, pour avoir des vins de qualité, tout en gardant l’esprit du terroir. Par exemple moi je travaille surtout sur les maîtrises des températures pendant les vinifications. Mais le plus gros du travail se fait en amont, à la vigne. Il s’agit de trouver les parcelles adaptées aux cuvées que l’on veut faire et de les conduire de manière à avoir une bonne maturité."

Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 7Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 4 Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 5 Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 6Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 2Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 3

Ce cépage typique et atypique peut être vinifié en vin rosé (dit "gris") ou en vin rouge.  Patrice Colin, vigneron à Thoré-la-Rochette, lui trouve un arôme bien caractéristique de pâte d’amande. "Un pineau d’Aunis qui est mûr, comme un chenin qui est mûr, n’est pas acide. Si on l’analyse en laboratoire, oui, il y a entre 5 et 6 grammes d’acidité. Mais quand on le déguste, cela ne se sent pas du tout. Au contraire, quand il est très mûr, on sent une certaine sucrosité, avec des arômes de pâte d’amande. On n’est pas sur les arômes de pamplemousse ou de citron, mais bien de pâte d’amande malgré les 6 grammes d’acidité. C’est ce qui compte."

Vinifié en rouge, ce cépage qui est parfois dit "rustique" est très puissant. "Quand les gens ne connaissent pas, ils trouvent tout de suite que le vin est très poivré, très épicé. Ce sont des vins qui au bout de 3 ans s’ouvrent pleinement et donc les tanins se fondent. On trouve ici quelque chose que l’on ne trouve pas ailleurs. Il y a une vraie typicité de ce cépage" explique Michael Andry.

Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin
Pineau d'Aunis - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin 1Coteaux du Vendomois1 - Copyright Marthe Henry : L'actu du vin

Coup de Cœur

Mon coup de cœur (si je devais ne conseiller qu’une seule bouteille à goûter pour se rendre compte de la singularité de ce cépage, ce qui bien sûr, est une hérésie…), serait cette cuvée Intuition de Patrice Colin.

Un peu d’Oenotourisme

La région du Vendômois regorge également de curiosités touristiques comme le village de Lavardin. Classé parmi les plus beaux villages de France, il est surplombé d’un château médiéval aujourd’hui occupé par un petit troupeau de chèvres. La vue sur les coteaux du Loir est à couper le souffle.

Vous pouvez également vous rendre la Maison du vin et des produits du terroir Vendômois à Thoré-la-Rochette qui propose à la vente les vins des différents producteurs de l’appellation. Un autorail authentique des années cinquante qui offre une ballade commentée de 2h45  à la découverte de la vallée du Loir y dépose ses passagers pour une dégustation de produits régionaux. Coteaux du Vendomois2- Copyright Marthe Henry : L'actu du vinCoteaux du Vendomois - Copyright Marthe Henry : L'actu du vinCarte vignoble LoireSuivez les vins de l’AOC Coteaux du Vendômois sur Facebook 

Merci à Michèle Piron Soulat pour cette belle découverte !

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