Paris des chefs se met au vin

Le week end dernier s’est déroulé à Paris l’événement « Paris des Chefs » dans le cadre du salon Maison et Objet. « Paris des Chefs », c’est avant tout un festival de la gastronomie où des chefs prestigieux viennent partager leur savoir faire et surtout parler du processus de création qui les anime.

Cette année, Yannick Allénot, Anne-Sophie Pic, David Toutain, Alain Passard (liste complète ici) ont par exemple échangé avec des artistes sur ce thème de la création.

Ateliers œnologiques

A coté de ces « duos de chefs », les visiteurs pouvaient également passer à la pratique et participer à des ateliers culinaires et œnologiques. Car cet événement gastronomique a fait pour la première fois une large place au vin et à la dégustation.

Bettane + Dessauve, Lavinia, Alain Brumont, Grains Noble, Vins du Monde, …. ont chacun proposé pendant ces 3 jours un atelier de dégustation original et thématique : par exemple, la découverte d’un même cépage à travers des appellations de pays différents, découverte des vins biodynamiques étrangers, verticale de champagne brut non dosé, … Avec un nombre de place limité afin de permettre un échange spontané et sympathique entre participants et animateurs.

Un petit bémol cependant pour la configuration de ces ateliers, situés dans la même salle que les ateliers de cuisine, dont les odeurs de cuisson pouvaient de temps à autre gêner la dégustation. Un souci mineur, tant les dégustations proposées étaient intéressantes et animées avec brio.

Ils ont parlé de Paris des Chef : L’avis du vin, L’Express, Into the Wine notamment.

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Rencontre avec Claude Gilois, importateur de vin et écrivain

Claude Gilois est un importateur de vin précurseur. Il fut l’un des premiers français à s’intéresser aux vins faits en dehors de France. De cette curiosité est né une société : Vins du Monde.

Au fil de ses voyages l’idée lui est venue d’écrire un livre dans lequel il ferait état des vignobles les plus insolites. Il a choisi comme partenaire de voyage et d’écriture son ami le grand reporter Ricardo Uztarroz. De leurs dégustations globe trotter est née un livre jubilatoire : Tour du monde épicurien des vins insolites.

L’actu du vin : comment avez-vous choisi les pays dans lesquels vous vous êtes rendu pour ce livre ?

Claude Gilois : Nous nous sommes intéressés aux pays où techniquement, il ne devrait pas y avoir de culture de la vigne. A cause de la latitude, ou du climat. Dans beaucoup de pays, la culture de la vigne est rendue possible uniquement grâce à l’irrigation. Certaines exploitations sont des incongruités de la nature.

Vous êtes vous fixé des limites, y a-t-il des pays où vous n’êtes pas allé ?

La Birmanie. C’est le seul pays producteur de vin où nous ne sommes pas allés pour des raisons politiques. Sinon, nous ne nous sommes fixés aucune limite.

Vous avez eu des déceptions ?

A Cuba, les vins sont faits avec des mouts importés d’autres pays, et c’est une catastrophe ! Un vin vendu comme venant d’un pays doit être fait intégralement sur son sol. Ca me parait être le minimum de l’honnêteté.

La forme du récit à la fois carnet de route et de dégustation en fait sa convivialité. Comment vous est venue cette idée ?

J’avais dans l’idée de faire une sorte de guide des vins qui ont de l’avenir, dont on va entendre parler. Il y a énormément besoin d’informations sur l’oenotourisme. Les livres et documentations à ce sujet sont souvent limitées aux routes du vins françaises ou italiennes. Il y en a vraiment très peu sur les autres vignobles.

Ricardo de son coté voulait davantage faire de ce livre un carnet de voyage. Alors on a fait moitié-moitié. Je crois qu’on a tenu notre engagement et que ce livre est à la fois un guide et un carnet de route. Même si je n’ai pas abandonné l’idée de réaliser un jour une sorte de  « guide des vins de demain ».

A plusieurs reprises, vous tenez des propos assez durs envers les collectionneurs de bouteilles, ceux qui les accumulent dans leurs caves sans les boire. Vous dites qu’ils érigent des « sépultures à vins ».

Le vin est quelque chose de vivant : il vit mais au bout d’un certain temps, à terme, il deviendra du vinaigre ! Je ne vois pas l’intérêt de les collectionner sans fin. Le vin est affaire de désir, pas d’histoire ! On ne peut pas faire avec les bouteilles ce que l’on fait avec des peintures ou d’autres oeuvre d’art justement parce que la qualité du vin est limitée dans le temps, même si la valeur résiduelle reste.

Michel Chasseuil (grand collectionneur de vin NDLJ) va laisser à ses enfants des milliers de bouteilles dont certaines ne seront surement jamais bues. Pour moi celà n’a aucun sens. Mon rêve, c’est de mourir sans laisser une seule bouteille dans ma cave !