D’Irancy à Noyers Sur Serein, promenade dans l’Yonne

Promenons nous dans l’Auxerrois en attendant que le printemps y soit … D’Irancy à Noyers sur Serein, escapade dépaysante et gourmande en Bourgogne septentrionale à mi chemin entre Paris et Beaune où bâti médiéval et paysages viticoles alternent aimablement.

Village viticole réputé pour ses vins rouges, ce village fait figure d’exception dans ce coin de Bourgogne situé entre Saint Bris réputé pour ses vins blancs de sauvignon (la seule appellation Bourguignonne produisant ce cépage) et Chablis, immense région de production de chardonnay. L’implantation de la vigne dans ce village remonterait au IIe siècle. Créée en 1998, l’appellation « Irancy » produit donc exclusivement des vins rouges majoritairement composé de pinot noir et dans une proportion minoritaire de cépage césar.

Également réputé pour sa production de cerises, ce village est également à voir au printemps lorsque les cerisiers en fleurs recouvrent les coteaux.  Ne pas rater à Irancy la très belle église Saint Germain fondée par les moines d’Auxerre au XIIIe siècle 

 

Véritable institution dans la région, le Soufflot est l’endroit idéal pour un déjeuner gourmand dans une ambiance conviviale. Les plats sont généreux, la carte des vins remarquable avec une sélection de vins de la région évidemment mais également de très belles références dans la plupart des régions de France. Prix doux et accueil généreux : on ne peut rêver mieux ! Il se murmure que le Soufflot devrait ouvrir très prochainement un deuxième établissement, situé à Meursault…

Pour l’anecdote, on retiendra que ce restaurant doit son nom à Jacques Germain Soufflot, architecte du 18e Siècle né à Irancy. On lui doit notamment la réalisation du Panthéon à Paris (la rue Soufflot a d’ailleurs une place au Panthéon de la chanson française, bonus en musique ici) mais également la façade de l’Hotel Dieu à Lyon. Il est le grand homme d’Irancy. 

Entre deux coteaux, arrêt à Chitry. Du 10eme au 13e siècle ce village était séparé en deux, une partie appartenant au comté de Tonnerre (en Champagne), et la seconde appartenant au comté d’Auxerre (en Bourgogne). On y produit des vins blancs et rouges mais ce village vigneron est surtout remarquable pour son église fortifiée. Sur les 4 tours qu’elle possédait on peut aujourd’hui admirer surtout sa tour ronde ressemblant à un donjon et sa tour carrée.

Arrivée à Noyers sur Serein, un des plus beaux villages de France aux très nombreux vestiges médiévaux. De nombreuses entrées de caves rappellent ici aussi l’importance historique de la viticulture. A l’Ascension, les vignerons se rendent à la porte de Tonnerre et décorent la statue de la Vierge à l’Enfant, leur protectrice. Mais Noyers-sur-Serein a aussi été une ville d’agriculture (à ne pas rater, la place du Marché-au-blé). Elle tire d’ailleurs son nom du mot nux, la noix. La ville toute entière renvoie l’image d’une cité paysanne plutôt prospère.

Étape obligatoire également à l’église Notre Dame édifiée entre 1491 et 1515 qui est de style gothique très pur. Terminez votre visite le loin du Serein qui longe le village. Vous pourrez admirer les anciens remparts et les 19 tours de fortifications qui sont encore partiellement visibles ou intactes. 

En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou redécouvrir cette partie de Bourgogne. N’hésitez pas à me donner vos bonnes adresses et vos villages coups de coeurs aux alentours…

 

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« Le jour où il n’y aura plus de vin » de Laure Gasparotto et Lilian Bérillon

 

« Le jour où il n’y aura plus de vin » est un livre écrit à quatre mains par Laure Gasparotto, journaliste spécialisée dans le vin et néo-vigneronne dans le Sud, et Lilian Bérillon, pépiniériste, fils et petit fils de pépiniériste à Jonquières (84). Mi récit mi essai, ce livre lance un cri d’alerte sur la qualité du matériel végétal qui conditionne la santé de la vigne et la qualité des vins.

Course aux rendements des pépiniéristes, standardisation et perte de savoirs-faire des viticulteurs seraient à l’origine d’une disparition de variété des spécimens et d’une accélération du dépérissement du vignoble mondial. Et qui dit vignobles médiocres dit évidemment vin de piètre qualité. A terme, c’est moins le jour où il n’y aura plus de vin que le jour où il n’y aura plus de « bon » vin qu’ils craignent.  Ils entendent donc « défendre la diversité, seule solution pour garantir la pérennité de tout végétal, ainsi que le retour de gestes oubliés qui garantissent plus de précision ».

Lilian Bérillon part du constat qu' »avant un vigneron plantait pour lui, ses enfants, ses petits enfants, voire davantage » mais que désormais le rapport au temps a changé et qu’il plante pour lui même. Alors qu’une vigne avait une espérance de vie pouvant atteindre 80 à 100 ans autrefois, maintenant elle ne vit parfois que 25 à 30 ans.

Selon lui ce problème à différentes causes :

  • Un temps de repos insuffisant entre l’arrachage d’une vigne et la replantation. Selon lui ce temps devrait être de 5 à 7 ans. Ce temps de jachère qui représente un manque à gagner certain (plusieurs années sans récolte) pour les vignerons mais qui était respecté autrefois car « les anciens acceptaient moins de confort que nous n’en exigeons désormais » permettraient auraient des effets certains sur la vigueur de la plante et sa bonne santé donc sa condition à vieillir.
  • La qualité du matériel végétal fournie par les pépiniéristes : « à force de reproduire vite, de cloner sans fin, la qualité des plants est gravement compromise ». Ancien courtier dans le secteur, avant d’avoir lui même créé une pépinière plus « vertueuse », Lilian Bérillon dénonce aussi avec cynisme ses anciens confrères expliquant que « la mortalité crée de l’activité pour la filière ».
  • Les maladies qui causent un dépérissement précoce des vignes. Il estime que 11% des ceps sont improductifs à cause des maladies du bois par exemple. Ce dépérissement aurait pour conséquence une baisse de 4,6 hectolitres par hectare (pour les AOP en 2014). Là encore de mauvaises pratiques viticoles seraient en cause, notamment la taille.

« Les causes climatiques ou biologiques ne sont pas nouvelles : le vigneron a toujours du s’adapter aux mauvaises surprises qui se présentent à lui. La menace actuelle résiste moins dans le dérèglement climatique que dans la perte de gestes ancestraux qui lui ont toujours permis cette adaptation. » Autrefois les vignerons greffaient eux mêmes. Cette pratique était enseignée dans les lycées viticoles. Les pépiniéristes fournissaient uniquement les portes-greffes, les vignerons sélectionnaient des greffons dans leurs vignes (la sélection massale) qu’ils greffaient ensuite eux mêmes.

Le problème fondamental serait donc celui de la « déresponsabilisation » du vigneron qui fait appel à des consultants et délègue la prise de décision, aussi bien à la vigne qu’en cave. « L’idéal, ce sont vraiment les démarches privées de vignerons qui cherchent à entretenir leur vignoble. C’est la seule manière de préserver la diversité, et plus intéressant que de planter des clones dont la mortalité est quasiment autoprogrammée ».

Pour remédier à ce dépérissement précoce, Lilian Bérillon encourage les vignerons à planter des « racinés ». Cette technique représente 20% de ses livraisons aux vignerons. « Avec le raciné, le plant de vigne développe son propre système racinaire dans le lieu où il vivra. Une fois que celui ci est en place, soit au moins trois ans après l’avoir planté, le temps que ses racines poussent un peu, on greffe la variété souhaitée. » Au lieu de planter un greffé-soudé, on plante d’abord ce qui fait office de porte greffe et ensuite seulement on greffe. Ce système permettrait de mieux enraciner le plant et donc de limiter le taux de mortalité. Il affirme même que 10 à 15% des plants greffés soudés développeraient des maladies contre un nombre « anecdotique » pour des racinés. Concernant le type de greffe, là aussi Lilian Bérillon déconseille également fortement la greffe dite « oméga » qui ne respecterait pas les flux de sève et serait donc contraire à un bon développement du plant.

Voici la chronologie qu’il explique mettre en place dans sa pépinière :

  • un vieux cep qui constitue « le patrimoine viticole » est repéré avant les vendanges dans un domaine
  • pendant deux à trois ans, il est observé puis contrôlé par des tests sanitaires pour voir s’il est indemne de maladie et de virose
  • des sarments sont prélevés qui permettent de récupérer une bouture : le « greffon » qui est préparé pendant l’hiver
  • en mars le greffon est greffé au porte greffe de 30cm environ
  • les plants sont mis en terre en mai, là le « porte greffe va libérer des racines, le greffon de la végétation »
  • aux premières gelées, les plants sont arrachés
  • la livraison aux vignerons se fait à partir de janvier

« Le seul rempart aux maladies et au réchauffement climatique, c’est définitivement la biodiversité ». Contre le réchauffement climatique, une des solutions serait de réfléchir aux cépages selon lui. « Il faut faire monter des cépages du sud vers le nord, pas l’inverse. La syrah provient du nord du Rhône, pas du Languedoc, d’où son espérance de vie courte dans cette région ». Mais concernant les cépages résistants, créés par croisement de variétés pour résister aux maladies cryptogamiques et ainsi limiter les traitement chimiques (voir notamment mon article à ce sujet ici) il dénonce « la perte de diversité puisque chaque nouvelle variété se limitera à un seul individu. La plus grande part de la viticulture cautionne ces nouveaux cépages, comme elle avait cautionné la sélection clonale ».

Mon avis sur ce livre (qui n’engage donc que moi)

Le sujet est effectivement brûlant et essentiel et mérite d’être porté sur le devant de la scène.Le constat de départ n’est pas une découverte. Les greffes repiquées ou dans des plantes meurent en trop grand nombre tous les ans et les maladies du bois progressent. Il existe d’ailleurs un plan national de lutte contre le dépérissement de la vigne (dont parle également ce livre). À la fin du livre, un lexique et un calendrier du pépiniériste sont éclairants et pratiques à consulter.

Mais au fil de ces quelques 130 pages, Lilian Bérillon se compare à un « Noé de la vigne » (sic) sauveur du vignoble grâce à son arche-pépinière. On le suit lors de ses rencontres avec des vignerons toujours très prestigieux. Les prises de conscience emphatiques sont à mon sens plus détaillées que les pistes pour faire face aux problèmes. Et cette phrase glissée l’air de rien : « J’aimerais tellement que les vignerons comprennent mon message. Que la presse l’explique, que les consultants me fassent intervenir. » Un mélange des genres sur fond de panégyrique qui m’a laissée un peu perplexe. Si le sujet vous intéresse, faites comme moi, lisez le et faites vous votre avis ! Et n’hésitez pas à me le donner …

« Le jour où il n’y aura plus de vin » par Laure Gasparotto et Lilian Bérillon, Grasset, 152p, 17 euros 

Pour aller plus loin : cet entretien de la Revue du Vin de France et cette interview de Laure Gasparotto chez Frédéric Taddeï sur Europe 1 

*Les photos qui illustrent cet article sont des photos d’archives personnelles 

 

 

Côte de Beaune : la reine des neiges

Le 1er mars, la Côte d’Or s’est éveillée sous un inhabituel manteau de neige. L’occasion de capturer quelques paysages aussi magnifiques qu’éphémères. Pendant que les vins sommeillent encore en cave, petite revue de tableaux enneigés saisis entre les vignes de Chassagne-Montrachet et Pommard en passant par Meursault.

      

Guillaume Bodin revient avec un nouveau film : Zéro Phyto, 100% Bio !

Après La Clef des Terroirs et Insecticides mon amour, Guillaume Bodin revient avec un nouveau film documentaire « Zéro Phyto, 100% Bio » qui sortira sur grand écran le 31 janvier prochain. Après avoir exploré le monde de la viticulture biodynamique et avoir dénoncé les méfaits des produits phytosanitaires appliqués à la viticulture, ce film met en avant des pratiques vertueuses associant cantines collectives bio et arrêt des pesticides dans les lieux publics. Ou comment une somme de bonnes volontés et une prise de conscience partagée peuvent faire évoluer les pratiques agricoles et améliorer environnement et qualité de vie. 

Rencontre avec Guillaume Bodin, jeune homme engagé et dynamique, militant et sympathique lors de la projection de son film en avant première à Beaune le 2 octobre.

Comment es tu passé des documentaires sur le vin à celui ci, qui sort du domaine viticole ? 

Pour Insecticides mon amour, j’avais pas mal travaillé avec l’association Génération Futures. Je fais partie de cette association depuis 2013, depuis mon intoxication aux produits phytosanitaires*. L’association Agir pour l’environnement m’a aussi beaucoup aidé pour la communication autour de ce film au cinéma. Zéro phyto 100% bio a été créé en 2014 par trois associations (Agir Pour l’environnement, Générations Futures et Bio Consom’Acteur)  pour essayer de promouvoir les cantines bio et l’arrêt des pesticides en ville. Ils m’ont demandé de faire des vidéos pour promouvoir cette initiative. J’ai commencé à tourner quelques vidéos que j’ai mises sur internet mais pendant le tournage j’ai pensé qu’il faudrait en faire un documentaire pour le cinéma pour pouvoir débattre de ces sujets là au cinéma. Il y a un vrai manque autour de cette thématique.

 

Ce film porte deux idées phares : l’arrêt des pesticides dans les villes et les cantines bio, c’est à dire la restauration collective bio en général (crèches, écoles, collèges, lycées, hôpitaux, prisons, Epad). Depuis le 1er janvier 2017, il y a une loi qui interdit l’utilisation de tous les pesticides dans les lieux publics. On voulait mettre en avant cette mesure. Nous avons pour cela rencontré le sénateur Joël Labé qui a été à l’origine de cette loi. D’un côté les villes se sont engagées, d’un autre coté le bio dans les cantines permet des débouchées pour l’agriculture bio. On essaye de prouver que contrairement à ce que dit le syndicat agricole majoritaire, le bio peut nourrir l’humanité et qu’il existe des débouchés, il suffit de les encourager !

 

 

Quel impact est ce qu’un documentaire peut avoir concrètement ? 

C’est un film informatif et militant, cela dépend comment on vient le voir. Il y a des gens qui utilisent ce film pour faire changer des choses dans leurs communes ou leur ville. Après la projection du film à Versailles, le maire a décidé de mettre 20% de bio en restauration collective. Ils sont passé de 0 à 20% donc c’est quand même un grand pas en avant. Ca concerne quand même 5 600 repas par jour environ. Hier on a discuté avec deux jeunes agriculteurs à l’issue de la projection qui pensaient que le bio n’était pas pour eux car ils ne voyaient pas de débouchés possibles mais il avaient envie de faire en sorte que cela change. Ils ont simplement peur de se lancer dans le changement et de ne pas y arriver même s’ils sont convaincus du bien fondé du bio. Ils ont peur de la baisse de productivité engendrée par une conversion en bio, peur des maladies, peur de ne pas tenir le coup financièrement. Dans le film on montre des exemples qui fonctionnent, où des agriculteurs on dû créer une filière mais qui y sont arrivés.

Concernant la biodynamie, ton film la Clef des Terroirs avait également été très pédagogique, c’est cela qui compte pour toi ? 

La Clef des terroirs a suscité beaucoup de réactions. J’ai rencontré beaucoup de vignerons, et je continue à en rencontrer, qui m’ont dit que ça leur avait donné envie de s’intéresser de plus près aux pratiques biodynamiques. Pour certains, ils sont même passé en biodynamie ou ont fait leurs premières préparations biodynamiques suite à la projection du film, simplement par curiosité. Petit à petit on peut faire évoluer les choses. Pierre Masson aussi a vu que le film avait vraiment créé une demande en désacralisant un peu ces pratiques dites « ésotériques » et s’appuyant sur les planètes et la lune. Dans le film on montrait des choses concrètes. Avec Insecticides mon amour il y a eu beaucoup de réactions en Champagne. J’y ai fait énormément de projections où les salles étaient combles et où il y avait énormément de vignerons. Je pense que cela contribue à faire évoluer les mentalités et bouger les choses petit à petit.

 

 

J’essaye de faire des films qui ne soient pas clivant. Le but n’est pas de dresser les bio contre les non-bio, le but c’est de faire évoluer les choses. Avec ce nouveau film c’est pareil, on essaye de faire évoluer les choses…

Tu es en train d’achever la suite de la Clef des Terroirs, quel en sera le thème principal ?

La suite de la Clé des Terroirs devrait sortir l’année prochaine, j’ai presque fini de le tourner. Dans ce film il n’y aura que des femmes vigneronnes : Hélène Thibon (Mas de Libian en Ardèche), Marie Thérèse Chappaz (Valais), Elisabetta Foradori (Dolomites et Toscane) et Virginie Saverys (Avignonesi à Montepulciano). Le sujet reste la biodynamie mais on va un peu plus loin et on aborde aussi l’élevage dans ce film. Il y a aussi une évolution dans l’élevage des vins. On boise de moins en moins, il y a une évolution vers des vins plus fruités et moins maquillés. Chez ces vigneronnes, on trouve soit des oeufs en béton, soit des amphores…

 

 

En Bref : 

Pour tout savoir sur Zéro Phyto, 100% Bio, retrouver les avants-premières près de chez vous et voir davantage de vidéos cliquez ici 

Pour ne rater aucune vidéo de Guillaume Bodin, suivez sa chaîne You Tube 

Pour voir la carte des villes et villages sans pesticides cliquez ici et pour voir celle des cantines bio cliquez ici.

 

Une minute d’oenotourisme par soir sur France Télévision

« 1 Minute, 1 Vignoble » : France Télévisions va diffuser un programme oenotouristique construit avec 6 régions viticoles françaises et Vin & Société.

Le 27 mars, France Télévisions lance un programme oenotouristique court baptisé « 1 Minute, 1 Vignoble » sur les régions viticoles deBordeaux, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Provence et Côtes du Rhône Il sera diffusé sur France 2 du lundi au jeudi (du 27 mars au 4 mai) et sur France 5 du vendredi au dimanche (du 28 avril au 18 juin) vers 20h35. 

100% axé sur la culture et le patrimoine, ce programme inédit constitué de 18 films d’une minute chacun, propose au spectateur une promenade oenotouristique qui le conduira à la découverte des terroirs et mettra en lumière un paysage, une histoire, un lieu ou un savoir-faire spécifique autour de l’animatrice Tiga.

Objectif ? Faire découvrir au grand public la diversité et la richesse du patrimoine viticole français : savoir-faire traditionnel à Bordeaux ; Climats de Bourgogne ; histoire et géographie en Champagne ; terroirs du Languedoc ; routes des vins de Provence ; patrimoine et culture en Côtes du Rhône ; histoire viticole de Paris. Chaque programme racontera un peu de notre histoire commune.

« 1 Minute 1 Vignoble » a fédéré 6 régions viticoles sur la base du volontariat des interprofessions participantes. Il a été conçu par le Studio Kabo et parrainé par Vin & Société. « Ce programme inédit a pour objectif de raconter aux téléspectateurs un peu de l’histoire du patrimoine viticole français et de leur donner l’envie de partir à la découverte des vignobles comme 10 millions de touristes l’ont déjà fait en 2016 » commente Joël Forgeau, Président de Vin & Société.

 

(source : communiqué de presse Vin et Société)

Cédric Klapisch expose les photos préparatoires de son film sur le vin tourné en Bourgogne

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Cédric Klapisch exposera du 2 février au 4 avril prochain à la Galerie Cinéma à Paris une série de photos intitulée « Nature humaine ». Cette exposition est consacrée à la région viticole de la Bourgogne où il a tourné son prochain film, « Ce qui nous lie » qui devrait sortir en salle en juin 2017.

Lors d’une interview sur France Inter dans l’émission culturelle Boomerang, le réalisateur de Péril Jeune et de L’Auberge Espagnole (entre autres) s’est confié au journaliste Augustin Trapenard. Pour réécouter l’émission c’est ici :

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/5c9857c9-25c4-42d5-a317-f2d43f973f9f

« D’habitude les photos que je fais sont toujours des photos avec des gens. Là, le film que j’ai réalisé, « Ce qui nous lie » est un film sur le vin. Et dans cette exposition, plutôt que de parler du vin et des gens qui font le vin, j’ai préféré parler de la nature. L’exposition s’appelle « Nature humaine » mais l’idée c’est qu’il n’y ait justement pas de présence humaine. Il y a quelque chose d’humain qui est présent dans les vignes, parce qu’elles sont alignées, dessinées. Les paysages de Bourgogne sont des paysages dans lesquels on voit beaucoup l’activité humaine. L’idée c’est de montrer la nature modifiée par l’homme.

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J’ai commencé par la photographie, c’est une activité qui est importante pour moi, un peu comme un échauffement pour un sportif. C’est quelque chose qui vient au préalable et qui est indispensable pour faire du cinéma. Quand je fais des photos de repérages, c’est une façon de capter un lieu. (…) Prendre l’ambiance permet d’imaginer une scène. J’hésitais entre photographe et réalisateur mais pour moi le cinéma est plus complet. Ma dernière exposition était un regard croisé sur Paris et New York, là c’est un regard posé sur la campagne française, la nouvelle campagne française. En France aujourd’hui il n’y a plus de nature, il n’y a plus de forêt primaire. Tout est planté, tout a été fabriqué par l’homme. Que ce soient les forêts, les champs ou les vignes, il y a toujours ce mariage entre l’activité humaine et la nature.

Le vin, c’est le produit magique pour moi. C’est le seul produit qui vieillit bien, qui peut être meilleur vingt ans plus tard que quand il est fait, et puis il y a quelque chose de mythologique dans le vin car ça date de l’antiquité. Quand on va en Bourgogne, ça se sent, on ressent l’empreinte médiévale et ce travail que les moines ont fait il y a si longtemps. C’est un vieux produit qui est toujours plus moderne. C’est un produit qui est en constante évolution et qui s’améliore sans cesse.

Ce qui est beau dans la vigne, c’est qu’elle a besoin de la terre, des racines, et du ciel et du soleil. Le raisin, c’est vraiment un produit qui se situe entre la terre et le ciel. Ce qui fait la richesse quand on boit un vin, outre l’ivresse, c’est qu’il y a quelque chose d’assez magique. »

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Lors du tournage du film « Ce qui nous lie », Cédric Klapish avait également posté de nombreuses photos que vous pouvez toujours voir sur son compte Instagram @cedklap. Vous y trouverez des photos du tournage qui s’est déroulé principalement entre Chassagne Montrachet et Beaune, en passant par Puligny et Meursault notamment, mais aussi des très belles photos de paysages de la cote viticole au fil des saisons puisque ce film qui sortira en juin prochain retrace les retrouvailles d’une fraterie sur les terres bourguignonnes pendant un an. Pour tout savoir sur ce film qui sera interprété entre autres par Ana Girardot, Pio Marmai et François Civil, voir ici.

Au cours de cette interview, Cédric Klapish a également fait découvrir la chanson inédite du film « Ce qui nous lie » composée par lui même et la chanteuse Camélia Jordana et interprétée par cette dernière ( vous pouvez l’entendre dans le lien ci dessus vers la 16e minute).

Voir également cette interview donnée par Cédric Klapisch sur ses débuts dans la photo à Camille Lorente pour Fisheye Magazine

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F230124280495066%2Fvideos%2F345927185581441%2F&show_text=0&width=560

La photo qui illustre cet article provient d’ici

Le paillage comme alternative au travail du sol, essai en cours au Domaine de la Pousse d’Or en Bourgogne

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Un curieux manège avait lieu dans le Clos de la Bousse d’Or la semaine dernière, en contrebas de Volnay, le long de la route qui va de Meursault à Pommard, au pays des grands vins de Bourgogne. On y répandait de la paille, au pied des ceps de vigne, une pratique inhabituelle dans cette région plutôt traditionnelle. La paille était  même ramenée en bute de chaque coté des pieds, sur une quinzaine de centimètres, laissant apparaitre un creux au milieu des rangs de vignes.

Derrière ce projet insolite, il y a un homme, Hubert Rossignol et un domaine, le domaine de la Pousse d’Or, un domaine dans sa deuxième année de conversion en viticulture biologique et biodynamique. Rendez vous pris en ce matin glacial de janvier, un de ces jours où il fait trop froid pour tailler, Hubert m’explique sa démarche. Il a un objectif : ne plus travailler le sol. En d’autres termes, ne plus labourer. Labourer, c’est une pratique qui consiste à passer en tracteur ou à cheval avec des outils qui retournent la terre et donc suppriment les « mauvaises herbes » qui poussent et gênent en théorie la culture de la vigne.

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« Obtenir un sol autonome et sans mécanisation » voilà le but d’Hubert Rossignol. On est assez proche des concepts développés par la permaculture, un concept de l’agrologie en vogue depuis de nombreuses années qui consiste à retrouver un équilibre des sols par une pluralité de cultures complémentaires et à minimiser l’action humaine « culturale ». Des préceptes que Hubert a décidé de mettre en oeuvre dans une parcelle du domaine, un clos de de 2,13Ha le Clos de la Bousse d’Or.

Dans un premier temps, il a semé un enherbement dans cette parcelle. Un mélange de plantes légumineuses composé de trèfle nain blanc, de trèfle souterrain et de lotier. Semé après les vendanges 2015, ce petit tapis vert s’est enraciné à la faveur du printemps pluvieux de 2016. Ce type d’enherbement permet de capter l’azote et d’en enrichir le sol, de décompacter le sol grâce à sa multitude de petites racines traçantes, et d’enrichir le taux de matière organique présente dans le sol. Au préalable, une étude de sol sur cette jeune vigne de 7 ans avait été réalisée pour être sûre de son bon état.

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Le risque quand on sème d’autres plantes dans une vigne c’est d’avoir une trop grande concurrence en terme d’azote (que ces plantes aient d’importants besoins en azote dont a également besoin la vigne) ce qui n’est pas le cas avec ces légumineuses qui piègent l’azote et l’intègrent au sol. Autre risque potentiel : que ces plantes créent des foyers d’humidité trop important lorsque la vigne pousse et ne favorise la poussée de maladies cryptogamiques comme le mildiou ou l’oidium (des champignons, qui se développent très favorablement dans des milieux humides et sont très dommageables à la culture de la vigne). Hors ces légumineuses ne montent pas à plus de 15cm et ne nécessitent qu’un passage ou deux de tondeuse pour être maitrisées. Il s’agit donc d’une culture favorable à la vie du sol et facilement maitrisable.

Une fois ce couvert végétal fécond installé, Hubert Rossignol a décidé de pousser ses intuitions un peu plus avant. Tout simplement parce que ces concepts sont largement répandus dans d’autres cultures et qu’il les avait mis en pratique avec succès dans son propre potager, il a décidé de mettre en place un paillage de la vigne. Un paillage, c’est tout simplement couvrir le sol de paille, avec une épaisseur suffisante pour empêcher les « mauvaises herbes » de pousser. Sans mauvaises herbes, pas besoin de désherbant ni de labour… Cette paille provient en fait de miscanthus, une variété cultivée dans la Seurre sans engrais ni désherbant. L’idée est que ce monticule de paille au pied de chaque cep empêche la pousse de toute herbe concurrentielle à la vigne qui nécessite habituellement un travail mécanique.

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Dans cette même optique d’empêcher le développement de toute herbe concurrentielle à la vigne, outre ce paillage de miscanthus, un BRF ( Bois Raméal Fragmenté) a également été épandu aux pieds d’une autre partie de cette parcelle, afin d’établir une comparaison. Comme la paille, ce BRF doit se décomposer en 3 à 5 ans et favoriser la vie microbienne du sol pour permettre sa décomposition. L’objectif étant toujours de permettre au sol de subvenir à ses propres besoins sans intervention humaine. Les passages en tracteurs dans la vigne seraient alors réduits à leur strict minimum : rognage et traitements.

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Ce paillage nécessite cependant de préserver la bande enherbée de légumineuse dans le rang de vignes. Il faut donc veiller à ce que la paille ou le BRF ne recouvre pas le milieu du rang mais soit bien localisé le long des pieds pour permettre à cet enherbement d’apporter ses bienfaits à la vie du sol. A l’avenir il conviendra de noter les effets du paillage et du BRF, de les comparer avec les témoins (des pieds de vignes laissés sans couvert végétal au sein du clos) pour voir quels sont les effets de ces pratique sur la vigne : leur résistance aux maladies, leur précocité, leur vigeur etc… Autant de paramètres à étudier de manière précises et grandeur nature dans ce clos.

Le domaine est actuellement à la recherche d’un stagiaire pour s’occuper de ce travail de collecte, de comparaison et d’étude de ces essais en situation. Pour plus d’informations n’hésitez pas à contacter le domaine.

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Contacter le Domaine de la Pousse d’Or : 

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Plus d’infos sur leur site web

Contact : Domaine de la Pousse d’or -Rue de la Chapelle, 21190 Volnay – Cote D’Or – France
Tel. : +33(0)3 80 21 61 33

Email : patrick@lapoussedor.fr

 

 

 

Lire aussi : 

Le premier vin de Bordeaux issu de cépages résistant