20 déjeuners autour du vin : rencontres viticoles et gustatives en Bourgogne

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sebastien chambru vin bourgogne

Objet livresque non identifié, « 20 déjeuners autour du vin » n’est pas uniquement un livre de recettes, mais pas non plus une galerie de portraits. C’est une promenade gourmande. Un fil tendu entre la cuisine et la cave où Sébastien Chambru répond en cuisine aux confidences de vignerons bourguignons. Une balade appétissante et poétique grâce aux magnifiques photos de Matthieu Cellard.

Sébastien Chambru, à l’origine du projet, est un cuisinier. Un chef même, formé chez Paul Bocuse. Et meilleur ouvrier de France de surcroît. En 2013, il est revenu sur ses terres natales près de Fuissé et a ouvert son premier restaurant « L’Ô des vignes ». Le choix de ce nom déjà annonçait la couleur.

« Combien de fois, autour d’un diner, j’ai parcouru avec mes compagnons de gueule, les routes du Mâconnais, de la Côte chalonnaise, les chemins de Nuits, de Beaune, … (…) Tant de fois, qu’un jour, l’idée de faire grandeur nature ce tour de la Bourgogne, de partir de L’O des vignes et d’aller sonner à leurs portes s’est imposée comme une évidence : j’irai diner chez mes vignerons fétiches, ceux qui depuis des années me confient leurs vins comme on envoie ses enfants se confronter au monde. Ils serviraient les plats familiaux, ceux qu’ils aiment marier avec les vins de leurs domaines. Nous allions vivre de beaux moments… » Voilà comme Sébastien Chambru explique son idée.

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Ce livre est donc composé en vingt rencontres, chez vingt vignerons, depuis le Domaine Robert Denogent dans le Maconnais jusqu’au domaine Sylvain Pataille à Marsannay. L’idée originale de ce cuisinier : à l’issu de chaque rencontre, de chaque déjeuner, il a créé comme une « dédicace » une recette inédite réalisée avec les mêmes ingrédients que ceux du plat familial « comme un trait d’union entre la cuisine familiale et la cuisine des chefs, poignée de main entre le vigneron et le cuisinier ».

On peut piocher dans ce livre de rencontres des recettes du chef, mais aussi celles proposées par les vignerons. On peut découvrir le travail de ces vingt artisans vignerons dans des portraits sensibles et attachants, riches d’anecdotes qui donnent à voir le métier différemment.

Les vingt domaines à l’honneur sont : domaine Robert Denogent, domaine de la Sarazinière, domaine Nicolas Maillet, domaine Guillemot Michel, domaine Guillot Broux, domaine Stéphane Aladame, domaine François Lumpp, domaine de la Framboisière, domaine Paul et Marie Jacqueson, domaine de Villaine, domaine Arnaud Ente, château de Monthelie, maison Sarnin Berrux, maison Philippe Pacalet, domaine Emmanuel Giboulot, domaine Danièle Bonnardot, domaine de Bellène, domaine Cécile Tremblay, domaine Anne Gros, domaine Sylvain Pataille.

Une part très importante de cet ouvrage est faite à l’illustration et les photos de Matthieu Cellard achèvent de régaler cette lecture. Des mosaïques de détails. Des portraits jamais posés. On passe de la contemplation admirative d’un paysage ou d’un plat à une scène spontanée de dégustation ou de préparation culinaire. Il y a du travail et il y a de la vie qui passent. On touche au plus près les sensations. A la fin de chaque chapitre, on a l’impression d’avoir soi même rencontré le vigneron.

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Infos 

20 déjeuners autour du vin – Bamboo éditions – 40€ – parution le 2 novembre 2016

Disponible déjà à l‘Athenaeum à Beaune ici

Restaurant L’O des vignes, Rue du Bourg,71960 FUISSÉ – Tel. 03 85 38 33 40 – chambru@me.com

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Vendanges 2016 en Côte de Beaune : un millésime prometteur mais trop rare

En Bourgogne, les vendanges battent leur plein sur la Côte de Beaune, la plupart des vignerons entre Santenay et Ladoix ayant déjà commencé la récolte de rares mais très beaux raisins. Le fort coup de gel du 28 avril a détruit une grande partie de la récolte. Les raisins qui avaient survécu ont subi une très violente attaque de maladie, le mildiou, qui a également impacté la quantité de raisin. A l’heure du bilan, les vignerons sont résignés face à une récolte très faible voire catastrophique pour certains. Un constat d’autant plus amer que malgré le gel et les maladies, les raisins récoltés sont très sains et ont un fort potentiel qualitatif. Choses entendues, de Chassagne à Savigny, chez quelques vignerons en cours de vendanges…

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  • Chez David Croix à Beaune (Domaine des Croix)

« Je m’attendais à ce qu’il n’y ait pas beaucoup de raisin… et cela se confirme malheureusement! Les conditions climatiques de cet été nous ont fait beaucoup de bien sur l’état sanitaire, c’est sur. Je suis assez surpris de l’état sanitaire dans l’ensemble d’ailleurs. Les raisins sont superbes cela me rappelle ce que l’on a pu voir en 2015, 2009, il y de superbes raisins. Le problème c’est qu’il n’y en a pas, c’est dommage. Surtout sur Beaune ou Corton. Je compte 3 hL/ha dans les vignes les plus gelées et jusqu’à 10hL/ha. On s’y attendait, on avait fait des comptages de raisins et on savait qu’on aurait des rendements très bas. J’ai entendu dire ici ou là qu’il y avait eu des bonnes surprises mais il n’y en a pas eu chez nous ! »

« Les peaux des raisins sont assez épaisses. Les degrés ne crèvent pas les plafonds mais il y a de jolis équilibres. Les raisins sont sains. J’attends de goûter les jus pour juger mais pour l’instant ceux que j’ai goûté sont purs et droits. Je suis juste déçu de la quantité. Tout le reste est bien. On n’est pas fatigué vu qu’il n’y a pas de raisin à rentrer, on essaye de positiver mais il n’y a pas de récolte au final. J’ai même pas regardé les chiffres, je n’ai pas envie de les voir mais en gros je vais faire une quinzaine de pièces (*tonneau bourguignon de 228 litres) pour une surface de 6,5ha. Normalement, avec une belle année ont peut en faire entre 90 et 100. »
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« Je suis très content de ce que je vois sur la table de tri, les raisins sont beaux, on a envie de les manger, ils sont sains. Mais il n’y en a pas, donc c’est quand même la déception qui l’emporte au final, et pas qu’un peu ! On a pas utilisé beaucoup de matériel, on fait des petites journées, on y passe beaucoup moins de temps mais c’est un peu déprimant, on a envie de passer à autre chose. Heureusement que les raisins que l’on rentre sont beaux, si on avait du trier à cause d’attaques de botrytis par exemple, là ça aurait été le calvaire jusqu’au bout… »

  • Chez François de Nicolae à Savigny les Beaune (Domaine Chandon de Briailles)

Chez François, une large partie du domaine a été frappée par le gel : « Sur ces vignes là on n’a pas du tout de rendement, on est entre 5 et 8 hL/ha. On va les vendanger entre nous en petite équipe, histoire de faire quelques pièces de vins quand même … J’ai même l’intention à priori de tout assembler. Ce n’est pas la peine de faire une pièce de chaque parcelle de Savigny, je ne vais pas faire des micro vinifications. Ce que l’on va faire c’est que l’on va assembler tous les Savigny village pour n’en faire qu’une seule cuvée à priori. C’est quand même une année très particulière, j’espère qu’on n’en aura pas d’autres comme ça ! »

« Dans les parcelles qui avaient gelé, sur le peu de raisin qu’il restait a en grande partie disparu à cause de la très forte attaque de mildiou.  Cette attaque a été plus prononcée sur les vignes qui avaient gelé parce qu’elles étaient fragilisées. On est en biodynamie donc pour contrer une telle attaque de mildiou sur raisin c’était très compliqué. Globalement on a assez bien réussi on a pas trop perdu de ce côté là. »

« Nous sommes relativement chanceux parce qu’au domaine on a une petite partie de nos vignes sur Corton. La colline de Corton a très peu voire pas du tout gelé. Là on a une récolte à peu près normale et là on est sur une année très qualitative parce que nous avons eu un très bel été, suffisamment chaud, presque trop sec même. Au final on a des raisins qui sont bien mûrs, super équilibrés, avec des jolis tanins bien mûrs, donc on s’attend à faire de très beaux vins de ce côté là. »

« Pour le gel il n’y a rien à faire, biodynamie ou pas … Mais pour ce qui est de la maturité du raisin, même si on n’a jamais de gros rendements (environ 25 hL/ha), on a obtenu de meilleures maturités que les copains ! On constate des écarts de plus de deux degrés ce qui est quand même important. Je crois que grâce à la biodynamie le cycle de végétation de la vigne se déroule beaucoup mieux et la règle des cents jours après la fleur se vérifie. »

  • Chez Nicolas Mestre à Meursault (Domaine Michelot)

« La veille des vendanges on était pas sereins du tout. On a commencé par les vignes les plus touchées par le gel pour voir la qualité des raisins, voir les degrés d’alcool potentiel. Sur ces vignes là (Bourgogne et Meursault villages de bas de coteaux) on a fait des rendements entre 15 et 20 hl/ha. Pour le reste, les Meursault au dessus du coteau (les Narvaux) donnent à peu près de bons rendements. Les Meursault premier crus aussi donnent de bons rendements avec une qualité  satisfaisante avec des raisins beaux et sains. On a des degrés d’environ 11,5 – 11,7 pour les Bourgogne, 11,5 – 12 pour les Meursault village, 12,5 pour les permier crus et on arrive même à 12,7 pour les Meursault premier crus Genevrières qu’on a vendangé hier. »

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« Ca a mal commencé, mais on a quand même plus le sourire qu’en début de vendanges ! On s’attendait à avoir des pH un peu élevés à cause du mois d’août très sec, mais au final on a des pH compris entre 3,15 et 3,20 ce qui est tout à fait correct. Nous on cherche a faire des vins plutôt sur la fraicheur, donc il nous faut des pH assez bas et une bonne acidité. On a vraiment eu peur avec la sécheresse de cet été, on a quasiment eu un mois et demi sans précipitations, il y avait vraiment un manque d’eau. Le raisin commençait à flétrir, les feuilles commençaient à jaunir voire à tomber. La pluie du week end dernier à vraiment fait du bien. Les baies se sont gorgées un peu d’eau, la vigne a respiré et nous aussi ! »

  • Frédéric Lafarge à Volnay (Domaine Lafarge)

« Sur les vignes qui n’ont pas gelées on a de très jolis rendements qui correspondent au rendements habituels, entre 37 et 38 hl/ha pour des premiers crus. Donc c’est une belle récolte avec un maximum de qualité. Sur les vignes gelées, on a une récolte très faible mais la vigne a très bien repoussé. On a fait fait beaucoup de valériane au moment du gel (il y en a eu quatre en quelques jours) et on constate qu’il y a quand même une petite récolte avec des raisins très murs et une maturité très homogène. »

« La biodynamie a beaucoup apporté à la vigne. Elle bénéficie d’une meilleure résistance et d’une meilleure capacité de repousse. Elle a mieux su gérer le stress induit par le gel qui a été très violent pour la plante. Surtout pour des vignes comme les nôtres qui avaient grêlé trois années consécutives récemment (2012,2013 et 2014). Malgré tout, les vignes sont bien reparties ce qui laisse augurer de bonnes perspectives pour 2017 en croisant les doigts ! »

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« On est sur un grand millésime, mais un millésime de vigneron, où on est récompensé de l’implication du travail de tout le monde dans les vignes parce que c’était vraiment très compliqué à gérer dans les vignes entre le gel et le mildiou. La dégustation des raisins est top. Ensuite les rapports sucres/acides, le faible taux d’acide malique, il y a tout ! Il y a un très bel équilibre, vraiment remarquable. Quand on goûte les jus, il y a une pureté du fruit avec une belle tension minérale. Déjà dans les jus on sent de manière très pure la finesse de chaque terroir cette année ».

  • Chez Armand Heitz à Chassagne Montrachet (Domaine Heitz-Lochardet)

« Sur certaines parcelles on s’attendait même à ne pas vendanger du tout  ! Avant que les vignes ne gèlent, il y avait un fort potentiel de récolte mais au final on arrive a trouver quelques hectolitres par parcelle grâce à une bonne pratique viticole, au printemps humide et au bel été. On obtient 7 à 10 hl/ha pour les parcelles les plus touchées et on arrive à des rendements autour de 20 hl/ha pour les vignes moins touchées. Les vignes qui n’avaient pas gelé ont des rendements normaux. »

« Il est encore un peut tôt pour parler de la qualité, chaque vigneron a sa propre définition de la qualité. Les résultats des premières analyses montrent des équilibres acides maliques et acides tartriques assez similaires à ceux de l’année dernière ce qui est assez étrange vu qu’on n’a pas eu le même profil de millésime mais c’est très prometteur. On a une richesse en sucres un peu moins importante que l’année dernière (normal, le début de saison a été moins ensoleillé) mais rien d’alarmant. On aura quand même certainement un millésime très qualitatif. »

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« Au domaine, on sauve les meubles. On s’attendait même à avoir une année plus difficile. J’ai vraiment dû naitre sous une bonne étoile comme l’avait écrit Laurent Gotti (*journaliste All About Burgundy, cf article icipuisque même sur mes parcelles gelées, il y a eu des zones protégées et épargnées et qui ont donc donné un peu de raisin. Ce n’est pas le cas de tout le monde malheureusement »

 

Pour aller plus loin : 

Revoir le reportage sur les conséquences du gel en Bourgogne ici

Voir ce reportage sur le millésime 2014 en Bourgogne ici

Vinocamp, Facebook, les vins de Savoie se mettent à l’heure des réseaux sociaux

Effervescence sur les réseaux sociaux du vin ce week end, c’est le Vinocamp en Savoie. Ce que le web compte de vignerons, twittos et  blogueurs vins s’est donné rendez vous à la Maison de la Vigne et du Vin d’Apremont pour se rencontrer et échanger. Un vrai coup de projecteur pour une appellation peu médiatisée, qui vient de lancer cette semaine sa page Facebook. 

Organisé par Anne Victoire Monrozier (Miss Vicky Wine) et Grégoire Japiot, c’est la huitième fois qu’un vinocamp se réunit. Manifestation itinérante et gratuite destinée à faire se rencontrer les acteurs du monde du web et ceux du vin, ils ont décidé de poser leurs smartphone en Savoie ce week end. Rencontre avec l’un des blogueurs du vin savoyard les plus actifs, Franck Merloz.

Au Vinocamp, on trouve « une multitude d’acteurs du monde du vin et du web. Des blogueurs, des  agences de communications, des vignerons connectés qui viennent de toute la France (Champagne, Languedoc, …). On va échanger mais aussi essayer de leur faire découvrir les vins de Savoie et aller un peu dans le vignoble. L’idée c’est de partager un bon moment de convivialité tout ce week end, tous ensemble ».

« La particularité de ce vinocamp Savoie, c’est que des vignerons savoyards vont participer pour la première fois à un vinocamp. Ils vont pouvoir voir ce qu’il se fait sur les réseaux sociaux. En échange ils vont nous apprendre comment eux ils communiquent, ce qu’ils ont mis en place sur leurs sites internets, ce qu’ils font sur Twitter, Facbook et qu’on ne voit peut être pas. »

« La Savoie est une région viticole peu connue et qui a beaucoup évolué qualitativement ces 10 dernières années. Nous, les Savoyards, notre objectif, c’est de faire découvrir que les vins de Savoie ne sont pas que des vins de fondue. Il y a de vrais vins de gastronomie produits ici, et ils sont d’ailleurs sur beaucoup de tables étoilées. Ces vins sont très diversifiés et le monde du web doit apprendre à les connaître aussi. »

« Les vignerons savoyards s’intéressent au réseaux sociaux ou plutôt ils se posent des questions d’ailleurs ils sont nombreux vignerons à s’être inscrit au Vinocamp. Il vont pouvoir échanger avec des vrais « vignerons connectés ». Il y a très peu de « vignerons connectés » en Savoie : il n’y a aucun blogueur-vigneron, il y a un vigneron un peu actif sur Facebook, il s’agit de Michel Grisard mais les autres sont très peu actifs. Ca bouge tout doucement, le vinocamp c’est aussi une étape. Tout le monde a intérêt, entre autres le syndicat, à plus communiquer sur les réseaux sociaux pour avoir une plus grande visibilité. »

Ce Vinocamp est donc « une étape » tout comme le choix de l’interprofession des vins de Savoie d’apparaître sur Facebook. Une page officielle a été lancée cette semaine, preuve qu’une véritable démarche pour connecter cette appellation au reste du web vineux est enclenchée.

Pour suivre le Vinocamp en direct : 

Suivez tous les débats et les découvertes des vinocampeurs sur Twitter avec le hashtag #vinocamp ou rendez vous sur la page Facebook du Vinocamp 

(Pour illustrer cet article, j’ai utilisé des photos prises ces dernières heures par des vinocampeurs sur Instagram @vincentpétré @vickywine @vincoamp)

Rencontre avec Pascal Jolivet, viticulteur à Sancerre et Pouilly Fumé

Pascal Jolivet est vigneron et négociant à Sancerre et Pouilly Fumé. Il produit 900 000 bouteilles dont environ 50 % sont issues de son vignoble. Il dispose de 42 hectares de vignes. 

Après des études de commerce et de marketing, il commence sa carrière chez Pommery, où il assure la distribution des champagne. En 1982, il reprend une petite société de négoce à Pouilly sur Loire. En 1987, il dépose la marque « Pascal Jolivet ». En 1992, il rachète 8ha de vignes à ses cousins.

« J’ai commencé ma carrière dans le champagne. Cela m’a beaucoup inspiré : le champagne, c’est l’univers du luxe, de la marque, et du style. Chaque maison, chaque grande marque sa son propre style. Je me suis dis qu’il fallait que je crée un vin avec un style, qu’il fallait que je crée ma propre niche. L’univers du champagne m’a inspiré pour trouver un style.  »

« Mon idée a été de marier les 3 types de sols (calcaire, silex et argile) comme les champenois assemblent leurs 3 cépages (pinot noir, pinot meunier et chardonay). Je me suis dit que le mariage des 3 allait créer une vraie harmonie, un vrai style, sachant que chaque type de vin apporte un caractère différent au vin. C’est sur cette idée là que je suis parti. »

 » Le sauvignon est un cépage extrêmement aromatique, mais je n’aime pas ce coté vulgaire du sauvignon. Ce côté qu’on appelle vulgairement « pipi de chat » comme on décrit souvent le sauvignon. En ayant une approche plus naturelle, on arrive à faire des vins avec plus de finesse, plus d’élégance, des arômes beaucoup plus retenus, moins exubérants. »

« Je me suis dit qu’une des manières de faire un vin qui ait de la personnalité, du style, c’était de partir d’une base d’un produit naturel. Je me suis aperçu qu’en faisant des fermentations naturelles, des élevages plus longs, des fermentations sans soufre en levures indigènes avec des jus non clarifiés on arrivait à un vrai style autour du fruit. »

Pour en savoir plus sur Pascal Jolivet

Ivresse littéraire : les Journées du Livre et du Vin

Chaque année à Saumur se tiennent les journées nationales du livre et du vin. Un joyeux rendez vous organisé par la maison Bouvet-Ladubay. Moitié salon du livre, moitié fête  autour des vins de Loire, avec pour fil conducteur la passerelle entre le vin et les arts.

Créées en 1996 en hommage à l’acteur Jean Carmet, les journées du Livre et du vin ont pour but de faire se rencontrer amoureux de la littérature et du vin, deux éléments emblématiques de la culture française. La maison Bouvet Ladubay ouvre ses portes aux vignerons, écrivains, œnologues, éditeurs, amoureux de la littérature et curieux du vin chaque année pour un week end de fête.

Les journées du livre et du vin, ce sont d’abord des auteurs. Des romanciers, des auteurs de bande dessinées ou de polars. Cette année on pouvait notamment rencontrer David Foenkinos (La Délicatesse), Florian Zeller (La Jouissance), Yann Queffélec, prix Goncourt de littérature, …. . Diversement connaisseurs en matière de vin, tous reconnaissent un lien entre leur art et celui des vignerons.

« Faire du vin, c’est un art » pour David Foenkinos. « Il y a une remise en question à chaque millésime comme pour chaque nouveau livre, même si le précédent a été très réussi. Il y a un coté artistique dans la création du vin. »

« Qu’on lise Beaudelaire, Rabelais, Camus, …. il suffit de les lire pour se rendre compte qu’il y a une passerelle entre les mondes du livre et du vin » explique Yann Queffélec. « De la même manière que le livre, le vin tisse notre relation aux autres et à nous mêmes. Il n’y a pas de doute qu’il y a des accords secrets mais nécessaires entre le vin et le livre et c’est cela qui fait qu’on aime la vie! »

Ces écrivains classiques côtoient des auteurs de livres consacrés au vin. Frédéric Couderc (Et ils boiront leurs larmes) et Benoist Simmat,  (Robert Parker, les 7 péchés capiteux) notamment étaient venus répondre aux questions souvent inatendues des promeneurs. « Ca change des salons monomaniaques où on ne parle que de vin ou que de bande dessinées. Là il y a un mélange entre les auteurs, ce qui rend les choses un peu différentes. D’ailleurs les gens nous posent des questions différentes. Il y a aussi beaucoup plus de jeunes » raconte Benoist Simmat.

Autour de concerts, de tables rondes, d’expositions de photos, les journées du livre et du vin mettent en avant le lien entre la création artistique dans son ensemble et la dégustation. La dégustation des 17 Prix d’excellences de la Loire menée par Jacques Puisais, ex-président mondial des œnologues a donné lieu à un moment unique. Le pianiste Yves Henry a traduit en direct en musique les émotions suscitées par la dégustation.

« Le vin est une source poly-sensorielle d’émotions pour nous. On peut le traduire par des mots, mais l’artiste lui a la capacité de le traduire par son talent. C’est assez impressionnant mais c’est d’une justesse émouvantes. Ce sont des instants privilégiés mais surtout des instants de partage  » raconte Jacques Puisais, qui compte bien renouveler l’expérience l’année prochaine.

Lire également mon reportage réalisé lors des Journées du Livre et du vin 2010 !

Et en bonus, cette interview de Thomas Dutronc, un habitué des Journées du Livre et du Vin, qui était présent cette année et que j’espère bien interviewer lors de la prochaine édition !

Grands Jours de Bourgogne version off : les Tontons Trinqueurs

Vinexpo, Vinisud, comme pour toutes les grandes manifestation viticoles, les Grands Jours de Bourgogne ont aussi leur événements « off ». Ce sont des dégustation non officielle organisées par des groupes de vignerons, liés par l’amitié et une même conception de leur métier.

Les Tontons Trinqueurs ont donc organisé leur dégustation « off » mercredi dernier, en pleine semaine des Grands Jours de Bourgogne. Une dégustation moins formelle, mais surtout ouverte à des vignerons venus de toutes les régions viticoles. « C’est un petit passage plus convivial sur un domaine, on ne fait pas ça du tout pour concurrencer l’organisation très bien faite du BIVB » explique Claude Muzart, organisateur et hôte de la dégustation des « Tontons Trinqueurs ».

« On est pas derrière notre petit stand, ce qui nous unit, c’est une même passion pour le métier, une même conception du vin. Alors que dans les dégustations plus académiques, on est village par village, on est cantonné dans nos villages. Là , on a ouvert à toute la Bourgogne, et à tous nos potes vignerons d’ailleurs. » explique François Chavériat, du domaine Chantal Lescure (Nuits Saint Georges).

« Le maitre-mot, c’est quand meme le terroir et son identité. Les vignerons qui sont ici ne veulent pas signer leur vin de leur nom, ils veulent le signer de leurs terroirs et de leurs millésimes. » poursuit il. Les 30 vignerons des Tontons Trinqueurs se sont choisis eux même. Ils se sont rencontrés au hasard des salons, au fil des années. Et ils ont choisi de se promouvoir les uns les autres.

« Ici on oublie un peu les notions d’appelations, on cherche à goûter de beaux vins, avant tout ! On peut avoir de toutes petites bouteilles dans de grandes appelations et de très grandes bouteilles dans des appelations génériques » s’amuse Vincent Ricard, vigneron tourangeau, ravi que de faire parti de cette dégustation. « C’est un honneur pour moi d’être ici! », un honneur, et une chance supplémentaire de faire découvrir ses vins à un public de professionnels venus pour Les Grands Jours de Bourgogne.

Que seraient les Tontons Trinqueurs sans un alambic ? Bien évidemment inspirés des « Tontons Flingueurs » et de la légendaire scène de dégustation d’eau de vie, les Tontons Trinqueurs ont donc fait venir un alambic jusqu’au domaine Muzart de Santenay. Un repas convivial cuit à l’alambic a fini de rendre cette dégustation « off » particulièrement sympathique.

Les Tontons Trinqueurs, qu’est ce que c’est ?

Ce sont 30 domaines viticoles, ou plutôt 30 copains vignerons, qui se sont connus au fil des salons, d’échanges autour de leurs vins. Issus de 10 régions différentes, avec des exploitation de notoriété différentes, ils ont décidé de développer des synergies entre leurs domaines. Mettre en commun leurs idées et leurs réseau de contact pour se faire connaître est une de ces synergies. Ils revendiquent malgré tout une philosophie commune : « maintenir, partager et transmettre un savoir faire viticole ».

Grands Jours de Bourgogne : Vosne au Clos Vougeot

Pendant une semaine, la Bourgogne accueille les journalistes, dégustateurs, importateurs du monde entier. Objectif : présenter les vins des cinq côtes bourguignonnes au cœur même des villages et permettre ainsi non seulement de les déguster mais surtout d’appréhender leur diversité. 

Rencontre avec Pascal Lachaux (Domaine Arnoux-Lachaux) et Thibault Liger-Belair (Domaine Thibault Liger-Belair) au Clos Vougeot, lors de la présentation de Vosne Millésime . 

Pour tout savoir sur les Grands Jours de Bourgogne ….

Lire aussi : Le bilan de l’année 2011 des ventes de Bourgogne par Bourgogne Live