« Le jour où il n’y aura plus de vin » de Laure Gasparotto et Lilian Bérillon

 

« Le jour où il n’y aura plus de vin » est un livre écrit à quatre mains par Laure Gasparotto, journaliste spécialisée dans le vin et néo-vigneronne dans le Sud, et Lilian Bérillon, pépiniériste, fils et petit fils de pépiniériste à Jonquières (84). Mi récit mi essai, ce livre lance un cri d’alerte sur la qualité du matériel végétal qui conditionne la santé de la vigne et la qualité des vins.

Course aux rendements des pépiniéristes, standardisation et perte de savoirs-faire des viticulteurs seraient à l’origine d’une disparition de variété des spécimens et d’une accélération du dépérissement du vignoble mondial. Et qui dit vignobles médiocres dit évidemment vin de piètre qualité. A terme, c’est moins le jour où il n’y aura plus de vin que le jour où il n’y aura plus de « bon » vin qu’ils craignent.  Ils entendent donc « défendre la diversité, seule solution pour garantir la pérennité de tout végétal, ainsi que le retour de gestes oubliés qui garantissent plus de précision ».

Lilian Bérillon part du constat qu' »avant un vigneron plantait pour lui, ses enfants, ses petits enfants, voire davantage » mais que désormais le rapport au temps a changé et qu’il plante pour lui même. Alors qu’une vigne avait une espérance de vie pouvant atteindre 80 à 100 ans autrefois, maintenant elle ne vit parfois que 25 à 30 ans.

Selon lui ce problème à différentes causes :

  • Un temps de repos insuffisant entre l’arrachage d’une vigne et la replantation. Selon lui ce temps devrait être de 5 à 7 ans. Ce temps de jachère qui représente un manque à gagner certain (plusieurs années sans récolte) pour les vignerons mais qui était respecté autrefois car « les anciens acceptaient moins de confort que nous n’en exigeons désormais » permettraient auraient des effets certains sur la vigueur de la plante et sa bonne santé donc sa condition à vieillir.
  • La qualité du matériel végétal fournie par les pépiniéristes : « à force de reproduire vite, de cloner sans fin, la qualité des plants est gravement compromise ». Ancien courtier dans le secteur, avant d’avoir lui même créé une pépinière plus « vertueuse », Lilian Bérillon dénonce aussi avec cynisme ses anciens confrères expliquant que « la mortalité crée de l’activité pour la filière ».
  • Les maladies qui causent un dépérissement précoce des vignes. Il estime que 11% des ceps sont improductifs à cause des maladies du bois par exemple. Ce dépérissement aurait pour conséquence une baisse de 4,6 hectolitres par hectare (pour les AOP en 2014). Là encore de mauvaises pratiques viticoles seraient en cause, notamment la taille.

« Les causes climatiques ou biologiques ne sont pas nouvelles : le vigneron a toujours du s’adapter aux mauvaises surprises qui se présentent à lui. La menace actuelle résiste moins dans le dérèglement climatique que dans la perte de gestes ancestraux qui lui ont toujours permis cette adaptation. » Autrefois les vignerons greffaient eux mêmes. Cette pratique était enseignée dans les lycées viticoles. Les pépiniéristes fournissaient uniquement les portes-greffes, les vignerons sélectionnaient des greffons dans leurs vignes (la sélection massale) qu’ils greffaient ensuite eux mêmes.

Le problème fondamental serait donc celui de la « déresponsabilisation » du vigneron qui fait appel à des consultants et délègue la prise de décision, aussi bien à la vigne qu’en cave. « L’idéal, ce sont vraiment les démarches privées de vignerons qui cherchent à entretenir leur vignoble. C’est la seule manière de préserver la diversité, et plus intéressant que de planter des clones dont la mortalité est quasiment autoprogrammée ».

Pour remédier à ce dépérissement précoce, Lilian Bérillon encourage les vignerons à planter des « racinés ». Cette technique représente 20% de ses livraisons aux vignerons. « Avec le raciné, le plant de vigne développe son propre système racinaire dans le lieu où il vivra. Une fois que celui ci est en place, soit au moins trois ans après l’avoir planté, le temps que ses racines poussent un peu, on greffe la variété souhaitée. » Au lieu de planter un greffé-soudé, on plante d’abord ce qui fait office de porte greffe et ensuite seulement on greffe. Ce système permettrait de mieux enraciner le plant et donc de limiter le taux de mortalité. Il affirme même que 10 à 15% des plants greffés soudés développeraient des maladies contre un nombre « anecdotique » pour des racinés. Concernant le type de greffe, là aussi Lilian Bérillon déconseille également fortement la greffe dite « oméga » qui ne respecterait pas les flux de sève et serait donc contraire à un bon développement du plant.

Voici la chronologie qu’il explique mettre en place dans sa pépinière :

  • un vieux cep qui constitue « le patrimoine viticole » est repéré avant les vendanges dans un domaine
  • pendant deux à trois ans, il est observé puis contrôlé par des tests sanitaires pour voir s’il est indemne de maladie et de virose
  • des sarments sont prélevés qui permettent de récupérer une bouture : le « greffon » qui est préparé pendant l’hiver
  • en mars le greffon est greffé au porte greffe de 30cm environ
  • les plants sont mis en terre en mai, là le « porte greffe va libérer des racines, le greffon de la végétation »
  • aux premières gelées, les plants sont arrachés
  • la livraison aux vignerons se fait à partir de janvier

« Le seul rempart aux maladies et au réchauffement climatique, c’est définitivement la biodiversité ». Contre le réchauffement climatique, une des solutions serait de réfléchir aux cépages selon lui. « Il faut faire monter des cépages du sud vers le nord, pas l’inverse. La syrah provient du nord du Rhône, pas du Languedoc, d’où son espérance de vie courte dans cette région ». Mais concernant les cépages résistants, créés par croisement de variétés pour résister aux maladies cryptogamiques et ainsi limiter les traitement chimiques (voir notamment mon article à ce sujet ici) il dénonce « la perte de diversité puisque chaque nouvelle variété se limitera à un seul individu. La plus grande part de la viticulture cautionne ces nouveaux cépages, comme elle avait cautionné la sélection clonale ».

Mon avis sur ce livre (qui n’engage donc que moi)

Le sujet est effectivement brûlant et essentiel et mérite d’être porté sur le devant de la scène.Le constat de départ n’est pas une découverte. Les greffes repiquées ou dans des plantes meurent en trop grand nombre tous les ans et les maladies du bois progressent. Il existe d’ailleurs un plan national de lutte contre le dépérissement de la vigne (dont parle également ce livre). À la fin du livre, un lexique et un calendrier du pépiniériste sont éclairants et pratiques à consulter.

Mais au fil de ces quelques 130 pages, Lilian Bérillon se compare à un « Noé de la vigne » (sic) sauveur du vignoble grâce à son arche-pépinière. On le suit lors de ses rencontres avec des vignerons toujours très prestigieux. Les prises de conscience emphatiques sont à mon sens plus détaillées que les pistes pour faire face aux problèmes. Et cette phrase glissée l’air de rien : « J’aimerais tellement que les vignerons comprennent mon message. Que la presse l’explique, que les consultants me fassent intervenir. » Un mélange des genres sur fond de panégyrique qui m’a laissée un peu perplexe. Si le sujet vous intéresse, faites comme moi, lisez le et faites vous votre avis ! Et n’hésitez pas à me le donner …

« Le jour où il n’y aura plus de vin » par Laure Gasparotto et Lilian Bérillon, Grasset, 152p, 17 euros 

Pour aller plus loin : cet entretien de la Revue du Vin de France et cette interview de Laure Gasparotto chez Frédéric Taddeï sur Europe 1 

*Les photos qui illustrent cet article sont des photos d’archives personnelles 

 

 

Publicités

Côte de Beaune : la reine des neiges

Le 1er mars, la Côte d’Or s’est éveillée sous un inhabituel manteau de neige. L’occasion de capturer quelques paysages aussi magnifiques qu’éphémères. Pendant que les vins sommeillent encore en cave, petite revue de tableaux enneigés saisis entre les vignes de Chassagne-Montrachet et Pommard en passant par Meursault.

      

Le paillage comme alternative au travail du sol, essai en cours au Domaine de la Pousse d’Or en Bourgogne

unnamed

Un curieux manège avait lieu dans le Clos de la Bousse d’Or la semaine dernière, en contrebas de Volnay, le long de la route qui va de Meursault à Pommard, au pays des grands vins de Bourgogne. On y répandait de la paille, au pied des ceps de vigne, une pratique inhabituelle dans cette région plutôt traditionnelle. La paille était  même ramenée en bute de chaque coté des pieds, sur une quinzaine de centimètres, laissant apparaitre un creux au milieu des rangs de vignes.

Derrière ce projet insolite, il y a un homme, Hubert Rossignol et un domaine, le domaine de la Pousse d’Or, un domaine dans sa deuxième année de conversion en viticulture biologique et biodynamique. Rendez vous pris en ce matin glacial de janvier, un de ces jours où il fait trop froid pour tailler, Hubert m’explique sa démarche. Il a un objectif : ne plus travailler le sol. En d’autres termes, ne plus labourer. Labourer, c’est une pratique qui consiste à passer en tracteur ou à cheval avec des outils qui retournent la terre et donc suppriment les « mauvaises herbes » qui poussent et gênent en théorie la culture de la vigne.

unnamed-7

« Obtenir un sol autonome et sans mécanisation » voilà le but d’Hubert Rossignol. On est assez proche des concepts développés par la permaculture, un concept de l’agrologie en vogue depuis de nombreuses années qui consiste à retrouver un équilibre des sols par une pluralité de cultures complémentaires et à minimiser l’action humaine « culturale ». Des préceptes que Hubert a décidé de mettre en oeuvre dans une parcelle du domaine, un clos de de 2,13Ha le Clos de la Bousse d’Or.

Dans un premier temps, il a semé un enherbement dans cette parcelle. Un mélange de plantes légumineuses composé de trèfle nain blanc, de trèfle souterrain et de lotier. Semé après les vendanges 2015, ce petit tapis vert s’est enraciné à la faveur du printemps pluvieux de 2016. Ce type d’enherbement permet de capter l’azote et d’en enrichir le sol, de décompacter le sol grâce à sa multitude de petites racines traçantes, et d’enrichir le taux de matière organique présente dans le sol. Au préalable, une étude de sol sur cette jeune vigne de 7 ans avait été réalisée pour être sûre de son bon état.

unnamed-2unnamed-10

Le risque quand on sème d’autres plantes dans une vigne c’est d’avoir une trop grande concurrence en terme d’azote (que ces plantes aient d’importants besoins en azote dont a également besoin la vigne) ce qui n’est pas le cas avec ces légumineuses qui piègent l’azote et l’intègrent au sol. Autre risque potentiel : que ces plantes créent des foyers d’humidité trop important lorsque la vigne pousse et ne favorise la poussée de maladies cryptogamiques comme le mildiou ou l’oidium (des champignons, qui se développent très favorablement dans des milieux humides et sont très dommageables à la culture de la vigne). Hors ces légumineuses ne montent pas à plus de 15cm et ne nécessitent qu’un passage ou deux de tondeuse pour être maitrisées. Il s’agit donc d’une culture favorable à la vie du sol et facilement maitrisable.

Une fois ce couvert végétal fécond installé, Hubert Rossignol a décidé de pousser ses intuitions un peu plus avant. Tout simplement parce que ces concepts sont largement répandus dans d’autres cultures et qu’il les avait mis en pratique avec succès dans son propre potager, il a décidé de mettre en place un paillage de la vigne. Un paillage, c’est tout simplement couvrir le sol de paille, avec une épaisseur suffisante pour empêcher les « mauvaises herbes » de pousser. Sans mauvaises herbes, pas besoin de désherbant ni de labour… Cette paille provient en fait de miscanthus, une variété cultivée dans la Seurre sans engrais ni désherbant. L’idée est que ce monticule de paille au pied de chaque cep empêche la pousse de toute herbe concurrentielle à la vigne qui nécessite habituellement un travail mécanique.

unnamed-1unnamed-3
unnamed-5

Dans cette même optique d’empêcher le développement de toute herbe concurrentielle à la vigne, outre ce paillage de miscanthus, un BRF ( Bois Raméal Fragmenté) a également été épandu aux pieds d’une autre partie de cette parcelle, afin d’établir une comparaison. Comme la paille, ce BRF doit se décomposer en 3 à 5 ans et favoriser la vie microbienne du sol pour permettre sa décomposition. L’objectif étant toujours de permettre au sol de subvenir à ses propres besoins sans intervention humaine. Les passages en tracteurs dans la vigne seraient alors réduits à leur strict minimum : rognage et traitements.

unnamed-6

Ce paillage nécessite cependant de préserver la bande enherbée de légumineuse dans le rang de vignes. Il faut donc veiller à ce que la paille ou le BRF ne recouvre pas le milieu du rang mais soit bien localisé le long des pieds pour permettre à cet enherbement d’apporter ses bienfaits à la vie du sol. A l’avenir il conviendra de noter les effets du paillage et du BRF, de les comparer avec les témoins (des pieds de vignes laissés sans couvert végétal au sein du clos) pour voir quels sont les effets de ces pratique sur la vigne : leur résistance aux maladies, leur précocité, leur vigeur etc… Autant de paramètres à étudier de manière précises et grandeur nature dans ce clos.

Le domaine est actuellement à la recherche d’un stagiaire pour s’occuper de ce travail de collecte, de comparaison et d’étude de ces essais en situation. Pour plus d’informations n’hésitez pas à contacter le domaine.

unnamed-4unnamed-9

Contacter le Domaine de la Pousse d’Or : 

acces-poussedor

Plus d’infos sur leur site web

Contact : Domaine de la Pousse d’or -Rue de la Chapelle, 21190 Volnay – Cote D’Or – France
Tel. : +33(0)3 80 21 61 33

Email : patrick@lapoussedor.fr

 

 

 

Lire aussi : 

Le premier vin de Bordeaux issu de cépages résistant 

 

La grêle a ravagé les vignes dans le Mâconnais

« C’est du jamais vu », voilà le cri choral du coeur des vignerons du Mâconnais. Des grêlons gros comme des balles de ping pong, pendant trente minutes. Un millésime dévasté alors que les bourgeons venaient tout juste de sortir de leur coton.

Sur les pentes abruptes de Pouilly, 24h après l’orage, on compte les quelques pointes vertes rescapées le long des baguettes nues. Le coeur gros, les vignerons ont du mal à réaliser. « On s’attendait à un bel orage, à de la pluie, mais pas à ça. C’est arrivé de nulle part. » Antoine et Nicolas Robert (domaine Robert Denogent) essayent de garder le sourire, mais sont terriblement démunis face à leurs vignes ravagées. « Il y avait vraiment 10cm de grêlons sur la route. ce matin à 9h j’ai visité une vigne, il y avait encore des grêlons au sol. C’est incroyable. »

Capture d’écran 2016-04-15 à 01.21.41Capture d’écran 2016-04-15 à 01.22.12

Face à la roche de Solutré, une de leurs parcelles de Mâcon, les sols sont travaillés, les baguettes soigneusement attachées, mais les bourgeons sont quasiment tous tombés, et ceux qui restent accrochés commencent déjà à noircir, signe qu’ils ne vont pas résister longtemps. « La grêle a tout arraché, les bourgeons sont tous tombés, il y a très peu de contre bourgeons et c’est comme ça sur tous les pieds. Est ce que cela va repousser? Est ce qu’il y aura des raisins, on ne sait pas comment ça va évoluer, il faut attendre quelques jours. On ne sait surtout pas comment on va tailler l’année prochaine. On a une trentaine de parcelles pour un total de 7,5 hectares et c’est partout le même constat ».

« Depuis mes parents on a toujours été assurés contre la grêle. On espère être indemniser correctement. C’est vital pour au moins pouvoir payer les frais de production. Mais la perte de rentabilité reste énorme. Et puis nous on fait du vin avant tout, et c’est cela qui nous inquiète le plus, on ne sait pas du tout ce que l’on va pouvoir faire cette année. Les experts des assurances vont venir dans les jours qui viennent pour estimer la perte, même si elle est vraiment facile à voir là. C’est arrivé il y a un jour et personne n’en a parlé alors que cela a touché vraiment tout le Mâconnais. C’est une vraie catastrophe pour la plupart des vignerons. » En creux, ils s’inquiètent également de la hausse des prix de vente au négoce, des prix des fermages, des risques de contrefaçons …

« On peut partir en vacances, pas besoin d’ébourgeonner cette année », dans le village, on tente de garder le sourire mais le coeur n’y est pas vraiement. Les Brets Brother (domaine de la Soufrandière), leurs voisins, sont passé dans leurs vignes avec des tisanes et des décoctions cicatrisantes. Mais ils ne savent pas non plus ce que cela va donner. Ils ont fait des rangs témoins, avec et sans traitements, pour voir ce que cela va donner. Pendant que nous discutons, sur une parcelle voisine, une petite équipe d’ouvriers viticoles arrive et passe au bidon à dos une pulvérisation qu’Antoine et Nicolas pensent être du soufre. On sent bien que tous sont démunis face à l’ampleur des dégâts.

Même constat au domaine des Héritiers du Comte Lafon. Dominique Lafon est formel, il n’a jamais vu cela. A cette époque, une telle grêle, c’est inédit. Il espère malgré tout une reprise de la végétation, le développement des contre-bourre qui pourraient donner au mieux de la récolte ou tout au moins produire du bois sur lequel tailler l’année prochaine. Mais encore faut il que le climat soit favorable… Lui aussi attend le passage des experts.

Capture d’écran 2016-04-15 à 01.39.21Domaine Gonon

Du coté de la chambre d’agriculture, on tente de minimiser l’étendue des dégâts en invoquant un épisode grêleux très précoce et en disant qu’il est trop tôt pour se prononcer sur des effets sur le millésime 2016, « on a tendance à dramatiser, mais à ce stade, rien n’est joué pour le millésime » tente de rassurer Didier Sauvage. De leur coté les frères Robert eux n’arrivent pas vraiment à relativiser.

Selon Bourgogne Aujourd’hui, ce sont plus de 2000 hectares de vignes qui seraient touchés : « on peut même estimer que près de 2 500 hectares de vignes ont été plus ou moins touchés sur une distance nord-sud de 7-8 kilomètres entre Prissé au nord et Chânes au sud pour le Mâconnais, voire Juliénas encore plus au sud dans le vignoble du Beaujolais. ». De son coté Vitisphère évoque les villages beaujolais de Juliénas et Saint Amour également touchés. 

Les photos de grêle sont issues des comptes facebook des domaines Gonon  et Vincent Girard 

 

 

 

 

Ma semaine en images ! #1

Chassagne vigne ©Marthe Henry - L'actu du vin

J’instaure une nouvelle rubrique sur ce blog pour ceux qui ne me suivent pas sur Facebook ou Instagram et aussi pour garder une trace des choses que j’apprends au fil de ma formation, des découvertes que je fais et des belles bouteilles qui croisent mon chemin. Au programme cette semaine, des outils, des fléaux, deux belles bouteilles et une fête œnotouristique incontournable …Bêche trous vigne ©Marthe Henry - L'actu du vinOn commence à voir des ébauches de grappes dans les vignes. Il est temps de faire les derniers repiquages : remplacer les pieds morts arrachés pendant l’hiver par des greffes (je reviendrai très prochainement sur ces greffes dans un article consacré à la pépinière Colin à Sainte Marie la Blanche que j’ai eu la chance de visiter). Tous les ans il faut procéder à ces remplacements. Pousse de vigne ©Marthe Henry - L'actu du vinGel vigne ©Marthe Henry - L'actu du vinNoctuelle vigne ©Marthe Henry - L'actu du vinLe week-end de Pâques, la vigne a souffert de quelques gelées matinales. On peut constater dans les vignes que certains bourgeons ou jeunes pousses ont été touchés … Autre fléau pour les jeunes pousses, les « mange-bourgeons », des sortes de chenilles qui comme leur nom l’indiquent, mangent les bourgeons ! Ici une « noctuelle », qui n’est active que la nuit et passe la journée recroquevillée sur elle même.
Plantation sécheresse ©Marthe Henry - L'actu du vin
Fiche cul plantation vigne ©Marthe Henry - L'actu du vin

L’outil de la semaine : le « fiche-cul » (l’outil vert ci dessus) ! J’ignore s’il porte ce nom dans toutes les régions, et j’ignore surtout la provenance de ce nom. Il est néanmoins bien utile pour la plantation des greffes surtout lorsque le terrain est très sec. Il permet de faire un trou suffisamment profond et large pour y déposer la greffe. Il faut ensuite recouvrir les racines de la greffe avec de la terre fine pour éviter tout contact avec l’air. On peut également arroser légèrement les greffes. 

Meursault Charmes 1976 ©Marthe Henry - L'actu du vinVincent Carême Vouvray ©Marthe Henry - L'actu du vin

Deux bouteilles ont marqué ma semaine. Tout d’abord un improbable Meursault Charmes 1976 de mon grand père étonnamment frais et encore très vif alors que 1976 a été une année caniculaire un peu comme 2003 (enfin c’est ce qui se dit, moi je n’étais pas encore née!). Et cette découverte : la cuvée l’Ancestrale du domaine Vincent Carême. Un Vouvray pétillant légèrement acidulé aux arômes de pommes granny parfait pour ouvrir l’appétit ou pour profiter des premières soirées ensoleillées. 
Fête des Crus Beaujolais 2014 ©Marthe Henry - L'actu du vin

Direction le Beaujolais pour un rendez vous annuel incontournable : la Fête des Crus du Beaujolais (souvenez vous je vous en ai déjà parlé l’année dernière et il y a deux ans). Cette année le thème de la fête était la danse et le cru mis à l’honneur Moulin-à-Vent. Accompagnée de Mélanie Tarlant, flanquée de notre guide particulière Miss Vicky Wine, nous avons dégusté d’excellent gamays, flâné dans les vignes et goûté à la gastronomie locale (ci dessous un cochon grillé particulièrement appétissant et la plus grosse poêle d’œuf en meurette que j’ai vue de toute ma vie…). Bonne semaine à vous !
Capture d’écran 2014-04-28 à 23.21.23Fête des Crus Beaujolais 2014 ©Marthe Henry - L'actu du vinMiss Vicky Wine Fête des Crus Beaujolais 2014 ©Marthe Henry - L'actu du vinMélanie Tarlant Miss Vicky Wine Fête des Crus Beaujolais  Fête des Crus Beaujolais 2014 ©Marthe Henry - L'actu du vin Oeuf en meurette Fête des Crus Beaujolais 2014 ©Marthe Henry - L'actu du vin

 

 

 

 

 

 

 

Où boire un verre à Meursault ? Les Terrasses de Citeaux chez Philippe Bouzereau

Terrasses de Citeaux Meursault

Dans la série « Où boire un verre ? », en revenant de Puligny, arrêtons nous à Meursault. Ce village phare de la Côte de Beaune ne dispose pas réellement de bar à vin ou de cave à vin (les cordonniers sont bien les plus mal chaussés) mais il existe quelques caveaux de dégustations de vignerons ouverts toute l’année. Celui de Philippe Bouzereau, les Terrasses de Citeaux, vaut particulièrement le détour. 

La vue est à couper le souffle. A quelques mètres de la place du village, un clos entoure le Château de Citeaux, vieux de plus de 10 siècles. C’est là, face aux vignes, que Philippe Bouzereau propose la découverte des vins du domaine familial. Plusieurs formules dégustations entre 5 et 12 euros s’offrent au visiteur, qui sera guidé par Anaïs Laborde. Mais aux Terrasses de Citeaux, on va au delà de la simple dégustation.

Ce caveau de dégustation décline l’œnoutourisme sous toutes ses forme.  « Nous proposons des pic-niques dégustations autour des vins du domaine » explique Anaïs Laborde. Ces généreux pic-niques individuels sont préparés par le chef étoilé Laurent Peugeot et se dégustent accompagnés d’un choix de vins de Philippe Bouzereau à l’ombre des parasols.

Les vendredis, Anaïs propose également des visites de la vigne, dans le clos du Château. Explications du cycle végétatif de la vigne, de la vinification de vins rouges et des vins blanc, … tout est fait pour initier les visiteurs le plus sympathiquement possible. Le domaine Philippe Bouzereau est un domaine familial qui existe depuis 9 générations et s’étend sur 15 hectares de vignes de Santenay à Corton. L’appellation principale du domaine est évidemment Meursault. La dégustation qui clôt la visite prend ensuite tout son sens.

Aux Terrasses de Citeaux, l’accueil est chaleureux, enthousiaste et complet. Moins bien signalé que d’autres châteaux voisins ayant également misé sur l’ œnotourisme, l’endroit mérite pourtant davantage le détour. « Les clients qui arrivent ici, en règle générale, ils s’installent sur la terrasse, et ils n’arrivent plus à repartir. C’est tellement apaisant. On a vraiment un cadre magnifique ».

Terrasses de Citeaux Meursault
Terrasses de Citeaux Meursault Terrasses de Citeaux Meursault    Terrasses de Citeaux Meursault Terrasses de Citeaux Meursault Terrasses de Citeaux Meursault Terrasses de Citeaux Meursault Terrasses de Citeaux Meursault

Infos Pratiques :

Les Terrasses de Citeaux, 7 place de la République, 21190 Meursault. 03 80 21 20 32 terrasses@chateau-de-citeaux.com

Il est conseillé de réserver à l’avance pour les pic-niques et les visites.

Voir le site internet du domaine ici

Plus de Bonnes Adresses à consulter ici

Fête des vendanges : visite guidée de la vigne de Montmartre

Tandis que les vendanges se terminent un peu partout, Paris fait la fête autour de ses vignes mythiques de Montmartre. La traditionnelle « Fête des vendanges de Montmartre », grande fête bachique parisienne, offre notamment l’occasion de visiter gratuitement les vignes du Clos Montmartre et de participer à de nombreuses activités rabelaisiennes…

Rencontre avec Francis Gourdin, « œnologue urbain ». C’est sa 17e vinification en tant que responsable des vignes  de la Ville de Paris et pour lui c’est vraiment « un très grand honneur de travailler ici et d’essayer d’améliorer la qualité de ces vins ». Outre le Clos Montmartre, il s’occupe également des vignes de Bercy, de Belleville, le Clos des Morillons et la Butte Bergère.

« Il y avait de la vigne à peu près partout avant 1860. Avant le phylloxéra, la production parisienne de vin pouvait atteindre 9 millions de litres ! Les vignes s’étendaient surtout du coté du quartier de la Goutte d’Or, vers le Moulin Rouge, vers la place Blanche, la place Pigalle  … Petit à petit, l’urbanisation, le phylloxéra et l’arrivée du chemin de fer qui a apporté à Paris les vins d’autres vignobles ont eu raison du vignoble francilien.

La parcelle du Clos Montmartre, c’est un peu comme un arboretum, un conservatoire. Il y a même des cépages oubliés, des cépages hybrides de pinot et de gamay qui donnent un vin assez particuliers avec un goût assez sauvage. On essaie de faire un vrai vin rouge avec ce raisin.

Une fête de quartier devenue fête internationale

La Fête des vendanges tourne toujours autour du 9 octobre, de la Saint Denis. C’est vraiment la fête du début de la fermentation du vin, c’est mythique, on fêtait déjà ce phénomène à l’époque dionysiaque. Nous organisons des parades, toute une série de manifestations. C’était une petite fête de quartier il y a encore 10-15 ans, c’est devenu une fête nationale voire internationale. »

Ce qui émeut le plus Francis Gourdin, qui mène lui-même les visites du Clos Montmartre, c’est de voir que chaque année, il y a « des gens qui découvrent qu’il y a une vigne à Montmartre et surtout, qu’on y fait du vin »

Infos Pratiques :

Programme complet de la  Fête des Vendanges 

Ou déguster le vin du Clos Montmartre

Suivez la Fêtes des Vendanges sur Twitter (@FDVMontmartre) et Facebook