Vendanges 2016 en Côte de Beaune : un millésime prometteur mais trop rare

En Bourgogne, les vendanges battent leur plein sur la Côte de Beaune, la plupart des vignerons entre Santenay et Ladoix ayant déjà commencé la récolte de rares mais très beaux raisins. Le fort coup de gel du 28 avril a détruit une grande partie de la récolte. Les raisins qui avaient survécu ont subi une très violente attaque de maladie, le mildiou, qui a également impacté la quantité de raisin. A l’heure du bilan, les vignerons sont résignés face à une récolte très faible voire catastrophique pour certains. Un constat d’autant plus amer que malgré le gel et les maladies, les raisins récoltés sont très sains et ont un fort potentiel qualitatif. Choses entendues, de Chassagne à Savigny, chez quelques vignerons en cours de vendanges…

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  • Chez David Croix à Beaune (Domaine des Croix)

« Je m’attendais à ce qu’il n’y ait pas beaucoup de raisin… et cela se confirme malheureusement! Les conditions climatiques de cet été nous ont fait beaucoup de bien sur l’état sanitaire, c’est sur. Je suis assez surpris de l’état sanitaire dans l’ensemble d’ailleurs. Les raisins sont superbes cela me rappelle ce que l’on a pu voir en 2015, 2009, il y de superbes raisins. Le problème c’est qu’il n’y en a pas, c’est dommage. Surtout sur Beaune ou Corton. Je compte 3 hL/ha dans les vignes les plus gelées et jusqu’à 10hL/ha. On s’y attendait, on avait fait des comptages de raisins et on savait qu’on aurait des rendements très bas. J’ai entendu dire ici ou là qu’il y avait eu des bonnes surprises mais il n’y en a pas eu chez nous ! »

« Les peaux des raisins sont assez épaisses. Les degrés ne crèvent pas les plafonds mais il y a de jolis équilibres. Les raisins sont sains. J’attends de goûter les jus pour juger mais pour l’instant ceux que j’ai goûté sont purs et droits. Je suis juste déçu de la quantité. Tout le reste est bien. On n’est pas fatigué vu qu’il n’y a pas de raisin à rentrer, on essaye de positiver mais il n’y a pas de récolte au final. J’ai même pas regardé les chiffres, je n’ai pas envie de les voir mais en gros je vais faire une quinzaine de pièces (*tonneau bourguignon de 228 litres) pour une surface de 6,5ha. Normalement, avec une belle année ont peut en faire entre 90 et 100. »
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« Je suis très content de ce que je vois sur la table de tri, les raisins sont beaux, on a envie de les manger, ils sont sains. Mais il n’y en a pas, donc c’est quand même la déception qui l’emporte au final, et pas qu’un peu ! On a pas utilisé beaucoup de matériel, on fait des petites journées, on y passe beaucoup moins de temps mais c’est un peu déprimant, on a envie de passer à autre chose. Heureusement que les raisins que l’on rentre sont beaux, si on avait du trier à cause d’attaques de botrytis par exemple, là ça aurait été le calvaire jusqu’au bout… »

  • Chez François de Nicolae à Savigny les Beaune (Domaine Chandon de Briailles)

Chez François, une large partie du domaine a été frappée par le gel : « Sur ces vignes là on n’a pas du tout de rendement, on est entre 5 et 8 hL/ha. On va les vendanger entre nous en petite équipe, histoire de faire quelques pièces de vins quand même … J’ai même l’intention à priori de tout assembler. Ce n’est pas la peine de faire une pièce de chaque parcelle de Savigny, je ne vais pas faire des micro vinifications. Ce que l’on va faire c’est que l’on va assembler tous les Savigny village pour n’en faire qu’une seule cuvée à priori. C’est quand même une année très particulière, j’espère qu’on n’en aura pas d’autres comme ça ! »

« Dans les parcelles qui avaient gelé, sur le peu de raisin qu’il restait a en grande partie disparu à cause de la très forte attaque de mildiou.  Cette attaque a été plus prononcée sur les vignes qui avaient gelé parce qu’elles étaient fragilisées. On est en biodynamie donc pour contrer une telle attaque de mildiou sur raisin c’était très compliqué. Globalement on a assez bien réussi on a pas trop perdu de ce côté là. »

« Nous sommes relativement chanceux parce qu’au domaine on a une petite partie de nos vignes sur Corton. La colline de Corton a très peu voire pas du tout gelé. Là on a une récolte à peu près normale et là on est sur une année très qualitative parce que nous avons eu un très bel été, suffisamment chaud, presque trop sec même. Au final on a des raisins qui sont bien mûrs, super équilibrés, avec des jolis tanins bien mûrs, donc on s’attend à faire de très beaux vins de ce côté là. »

« Pour le gel il n’y a rien à faire, biodynamie ou pas … Mais pour ce qui est de la maturité du raisin, même si on n’a jamais de gros rendements (environ 25 hL/ha), on a obtenu de meilleures maturités que les copains ! On constate des écarts de plus de deux degrés ce qui est quand même important. Je crois que grâce à la biodynamie le cycle de végétation de la vigne se déroule beaucoup mieux et la règle des cents jours après la fleur se vérifie. »

  • Chez Nicolas Mestre à Meursault (Domaine Michelot)

« La veille des vendanges on était pas sereins du tout. On a commencé par les vignes les plus touchées par le gel pour voir la qualité des raisins, voir les degrés d’alcool potentiel. Sur ces vignes là (Bourgogne et Meursault villages de bas de coteaux) on a fait des rendements entre 15 et 20 hl/ha. Pour le reste, les Meursault au dessus du coteau (les Narvaux) donnent à peu près de bons rendements. Les Meursault premier crus aussi donnent de bons rendements avec une qualité  satisfaisante avec des raisins beaux et sains. On a des degrés d’environ 11,5 – 11,7 pour les Bourgogne, 11,5 – 12 pour les Meursault village, 12,5 pour les permier crus et on arrive même à 12,7 pour les Meursault premier crus Genevrières qu’on a vendangé hier. »

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« Ca a mal commencé, mais on a quand même plus le sourire qu’en début de vendanges ! On s’attendait à avoir des pH un peu élevés à cause du mois d’août très sec, mais au final on a des pH compris entre 3,15 et 3,20 ce qui est tout à fait correct. Nous on cherche a faire des vins plutôt sur la fraicheur, donc il nous faut des pH assez bas et une bonne acidité. On a vraiment eu peur avec la sécheresse de cet été, on a quasiment eu un mois et demi sans précipitations, il y avait vraiment un manque d’eau. Le raisin commençait à flétrir, les feuilles commençaient à jaunir voire à tomber. La pluie du week end dernier à vraiment fait du bien. Les baies se sont gorgées un peu d’eau, la vigne a respiré et nous aussi ! »

  • Frédéric Lafarge à Volnay (Domaine Lafarge)

« Sur les vignes qui n’ont pas gelées on a de très jolis rendements qui correspondent au rendements habituels, entre 37 et 38 hl/ha pour des premiers crus. Donc c’est une belle récolte avec un maximum de qualité. Sur les vignes gelées, on a une récolte très faible mais la vigne a très bien repoussé. On a fait fait beaucoup de valériane au moment du gel (il y en a eu quatre en quelques jours) et on constate qu’il y a quand même une petite récolte avec des raisins très murs et une maturité très homogène. »

« La biodynamie a beaucoup apporté à la vigne. Elle bénéficie d’une meilleure résistance et d’une meilleure capacité de repousse. Elle a mieux su gérer le stress induit par le gel qui a été très violent pour la plante. Surtout pour des vignes comme les nôtres qui avaient grêlé trois années consécutives récemment (2012,2013 et 2014). Malgré tout, les vignes sont bien reparties ce qui laisse augurer de bonnes perspectives pour 2017 en croisant les doigts ! »

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« On est sur un grand millésime, mais un millésime de vigneron, où on est récompensé de l’implication du travail de tout le monde dans les vignes parce que c’était vraiment très compliqué à gérer dans les vignes entre le gel et le mildiou. La dégustation des raisins est top. Ensuite les rapports sucres/acides, le faible taux d’acide malique, il y a tout ! Il y a un très bel équilibre, vraiment remarquable. Quand on goûte les jus, il y a une pureté du fruit avec une belle tension minérale. Déjà dans les jus on sent de manière très pure la finesse de chaque terroir cette année ».

  • Chez Armand Heitz à Chassagne Montrachet (Domaine Heitz-Lochardet)

« Sur certaines parcelles on s’attendait même à ne pas vendanger du tout  ! Avant que les vignes ne gèlent, il y avait un fort potentiel de récolte mais au final on arrive a trouver quelques hectolitres par parcelle grâce à une bonne pratique viticole, au printemps humide et au bel été. On obtient 7 à 10 hl/ha pour les parcelles les plus touchées et on arrive à des rendements autour de 20 hl/ha pour les vignes moins touchées. Les vignes qui n’avaient pas gelé ont des rendements normaux. »

« Il est encore un peut tôt pour parler de la qualité, chaque vigneron a sa propre définition de la qualité. Les résultats des premières analyses montrent des équilibres acides maliques et acides tartriques assez similaires à ceux de l’année dernière ce qui est assez étrange vu qu’on n’a pas eu le même profil de millésime mais c’est très prometteur. On a une richesse en sucres un peu moins importante que l’année dernière (normal, le début de saison a été moins ensoleillé) mais rien d’alarmant. On aura quand même certainement un millésime très qualitatif. »

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« Au domaine, on sauve les meubles. On s’attendait même à avoir une année plus difficile. J’ai vraiment dû naitre sous une bonne étoile comme l’avait écrit Laurent Gotti (*journaliste All About Burgundy, cf article icipuisque même sur mes parcelles gelées, il y a eu des zones protégées et épargnées et qui ont donc donné un peu de raisin. Ce n’est pas le cas de tout le monde malheureusement »

 

Pour aller plus loin : 

Revoir le reportage sur les conséquences du gel en Bourgogne ici

Voir ce reportage sur le millésime 2014 en Bourgogne ici

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Vendanges 2014 : un millésime prometteur en Bourgogne

Grêle, été maussade, pourriture acide … on attendait la récolte 2014 avec une certaine inquiétude en Bourgogne. Maintenant que les vendanges sont finies, premier bilan de Puligny-Montrachet à Nuits Saint Georges de ce millésime qui s’annonce finalement très prometteur. 

Petit pincement au coeur ce samedi après midi pour Nicolas Faure, c’est la première fois qu’il vendange la vigne qu’il vient d’acquérir, lui le jeune néo vigneron, bourguignon d’adoption. Une première fois qui a failli être ternie par un phénomène nouveau en Bourgogne et particulièrement préoccupant en Côte de Nuit : une pourriture acide qui donne au raisin un goût de vinaigre. Elle est transmise par un insecte.

« Le fameux drosophile Suzuki… tous les vignerons avaient ce mot là sur les lèvres en septembre! C’est un moucheron qui vient piquer, altérer la baie de raisin et qui favorise le développement de la pourriture acide » explique le jeune vigneron. Cette pourriture, contrairement au botrytis par exemple ne présente que des inconvénients pour la qualité du futur vin. « J’en ai eu un peu, mais je suis passé dans mes vignes de Nuits Saint Georges deux semaine avant vendanges, j’ai enlevé toutes les grappes touchées pour que ça n’impacte pas la vendange. Il restait encore quelques foyers mais les vendangeurs les ont très bien triés donc je suis assez satisfait du résultat . On verra ce que cela va donner en cuve mais pour le moment je suis agréablement surpris ».

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

Une stratégie préventive payante également au domaine de Chassorney à Saint Romain : « nous trions tous les raisins sur pied. On part du principe que toute grappe pourrie contamine directement tous les raisins qui sont dans la caisse, donc le tri se fait directement à la vigne. On encuve ensuite directement en vendange entière dans nos cuves bois tronconiques.

On est très satisfaits, les analyses sortent et il y a de très beau degrés alcoliques naturels, de très bons pH, de belles acidités totales. On rentre de la belle vendange, ça fermente bien sans dépasser 22-23 degrés. Il n’y a pas besoin d’avoir beaucoup d’action physique sur les raisin, les couleurs sortent très bien. C’est un millésime qui est facile à vinifier et c’est ce qui fait les grands millésimes. On a le profil d’un beau millésime qui ressemble un peu à 2010 je trouve. Après des millésime comme 2012 et 2013, cela fait du bien … »

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

Malgré la grêle du 28 juin qui a ravagé le domaine en grande partie (quasiment 50%), on est très content du résultat au domaine Rougeot à Meursault. « On a eu de grosses surprises à la vendange ! Les raisins étaient magnifiques. Même les raisins grêlés sont tombés et ne nous ont pas gêné durant la récolte. Elle est arrivée en très bon état sanitaire à la cuverie. Pour l’instant on a un très bon a priori pour ce millésime …

Les moûts (jus de raisin en fermentation) sont très équilibrés, avec de belles acidités tartriques quelle que soit la couleur des raisin, et qu’ils aient été impacté pat la grêle ou non, ce qui est surprenant. Les parcelles atteintes par la grêle ont des taux de sucre un peu plus bas. Hormis une petite chaptalisation sur ce qui a été grêlé, où il manque aux alentours de 0,5 degré, on ne va toucher absolument à rien que ce soit pour les acidités ou les sucres »

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

Cette qualité de récolte était plutôt inespérée après une campagne 2014 en dents de scie. « En juillet et aout, on a vraiment eu une mauvaise météo. » explique Jean Michel Chartron du domaine Chartron à Puligny Montrachet. « Mais on est vraiment bénis des dieux parce que du 15 aout au 11 septembre, date à laquelle on a commencé à vendanger, on a eu un temps radieux, avec un vent du nord qui a permis de sécher les raisins, ce qui a empêché le développement d’une certaine forme de pourriture et a concentré le jus des raisins. On arrive maintenant à des moûts parfaitement équilibrés, avec pas mal de sucres donc de très jolis alcools potentiels, pas mal d’acidités…

Analytiquement, on a tout ce qu’il faut pour réussir un grand millésime. Le seul problème c’est que ce vent du nord, en séchant et en concentrant les raisins a fait baissé leur volume de jus. On a donc des rendements moins importants que ceux auxquels on s’attendait. Il y avait une belle sortie de raisin, avec pas mal de grappe, mais peu de jus. D’habitude pour faire un fût (tonneau bourguignon de 228 litre de contenance), on estime qu’il faut 310 à 320 kg de raisins. Cette année il fallait compter aux alentours de 350kg, cela fait quand même une différence de 10% ».

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2014 s’annonce donc comme une bonne surprise autant pour les blancs que pour les rouges. Avec pour seul bémol des rendements assez faibles, surtout pour les blancs, grevé bien évidemment par la grêle du 28 juin dans les appellations de Beaune, Pommard, Volnay et Meursault notamment. « C’est très bon, mais il n’y a pas beaucoup de jus », voilà ce qui se disait autour des pressoirs… Pas beaucoup de jus, mais toujours plus qu’en 2012 et 2013, à en croire par la pénurie de fûts d’un ou deux vins constatées chez certains vignerons au moment d’entonner leurs vins !

Pour en savoir plus :

– Domaine Nicolas Faure, 6 r Gabriel Bachot 21700 Meuilley

Domaine de Chassorney, Fréderic Cossard, 21190 Saint Romain 

Domaine Rougeot, 6 Rue André Ropiteau, 21190 Meursault

Domaine Jean Chartron, Grande rue, 21190 Puligny Montrachet 

 

A voir aussi : 

Clichés sur les vendanges 2013 en Côte d’Or

Fête des vendanges : visite guidée des vignes de Montmartre

20 clichés sur les vendanges

 

 

Clichés sur les vendanges en Côte d’Or

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Les vendanges 2013 se terminent en Bourgogne. Cette campagne si compliquée s’achève par une bien maigre récolte. Les blancs fermentent déjà en fûts depuis quelques jours et on commence à décuver les rouges ici en Côte de Beaune tandis que les feuilles prennent leurs couleurs d’automne. 2012 avait déjà été une petite année, 2013 sera confidentielle …

Plus de clichés sur le vendanges à voir ici 

Fête des vendanges : visite guidée de la vigne de Montmartre

Tandis que les vendanges se terminent un peu partout, Paris fait la fête autour de ses vignes mythiques de Montmartre. La traditionnelle « Fête des vendanges de Montmartre », grande fête bachique parisienne, offre notamment l’occasion de visiter gratuitement les vignes du Clos Montmartre et de participer à de nombreuses activités rabelaisiennes…

Rencontre avec Francis Gourdin, « œnologue urbain ». C’est sa 17e vinification en tant que responsable des vignes  de la Ville de Paris et pour lui c’est vraiment « un très grand honneur de travailler ici et d’essayer d’améliorer la qualité de ces vins ». Outre le Clos Montmartre, il s’occupe également des vignes de Bercy, de Belleville, le Clos des Morillons et la Butte Bergère.

« Il y avait de la vigne à peu près partout avant 1860. Avant le phylloxéra, la production parisienne de vin pouvait atteindre 9 millions de litres ! Les vignes s’étendaient surtout du coté du quartier de la Goutte d’Or, vers le Moulin Rouge, vers la place Blanche, la place Pigalle  … Petit à petit, l’urbanisation, le phylloxéra et l’arrivée du chemin de fer qui a apporté à Paris les vins d’autres vignobles ont eu raison du vignoble francilien.

La parcelle du Clos Montmartre, c’est un peu comme un arboretum, un conservatoire. Il y a même des cépages oubliés, des cépages hybrides de pinot et de gamay qui donnent un vin assez particuliers avec un goût assez sauvage. On essaie de faire un vrai vin rouge avec ce raisin.

Une fête de quartier devenue fête internationale

La Fête des vendanges tourne toujours autour du 9 octobre, de la Saint Denis. C’est vraiment la fête du début de la fermentation du vin, c’est mythique, on fêtait déjà ce phénomène à l’époque dionysiaque. Nous organisons des parades, toute une série de manifestations. C’était une petite fête de quartier il y a encore 10-15 ans, c’est devenu une fête nationale voire internationale. »

Ce qui émeut le plus Francis Gourdin, qui mène lui-même les visites du Clos Montmartre, c’est de voir que chaque année, il y a « des gens qui découvrent qu’il y a une vigne à Montmartre et surtout, qu’on y fait du vin »

Infos Pratiques :

Programme complet de la  Fête des Vendanges 

Ou déguster le vin du Clos Montmartre

Suivez la Fêtes des Vendanges sur Twitter (@FDVMontmartre) et Facebook 

De la vigne au vin, avec François Mikulski à Meursault (quatrième partie)

La vinification pour les nuls, et en image ! C’est ainsi que je conçois cette série de vidéos qui commence aujourd’hui. Au fil des semaines, nous suivrons les étapes d’élaboration du vin à partir du moment crucial que sont les vendanges. Avec comme témoins principal François Mikulski, viticulteur à Meursault, nous suivrons depuis les vendanges les moments clés de la vie d’un vigneron et nous essaierons de comprendre quelles sont les étapes cruciales pour faire un grand vin.

Quatrième partie : égrappage et macération des rouges

Contrairement aux raisins blancs, qui sont immédiatement pressés, les raisins rouges doivent macérer, pour que les éléments indispensables au vin (les tannins, la couleur) présente dans la peau du raisin passe dans le jus. Egrappage, température de la fermentation, le viticulteur a alors de nombreux décisions à prendre, en fonction du type de vin qu’il veut élaborer.

Vidéo disponible en HD

Revoir les épisodes précédents ici

20 clichés sur les vendanges

La fête de la Pressée de Chenôve met à l’honneur un trésor méconnu

Cela ne pourrait être qu’une fête folklorique, mais grâce au patrimoine exceptionnel de la ville de Chenôve, la fête de la Pressée, c’est bien plus que ça. Chaque troisième week end de septembre se déroule la « fête de la pressée de Chenôve ». Pendant trois jours (du vendredi au dimanche), des bénévoles font revivre le village à l’heure des Ducs de Bourgogne avec costumes, musiques traditionnelles, …

La « fête de la Pressée » remet chaque année en service le pressoir antique ( il date de 1238) de la ville. Le raisin est coupé le vendredi puis pressé tout au long du week end dans le gigantesque pressoir. Sous le poids des 19 tonnes de ce pressoir classé monument historique, le raisin laisse échapper un jus : le vin doux, que les curieux peuvent déguster aussitôt.

Cette gigantesque cathédrale de bois ne fonctionne qu’à cette unique occasion.

Pour en savoir plus sur les pressoirs : voir le site de la ville de Chenôve

Voir aussi : le compte rendu de Dijonscope, celui de Bourgogne Live, et le reportage du Bien Public