Bertrand Minchin, le magicien des vins du Berry

Copyright - Marthe Henry L'Actu du vin

Bertrand Minchin, comme ses vins, une fois que l’on connait, on ne peut plus s’en passer. Sa bonne humeur est contagieuse, ses vins remarquables. C’est à la Tour Saint Martin, non loin de Bourges que je suis allée lui rendre visite pour une dégustation où le temps semblait s’être arrêté…

Tuiles berrichonnes, cerisiers aux branches chargées de fruits, rosiers en fleurs : le lieu dit s’appelle « Saint Martin des lacs », ce n’est pas vraiment un nom prédestiné pour un domaine viticole. C’est une propriété familiale, perdue dans la campagne berrichonne où Bertrand est né (dans la Tour, en photo ci dessous) et vit toujours, ainsi que ses parents. Il n’y a pas une vigne à l’horizon, et pour cause, ici, c’est avant tout une exploitation agricole familiale céréalière. C’est Bertrand qui a créé le domaine viticole.

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« Je suis un passionné de vin, tout simplement. Je vendais du vin au salon de l’agriculture à Paris, j’ai monté une école de dégustation à l’Idréa où j’étais étudiant. J’étais déjà passionné de vin dans ma jeunesse et j’avais envie de monter ma propre affaire. Je voulais vivre de ma passion. Mon aventure du vin a vraiment commencé en 1987, et j’ai planté ma première vigne en 1988 et ensuite on a monté cette cave en 1994. » C’est ainsi qu’est né le domaine de La Tour Saint Martin en appellation Menetou Salon, constitué d’une dizaine d’hectares de sauvignon sur la commune de Morogues et 7 hectares de pinot noir entre Bourges et Sancerre.

« On est vraiment sur un très beau terroir. A Morogues, on fait des vins magnifiques. J’ai eu une prise de conscience en 1999, à cause d’un désherbant qui s’appelait le Katana : j’ai vu mes vignes jaunir. Je me suis dit qu’il fallait arrêter les conneries. Donc depuis 2000, on a arrêté le désherbant, on travaille les sols, on évite de mettre des matières de synthèse… Je ne m’interdis pas d’en utiliser ponctuellement, par exemple les années où il y a beaucoup de mildiou, parce que je ne suis pas un ayatollah.

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« On a deux niveaux de gamme à Menetou-Salon. Morogues et Pommeraie qui sont nos cuvées traditionnelles et Honorine et Célestin nos grandes cuvées. Mon style de vin, ce que je recherche avant tout, c’est la pureté. J’aime les vins cristallins. Cela passe par des vinifications très pures, sans levures aromatiques, sans bidouille et avec des doses de soufre très raisonnable. Mes vins sont des vins de gourmandise et de plaisir mais avec une capacité à vieillir très intéressante. »

« L’image des vins de Loire est celle de vins à boire dans les 2 ou 3 ans. Le mythe du sauvignon – pipi de chat à boire dans l’année c’est une catastrophe selon moi. Nos vins ont une capacité à vieillir 5 ou 15 ans magnifiques. Cette capacité de garde est trop peu connue, mais c’est aussi à cause du marché qui demande sans cesse des vins jeunes. »

Un coup de folie

« Le Clos Delorme, c’est notre coup de folie. En 2003-2004 on a racheté des vignes situées sur l’appellation Valençay et un peu de Touraine. On a 15 hectares là bas. C’est un terroir complètement magique pour faire des sauvignons très intéressants, à boire dans les 3 ou 4 ans. Ce sont des vins assez explosifs, sur le fruit. On est sur des sables et des argiles en sous sols et les sables donnent des vins qui s’expriment beaucoup plus vite, qui sont plus exubérants. »

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« Franc du Cot-Lié, c’est un assemblage en rouge de cot (60%) et cabernet franc (40%) et c’est vraiment mon petit chouchou. C’est un vin qui a une belle capacité de garde, qui a de la structure mais avec cette fraicheur ligérienne. Il est facile à boire, très agréable, mais avec de la puissance. »

Un grand merci à Bertrand pour toutes ces belles découvertes … La cuvée Honorine reste mon grand coup de cœur mais le Franc du Cot-Lié 2007 a magnifiquement accompagné la côte de boeuf et La Tour Saint Martin 2012 avec les fromages de chèves berrichons, c’est de la gourmandise pure et simple ! Vous pouvez aller rendre visite à Bertrand  directement à La Tour Saint Martin (le mieux est quand même de prendre rendez vous au préalable). Mais vous pouvez également le croiser sur  de nombreux salons notamment ceux des vignerons indépendants.

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A voir également, cette vidéo sur la vinification de sa cuvée Célestin …

Et en bonus, cette vidéo incontournable sur les poules noires du Berry qu’élève Bertrand !

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Rencontre avec Pascal Jolivet, viticulteur à Sancerre et Pouilly Fumé

Pascal Jolivet est vigneron et négociant à Sancerre et Pouilly Fumé. Il produit 900 000 bouteilles dont environ 50 % sont issues de son vignoble. Il dispose de 42 hectares de vignes. 

Après des études de commerce et de marketing, il commence sa carrière chez Pommery, où il assure la distribution des champagne. En 1982, il reprend une petite société de négoce à Pouilly sur Loire. En 1987, il dépose la marque « Pascal Jolivet ». En 1992, il rachète 8ha de vignes à ses cousins.

« J’ai commencé ma carrière dans le champagne. Cela m’a beaucoup inspiré : le champagne, c’est l’univers du luxe, de la marque, et du style. Chaque maison, chaque grande marque sa son propre style. Je me suis dis qu’il fallait que je crée un vin avec un style, qu’il fallait que je crée ma propre niche. L’univers du champagne m’a inspiré pour trouver un style.  »

« Mon idée a été de marier les 3 types de sols (calcaire, silex et argile) comme les champenois assemblent leurs 3 cépages (pinot noir, pinot meunier et chardonay). Je me suis dit que le mariage des 3 allait créer une vraie harmonie, un vrai style, sachant que chaque type de vin apporte un caractère différent au vin. C’est sur cette idée là que je suis parti. »

 » Le sauvignon est un cépage extrêmement aromatique, mais je n’aime pas ce coté vulgaire du sauvignon. Ce côté qu’on appelle vulgairement « pipi de chat » comme on décrit souvent le sauvignon. En ayant une approche plus naturelle, on arrive à faire des vins avec plus de finesse, plus d’élégance, des arômes beaucoup plus retenus, moins exubérants. »

« Je me suis dit qu’une des manières de faire un vin qui ait de la personnalité, du style, c’était de partir d’une base d’un produit naturel. Je me suis aperçu qu’en faisant des fermentations naturelles, des élevages plus longs, des fermentations sans soufre en levures indigènes avec des jus non clarifiés on arrivait à un vrai style autour du fruit. »

Pour en savoir plus sur Pascal Jolivet

Le Blanc Limé sort de l’oubli

Le Blanc Limé est un apéritif traditionnel du Sud Ouest fabriqué à base de sauvignon blanc et de limonade. Une boisson tombée en désuétude que Jean Pierre Xiradakis, chef du restaurant Bordelais La Tupina, et la famille Ducourt (vignobles Ducourt) ont décidé de remettre au goût du jour.

“Ce nom de Blanc Limé à une forte charge émotionnelle, tout le monde connaît le Blanc Limé dans le Sud Ouest” raconte Jonathan Ducourt. La carte nostalgie est donc jouée à fond avec une etiquette retro et une bouteille un façon limonade “Le challenge était de retrouver l’esprit de cette boisson, tout en y apportant un peu de finesse” explique Jonathan Ducourt.  Il fallait notamment veiller au bon dosage des ingrédients pour obtenir une boisson agréable mais ni trop sucrée ni trop marquée par les arômes.

Après plusieurs mois de tests et de dégustation, la recette était au point. Deux tiers de sauvignon blanc (provenant des domains Ducourt), arômes naturels de citron, citron vert et orange, arômes naturels de fleurs comme la camomille, un peu de sucre, mais pas seulement. Il y a une part de secret aussi …

Grâce à une machine spéciale dont s’est équipée la famille Ducourt, la mise en bouteille de cette “boisson aromatisée à base de vin” se fait au domaine. C’est à ce moment là que se fait l’addition de gaz carbonique qui donne ses fines bulles au Blanc Limé. Le capsulage et l’étiquetage se font à la main.

Pour l’instant la production est assez confidentielle car ce n’est que la première année que ce Blanc Limé nouvelle version est commercialisé. Mais le pari semble réussi, il a notamment déjà été adopté par les Bordelais et la famille Ducourt envisage déjà de l’exporter à l’étranger.

Informations pratiques:  Vous pouvez trouver le Blanc Limé pour 7 euros en moyenne,  chez Cashvin à Bordeaux ou sur C Discount.

A lire également : L’article de Audrey Cuisine et la recette du Cognac Limé, cocktail à base de Blanc Limé, par Miss Vicky Wine .