Le pineau d’Aunis, atout atypique des Coteaux du Vendômois

C’est l’histoire d’un vignoble confidentiel, qui produit un cépage qui l’est encore encore plus. Une toute jeune appellation (l’AOC Coteau du Vendomois a été obtenue en 2011 seulement) à moins de 200km de Paris, au cœur du val de Loire  (voir ici). Un vignoble porté par une poignée de vignerons qui ont tous à cœur de faire découvrir leur cépage emblématique : le pineau d’Aunis, raisin rouge qui produit des vins gris et rouges. 

Le pineau d’Aunis tient son nom du village d’Aunis près de Saumur. Il s’appellait également autrefois Chenin noir ou Pinot d’Aunis, bien qu’il n’ait aucun lien avec le pinot noir … « Dans la vigne, c’est un cépage qui est très producteur. C’est tout le travail de maîtrise du vigneron qui va faire la différence » explique Michael Andry, directeur technique de la cave coopérative du Vendômois. Vinifié en vin rouge, la structure tannique arrive très tôt. Donc il faut trouver des méthodes pour avoir de la couleur, car c’est un cépage qui n’a pas beaucoup d’anthocyanes, donc son jus est très peu coloré, mais qui a beaucoup de tannins. Il faut donc trouver le juste équilibre. C’est tout l’art du vigneron, de sélectionner et de rechercher la méthode la plus adaptée. »

Benoît Brazilier, président du syndicat des vignerons du Vendômois, le pineau d’Aunis est un cépage qui permet de faire d’excellents vins de terroir. « On reste des petits domaines où on laisse travailler la nature tout en la guidant avec des moyens assez simples. Ici il n’y a pas de grands domaines technologiques. On fait des vins assez « terroir ». On adapte la technique, pour avoir des vins de qualité, tout en gardant l’esprit du terroir. Par exemple moi je travaille surtout sur les maîtrises des températures pendant les vinifications. Mais le plus gros du travail se fait en amont, à la vigne. Il s’agit de trouver les parcelles adaptées aux cuvées que l’on veut faire et de les conduire de manière à avoir une bonne maturité. »

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Ce cépage typique et atypique peut être vinifié en vin rosé (dit « gris ») ou en vin rouge.  Patrice Colin, vigneron à Thoré-la-Rochette, lui trouve un arôme bien caractéristique de pâte d’amande. « Un pineau d’Aunis qui est mûr, comme un chenin qui est mûr, n’est pas acide. Si on l’analyse en laboratoire, oui, il y a entre 5 et 6 grammes d’acidité. Mais quand on le déguste, cela ne se sent pas du tout. Au contraire, quand il est très mûr, on sent une certaine sucrosité, avec des arômes de pâte d’amande. On n’est pas sur les arômes de pamplemousse ou de citron, mais bien de pâte d’amande malgré les 6 grammes d’acidité. C’est ce qui compte. »

Vinifié en rouge, ce cépage qui est parfois dit « rustique » est très puissant. « Quand les gens ne connaissent pas, ils trouvent tout de suite que le vin est très poivré, très épicé. Ce sont des vins qui au bout de 3 ans s’ouvrent pleinement et donc les tanins se fondent. On trouve ici quelque chose que l’on ne trouve pas ailleurs. Il y a une vraie typicité de ce cépage » explique Michael Andry.

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Coup de Cœur

Mon coup de cœur (si je devais ne conseiller qu’une seule bouteille à goûter pour se rendre compte de la singularité de ce cépage, ce qui bien sûr, est une hérésie…), serait cette cuvée Intuition de Patrice Colin.

Un peu d’Oenotourisme

La région du Vendômois regorge également de curiosités touristiques comme le village de Lavardin. Classé parmi les plus beaux villages de France, il est surplombé d’un château médiéval aujourd’hui occupé par un petit troupeau de chèvres. La vue sur les coteaux du Loir est à couper le souffle.

Vous pouvez également vous rendre la Maison du vin et des produits du terroir Vendômois à Thoré-la-Rochette qui propose à la vente les vins des différents producteurs de l’appellation. Un autorail authentique des années cinquante qui offre une ballade commentée de 2h45  à la découverte de la vallée du Loir y dépose ses passagers pour une dégustation de produits régionaux. Coteaux du Vendomois2- Copyright Marthe Henry : L'actu du vinCoteaux du Vendomois - Copyright Marthe Henry : L'actu du vinCarte vignoble LoireSuivez les vins de l’AOC Coteaux du Vendômois sur Facebook 

Merci à Michèle Piron Soulat pour cette belle découverte !

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Bertrand Minchin, le magicien des vins du Berry 

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Bertrand Minchin, le magicien des vins du Berry

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Bertrand Minchin, comme ses vins, une fois que l’on connait, on ne peut plus s’en passer. Sa bonne humeur est contagieuse, ses vins remarquables. C’est à la Tour Saint Martin, non loin de Bourges que je suis allée lui rendre visite pour une dégustation où le temps semblait s’être arrêté…

Tuiles berrichonnes, cerisiers aux branches chargées de fruits, rosiers en fleurs : le lieu dit s’appelle « Saint Martin des lacs », ce n’est pas vraiment un nom prédestiné pour un domaine viticole. C’est une propriété familiale, perdue dans la campagne berrichonne où Bertrand est né (dans la Tour, en photo ci dessous) et vit toujours, ainsi que ses parents. Il n’y a pas une vigne à l’horizon, et pour cause, ici, c’est avant tout une exploitation agricole familiale céréalière. C’est Bertrand qui a créé le domaine viticole.

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« Je suis un passionné de vin, tout simplement. Je vendais du vin au salon de l’agriculture à Paris, j’ai monté une école de dégustation à l’Idréa où j’étais étudiant. J’étais déjà passionné de vin dans ma jeunesse et j’avais envie de monter ma propre affaire. Je voulais vivre de ma passion. Mon aventure du vin a vraiment commencé en 1987, et j’ai planté ma première vigne en 1988 et ensuite on a monté cette cave en 1994. » C’est ainsi qu’est né le domaine de La Tour Saint Martin en appellation Menetou Salon, constitué d’une dizaine d’hectares de sauvignon sur la commune de Morogues et 7 hectares de pinot noir entre Bourges et Sancerre.

« On est vraiment sur un très beau terroir. A Morogues, on fait des vins magnifiques. J’ai eu une prise de conscience en 1999, à cause d’un désherbant qui s’appelait le Katana : j’ai vu mes vignes jaunir. Je me suis dit qu’il fallait arrêter les conneries. Donc depuis 2000, on a arrêté le désherbant, on travaille les sols, on évite de mettre des matières de synthèse… Je ne m’interdis pas d’en utiliser ponctuellement, par exemple les années où il y a beaucoup de mildiou, parce que je ne suis pas un ayatollah.

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« On a deux niveaux de gamme à Menetou-Salon. Morogues et Pommeraie qui sont nos cuvées traditionnelles et Honorine et Célestin nos grandes cuvées. Mon style de vin, ce que je recherche avant tout, c’est la pureté. J’aime les vins cristallins. Cela passe par des vinifications très pures, sans levures aromatiques, sans bidouille et avec des doses de soufre très raisonnable. Mes vins sont des vins de gourmandise et de plaisir mais avec une capacité à vieillir très intéressante. »

« L’image des vins de Loire est celle de vins à boire dans les 2 ou 3 ans. Le mythe du sauvignon – pipi de chat à boire dans l’année c’est une catastrophe selon moi. Nos vins ont une capacité à vieillir 5 ou 15 ans magnifiques. Cette capacité de garde est trop peu connue, mais c’est aussi à cause du marché qui demande sans cesse des vins jeunes. »

Un coup de folie

« Le Clos Delorme, c’est notre coup de folie. En 2003-2004 on a racheté des vignes situées sur l’appellation Valençay et un peu de Touraine. On a 15 hectares là bas. C’est un terroir complètement magique pour faire des sauvignons très intéressants, à boire dans les 3 ou 4 ans. Ce sont des vins assez explosifs, sur le fruit. On est sur des sables et des argiles en sous sols et les sables donnent des vins qui s’expriment beaucoup plus vite, qui sont plus exubérants. »

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« Franc du Cot-Lié, c’est un assemblage en rouge de cot (60%) et cabernet franc (40%) et c’est vraiment mon petit chouchou. C’est un vin qui a une belle capacité de garde, qui a de la structure mais avec cette fraicheur ligérienne. Il est facile à boire, très agréable, mais avec de la puissance. »

Un grand merci à Bertrand pour toutes ces belles découvertes … La cuvée Honorine reste mon grand coup de cœur mais le Franc du Cot-Lié 2007 a magnifiquement accompagné la côte de boeuf et La Tour Saint Martin 2012 avec les fromages de chèves berrichons, c’est de la gourmandise pure et simple ! Vous pouvez aller rendre visite à Bertrand  directement à La Tour Saint Martin (le mieux est quand même de prendre rendez vous au préalable). Mais vous pouvez également le croiser sur  de nombreux salons notamment ceux des vignerons indépendants.

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A voir également, cette vidéo sur la vinification de sa cuvée Célestin …

Et en bonus, cette vidéo incontournable sur les poules noires du Berry qu’élève Bertrand !

Rencontre avec Pascal Jolivet, viticulteur à Sancerre et Pouilly Fumé

Pascal Jolivet est vigneron et négociant à Sancerre et Pouilly Fumé. Il produit 900 000 bouteilles dont environ 50 % sont issues de son vignoble. Il dispose de 42 hectares de vignes. 

Après des études de commerce et de marketing, il commence sa carrière chez Pommery, où il assure la distribution des champagne. En 1982, il reprend une petite société de négoce à Pouilly sur Loire. En 1987, il dépose la marque « Pascal Jolivet ». En 1992, il rachète 8ha de vignes à ses cousins.

« J’ai commencé ma carrière dans le champagne. Cela m’a beaucoup inspiré : le champagne, c’est l’univers du luxe, de la marque, et du style. Chaque maison, chaque grande marque sa son propre style. Je me suis dis qu’il fallait que je crée un vin avec un style, qu’il fallait que je crée ma propre niche. L’univers du champagne m’a inspiré pour trouver un style.  »

« Mon idée a été de marier les 3 types de sols (calcaire, silex et argile) comme les champenois assemblent leurs 3 cépages (pinot noir, pinot meunier et chardonay). Je me suis dit que le mariage des 3 allait créer une vraie harmonie, un vrai style, sachant que chaque type de vin apporte un caractère différent au vin. C’est sur cette idée là que je suis parti. »

 » Le sauvignon est un cépage extrêmement aromatique, mais je n’aime pas ce coté vulgaire du sauvignon. Ce côté qu’on appelle vulgairement « pipi de chat » comme on décrit souvent le sauvignon. En ayant une approche plus naturelle, on arrive à faire des vins avec plus de finesse, plus d’élégance, des arômes beaucoup plus retenus, moins exubérants. »

« Je me suis dit qu’une des manières de faire un vin qui ait de la personnalité, du style, c’était de partir d’une base d’un produit naturel. Je me suis aperçu qu’en faisant des fermentations naturelles, des élevages plus longs, des fermentations sans soufre en levures indigènes avec des jus non clarifiés on arrivait à un vrai style autour du fruit. »

Pour en savoir plus sur Pascal Jolivet

Alliance Loire présente ses « Secrets de Chais » …

 

Alliance Loire, c’est un grouperment de huit coopératives du Val de Loire né en 2002. Aujourd’hui, c’est  le premier producteur des vins d’AOP du Val de Loire avec 20 millions de cols, 800 vignerons et 3 600 ha de vignes, du Pays Nantais à la Touraine.

En ce jeudi de fête de la musique, les vignerons d‘Alliance Loire ont décidé de présenter leur gamme « Secret de Chai » sur une péniche, au cœur de la capitale, accompagné d’un barbecue.  Cette gamme, distribuée en grande surface, se décline en 11 vins.

« La gamme Secret de Chais est née d’une discution avec les vinificateurs, les œnologues, … On a la chance d’avoir dans la Loire des vins avec une excellente palette aromatique, beaucoup d’intensité, beaucoup de fraicheur, mais parfois aussi une certaine agressivité. On a donc décidé de mettre en place des vins plus accessibles, tout en conservant notre identité, mais en apportant plus de gras, de rondeur » explique Nicolas Emereau, maître de chai.

« On a travaillé sur nos raisins en essayant de révéler ce qu’on ne faisait pas ressortir habituellement. Par exemple sur des Touraine Sauvignon ou sur des Saumur Blanc, on peut faire ressortir des arômes de rose, de litchi, qu’on peut retrouver en Alsace. La philosophie de cette gamme, c’est de mettre en avant la personnalité des vinificateurs, un travail très précis de sélection, et rendre nos vins accessibles au consommateur »

« Ce sont des vins d’apéritif, de convivialité, à boire entre copains, sous la tonnelle, et des vins qui peuvent se marier formidablement au cours d’un repas. On peut déguster les rouges sur des charcuteries, des poissons, des viandes…. Et on peut également faire tout un repas avec les blancs secs de Loire qui ont vraiment des belles structures, des belles longueurs en bouche »

Ivresse littéraire : les Journées du Livre et du Vin

Chaque année à Saumur se tiennent les journées nationales du livre et du vin. Un joyeux rendez vous organisé par la maison Bouvet-Ladubay. Moitié salon du livre, moitié fête  autour des vins de Loire, avec pour fil conducteur la passerelle entre le vin et les arts.

Créées en 1996 en hommage à l’acteur Jean Carmet, les journées du Livre et du vin ont pour but de faire se rencontrer amoureux de la littérature et du vin, deux éléments emblématiques de la culture française. La maison Bouvet Ladubay ouvre ses portes aux vignerons, écrivains, œnologues, éditeurs, amoureux de la littérature et curieux du vin chaque année pour un week end de fête.

Les journées du livre et du vin, ce sont d’abord des auteurs. Des romanciers, des auteurs de bande dessinées ou de polars. Cette année on pouvait notamment rencontrer David Foenkinos (La Délicatesse), Florian Zeller (La Jouissance), Yann Queffélec, prix Goncourt de littérature, …. . Diversement connaisseurs en matière de vin, tous reconnaissent un lien entre leur art et celui des vignerons.

« Faire du vin, c’est un art » pour David Foenkinos. « Il y a une remise en question à chaque millésime comme pour chaque nouveau livre, même si le précédent a été très réussi. Il y a un coté artistique dans la création du vin. »

« Qu’on lise Beaudelaire, Rabelais, Camus, …. il suffit de les lire pour se rendre compte qu’il y a une passerelle entre les mondes du livre et du vin » explique Yann Queffélec. « De la même manière que le livre, le vin tisse notre relation aux autres et à nous mêmes. Il n’y a pas de doute qu’il y a des accords secrets mais nécessaires entre le vin et le livre et c’est cela qui fait qu’on aime la vie! »

Ces écrivains classiques côtoient des auteurs de livres consacrés au vin. Frédéric Couderc (Et ils boiront leurs larmes) et Benoist Simmat,  (Robert Parker, les 7 péchés capiteux) notamment étaient venus répondre aux questions souvent inatendues des promeneurs. « Ca change des salons monomaniaques où on ne parle que de vin ou que de bande dessinées. Là il y a un mélange entre les auteurs, ce qui rend les choses un peu différentes. D’ailleurs les gens nous posent des questions différentes. Il y a aussi beaucoup plus de jeunes » raconte Benoist Simmat.

Autour de concerts, de tables rondes, d’expositions de photos, les journées du livre et du vin mettent en avant le lien entre la création artistique dans son ensemble et la dégustation. La dégustation des 17 Prix d’excellences de la Loire menée par Jacques Puisais, ex-président mondial des œnologues a donné lieu à un moment unique. Le pianiste Yves Henry a traduit en direct en musique les émotions suscitées par la dégustation.

« Le vin est une source poly-sensorielle d’émotions pour nous. On peut le traduire par des mots, mais l’artiste lui a la capacité de le traduire par son talent. C’est assez impressionnant mais c’est d’une justesse émouvantes. Ce sont des instants privilégiés mais surtout des instants de partage  » raconte Jacques Puisais, qui compte bien renouveler l’expérience l’année prochaine.

Lire également mon reportage réalisé lors des Journées du Livre et du vin 2010 !

Et en bonus, cette interview de Thomas Dutronc, un habitué des Journées du Livre et du Vin, qui était présent cette année et que j’espère bien interviewer lors de la prochaine édition !

Grands Jours de Bourgogne version off : les Tontons Trinqueurs

Vinexpo, Vinisud, comme pour toutes les grandes manifestation viticoles, les Grands Jours de Bourgogne ont aussi leur événements « off ». Ce sont des dégustation non officielle organisées par des groupes de vignerons, liés par l’amitié et une même conception de leur métier.

Les Tontons Trinqueurs ont donc organisé leur dégustation « off » mercredi dernier, en pleine semaine des Grands Jours de Bourgogne. Une dégustation moins formelle, mais surtout ouverte à des vignerons venus de toutes les régions viticoles. « C’est un petit passage plus convivial sur un domaine, on ne fait pas ça du tout pour concurrencer l’organisation très bien faite du BIVB » explique Claude Muzart, organisateur et hôte de la dégustation des « Tontons Trinqueurs ».

« On est pas derrière notre petit stand, ce qui nous unit, c’est une même passion pour le métier, une même conception du vin. Alors que dans les dégustations plus académiques, on est village par village, on est cantonné dans nos villages. Là , on a ouvert à toute la Bourgogne, et à tous nos potes vignerons d’ailleurs. » explique François Chavériat, du domaine Chantal Lescure (Nuits Saint Georges).

« Le maitre-mot, c’est quand meme le terroir et son identité. Les vignerons qui sont ici ne veulent pas signer leur vin de leur nom, ils veulent le signer de leurs terroirs et de leurs millésimes. » poursuit il. Les 30 vignerons des Tontons Trinqueurs se sont choisis eux même. Ils se sont rencontrés au hasard des salons, au fil des années. Et ils ont choisi de se promouvoir les uns les autres.

« Ici on oublie un peu les notions d’appelations, on cherche à goûter de beaux vins, avant tout ! On peut avoir de toutes petites bouteilles dans de grandes appelations et de très grandes bouteilles dans des appelations génériques » s’amuse Vincent Ricard, vigneron tourangeau, ravi que de faire parti de cette dégustation. « C’est un honneur pour moi d’être ici! », un honneur, et une chance supplémentaire de faire découvrir ses vins à un public de professionnels venus pour Les Grands Jours de Bourgogne.

Que seraient les Tontons Trinqueurs sans un alambic ? Bien évidemment inspirés des « Tontons Flingueurs » et de la légendaire scène de dégustation d’eau de vie, les Tontons Trinqueurs ont donc fait venir un alambic jusqu’au domaine Muzart de Santenay. Un repas convivial cuit à l’alambic a fini de rendre cette dégustation « off » particulièrement sympathique.

Les Tontons Trinqueurs, qu’est ce que c’est ?

Ce sont 30 domaines viticoles, ou plutôt 30 copains vignerons, qui se sont connus au fil des salons, d’échanges autour de leurs vins. Issus de 10 régions différentes, avec des exploitation de notoriété différentes, ils ont décidé de développer des synergies entre leurs domaines. Mettre en commun leurs idées et leurs réseau de contact pour se faire connaître est une de ces synergies. Ils revendiquent malgré tout une philosophie commune : « maintenir, partager et transmettre un savoir faire viticole ».

Journée du Livre et du Vin à Saumur

Placée sous le thème de l’ivresse amoureuse, cette édition 2010 a marqué le retour des journées du Livre et du Vin. Cet événement annuel créé en 1996 n’avait pas eu lieu en 2009 pour des raisons financières. Cette année, les festivités ont été concentrées sur une seule journée (autrefois ce rendez vous se déroulait sur un week end).

Reprise exceptionnelle au Cadre Noir de Saumur, rencontre avec 120 auteurs venus présenter leurs livres, tables rondes, dégustation de vins de Loire, … L’ambiance était au rendez vous et 5 000 visiteurs ont fait le déplacement.

Petit aperçu en image … (avec un invité surprise dedans !)

Au cours de cette journée, 7 prix littéraires ont été remis. Parmi eux, Le Prix Jean Carmet (initiateur des journées du Livre et du Vin) récompense un ouvrage original consacré au vin.

Les livres sélectionnés : Le Vin et l’amour, Philippe Brenot (Féret) ; Un Américain dans les vignes, Robert V. Camuto (Michel Lafon) ; Le Vin, Thierry Morvan (Hachette Pratique) ; Vertiges de l’ivresse, alcool et lien social, Véronique Hahoum-Grappe, (Descartes & Cie) ; Tour du monde épicurien des vins insolites, Ricardo Uztarroz et Claude Gilois (Arthaud)

Il a été décerné à Robert V. Camuto pour Un Américain dans les vignes (Michel Lafon)

A lire également : la journée racontée par Laure Gasparotto : ici