Cédric Klapisch expose les photos préparatoires de son film sur le vin tourné en Bourgogne

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Cédric Klapisch exposera du 2 février au 4 avril prochain à la Galerie Cinéma à Paris une série de photos intitulée « Nature humaine ». Cette exposition est consacrée à la région viticole de la Bourgogne où il a tourné son prochain film, « Ce qui nous lie » qui devrait sortir en salle en juin 2017.

Lors d’une interview sur France Inter dans l’émission culturelle Boomerang, le réalisateur de Péril Jeune et de L’Auberge Espagnole (entre autres) s’est confié au journaliste Augustin Trapenard. Pour réécouter l’émission c’est ici :

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/5c9857c9-25c4-42d5-a317-f2d43f973f9f

« D’habitude les photos que je fais sont toujours des photos avec des gens. Là, le film que j’ai réalisé, « Ce qui nous lie » est un film sur le vin. Et dans cette exposition, plutôt que de parler du vin et des gens qui font le vin, j’ai préféré parler de la nature. L’exposition s’appelle « Nature humaine » mais l’idée c’est qu’il n’y ait justement pas de présence humaine. Il y a quelque chose d’humain qui est présent dans les vignes, parce qu’elles sont alignées, dessinées. Les paysages de Bourgogne sont des paysages dans lesquels on voit beaucoup l’activité humaine. L’idée c’est de montrer la nature modifiée par l’homme.

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J’ai commencé par la photographie, c’est une activité qui est importante pour moi, un peu comme un échauffement pour un sportif. C’est quelque chose qui vient au préalable et qui est indispensable pour faire du cinéma. Quand je fais des photos de repérages, c’est une façon de capter un lieu. (…) Prendre l’ambiance permet d’imaginer une scène. J’hésitais entre photographe et réalisateur mais pour moi le cinéma est plus complet. Ma dernière exposition était un regard croisé sur Paris et New York, là c’est un regard posé sur la campagne française, la nouvelle campagne française. En France aujourd’hui il n’y a plus de nature, il n’y a plus de forêt primaire. Tout est planté, tout a été fabriqué par l’homme. Que ce soient les forêts, les champs ou les vignes, il y a toujours ce mariage entre l’activité humaine et la nature.

Le vin, c’est le produit magique pour moi. C’est le seul produit qui vieillit bien, qui peut être meilleur vingt ans plus tard que quand il est fait, et puis il y a quelque chose de mythologique dans le vin car ça date de l’antiquité. Quand on va en Bourgogne, ça se sent, on ressent l’empreinte médiévale et ce travail que les moines ont fait il y a si longtemps. C’est un vieux produit qui est toujours plus moderne. C’est un produit qui est en constante évolution et qui s’améliore sans cesse.

Ce qui est beau dans la vigne, c’est qu’elle a besoin de la terre, des racines, et du ciel et du soleil. Le raisin, c’est vraiment un produit qui se situe entre la terre et le ciel. Ce qui fait la richesse quand on boit un vin, outre l’ivresse, c’est qu’il y a quelque chose d’assez magique. »

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Lors du tournage du film « Ce qui nous lie », Cédric Klapish avait également posté de nombreuses photos que vous pouvez toujours voir sur son compte Instagram @cedklap. Vous y trouverez des photos du tournage qui s’est déroulé principalement entre Chassagne Montrachet et Beaune, en passant par Puligny et Meursault notamment, mais aussi des très belles photos de paysages de la cote viticole au fil des saisons puisque ce film qui sortira en juin prochain retrace les retrouvailles d’une fraterie sur les terres bourguignonnes pendant un an. Pour tout savoir sur ce film qui sera interprété entre autres par Ana Girardot, Pio Marmai et François Civil, voir ici.

Au cours de cette interview, Cédric Klapish a également fait découvrir la chanson inédite du film « Ce qui nous lie » composée par lui même et la chanteuse Camélia Jordana et interprétée par cette dernière ( vous pouvez l’entendre dans le lien ci dessus vers la 16e minute).

Voir également cette interview donnée par Cédric Klapisch sur ses débuts dans la photo à Camille Lorente pour Fisheye Magazine

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F230124280495066%2Fvideos%2F345927185581441%2F&show_text=0&width=560

La photo qui illustre cet article provient d’ici

Exposition : Le vin « principe vital » de la vie au Moyen Âge

« Au Moyen Age, on ne boit pas d’eau, c’est dangereux ». Le préambule est posé par Danièle Alexandre-Bidon, une des deux commissaires de l’exposition « Le vin au Moyen Age » que vous pouvez voir à la Tour Jean Sans Peur à Paris.

L’eau polluée rend malade et sa consommation peut être mortelle. Alors au Moyen Age, le vin est un « élément clé du quotidien ». C’est ce que nous raconte Danièle Alexandre-Bidon dans cet entretien étonnant :

On boit donc « du vin, uniquement du vin et beaucoup de vin » au Moyen Age, voire du cidre, du poiré pour les moins fortunés. « C’est valable pour les hommes, les femmes, et même pour les enfants. » Et il faut compter environ 3 litres de vin par jour et par personne … La production de vin à cette époque est donc « considérable » : « il y a des vignes partout ».

Tout le monde n’a pas les moyens d’avoir une cave personnelle. Ce qui veut dire que « dès potron-minet, on descend à la taverne pour prendre le petit déjeuner ». Un petit déjeuner composé de soupe (un bouillon de légume et de viande), de pain, le tout arrosé de vin.

Le vin est « un principe vital » au Moyen Age à cause de la pollution de l’eau. On s’en sert beaucoup en médecine. Pour laver les blessures (le vin fait office de désinfectant), au cours des opérations chirurgicales, pour soigner les blessures pendant la guerre. On immerge les membres douloureux dans des bains de vin et on prépare des remèdes à base de vins.

En médecine mais aussi en cuisine, le vin est partout. La majorité des bouillons contiennent du vin et sont souvent réalisés à moitié d’eau et de vinaigre. On sait ainsi que le goût pour l’aigre-doux, le mélange d’acide et de sucré, était très répandu au Moyen Age.

A raison de 3 litres de vin par personne et par jour (même si ces vins étaient moins forts en alcool qu’aujourd’hui) « il faut envisager que les gens étaient malades » raconte Danièle Alexandre-Bidon. La goutte, l’alcoolisme chronique, déformations du visages, plaques sur les joues, … que les artistes ont souvent représentés en tableaux (ci dessous une représentation de « L’ébriété »).

Il existe déjà au Moyen Age une hiérarchie entre les régions productrices. Certains vins passent pour meilleurs que d’autres « au point qu’un poème consacré à « une bataille des vins » compare les différents crus en termes œnologiques et montre que notamment les vins de Beaune et de Bordeaux sont très réputés. La plupart du temps, on boit le vin produit à coté de chez soi, puisqu’il en est produit partout à l’époque et que le transport coûte très cher.

Danièle Alexandre-Bidon ainsi que Perrine Mane, historiennes, Groupe d’Archéologie Médiévale, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales sont toutes deux commissaires de cette exposition.

Informations Pratiques : 

Tour Jean Sans Peur : 20, rue Étienne Marcel – 75002 Paris Tel : 01 40 26 20 28

Exposition présentée du 11 avril au 11 novembre 2012, de 13h30 à 18h du mercredi au dimanche (sans interruption)

Un cycle de conférences ainsi qu’un concert dégustation sont organisés (renseignements par téléphone).

Visites guidées pour des groupes constitués (de 10 à 20 pers.) : sur réservation au 01 40 26 20 28

Plein tarif : 5 €
Tarif réduit : 3€ (7-18 ans, étudiants, enseignants, demandeurs d’emploi)
Gratuité : – 7 ans, guides-conférenciers, journalistes, étudiants en histoire de l’art, archéologie et histoire.
Conférences : 8 € (première participation), 6 € (les suivantes)
Concert-dégustation : 10€
Visite guidée adultes exposition+tour : 8 €/ personne (sur réservation)

Les climats de Bourgogne préparent leur candidature à l’Unesco avec une expo photo itinérante

Les climats de Bourgogne préparentt leur candidature à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Le dossier devrait être déposé d’ici fin 2011.
Pour le moment, il faut sensibiliser et rassembler la population autour de ce projet porté par l’Association pour l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco présidée par Aubert de Villaine, du domaine de la Romanée Conti.
Trois photographes, Armelle, Jean Louis Bernuy et Michel Joly ont donc capté l’essence des climats bourguignons. Des photos rassemblées en une exposition à ciel ouvert itinérante.
Dijon, maintenenant Beaune, bientôt Le Clos Vougeot puis Nuit Saint George : des lieux emblématiques pour une exposition symbolique qui doit interpeller et fédérer les Bourguignons autour de leurs climats.

Qu’est ce qu’un climat ? Aubert de Villaine et Pierre Henri  Gagey (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne) nous en ont donné lors de l’inauguration de cette exposition à Beaune une définition poétique. Une définition mise en image par cette exposition.

Coté pratique :

Exposition éphémère jusqu’au 14 novembre à Beaune, présentée sur la façade de l’Hotel Dieu, dans le passage Saint Hélène et Porte Marie de Bourgogne.

Pour tout savoir sur cette candidature :

Rendez vous sur le site internet officiel

Adhérez à la page facebook dédiée à cette candidature

A voir également

Le reportage vidéo de Bourgogne Live : « Aubert de Villaine a besoin de vous pour soutenir la candidature des Climats de Bourgogne à l’Unesco »

Le reportage photo de Jean David Camus

Une exposition sur le vin : la cave de Joséphine

Frais et coupé à l’eau glacée, c’est ainsi que Napoléon buvait son Chambertin. Il n’était d’ailleurs pas un grand amateur de vin. Malgré cela, la cave du château de Malmaison est assez exceptionnelle. Parce qu’elle comptait 13 000 bouteilles à la mort de Joséphine en 1814 et par son achalandage.


L’exposition fait le va et vient entre la table et la cave, entre les producteurs et le chef de cave, et suit l’évolution des techniques et des goûts à travers 200 objets et documents. Une plongée très concrète et inédite dans la cave de Joséphine.

Bouteille portant l'inscription "Défense d'en laisser"

Des bouteilles. C’est la première chose que l’on voit en arrivant dans cette exposition. Pour une exposition sur une cave, cela semble attendu. Pourtant leurs formes différentes et leurs particularités disent beaucoup sur les progrès de la verrerie et le commerce du vin.

La mise en bouteille était parfois faite au château de Malmaison, dans cette cave de Joséphine. Dans des bouteilles fabriquées spécialement au chiffre de Napoléon.

Plaques d'émail, porcelaine et orfèvrerie

Certains négoces ou grandes propriétés faisaient également des bouteilles à leurs noms ou signées avec des inscriptions. Avant 1820, il était rare de trouver des bouteilles étiquetées. Des petites plaques en émail avec une chaîne étaient accrochées aux carafes ou bouteilles de service.


Le Bourgogne par tradition, le Bordeaux par choix

Verre à Bordeaux gravé du chiffre de Napoléon 1804-1814

Fait assez exceptionnel à l’époque, une grande partie de la cave est consacrée aux Bordeaux.  Peut être un goût personnel de l’Impératrice ou une sorte d’aide économique à cette région : au sortir de la Révolution, le négoce bordelais a du mal à repartir, notamment avec l’Angleterre.


On trouve notamment dans la cave de Malmaison Lafite et Latour à « Pouillac » (Pauillac), Chateau-Margaux à Margaux, et « Aubrillan » (Haut-Brion) à Pessac. Quatre premiers crus du futur classement de 1855 …

Inventaire de la cave de Louis XVI, année 1782

Les Bourgogne sont représentés surtout par de très belles bouteilles : Clos de Vougeot, Chambertin, Montrachet, Vosnes, Latâche, Corton, Richebourg, … . C’était le vin le plus couramment bu par la haute société de l’époque et un des rares vins que goûtait l’Empereur : il ne buvait que du Chambertin, de cinq à six ans d’âge de préférence (il en buvait même lors de sa campagne d’Egypte).

Les vins liquoreux et en particulier ceux du Languedoc et d’Espagne sont très présents: 30% de la cave. Ils étaient servis l’après midi lors de collations ou au diner pour accompagner le dessert.

Le vin se met à table

Salle à manger du chateau de Malmaison

Pour avoir un verre de vin lorsque l’on était à table, au XVIIIe siècle, il fallait attendre qu’un domestique passe avec un plateau sur lequel plusieurs verres déjà servis étaient disposés. Les bouteilles et carafes étaient tenues à l’écart de la table, sur des dessertes. Avec le XIXe siècle, une nouvelle tendance prend le dessus : c’est le service dit « à la russe ».

Les verres sont devant les convives et les carafes de vin sur la table. La place et donc l’importance faite au vin y  a beaucoup gagné. En parallèle les verreries et cristalleries vont considérablement élargir leurs compétences et les arts de la table vont se perfectionner.

Détail de l'huile sur toile "Après vous, Sire!"


Amoureux du vin, passionnés des arts de la table, inconditionnels du savoir recevoir à la française ou férus d’histoires napoléoniennes : cette exposition est pour vous !
Il ne vous reste plus que quelques jours pour la découvrir puisqu’elle a été prolongée jusqu’au 22 mars.
Après cette date, l’exposition sera présentée en Suisse puis à Rome.



Coté pratique

La cave de Joséphine, le vin sous l’Empire à Malmaison au Chateau de Malmaison, à Rueil Malmaison (92) (plan ici)

L’entrée ( plein tarif 8 euros, tarif réduit 6,5 euros) donne accès au musée du Chateau, à l’exposition et au parc. Plus d’informations ici

Pour en savoir plus

Critiques de l’exposition sur Evene et dans Libération

La place du Bordeaux dans l’exposition par www.bordeauxactu.com

Le catalogue de l’exposition : La Cave de Joséphine, ouvrage collectif, édition RMN, 25 euros disponible ici . L’ouvrage est passionnant, très riche en illustration et documentation et mériterait d’être consulté avant d’aller voir l’exposition pour mieux en saisir toutes les subtilités.