L’héritage de Jules Chauvet célébré pour Bien Boire en Beaujolais

Chateau de Pizay Gamay DayJules Chauvet conférence

A la veille de la dégustation Bien Boire en Beaujolais, une journée de conférences et de débats s’est tenue au Chateau de Pizay à l’occasion du #gamayday. Parmi ces conférences, il y avait un hommage à l’héritage de Jules Chauvet, négociant beaujolais et précurseur des vins « natures ». Jules Chauvet est un personnage emblématique de l’histoire de la viticulture et est un enfant du Beaujolais. C’est à ce titre que la manifestation du Gamay Day lui a consacré ce dimanche une conférence sous forme d’hommage en présence de plusieurs vignerons.

 

Qui était Jules Chauvet ? 

Quelques éléments de biographie sont nécessaires pour saisir la personnalité de Jules Chauvet. Enfant de la Chapelle de Guinchay, un village du Beaujolais, il est né en 1907 dans une famille de négociants en vins. Dès 1934, il consacre un jour par semaine à des études de chimie et de biologie sur mycoderma vini, un champignon qui forme un voile à la surface des boissons fermentées et des jus sucrés sans provoquer la fermentation alcoolique. Jusqu’en 1939, année de sa mobilisation sous les drapeaux, il poursuit des études scientifiques très poussées.

Il reprend l’activité de négoce familiale Chauvet Frères après les décès de son père et de son oncle dans les années 1942-1943. En parallèle, il poursuit ses travaux sur les vinifications en rouge et les fermentations alcooliques à hautes températures. En 1954 il fait des recherches sur les macérations carboniques. C’est également dans les années 1950′ qu’il met en place une technique inédite et rigoureuse de dégustation descriptive. En collaboration avec Paul Bréchot, il effectue des recherches sur les levures indigènes et sur les effets des différentes souches de levures sur les arômes dans le vin. Ces recherches occuperont la dernière partie de sa vie, de 1960 à 1989.

Jules Chauvet

Jules Chauvet dégustation

Son oeuvre scientifique porte donc sur la recherche fondamentale en biochimie et en biologie. Elle s’intéresse aussi à la biologie appliquée à l’oenologie. Il a également utilisé sa rigueur scientifique pour déterminer une dégustation olfactive et organoleptique détaillée. Il a forgé avec 50 ans d’avance le concept de « vin nature » avec pour philosophie de « faire des vins peu alcoolisés, avec de jolis parfums ».

« La vigne, moins on la touche, mieux elle se porte » : à la vigne aussi il applique une approche novatrice. Une pensée basée sur le respect de la vie microbiologique des sols, l’utilisation d’engrais organiques, le développement des biocontroles, la recherche de variétés résistantes, une vendange à maturité optimale et le respect de la récolte avec le moins de trituration du raisin.

Philippe Pacalet, stagiaire de Jules Chauvet et vigneron bourguignon

Philippe Pacalet, a eu l’opportunité d’apprendre aux côtés de Jules Chauvet par l’intermédiaire de son oncle Marcel Lapierre, autre grand nom de la viticulture beaujolaise. Il l’a rencontré en 1983 et garde surtout de lui le souvenir d’un conseiller bienveillant. Marcel Lapierre lui même venait prendre conseil auprès de Jules Chauvet au sujet des vinifications sans soufre sur lesquelles il travaillait. Entre 1987 et 1988 Philippe Pacalet a fait un stage de formation chez Jules Chauvet. « C’était un maître perspicace, il ne faisait pas de cadeau mais était toujours bienveillant. C’était un visionnaire. Il s’intéressait à des sujet dont pas grand monde se préoccupait et que très peu de gens appliquait : les levures indigènes, vinifier avec le moins d’intervention possible, respecter le raisin et le sol » se souvient-il.

« Il avait un pied dans la profession comme il était négociant, mais il avait une passion pour la science et la recherche. Il se posait les questions pratiques et essayait d’y trouver des réponses scientifiques. Il avait les moyens de faire de la recherche fondamentale et de l’appliquer. Il amenait toujours des tonnes de livres, c’était un érudit qui mettait toujours une touche de spirituel et de poésie dans le travail. »

Philippe Pacalet est désormais vigneron en Bourgogne à Beaune. « J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message.C’est ce qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui et certainement d’être là où je suis et d’avoir toujours l’esprit scientifique. Les dégustations chez lui étaient toujours de grands moments, elles commençaient à 11h précises. Le mot « nature » n’est pas un mot féérique, car la nature ne fait pas de cadeau, il faut prendre soin de la biomasse car un sol aussi fermente ».

« J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message. »

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

La cuvée « Jules Chauvet » du domaine Robert Denogent

Après le décès de Jules Chauvet, le domaine viticole de 6,5 hectares a été entretenu de manière conventionnel. Une source d’insatisfaction pour la petite nièce de Jules Chauvet, Bénédicte Chauvet qui a donc fait appel à plusieurs vignerons pour reprendre chacun une partie du domaine et l’entretenir de manière plus respectueuses de la nature. Parmi ces vignerons, Marie Lapierre, Jean Claude Chanudet, Yvon et Jules Métras, Christophe Pacalet, Marcel Joubert et Jean Jacques Robert . 

Le domaine Robert-Denogent situé à Pouilly Fuissé est un domaine qui ne vinifie que des vins blancs, c’est donc sa seule cuvée de vin rouge mais à laquelle Jean Jacques Robert, grand amateur de Beaujolais tient particulièrement. Depuis 2012, avec ses fils Antoine et Nicolas, il vinifie ainsi une cuvée Jules Chauvet sur 1,14 hectares de vignes. Son fils Antoine explique « à la vigne nous n’utilisons aucun insecticide et aucun désherbant, uniquement un labour mécanique assez léger, en surface, et à la cave il n’y aucun intrant dans les vins. Pour cette cuvée, nous faisons une sorte de macération carbonique en levures indigènes, sans soufre à la vinification (même si il y a eu 1g de SO2 à la mise en bouteille pour le millésime 2014 car 99% de ce vin part à l’export).

« Jules Chauvet prônait les vins de faible degré, en essayant de faire des vins le plus naturellement possible (avec ou sans soufre, ce n’est pas la question) mais essayer de laisser le vin se faire tout seul avec le temps grâce aux levures. C’est le travail des levures indigènes qui est essentiel ce sont elles la colonne vertébrale du vin qui permettent l’expression du terroir. C’est Jules Chauvet qui a mis au point la macération carbonique, ce qui permet un développement levurien dans un espace clos sans oxygène saturé en gaz carbonique.  Comme nous n’avons pas les moyens matériels de faire une macération carbonique de ce type, nous déposons une partie de la vendange triée et saine en grappe entière dans les cuves par gravité et nous pressons une partie de la vendange (environ 5%) que l’on incorpore tout de suite dans la cuve. Ce jus nous permet de faire des remontages. Nous ne contrôlons pas encore les températures mais pour l’instant on s’en est bien sortis, on n’a jamais dépassé des températures de 25° sur des vinifs de 10 à 15 jours. On garde un coté très floral dans ce vin, avec une extraction très légère. »

« Sur nos blancs, on fait très peu d’intervention sur les vins. Il n’y a aucun intrant, aucun levurage, aucun batonage, aucune manipulation. Ce sont les lies qui font tout, qui vont être la structure et la colonne vertébrale du vin. La durée d’élevage est importante, il faut laisser du temps. »

 

Pour en savoir plus :

Jules Chauvet a écrit plusieurs livres qui sont malheureusement très difficiles à trouver car ils ne sont plus réédités

Relire Jules Chauvet par Vincent Pousson

Contactez l’Amicale Jules Chauvet : amicalejuleschauvet@gmail.com

Domaine Philippe Pacalet 12, rue de Chaumergy 21200 Beaune. Teléphone : 03 80 25 91 00

Domaine Robert Denogent Le Plan, 71960 Fuissé. Téléphone : 03 85 35 65 39

 

 

 

 

 

 

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Ce qu’il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne


Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

L’édition 2014 des Grands Jours de Bourgogne a attiré un vaste public de professionnels et de journalistes du monde entier. Ils peuvent en une semaine déguster tous les domaines de toutes la Bourgogne regroupés en appellation.  Si la hausse globale est de +9 % de visiteurs uniques (2 400 cette année contre 2 200 en 2012), la hausse de fréquentation par manifestation est en moyenne de 28 %. Ce très bon score confirme que les visiteurs participent à toujours plus de dégustations. Par catégories de métier, les importateurs (26 % des visiteurs) et les Cavistes/Magasins spécialisés (24 %) étaient de loin les plus représentés. Les restaurateurs et sommeliers suivaient de près (22 %). La prochaine édition des Grands jours de Bourgogne aura lieu en mars 2016 !

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

Parce qu’il attire un vaste public de professionnels, les Grand Jours de Bourgogne donnent désormais lieu à de nombreux « off », comme toute manifestation de cette ampleur. C’est également l’occasion de croiser les copains journalistes, cavistes, importateurs, sommeliers de manière plus informelle. Un grand merci à Jean-François Vandroux et Pierre Grimaldi, le  joyeux duo de Anima Vinum pour cette sympathique soirée de dégustation à l’aveugle pleine de surprises … Anima Vinum sélectionne exclusivement des vins de vignerons récoltant et est identifiable à son logo : un petit escagot qui porte un tonneau en guise de coquille… Je vous en reparlerai très bientôt.

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry L’un des « off » qui fait désormais partie des rendez vous incontournable de ces Grands Jours, c’est la dégustation des Tontons Trinqueurs au domaine Muzard à Santenay (souvenez vous, je m’y étais déjà rendue en 2012, voir le reportage vidéo ici). 36 domaines renommés de Bourgogne, de Champagne, de la Loire,d’Alsace, de la Vallée du Rhône, de Provence ou encore de Corse ont encore une fois permis de déguster leur millésime 2012 dans une ambiance conviviale. Là aussi, les professionnels étaient au rendez vous avec plus de 350 visiteurs. Cette année, coté restauration, les Tontons nous ont régalé avec les excellents burgers entièrement bourguignons de B comme Burgui. L’occasion d’un pic-nic de luxe au milieu des vignes de Santenay.

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryunnamCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henryed L’autre « off » incontournable de cette édition des Grands Jours de Bourgogne, c’était la première édition des Affranchis, au hameau de Barboron (voir l’article consacré à cet événement ici). Là ce sont les vins dits « natures » qui étaient à l’honneur avec des vignerons venus de toutes les régions viticoles. Point fort de ces deux jours de salon, un diner d’exception réalisé par Yves Camdeborde, Guillaume Crotet, Hugo Desnoyer, Laurent Parra, Jean Yves Bordier et Pierre Hermé … Au fil du repas, les convives pouvaient goûter les vins des vignerons présents, qui n’hésitaient pas à faire tourner leurs bouteilles de tables en tables. Un diner à la fois très prestigieux et très convivial qui s’est terminé sur la piste de danse tard dans la nuit !Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry Ce qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe HenryCe qu'il ne fallait pas rater pendant Les Grands Jours de Bourgogne ©Marthe Henry

J’ai terminé cette semaine de dégustations et de rencontres par une grande première : le diner de la Banée de Meursault. C’est une sorte de petite soeur de la fameuse Paulée de Meursault : même lieu, le château de Meursault, même concept, un diner vignerons où les convives apportent leurs vins, même ambiance avec les Cadets de Bourgogne ! Un repas qui dure toute la nuit, un défilé de bouteilles bourguignonnes plus prestigieuses les unes que les autres, une ambiance familiale, c’est quasiment comme la Paulée, sauf que la Banée a lieu le soir. Merci à Romain Escoffier qui a rendu cette première fois possible !

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Où boire un verre à Meursault ? Les Terrasses de Citeaux chez Philippe Bouzereau

Terrasses de Citeaux Meursault

Dans la série « Où boire un verre ? », en revenant de Puligny, arrêtons nous à Meursault. Ce village phare de la Côte de Beaune ne dispose pas réellement de bar à vin ou de cave à vin (les cordonniers sont bien les plus mal chaussés) mais il existe quelques caveaux de dégustations de vignerons ouverts toute l’année. Celui de Philippe Bouzereau, les Terrasses de Citeaux, vaut particulièrement le détour. 

La vue est à couper le souffle. A quelques mètres de la place du village, un clos entoure le Château de Citeaux, vieux de plus de 10 siècles. C’est là, face aux vignes, que Philippe Bouzereau propose la découverte des vins du domaine familial. Plusieurs formules dégustations entre 5 et 12 euros s’offrent au visiteur, qui sera guidé par Anaïs Laborde. Mais aux Terrasses de Citeaux, on va au delà de la simple dégustation.

Ce caveau de dégustation décline l’œnoutourisme sous toutes ses forme.  « Nous proposons des pic-niques dégustations autour des vins du domaine » explique Anaïs Laborde. Ces généreux pic-niques individuels sont préparés par le chef étoilé Laurent Peugeot et se dégustent accompagnés d’un choix de vins de Philippe Bouzereau à l’ombre des parasols.

Les vendredis, Anaïs propose également des visites de la vigne, dans le clos du Château. Explications du cycle végétatif de la vigne, de la vinification de vins rouges et des vins blanc, … tout est fait pour initier les visiteurs le plus sympathiquement possible. Le domaine Philippe Bouzereau est un domaine familial qui existe depuis 9 générations et s’étend sur 15 hectares de vignes de Santenay à Corton. L’appellation principale du domaine est évidemment Meursault. La dégustation qui clôt la visite prend ensuite tout son sens.

Aux Terrasses de Citeaux, l’accueil est chaleureux, enthousiaste et complet. Moins bien signalé que d’autres châteaux voisins ayant également misé sur l’ œnotourisme, l’endroit mérite pourtant davantage le détour. « Les clients qui arrivent ici, en règle générale, ils s’installent sur la terrasse, et ils n’arrivent plus à repartir. C’est tellement apaisant. On a vraiment un cadre magnifique ».

Terrasses de Citeaux Meursault
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Infos Pratiques :

Les Terrasses de Citeaux, 7 place de la République, 21190 Meursault. 03 80 21 20 32 terrasses@chateau-de-citeaux.com

Il est conseillé de réserver à l’avance pour les pic-niques et les visites.

Voir le site internet du domaine ici

Plus de Bonnes Adresses à consulter ici

Où boire un verre à Puligny Montrachet ? Chez Julien Wallerand, au caveau de Puligny.

Caveau de Puligny

Sortez de Beaune, faites quelques kilomètres en direction de Santenay, passez Meursault, et arrêtez vous à Puligny Montrachet chez Julien Wallerand. Pour boire un verre de bon vin en  terrasse en bonne compagnie : vous y croiserez beaucoup d’habitués, pas mal de vignerons et quelques touristes bien renseignés.

Créé en 1998 par son père Jean Claude Wallerand, le caveau était au départ une cave à vin qui référençait les producteurs du village. Puis quelques bouteilles de Chassagne, Meursault, Saint Aubin voire de Côtes de Nuits sont apparues dans les casiers. Et en 2004, quand son père a pris sa retraite, Julien Wallerand s’est lancé dans l’aventure. Il lance alors un concept de formule dégustation pour les touristes et crée une terrasse devant la cave qui permet de déguster les 500 références qu’il propose à la carte moyennant un droit de bouchon de 5 euros.

« Mon cheval de bataille, c’est la précision et la propreté dans un vin » c’est ainsi que Julien Wallerand fait sa carte des vins. « Mais il faut aussi savoir adapter sa sélection par rapport à la demande des clients. C’est pour ça que j’ai des vins très flatteurs mais aussi des vins de garde. Ce qui me permet en plus de travailler avec davantage de vignerons, ce qui est très intéressant. »

La formule dégustation propose de goûter cinq vins pour 14 euros. »Elle permet de découvrir différents styles, parfois sur plusieurs appellations, pour que les gens apprennent quelque chose. Quand ils ressortent d’ici, je veux qu’ils ne soient plus tentés de faire des généralités. Je veux leur faire comprendre que derrières les appellations Puligny ou Meursault ou Chassagne, c’est le producteur qui est  très important. »

« La Bourgogne est une région relativement compliquée au niveau des terroirs et des producteurs. Je voudrais que les gens qui passent au caveau réussissent à la comprendre un peu mieux. Et à ceux qui arrivent en me disant qu’ils aiment bien le Puligny mais pas le Meursault ou qu’ils adorent le Chambolle mais pas le Gevrey, j’essaye de leur faire comprendre que le facteur producteur est le plus important. Faire découvrir des appellations sur lesquelles les gens ne sont pas à l’aise ou les réconcilier avec celles qu’ils pensent ne pas aimer, ca n’est pas un travail facile, mais on y arrive! ».

Mi cave, mi bar à vin, le caveau de Puligny est l’endroit où il fait bon prendre son temps de déguster un verre voire une bouteille au coeur de l’un des villages les plus calmes de la Côte. L’enthousiasme de Julien, la diversité de sa carte des vins et la tranquillité de sa terrasse vous feront à coup sûr prendre un deuxième verre, ou une deuxième bouteille …

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Infos Pratiques :

Le Caveau de Puligny Montrachet, rue Poiseul 21190 PULIGNY MONTRACHET (Tél : +33 3 80 21 96 78)

D’autres Bonnes Adresses à consulter ici

Les vieux millésimes à l’honneur à la Fête des Crus du Beaujolais

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Chaque année, le Beaujolais fête ses Crus, ces villages tels que Fleurie, Morgon, Saint Amour où sont produits les vins de prestige. Le temps hivernal n’ayant pas entamé la bonne humeur des amoureux du gamay, c’est à Odenas que s’est déroulée l’édition 2013 de cette manifestation populaire. Pour l’occasion, une dégustation exceptionnelle de vieux millésimes s’est déroulée dans la cave du Château de la Chaize.

« On a tendance à dire que le Beaujolais est un vin qui se boit jeune, et on fait souvent référence au Beaujolais primeur. C’est pour ça que nous avons choisi de faire découvrir des vins de garde et de montrer comment ces crus vieillissent, vous allez être surpris ! » s’enthousiasme Lydie Nesme, vinicultrice au Château de Pierreux. Des vins âgés de 10 à 25 ans étaient proposés à la dégustation.

« Sur ces vieux gamay, on peut trouver des arômes de fleurs, comme l’iris, la pivoine, ou bien la cerise, le kirsh, même si chaque domaine et chaque millésime a des caractère particuliers. La robe n’est pas noire, elle est d’une couleur pelure d’oignon. Mais en terme d’élégance, de finesse et de palette aromatique, on peut vraiment se faire plaisir avec ces vieux millésimes. »

On ne le dira jamais assez, le Beaujolais n’est pas un vin réservé au troisième jeudi de novembre …

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Voir également :

Et un GRAND merci spécial à Anne Victoire pour l’organisation, la bonne humeur et le merveilleux Fleurie de Vicky 🙂 Parce que malgré les éléments déchainés, elle a mis du soleil dans ce week-end !

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Vigneron Indépendant : quel intérêt pour les vignerons ?

Ce week-end a lieu Porte de Champerret l’un des deux salons annuels parisiens des vignerons indépendants. Plusieurs centaines de vignerons venus de toute la France viennent ainsi faire déguster leurs vins. Face à eux, une foule, pendant 4 jours. Des clients habitués, réguliers, des « connaisseurs » -plus ou moins « connaisseurs »-, des curieux, … Alors quel intérêt pour les vignerons ? Rencontre avec deux vignerons bourguignons, Pierre Bouzereau (Meursault) et Antoine Olivier (Santenay)

« Un vigneron indépendant, c’est un vigneron qui cultive sa vigne, qui soigne son vin, et qui le vend, le distribue » explique Pierre Bouzereau. « Pour un Bourguignon, cultiver sa vigne, élever son vin, c’est quelque chose de naturel. Les vignerons indépendants c’est une association qui est née dans le sud de la France, dans un milieu plutôt coopérateur, très différent du milieu bourguignon. On a toujours été vignerons indépendants dans l’âme en Bourgogne, surtout en Côte d’Or. Pour moi c’est quelque chose de naturel » poursuit Antoine Olivier.

« Les vignerons indépendants ont créé un réseau de très beaux salons, porteurs. On les suit parce que c’est rentable, que l’on touche une belle clientèle, fidèle. Cela fait 25 ans que je viens, et je continue » raconte Pierre Bouzereau. Pour Antoine Olivier, c’est son père qui est venu le premier aux salons : « c’était une solution de distribution irremplaçable pour lui. C’était un excellent moyen de se faire connaître et un excellent moyen de connaître les gens. Aujourd’hui, on s’est diversifié sur des tas d’autres marchés aussi bien en France qu’à l’étranger. Mais les salons restent un moyen intéressant et valorisant pour nos produits avec un grand avantage : on est en relation directe avec le consommateur final. »

Une relation privilégiée avec les clients

« On sait mieux ce que les gens recherchent, ce qu’ils apprécient, et comment ils perçoivent nos vins », un atout indéniable selon Antoine Olivier. « Quand on vend à un distributeur ou à un importateur, on a une relation avec un professionnel mais on n’a pas la réaction du client final. Là on a une relation directe avec celui qui va boire le vin …. »

« Le contact avec les clients est toujours intéressant. On répète souvent la même chose, c’est vrai, mais chaque client est différent » raconte Pierre Bouzereau. « Je me régale à discuter avec chaque client, c’est comme ça! Et puis, on finit par se connaître, et avec certains clients on devient des amis. Il y a ceux que l’on voit une fois et qu’on ne revoit jamais, et ceux que l’on revoit, on est ravis parce que cela veut dire qu’on ne les as pas déçu, donc on est contents de les revoir. »

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Rendez vous ce week-end, du 22 au 25 mars,

Porte de Champerret à Paris

Pour tout savoir sur le Domaine Olivier, voir ici et pour en savoir plus sur Michel Bouzereau, voir ce très vieil article (de 2007 !)

A voir (ou revoir) également ce reportage de 2011 !

Boire un verre de vin du Nord de l’Italie avec Ian d’Agata

Ian d’Agata, c’est LE monsieur vin italien. Journaliste pour Decanter, auteur de guides, co-directeur de la « Rome International Wine School »… Alors en béotienne, je lui ai demandé par quoi commencer pour appréhender les vins du Nord de l’Italie (ah oui on est dans une thématique en ce moment).

Car oui, il y a des vignes ailleurs qu’en Toscane, et oui il existe d’autres vins que le chianti et le barolo. Par exemple dans cette région du Nord de l’Italie qui nous intéresse ici, qui comprend Frioul Vénétie et Julienne, on trouve les meilleurs pinot gris, « pinot grigio », d’Italie selon notre expert à l’irrésistible accent. Mais attention, il y a pinot grigio et pinot griogio, et avec Ian comme guide, on ne peut pas se tromper. Il y a celui qui est « presque industriel,  neutre, simple, facile à boire » et il y a les « pinots grigio vraiment grands, profonds, concentrés » qui viennent du Frioul principalement et pour lesquels il faut être « prêt à payer » … 10 euros.

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Pour changer du pinot gris, Ian recommande également

  • le pinot blanc de la région. Plus rare à trouver, mais vraiment excellent. Il ajoute même : « rien à voir avec le pinot blanc d’Alsace »…
  • un « merveilleux vin d’apéritif » : le ribolla gialla. Très bon aussi avec les poissons d’eaux douces, et les assiettes à base de végétal, comme les asperges ou les artichauts.
  • le « malvasia » pour ceux qui, comme Ian, aiment les vins aromatiques, les riesling, le gewurtzraminer, mais qui les trouvent parfois un peu trop exubérants. La mavasia est « mois excessive ».

Et pour contextualiser un peu, quelques images de Vénétie …

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Merci à Grains Nobles pour l’accueil (de la dégustation, hein, pas en Vénétie!)