Oubliés, modestes, interdits : les cépages rares en vedette !

Dans le monde du vin comme ailleurs, le rejet de la standardisation passe par un retour aux particularités : vinifications inhabituelles, recherches de terroirs exclusifs, et retour à la valorisation des « cépages » méconnus. Réel retour aux sources ou effet marketing, pleins feux sur ces variétés de raisins jusqu’alors reléguées au second plan de l’imagerie viticole. Publications, salons, cuvées spéciales leurs sont désormais dédiés.

Ils sont en pleins préparatifs. Dans 48h ces cinq étudiants du BTS viticulture-oenologie de Beaune (Côte d’Or) présenteront leur « Salon des cépages rares », une grande première dans cette contrée bourguignonne où la culture viticole ne se caractérise pas par une grande diversité de cépages (on trouve principalement du chardonnay et de l’aligoté en blanc, et du pinot noir et un petit peu de gamay en rouge). En deux mois, ils ont réuni une dizaine d’exposants (liste ici) et pas mal de bouteilles issues de ces cépages rares.

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« Aujourd’hui 95% des vignes plantées dans le monde ne sont plantées qu’avec une dizaine de cépages, qui sont très connus parce qu’on les voit plus fréquemment. Ici en Bourgogne, on pense tout de suite Pinot Noir et Chardonnay. Nous on a voulu se concentrer sur d’autres cépages très anciens, qui ont pu être oubliés ou plus récents créés par croisements ou hybridation » explique Paul Chevreux. « Le domaine Beirieu, qui sera présent, est un domaine bio qui a planté des nouveaux cépages dans les années 80 pour réduire les besoins en produits phytosanitaires ce qui peut être une piste intéressante pour l’avenir. »

Outre ces cépages d’avenir, on trouve également des cépages anciens, autrefois méprisés et relégués à des pourcentages minimes dans des assemblages désormais mis en avant. C’est le cas du fié gris, un genre de sauvignon gris, originaire de Touraine et que produit le domaine Frissant. C’est aussi le cas du damas noir, un cépage auvergnat que cultive le domaine de la Croix Arpin. Parmi ces cépages rares et méconnus, certains, comme le jacquez ont même été interdits. L’association Mémoire de la vigne sera là pour expliquer l’histoire de ce sulfureux jacquez, interdit à cause de sont taux trop élevé de méthanol. Il sera proposé à la dégustation, mais pas à la vente comme l’explique Christo Lafond.

Au delà des variétés de cépages, il y a également des variétés au sein même des cépages. Le chateau Pontus de Tyard situé en Saône et Loire propose des vins issus d’un conservatoire de cépage chardonnay qui recense 80 variétés de ce même cépage. Ces recherches menées en partenariat avec la chambre d’agriculture visent à endiguer une uniformisation du matériel végétal et à conserver une certaine diversité.

« A travers ces cépages, ce que l’on veut faire découvrir aux gens ce sont aussi des histoires parce qu’il y a vraiment des gens passionnés derrière toutes ces bouteilles et c’est cela aussi que l’on veut montrer » explique Enzo Navarro.

C’est en allant voir le salon Rare à Paris l’année dernière que ces étudiants se sont passionnés pour ces variété méconnues de raisins et pour ces vins confidentiels. Outre ces salons ouverts au public et qui développent la curiosité pour ces « pépites », il existe également une des associations de vignerons et des recherches de plus en plus nombreuses sur ces sujets ampélographiques. Les désormais célèbres « Rencontres des cépages modestes », tiendront leur 7e édition en 2017. Il s’agit d’une association fondée par Philippe Meyer et présidée par André Deyrieux qui promeut ces cépages reflets de leur terroir et d’une histoire : « La modestie ampélographique ne vise pas la compétition, le toujours mieux, le toujours plus. Affirmation déterminée de fondamentaux très simples et authentiques, elle revendique une existence assumée, déterminée, et refuse les superlatifs, à la recherche d’une vérité locale, une histoire de quelque part » explique Jean Rosen, dit Petit Verdot, vice-président des Rencontres des cépages modestes. (voir leur site internet).

Infos Pratiques :

Le salon des cépages (voir site internet) se déroulera à Beaune chapelle Saint Etienne place Ziem du 25 au 26 février (5€ l’entrée).

Pour aller plus loin :

Je vous recommande la lecture de ces deux ouvrages aux éditions Dunod :

  • Cépages et vins, ces raisins qui font les bonnes bouteilles par François Collombet pour tout savoir sur les cépages les plus connus
  • A la rencontre des cépages modestes et oubliés, l’autre goût des vins, par André Deyrieux, pour découvrir des cépages et des vins atypiques

Voir également cet article réalisé en Aout 2016 sur les cépages résistants aux maladies

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Fête des vendanges : visite guidée de la vigne de Montmartre

Tandis que les vendanges se terminent un peu partout, Paris fait la fête autour de ses vignes mythiques de Montmartre. La traditionnelle « Fête des vendanges de Montmartre », grande fête bachique parisienne, offre notamment l’occasion de visiter gratuitement les vignes du Clos Montmartre et de participer à de nombreuses activités rabelaisiennes…

Rencontre avec Francis Gourdin, « œnologue urbain ». C’est sa 17e vinification en tant que responsable des vignes  de la Ville de Paris et pour lui c’est vraiment « un très grand honneur de travailler ici et d’essayer d’améliorer la qualité de ces vins ». Outre le Clos Montmartre, il s’occupe également des vignes de Bercy, de Belleville, le Clos des Morillons et la Butte Bergère.

« Il y avait de la vigne à peu près partout avant 1860. Avant le phylloxéra, la production parisienne de vin pouvait atteindre 9 millions de litres ! Les vignes s’étendaient surtout du coté du quartier de la Goutte d’Or, vers le Moulin Rouge, vers la place Blanche, la place Pigalle  … Petit à petit, l’urbanisation, le phylloxéra et l’arrivée du chemin de fer qui a apporté à Paris les vins d’autres vignobles ont eu raison du vignoble francilien.

La parcelle du Clos Montmartre, c’est un peu comme un arboretum, un conservatoire. Il y a même des cépages oubliés, des cépages hybrides de pinot et de gamay qui donnent un vin assez particuliers avec un goût assez sauvage. On essaie de faire un vrai vin rouge avec ce raisin.

Une fête de quartier devenue fête internationale

La Fête des vendanges tourne toujours autour du 9 octobre, de la Saint Denis. C’est vraiment la fête du début de la fermentation du vin, c’est mythique, on fêtait déjà ce phénomène à l’époque dionysiaque. Nous organisons des parades, toute une série de manifestations. C’était une petite fête de quartier il y a encore 10-15 ans, c’est devenu une fête nationale voire internationale. »

Ce qui émeut le plus Francis Gourdin, qui mène lui-même les visites du Clos Montmartre, c’est de voir que chaque année, il y a « des gens qui découvrent qu’il y a une vigne à Montmartre et surtout, qu’on y fait du vin »

Infos Pratiques :

Programme complet de la  Fête des Vendanges 

Ou déguster le vin du Clos Montmartre

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