Guillaume Bodin revient avec un nouveau film : Zéro Phyto, 100% Bio !

Après La Clef des Terroirs et Insecticides mon amour, Guillaume Bodin revient avec un nouveau film documentaire « Zéro Phyto, 100% Bio » qui sortira sur grand écran le 31 janvier prochain. Après avoir exploré le monde de la viticulture biodynamique et avoir dénoncé les méfaits des produits phytosanitaires appliqués à la viticulture, ce film met en avant des pratiques vertueuses associant cantines collectives bio et arrêt des pesticides dans les lieux publics. Ou comment une somme de bonnes volontés et une prise de conscience partagée peuvent faire évoluer les pratiques agricoles et améliorer environnement et qualité de vie. 

Rencontre avec Guillaume Bodin, jeune homme engagé et dynamique, militant et sympathique lors de la projection de son film en avant première à Beaune le 2 octobre.

Comment es tu passé des documentaires sur le vin à celui ci, qui sort du domaine viticole ? 

Pour Insecticides mon amour, j’avais pas mal travaillé avec l’association Génération Futures. Je fais partie de cette association depuis 2013, depuis mon intoxication aux produits phytosanitaires*. L’association Agir pour l’environnement m’a aussi beaucoup aidé pour la communication autour de ce film au cinéma. Zéro phyto 100% bio a été créé en 2014 par trois associations (Agir Pour l’environnement, Générations Futures et Bio Consom’Acteur)  pour essayer de promouvoir les cantines bio et l’arrêt des pesticides en ville. Ils m’ont demandé de faire des vidéos pour promouvoir cette initiative. J’ai commencé à tourner quelques vidéos que j’ai mises sur internet mais pendant le tournage j’ai pensé qu’il faudrait en faire un documentaire pour le cinéma pour pouvoir débattre de ces sujets là au cinéma. Il y a un vrai manque autour de cette thématique.

 

Ce film porte deux idées phares : l’arrêt des pesticides dans les villes et les cantines bio, c’est à dire la restauration collective bio en général (crèches, écoles, collèges, lycées, hôpitaux, prisons, Epad). Depuis le 1er janvier 2017, il y a une loi qui interdit l’utilisation de tous les pesticides dans les lieux publics. On voulait mettre en avant cette mesure. Nous avons pour cela rencontré le sénateur Joël Labé qui a été à l’origine de cette loi. D’un côté les villes se sont engagées, d’un autre coté le bio dans les cantines permet des débouchées pour l’agriculture bio. On essaye de prouver que contrairement à ce que dit le syndicat agricole majoritaire, le bio peut nourrir l’humanité et qu’il existe des débouchés, il suffit de les encourager !

 

 

Quel impact est ce qu’un documentaire peut avoir concrètement ? 

C’est un film informatif et militant, cela dépend comment on vient le voir. Il y a des gens qui utilisent ce film pour faire changer des choses dans leurs communes ou leur ville. Après la projection du film à Versailles, le maire a décidé de mettre 20% de bio en restauration collective. Ils sont passé de 0 à 20% donc c’est quand même un grand pas en avant. Ca concerne quand même 5 600 repas par jour environ. Hier on a discuté avec deux jeunes agriculteurs à l’issue de la projection qui pensaient que le bio n’était pas pour eux car ils ne voyaient pas de débouchés possibles mais il avaient envie de faire en sorte que cela change. Ils ont simplement peur de se lancer dans le changement et de ne pas y arriver même s’ils sont convaincus du bien fondé du bio. Ils ont peur de la baisse de productivité engendrée par une conversion en bio, peur des maladies, peur de ne pas tenir le coup financièrement. Dans le film on montre des exemples qui fonctionnent, où des agriculteurs on dû créer une filière mais qui y sont arrivés.

Concernant la biodynamie, ton film la Clef des Terroirs avait également été très pédagogique, c’est cela qui compte pour toi ? 

La Clef des terroirs a suscité beaucoup de réactions. J’ai rencontré beaucoup de vignerons, et je continue à en rencontrer, qui m’ont dit que ça leur avait donné envie de s’intéresser de plus près aux pratiques biodynamiques. Pour certains, ils sont même passé en biodynamie ou ont fait leurs premières préparations biodynamiques suite à la projection du film, simplement par curiosité. Petit à petit on peut faire évoluer les choses. Pierre Masson aussi a vu que le film avait vraiment créé une demande en désacralisant un peu ces pratiques dites « ésotériques » et s’appuyant sur les planètes et la lune. Dans le film on montrait des choses concrètes. Avec Insecticides mon amour il y a eu beaucoup de réactions en Champagne. J’y ai fait énormément de projections où les salles étaient combles et où il y avait énormément de vignerons. Je pense que cela contribue à faire évoluer les mentalités et bouger les choses petit à petit.

 

 

J’essaye de faire des films qui ne soient pas clivant. Le but n’est pas de dresser les bio contre les non-bio, le but c’est de faire évoluer les choses. Avec ce nouveau film c’est pareil, on essaye de faire évoluer les choses…

Tu es en train d’achever la suite de la Clef des Terroirs, quel en sera le thème principal ?

La suite de la Clé des Terroirs devrait sortir l’année prochaine, j’ai presque fini de le tourner. Dans ce film il n’y aura que des femmes vigneronnes : Hélène Thibon (Mas de Libian en Ardèche), Marie Thérèse Chappaz (Valais), Elisabetta Foradori (Dolomites et Toscane) et Virginie Saverys (Avignonesi à Montepulciano). Le sujet reste la biodynamie mais on va un peu plus loin et on aborde aussi l’élevage dans ce film. Il y a aussi une évolution dans l’élevage des vins. On boise de moins en moins, il y a une évolution vers des vins plus fruités et moins maquillés. Chez ces vigneronnes, on trouve soit des oeufs en béton, soit des amphores…

 

 

En Bref : 

Pour tout savoir sur Zéro Phyto, 100% Bio, retrouver les avants-premières près de chez vous et voir davantage de vidéos cliquez ici 

Pour ne rater aucune vidéo de Guillaume Bodin, suivez sa chaîne You Tube 

Pour voir la carte des villes et villages sans pesticides cliquez ici et pour voir celle des cantines bio cliquez ici.

 

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Une journée avec … Athénaïs de Béru

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Athénaïs, c’est une sorte de chainon manquant entre Fifi Brindacier et Lalou Bize-Leroy. C’est la malice, le pétillement, l’étonnement associée à une expérience, un amour de la nature et une passion pour la vigne et le vin. Il lui a fallu une bonne dose d’audace pour quitter l’univers de la finance et sa vie parisienne et venir vivre à Béru en 2004, dans ce microscopique village de l’Yonne (une centaine d’âmes). De l’audace, mais pas d’inconscience. De la perspicacité aussi, et de la ténacité, pour imposer une viticulture biologique et biodynamique. Elle détonne dans l’univers du chablisien.

Béru c’est tout d’abord une magnifique propriété articulée autour d’un chateau, monument classé de style renaissance érigé sur des fondations du XIIIe siècle. Il appartient à la famille depuis plus de 400 ans. Dévasté par la crise phylloxérique, c’est le père d’Athénaïs qui a replanté l’ensemble du domaine dans les années 80. Le domaine compte actuellement 13 hectares, entièrement cultivé en bio et biodynamie…

Elle marche d’un pas décidé. Derrière le chateau, on découvre un clos ceint de murs : le Clos Béru, une parcelle d’un seul tenant que jouxte une petite parcelle, l’Orangerie. C’est un peu son jardin, alors elle les bichonne particulièrement. Malgré le travail de gestion du domaine, de commercialisation du vin et de suivi des élevages, elle met un point d’honneur à passer le plus de temps possible aux vignes avec son équipe, surtout lorsque les travaux sont rudes ou que le temps est maussade : quand il y a un coup de mou dans l’équipe, elle s’arrange toujours pour être là. Les journées sont parfois longues, des préparations biodynamiques aux aurores jusqu’à la gestion du domaine tard le soir. Mais la bonne humeur d’Athénaïs n’est que très rarement ternie. 

 

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Ce dimanche maussade d’avril, la vigne pleure, signe de la reprise de l’activité de la plante après la dormance hivernale, sorte d’hibernation végétale. Les branches ne sont pas encore « baissées », c’est à dire attachées au fil pour domestiquer sa pousse. La densité de plantation est de 6500 pieds par hectare. Les vignes ont en moyenne 30 ans et sont taillées en guyot double.  

Athénaïs attache une grande importance à la taille et s’attache à préserver un flux de sève optimum pour chaque cep. Les sols sont travaillés au cheval. Elle a également fait l’essai de mettre des moutons pour désherber les rangs du Clos Béru et espère bien essayer également avec des poules. En s’éloignant du Chateau, le paysage vallonné se dessine. Les coteaux voisins abritent les autres parcelles du domaine, notamment la Cote aux Prêtres qui offre une vue d’ensemble sur le Chateau et son Clos. 

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La cave est située dans une des ailes du chateau de Béru. Athénaïs privilégie des élevages plutôt long et y apporte un soin particulier. De 14 à 16 mois pour les Chablis, environ 18 mois pour le Chablis ORangerie et le Clos Béru (les deux parcelles adjacentes au château) et plus de 18 mois pour le Chablis Vaucoupin 1er Cru. Les vins ne sont ni collés ni filtrés, et les doses en soufre sont calculées au minimum. 

Trônant au milieu de la cave, un fût Stockinger de 600L, la haute couture de la tonnellerie qui prouve l’attachement d’Athénaïs au soin de l’élevage. Mais ce qui attire l’oeil c’est surtout une énorme amphore en terre cuite. Une amphore qui vient de Géorgie et dans laquelle elle effectue des macérations pelliculaires de raisins blancs pour produire des vins dits « oranges », une méthode ancestrale dans les pays méditerranéens tels que l’Italie ou la Géorgie justement. Au lieu d’être pressés directement après les vendanges, les raisins sont mis entiers dans cette amphore et n’en sortiront qu’une fois après que le vin aura été mis en bouteille. Les tanins (principalement contenus dans les peaux des raisins rouges mais qui existent aussi dans celles des raisins blancs) apportent une structure plus complexe à ces vins car la pellicule de la peau reste en contact avec le jus, une caractéristique qui plait beaucoup à Athénaïs.

A côté de ses cuvées « traditionnelles » de Chablis du domaine de Béru, Athénaïs s’est effectivement lancé un défi supplémentaire en créant un négoce. Ce négoce lui permet de travailler d’autres cépages comme le sauvignon de Saint Bris mais surtout de faire des vins rouges, car le domaine de Béru ne produit que des vins blancs. Elle a également fait un essai de pétillant naturel, un vin effervescent.  En cave comme à la vigne, il y a beaucoup d’énergie déployée et beaucoup d’émulation. 

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Les portes du Chateau franchies en passant sous un imposant porche où un cadran solaire et lunaire du 16e siècle nous renseigne, direction Chablis, où c’est jour de marché et où Athénaïs a ses habitudes, notamment chez son fromager, Sylvain. Un remède anti déprime tant par la qualité de ses fromages que par la jovialité de son accueil. Chablis est presque exclusivement dédiée à l’oenotourisme, on y trouve beaucoup de commerces de bouche et de caveau de dégustation. 

Mais quel meilleur endroit que le Chateau de Béru pour boire un verre de Clos Béru… Et comme Athénaïs aime faire partager sa passion pour ses vins, elle a créé un bar à vin éphémère dans les anciennes écuries du château qui ouvre exclusivement l’été. On peut y déguster les vins du domaine et du négoce associés à quelques tapas et petits plats faits maison et avec les produits du marché ou des producteurs locaux. Une initiative chronophage mais qui permet une dégustation unique. Pour prolonger un peu plus encore le séjour, la maman d’Athénaïs tient également des chambres d’hôtes au domaine. A Béru, on a le sens du partage en héritage et une joie de vivre furieusement contagieuse !

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Pour vous rendre au domaine :

Château de Béru, 32, Grande Rue , 89700 Béru – Tel : (33) 03 86 75 90 43

 

 

 

 

Les Affranchis, un salon de vin nature en marge des Grands Jours de Bourgogne

Les Affranchis Bourgogne

Monter un salon de vignerons natures venus de la France entière en marge des très officiels Grands Jours de Bourgogne, tel est le pari osé par Laetitia Laure, organisatrice du salon « Les Affranchis » qui aura lieu les 19 et 20 mars prochain. Cet événement vineux et gastronomique se déroulera dans le cadre prestigieux du Hameau de Barboron, ancienne ferme cistercienne situé près de Savigny-lès-Beaune.

« Les Affranchis, c’est un salon que j’ai créé l’année dernière avec une amie vigneronne. » raconte Laetitia Laure, organisatrice de ce salon dont c’est déjà la 4e édition. « C’est une réunion de vignerons (voir liste en bas de l’article) qui sortent des carcans de la technologie. Ce sont des vignerons qui travaillent sans filets. Ils sont en culture bio ou en biodynamie, mais surtout ils travaillent sans technologie en vinification : le raisin devient du vin, et il n’y a rien d’autre dans la bouteille. » C’est d’ailleurs pour cela qu’ils s’appellent « les Affranchis », non pas en référence au film sur la mafia, mais en référence à l’esclavage.

C’est la première édition bourguignonne de ce salon des Affranchis (il y a déjà eu deux éditions à Montpellier en marge de Millésime Bio ainsi qu’une édition parisienne autour des vins de Loire). « A l’occasion des Grands Jours de Bourgogne, avec Frederic Cossard (vigneron à Saint Romain), on a voulu organiser ce salon comme une fête de copains. Dans cette région où il y a très peu de manifestation de ce type, on veut donner l’opportunité aux gens de découvrir ces vins moins conventionnels. »

Les Affranchis Bourgogne

 

Ce salon aura donc lieu en marge des événements officiels des Grands Jours de Bourgogne, en « off », au Hameau de Barboron. Ancienne ferme cistercienne, on y a retrouvé des traces de vies remontant au 11ème siècle. « Avec mon père, on a repris ce domaine qui est aussi un domaine de chasse en 1990. On a rénové les bâtiments pendant 4 ans » raconte Odile Nominé, responsable des lieux. « J’avais un petit négoce de vin en parallèle. On a également développé la réserve de chasse puisque l’on gère un cheptel sur 400 hectares pour la chasse au sanglier en battue. »

C’est donc dans ce cadre historique et privilégié authentiquement restauré que les vignerons venus des différentes régions viticoles feront déguster leurs vins. Les anciens celliers, les salons, les caves seront investis par les vignerons et les visiteurs. Une première pour Odile Nominé : « on a davantage l’habitude d’accueillir des séminaires ou des réceptions de particuliers. Là, c’est différent, c’est un peu comme prêter sa maison, mais comme cela reste dans le sens vineux des choses, on est très heureux d’accueillir cet événement ».

Les Affranchis Bourgogne Hameau de Barboron

Les Affranchis Bourgogne Hameau de BarboronCette édition des Affranchis sera également marquée par un diner gastronomique orchestré à 6 mains par deux chefs bourguignons et un chef parisien : Laurent Parra (Le Conty à Beaune), Guillaume Crotet (Les Roches à Saint Romain) et Yves Camdeborde (le Pré Saint Germain à Paris). Trois autres grands noms de la gastronomie s’associent également à cet événement et seront présents à ce diner : Hugo Desnoyer, Pierre Hermé et Jean Yves Bordier.

Les Affranchis Bourgogne Hameau de Barboron

Retrouvez plus d’infos sur le blog des Affranchis ainsi que sur l’événement Facebook consacré à ce salon.

Infos Pratiques : droit d’entrée de 10 euros pour le salon (de 10h à 18h sans interruption) – navettes gratuites depuis Beaune

Pour en savoir plus sur les Grands Jours de Bourgogne, voir ici.

Les Affranchis Bourgogne