La grêle a ravagé les vignes dans le Mâconnais

« C’est du jamais vu », voilà le cri choral du coeur des vignerons du Mâconnais. Des grêlons gros comme des balles de ping pong, pendant trente minutes. Un millésime dévasté alors que les bourgeons venaient tout juste de sortir de leur coton.

Sur les pentes abruptes de Pouilly, 24h après l’orage, on compte les quelques pointes vertes rescapées le long des baguettes nues. Le coeur gros, les vignerons ont du mal à réaliser. « On s’attendait à un bel orage, à de la pluie, mais pas à ça. C’est arrivé de nulle part. » Antoine et Nicolas Robert (domaine Robert Denogent) essayent de garder le sourire, mais sont terriblement démunis face à leurs vignes ravagées. « Il y avait vraiment 10cm de grêlons sur la route. ce matin à 9h j’ai visité une vigne, il y avait encore des grêlons au sol. C’est incroyable. »

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Face à la roche de Solutré, une de leurs parcelles de Mâcon, les sols sont travaillés, les baguettes soigneusement attachées, mais les bourgeons sont quasiment tous tombés, et ceux qui restent accrochés commencent déjà à noircir, signe qu’ils ne vont pas résister longtemps. « La grêle a tout arraché, les bourgeons sont tous tombés, il y a très peu de contre bourgeons et c’est comme ça sur tous les pieds. Est ce que cela va repousser? Est ce qu’il y aura des raisins, on ne sait pas comment ça va évoluer, il faut attendre quelques jours. On ne sait surtout pas comment on va tailler l’année prochaine. On a une trentaine de parcelles pour un total de 7,5 hectares et c’est partout le même constat ».

« Depuis mes parents on a toujours été assurés contre la grêle. On espère être indemniser correctement. C’est vital pour au moins pouvoir payer les frais de production. Mais la perte de rentabilité reste énorme. Et puis nous on fait du vin avant tout, et c’est cela qui nous inquiète le plus, on ne sait pas du tout ce que l’on va pouvoir faire cette année. Les experts des assurances vont venir dans les jours qui viennent pour estimer la perte, même si elle est vraiment facile à voir là. C’est arrivé il y a un jour et personne n’en a parlé alors que cela a touché vraiment tout le Mâconnais. C’est une vraie catastrophe pour la plupart des vignerons. » En creux, ils s’inquiètent également de la hausse des prix de vente au négoce, des prix des fermages, des risques de contrefaçons …

« On peut partir en vacances, pas besoin d’ébourgeonner cette année », dans le village, on tente de garder le sourire mais le coeur n’y est pas vraiement. Les Brets Brother (domaine de la Soufrandière), leurs voisins, sont passé dans leurs vignes avec des tisanes et des décoctions cicatrisantes. Mais ils ne savent pas non plus ce que cela va donner. Ils ont fait des rangs témoins, avec et sans traitements, pour voir ce que cela va donner. Pendant que nous discutons, sur une parcelle voisine, une petite équipe d’ouvriers viticoles arrive et passe au bidon à dos une pulvérisation qu’Antoine et Nicolas pensent être du soufre. On sent bien que tous sont démunis face à l’ampleur des dégâts.

Même constat au domaine des Héritiers du Comte Lafon. Dominique Lafon est formel, il n’a jamais vu cela. A cette époque, une telle grêle, c’est inédit. Il espère malgré tout une reprise de la végétation, le développement des contre-bourre qui pourraient donner au mieux de la récolte ou tout au moins produire du bois sur lequel tailler l’année prochaine. Mais encore faut il que le climat soit favorable… Lui aussi attend le passage des experts.

Capture d’écran 2016-04-15 à 01.39.21Domaine Gonon

Du coté de la chambre d’agriculture, on tente de minimiser l’étendue des dégâts en invoquant un épisode grêleux très précoce et en disant qu’il est trop tôt pour se prononcer sur des effets sur le millésime 2016, « on a tendance à dramatiser, mais à ce stade, rien n’est joué pour le millésime » tente de rassurer Didier Sauvage. De leur coté les frères Robert eux n’arrivent pas vraiment à relativiser.

Selon Bourgogne Aujourd’hui, ce sont plus de 2000 hectares de vignes qui seraient touchés : « on peut même estimer que près de 2 500 hectares de vignes ont été plus ou moins touchés sur une distance nord-sud de 7-8 kilomètres entre Prissé au nord et Chânes au sud pour le Mâconnais, voire Juliénas encore plus au sud dans le vignoble du Beaujolais. ». De son coté Vitisphère évoque les villages beaujolais de Juliénas et Saint Amour également touchés. 

Les photos de grêle sont issues des comptes facebook des domaines Gonon  et Vincent Girard 

 

 

 

 

L’héritage de Jules Chauvet célébré pour Bien Boire en Beaujolais

Chateau de Pizay Gamay DayJules Chauvet conférence

A la veille de la dégustation Bien Boire en Beaujolais, une journée de conférences et de débats s’est tenue au Chateau de Pizay à l’occasion du #gamayday. Parmi ces conférences, il y avait un hommage à l’héritage de Jules Chauvet, négociant beaujolais et précurseur des vins « natures ». Jules Chauvet est un personnage emblématique de l’histoire de la viticulture et est un enfant du Beaujolais. C’est à ce titre que la manifestation du Gamay Day lui a consacré ce dimanche une conférence sous forme d’hommage en présence de plusieurs vignerons.

 

Qui était Jules Chauvet ? 

Quelques éléments de biographie sont nécessaires pour saisir la personnalité de Jules Chauvet. Enfant de la Chapelle de Guinchay, un village du Beaujolais, il est né en 1907 dans une famille de négociants en vins. Dès 1934, il consacre un jour par semaine à des études de chimie et de biologie sur mycoderma vini, un champignon qui forme un voile à la surface des boissons fermentées et des jus sucrés sans provoquer la fermentation alcoolique. Jusqu’en 1939, année de sa mobilisation sous les drapeaux, il poursuit des études scientifiques très poussées.

Il reprend l’activité de négoce familiale Chauvet Frères après les décès de son père et de son oncle dans les années 1942-1943. En parallèle, il poursuit ses travaux sur les vinifications en rouge et les fermentations alcooliques à hautes températures. En 1954 il fait des recherches sur les macérations carboniques. C’est également dans les années 1950′ qu’il met en place une technique inédite et rigoureuse de dégustation descriptive. En collaboration avec Paul Bréchot, il effectue des recherches sur les levures indigènes et sur les effets des différentes souches de levures sur les arômes dans le vin. Ces recherches occuperont la dernière partie de sa vie, de 1960 à 1989.

Jules Chauvet

Jules Chauvet dégustation

Son oeuvre scientifique porte donc sur la recherche fondamentale en biochimie et en biologie. Elle s’intéresse aussi à la biologie appliquée à l’oenologie. Il a également utilisé sa rigueur scientifique pour déterminer une dégustation olfactive et organoleptique détaillée. Il a forgé avec 50 ans d’avance le concept de « vin nature » avec pour philosophie de « faire des vins peu alcoolisés, avec de jolis parfums ».

« La vigne, moins on la touche, mieux elle se porte » : à la vigne aussi il applique une approche novatrice. Une pensée basée sur le respect de la vie microbiologique des sols, l’utilisation d’engrais organiques, le développement des biocontroles, la recherche de variétés résistantes, une vendange à maturité optimale et le respect de la récolte avec le moins de trituration du raisin.

Philippe Pacalet, stagiaire de Jules Chauvet et vigneron bourguignon

Philippe Pacalet, a eu l’opportunité d’apprendre aux côtés de Jules Chauvet par l’intermédiaire de son oncle Marcel Lapierre, autre grand nom de la viticulture beaujolaise. Il l’a rencontré en 1983 et garde surtout de lui le souvenir d’un conseiller bienveillant. Marcel Lapierre lui même venait prendre conseil auprès de Jules Chauvet au sujet des vinifications sans soufre sur lesquelles il travaillait. Entre 1987 et 1988 Philippe Pacalet a fait un stage de formation chez Jules Chauvet. « C’était un maître perspicace, il ne faisait pas de cadeau mais était toujours bienveillant. C’était un visionnaire. Il s’intéressait à des sujet dont pas grand monde se préoccupait et que très peu de gens appliquait : les levures indigènes, vinifier avec le moins d’intervention possible, respecter le raisin et le sol » se souvient-il.

« Il avait un pied dans la profession comme il était négociant, mais il avait une passion pour la science et la recherche. Il se posait les questions pratiques et essayait d’y trouver des réponses scientifiques. Il avait les moyens de faire de la recherche fondamentale et de l’appliquer. Il amenait toujours des tonnes de livres, c’était un érudit qui mettait toujours une touche de spirituel et de poésie dans le travail. »

Philippe Pacalet est désormais vigneron en Bourgogne à Beaune. « J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message.C’est ce qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui et certainement d’être là où je suis et d’avoir toujours l’esprit scientifique. Les dégustations chez lui étaient toujours de grands moments, elles commençaient à 11h précises. Le mot « nature » n’est pas un mot féérique, car la nature ne fait pas de cadeau, il faut prendre soin de la biomasse car un sol aussi fermente ».

« J’applique beaucoup son modèle, sa vision. Il faut toujours chercher à progresser, à s’adapter, ne jamais être satisfait mais adapter son modèle à chaque vinification. Il faut avoir la vision pour aller au delà, je crois que c’était ça son message. »

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

Jules Chauvet Pacalet Robert Denogent

La cuvée « Jules Chauvet » du domaine Robert Denogent

Après le décès de Jules Chauvet, le domaine viticole de 6,5 hectares a été entretenu de manière conventionnel. Une source d’insatisfaction pour la petite nièce de Jules Chauvet, Bénédicte Chauvet qui a donc fait appel à plusieurs vignerons pour reprendre chacun une partie du domaine et l’entretenir de manière plus respectueuses de la nature. Parmi ces vignerons, Marie Lapierre, Jean Claude Chanudet, Yvon et Jules Métras, Christophe Pacalet, Marcel Joubert et Jean Jacques Robert . 

Le domaine Robert-Denogent situé à Pouilly Fuissé est un domaine qui ne vinifie que des vins blancs, c’est donc sa seule cuvée de vin rouge mais à laquelle Jean Jacques Robert, grand amateur de Beaujolais tient particulièrement. Depuis 2012, avec ses fils Antoine et Nicolas, il vinifie ainsi une cuvée Jules Chauvet sur 1,14 hectares de vignes. Son fils Antoine explique « à la vigne nous n’utilisons aucun insecticide et aucun désherbant, uniquement un labour mécanique assez léger, en surface, et à la cave il n’y aucun intrant dans les vins. Pour cette cuvée, nous faisons une sorte de macération carbonique en levures indigènes, sans soufre à la vinification (même si il y a eu 1g de SO2 à la mise en bouteille pour le millésime 2014 car 99% de ce vin part à l’export).

« Jules Chauvet prônait les vins de faible degré, en essayant de faire des vins le plus naturellement possible (avec ou sans soufre, ce n’est pas la question) mais essayer de laisser le vin se faire tout seul avec le temps grâce aux levures. C’est le travail des levures indigènes qui est essentiel ce sont elles la colonne vertébrale du vin qui permettent l’expression du terroir. C’est Jules Chauvet qui a mis au point la macération carbonique, ce qui permet un développement levurien dans un espace clos sans oxygène saturé en gaz carbonique.  Comme nous n’avons pas les moyens matériels de faire une macération carbonique de ce type, nous déposons une partie de la vendange triée et saine en grappe entière dans les cuves par gravité et nous pressons une partie de la vendange (environ 5%) que l’on incorpore tout de suite dans la cuve. Ce jus nous permet de faire des remontages. Nous ne contrôlons pas encore les températures mais pour l’instant on s’en est bien sortis, on n’a jamais dépassé des températures de 25° sur des vinifs de 10 à 15 jours. On garde un coté très floral dans ce vin, avec une extraction très légère. »

« Sur nos blancs, on fait très peu d’intervention sur les vins. Il n’y a aucun intrant, aucun levurage, aucun batonage, aucune manipulation. Ce sont les lies qui font tout, qui vont être la structure et la colonne vertébrale du vin. La durée d’élevage est importante, il faut laisser du temps. »

 

Pour en savoir plus :

Jules Chauvet a écrit plusieurs livres qui sont malheureusement très difficiles à trouver car ils ne sont plus réédités

Relire Jules Chauvet par Vincent Pousson

Contactez l’Amicale Jules Chauvet : amicalejuleschauvet@gmail.com

Domaine Philippe Pacalet 12, rue de Chaumergy 21200 Beaune. Teléphone : 03 80 25 91 00

Domaine Robert Denogent Le Plan, 71960 Fuissé. Téléphone : 03 85 35 65 39

 

 

 

 

 

 

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

Ce dimanche, les vignerons beaujolais de Brouilly ont enterré trois fût de vins au sommet du Mont Brouilly. Une initiative inédite dans le monde du vin contemporain inspirée de pratiques ancestrales.

Des peuples nomades d’Asie Mineure et de Géorgie, le berceau de la culture de la vigne enterraient des jarres ou des amphores de vins pour le préserver pendant leurs voyages. C’est de cette coutume que se sont inspirés ces viticulteurs beaujolais. Ils ont choisi trois fûts, deux de l’appellation Cru Brouilly et un de l’appellation Côte de Brouilly. Ils sont simplement fermés avec une bonde protégée par une tuile de terre avant d’être recouvert de terre et laissés ainsi pendant 18 mois.

Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly Des fûts de Beaujolais enterrés au Mont Brouilly

La géologie du Mont Brouilly est riche en minéraux ferro-magnésiens et très pauvre en quartz. Elle est composée en majorité de diorite (appelée corne-verte) la plus vieille du Beaujolais et de méta-diorite (granit rose). Les vignerons espèrent que cette force tellurique active aura une action bénéfique sur le vieillissement des vins. 

Les trois fûts de vin vont rester ainsi enterrés pendant 18 mois. Le « réveil » de cette dormance aura donc lieu en octobre 2017. Une dégustation comparative avec des magnum témoins élevés de manière traditionnelle en cave sera alors réalisée afin de constater les effets de ce procédé sur la qualité des vin. Mis en bouteille dans la foulée, une vente caritative au bénéfice du Rotary Club de Belleville en Beaujolais sera alors réalisée.

Reportage vidéo réalisé à cette occasion avec Michel Trichard, président des crus Brouilly et Côte de Brouilly :

Pour en savoir plus :

Espace des Brouilly : www.espace-des-brouilly.com

Les vieux millésimes à l’honneur à la fête des crus du Beaujolais

 

 

Vendanges 2014 : un millésime prometteur en Bourgogne

Grêle, été maussade, pourriture acide … on attendait la récolte 2014 avec une certaine inquiétude en Bourgogne. Maintenant que les vendanges sont finies, premier bilan de Puligny-Montrachet à Nuits Saint Georges de ce millésime qui s’annonce finalement très prometteur. 

Petit pincement au coeur ce samedi après midi pour Nicolas Faure, c’est la première fois qu’il vendange la vigne qu’il vient d’acquérir, lui le jeune néo vigneron, bourguignon d’adoption. Une première fois qui a failli être ternie par un phénomène nouveau en Bourgogne et particulièrement préoccupant en Côte de Nuit : une pourriture acide qui donne au raisin un goût de vinaigre. Elle est transmise par un insecte.

« Le fameux drosophile Suzuki… tous les vignerons avaient ce mot là sur les lèvres en septembre! C’est un moucheron qui vient piquer, altérer la baie de raisin et qui favorise le développement de la pourriture acide » explique le jeune vigneron. Cette pourriture, contrairement au botrytis par exemple ne présente que des inconvénients pour la qualité du futur vin. « J’en ai eu un peu, mais je suis passé dans mes vignes de Nuits Saint Georges deux semaine avant vendanges, j’ai enlevé toutes les grappes touchées pour que ça n’impacte pas la vendange. Il restait encore quelques foyers mais les vendangeurs les ont très bien triés donc je suis assez satisfait du résultat . On verra ce que cela va donner en cuve mais pour le moment je suis agréablement surpris ».

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

Une stratégie préventive payante également au domaine de Chassorney à Saint Romain : « nous trions tous les raisins sur pied. On part du principe que toute grappe pourrie contamine directement tous les raisins qui sont dans la caisse, donc le tri se fait directement à la vigne. On encuve ensuite directement en vendange entière dans nos cuves bois tronconiques.

On est très satisfaits, les analyses sortent et il y a de très beau degrés alcoliques naturels, de très bons pH, de belles acidités totales. On rentre de la belle vendange, ça fermente bien sans dépasser 22-23 degrés. Il n’y a pas besoin d’avoir beaucoup d’action physique sur les raisin, les couleurs sortent très bien. C’est un millésime qui est facile à vinifier et c’est ce qui fait les grands millésimes. On a le profil d’un beau millésime qui ressemble un peu à 2010 je trouve. Après des millésime comme 2012 et 2013, cela fait du bien … »

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

Malgré la grêle du 28 juin qui a ravagé le domaine en grande partie (quasiment 50%), on est très content du résultat au domaine Rougeot à Meursault. « On a eu de grosses surprises à la vendange ! Les raisins étaient magnifiques. Même les raisins grêlés sont tombés et ne nous ont pas gêné durant la récolte. Elle est arrivée en très bon état sanitaire à la cuverie. Pour l’instant on a un très bon a priori pour ce millésime …

Les moûts (jus de raisin en fermentation) sont très équilibrés, avec de belles acidités tartriques quelle que soit la couleur des raisin, et qu’ils aient été impacté pat la grêle ou non, ce qui est surprenant. Les parcelles atteintes par la grêle ont des taux de sucre un peu plus bas. Hormis une petite chaptalisation sur ce qui a été grêlé, où il manque aux alentours de 0,5 degré, on ne va toucher absolument à rien que ce soit pour les acidités ou les sucres »

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

Cette qualité de récolte était plutôt inespérée après une campagne 2014 en dents de scie. « En juillet et aout, on a vraiment eu une mauvaise météo. » explique Jean Michel Chartron du domaine Chartron à Puligny Montrachet. « Mais on est vraiment bénis des dieux parce que du 15 aout au 11 septembre, date à laquelle on a commencé à vendanger, on a eu un temps radieux, avec un vent du nord qui a permis de sécher les raisins, ce qui a empêché le développement d’une certaine forme de pourriture et a concentré le jus des raisins. On arrive maintenant à des moûts parfaitement équilibrés, avec pas mal de sucres donc de très jolis alcools potentiels, pas mal d’acidités…

Analytiquement, on a tout ce qu’il faut pour réussir un grand millésime. Le seul problème c’est que ce vent du nord, en séchant et en concentrant les raisins a fait baissé leur volume de jus. On a donc des rendements moins importants que ceux auxquels on s’attendait. Il y avait une belle sortie de raisin, avec pas mal de grappe, mais peu de jus. D’habitude pour faire un fût (tonneau bourguignon de 228 litre de contenance), on estime qu’il faut 310 à 320 kg de raisins. Cette année il fallait compter aux alentours de 350kg, cela fait quand même une différence de 10% ».

Vendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vinVendanges Bourgogne 2014 - Copyright Marthe Henry / L'actu du vin

2014 s’annonce donc comme une bonne surprise autant pour les blancs que pour les rouges. Avec pour seul bémol des rendements assez faibles, surtout pour les blancs, grevé bien évidemment par la grêle du 28 juin dans les appellations de Beaune, Pommard, Volnay et Meursault notamment. « C’est très bon, mais il n’y a pas beaucoup de jus », voilà ce qui se disait autour des pressoirs… Pas beaucoup de jus, mais toujours plus qu’en 2012 et 2013, à en croire par la pénurie de fûts d’un ou deux vins constatées chez certains vignerons au moment d’entonner leurs vins !

Pour en savoir plus :

– Domaine Nicolas Faure, 6 r Gabriel Bachot 21700 Meuilley

Domaine de Chassorney, Fréderic Cossard, 21190 Saint Romain 

Domaine Rougeot, 6 Rue André Ropiteau, 21190 Meursault

Domaine Jean Chartron, Grande rue, 21190 Puligny Montrachet 

 

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Fundovino : premier site de financement participatif dédié au monde du vin

Fundovino ©Marthe Henry - L'actu du vin

Vous connaissez sans doute MyMajorCompany ou KissKissBankBank, ces sites de financement participatif (ou crowdfunding) qui permettent à des projets de trouver des financements auprès de particuliers. Un premier site de ce type entièrement dédié au monde du vin vient de voir le jour : Fundovino.

L’idée c’est de mettre en relation des vignerons, des cavistes, des acteurs du secteur œnotouristique, des négociants qui sont porteurs d’un projet et des amateurs de vins, ou simples curieux, prêts à miser sur leur idée. Achat de cuve, de matériel de vinification, de parcelles de vignes, … les projets sont divers. Et une contrepartie, proportionnelle au don, est offerte au donateur. 

Un exemple de projet : une cuvée inédite de Vosne Romanée au service d’Equivinum

Pour mieux comprendre, je me suis intéressée à l’un des projets soumis à cette souscription, porté par un Bourguignon : Oronce de Beler. « Le vin, la viticulture, c’est avant tout des histoires d’hommes, de rencontres, je trouve que c’est une excellente idée de lancer ce site de financement participatif, cela va créer des liens entre les gens. » Bien que situé à Vosne Romanée, prestigieux village de la Côte de Nuits, cet ancien Parisien devenu fabriquant de charrues pour le labour à cheval et négociant espère bien récolter 7 340 euros. 

Son projet à lui, c’est de réussir à protéger les prototypes de charrues destinées au labour à cheval qu’il a élaboré et qu’il commercialise. Un matériel innovant pour un retour à un travail du sol des vignes plus respectueux de la nature :  » Equivinum à l’heure actuelle ce sont 150 charrues qui sont sorties de l’atelier et qui sont dans les vignes, c’est donc 300 chevaux qui sont sortis des prés et remis au travail, et au final, ce sont environ 2 000 hectares entretenus avec ces outils. L’idée c’est de faire reculer le désherbage chimique et d’utiliser une technique de travail plus douce autour des pieds de vignes pour qu’ils gagnent en pérennité. »

Fundovino ©Marthe Henry - L'actu du vin

 Pour l’instant l’objectif est de déposer des brevets pour protéger sa propriété intellectuelle, mais si l’objectif est dépassé, les fonds récoltés permettront de mettre au point de nouveaux outils pour le travail au cheval dans la vigne : une rogneuse, un appareil de pulvérisation, … ce ne sont pas les idées qui manquent ! 

En contrepartie, pour « récompenser » les donateurs, Oronce de Beler offrira aux généreux internautes des bouteilles de la Maison Romane, maison de vinification de vins élevés sans soufre qu’il gère également. Il a d’ailleurs décidé de consacrer l’exclusivité de son unique et premier fût de Vosne Romanée (soit environ 280 bouteilles) à cette souscription. Miser sur son projet en donnant sur Fundovino sera donc le seul moyen pour les amateurs de ce vigneron d’acquérir son Vosne Romanée 2013 …

Oronce de Beler Fundovino ©Marthe Henry - L'actu du vin

 Vous pouvez également découvrir les projets portés par Stanislas Wallut (achat d’un cuve ovoïde pour produire une cuvée spéciale et numérotée en magnum), Thomas Noël (acquisition de 20 ares de vignes à Canon Fronsac, en vue de faire une cuvée exclusive de 4 à 500 bouteilles), Corinne Dewailly (acquisition et installation dans la cuverie d’un boitier thermorégulateur) ou encore Francis Boulard (Acquisition et installation dans les chais d’un foudre pour vinifier la prochaine cuvée Petraea).

Retrouvez également Fundovino sur Facebook, Twitter et toutes les vidéos de présentation des projets sur YouTube

Ma cuisine au vin #2 : Le jambon persillé

Attention, ceci est l’authentique recette de ma grand mère murisaltienne (c’est elle que vous apercevez sur les photos et dans la vidéo) … Parce que son jambon persillé est vraiment LE meilleur, je dis cela en toute objectivité, je me suis glissée dans la cuisine pour pouvoir vous raconter comment elle le confectionne, bande de petits veinards.

Le jambon persillé maison c’est comme la confiture maison, ça n’a rien a voir avec ce que l’on peut trouver dans le commerce ni même chez un excellent petit artisan. C’est un peu long à faire, brûle un peu les doigts, met la cuisine sans dessus dessous, demande un peu d’huile de coude, mais ça en vaut vraiment la peine … 

Cette charcuterie existe depuis le 14ème siècle en Bourgogne (oui quand même). On l’appelle aussi « jambon de Pâques » parce que c’est à cette période qu’il est traditionnellement confectionné, au moment de l’année ou les cochons ne sont ni trop maigres ni trop gras … Attention à ne pas le confondre avec le fromage de tête même s’ils ont des apparences assez semblables …

Jambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vin

Mettre à cuire dans l’eau non salée la viande, la couenne, les pieds de veau (le truc très moche sur la photo, mais indipensable à la recette), ainsi que les carottes, tous les aromates (sauf le persil) et l’aligoté. Laisser cuire à feu doux pendant environ 4h en vérifiant l’assaisonnement en sel. 

Une fois que la viande est cuite, prélever le gras des viandes , hacher ce gras, et le mélanger avec le persil (pendant que le gras est encore chaud). Ajouter une cuiller de vinaigre à ce mélange. 

Jambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vinJambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vin

Dans un saladier, garnir le fond avec les couennes. Prélever des morceaux de viande et les mettre dans le saladier en alternant avec la préparation de persil et de gras.  Il faut faire bien attention à mettre les viandes dans le même sens. 

Une fois que toutes la viande est disposée, verser le bouillon de cuisson en le tamisant. Bien laisser bien pénétrer le jus. Choisir une assiette plate de diamètre légèrement plus petit que le saladier. Poser l’assiette au sommet du saladier en ayant pris soin de mettre une ficelle entre le jambon persillé et l’assiette (elle vous permettra de retirer plus facilement l’assiette ensuite).

Mettre au frais avec 1 ou 2 kg de poids sur l’assiette pendant un ou deux jours pour tasser la préparation. Et oui, c’est moche il faut attendre, mais cette attente rend la dégustation encore plus savoureuse ! 

Jambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vin Jambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vin Jambon persillé ©Marthe Henry - L'actu du vin 

 

 

 

Le jambon persillé est souvent servi en entrée ou en apéritif, la plupart du temps avec un vin blanc de Bourgogne vif. Ne sortez pas votre plus grand chardonnay de la cave, préférez un très bon aligoté ou un chardonnay comme ce Bourgogne de Jean-Yves Devevey (je vous avais déjà parlé de ce vigneron bourguignon ici). Le gras du jambon est parfaitement équilibré par la vivacité et la fraicheur du vin ! Régalez vous ! 

 

 

 

 

 

 

Les ingrédients de la recette : 

8kg de viande de porc : épaule et jambon

4 bouteilles d’aligoté 

2 bouteilles d’eau 

2 pieds de veau

des couennes de lard maigre

un bouquet garni

une échalotte

une gousse d’ail

un oignon piqué de clous de girofles

3-4 carottes 

poivre en grains

1 bol de persil haché

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vignes mai bourgogne ©Marthe Henry - L'actu du vinS’il y a un moment que les vignerons attendent avec impatience et anxiété c’est bien (oui d’accord il y a les vendanges mais il y a aussi) la floraison ! Comment ça la vigne ça fleurit ? Parfaitement, et cela sent d’ailleurs très bon … L’ensoleillement et la chaleur de ces derniers jours à fait fleurir a peu près toutes les vignes (la photo ci dessous est un fleur sur un américain de pinot noir, je dis ça comme ça pour les puristes). La floraison c’est une période cruciale pour la future grappe de raisin. On dit d’ailleurs qu’il ne faut pas « stresser » la vigne à ce moment là : ne pas travailler le sol, ne pas écimer (couper le haut des branches). Évidemment il y a des pratiques différentes d’un domaine à l’autre … La floraison c’est également dans la culture populaire un repère temporel. On dit qu’en général, les vendanges ont lieu 100 jours après la fleur. 

fleur de vigne bourgogne pinot ©Marthe Henry - L'actu du vinchenille vignes ©Marthe Henry - L'actu du vinPapillon vigne bourgogne ©Marthe Henry - L'actu du vin

Je vous avais déjà parlé du Caveau de Puligny, un caveau qui fait également bar à vin… Il vient de fêter ses 10 ans ! C’est une des terrasse les plus agréables de la Côte de Beaune et la carte des vins vaut vraiment la peine de s’y arrêter. C’est l’endroit parfait pour flâner le dimanche après-midi pour terminer une promenade en vélo. Vous n’êtes pas obligé de faire comme nous, venir boire un verre et terminer avec deux bouteilles et un magnum vides sur la table … Mais sachez qu’il est très difficile d’en repartir ! Coté vin, laissez vous guides par Julien, l’hôte des lieux ou Émilien, ils sauront vous aiguiller!

caveau puligny ©Marthe Henry - L'actu du vinIMG_4891campagne berry ©Marthe Henry - L'actu du vin

On s’éloigne un peu des vignes pour trouver un peu de fraicheur et de tranquillité sous les arbres du Berry. Là aussi j’ai une bonne adresse pour dénicher des bonnes bouteilles à prix raisonnable : la Cave du Lion d’Argent. J’essayerais d’y revenir prochainement. Vacheron, Blot, Guiberteau … autant de jolies références qui ont ponctuées notre week-end. Sans oublier côté Bourgogne un Corton Charlemagne Grand Cru Bonneau du Martray 2008 et la bouteille de la semaine, un Pommard Grands Épenots  2009 de Pierre Morey. Fromages de chèvres du marché et côte de boeuf au « bois de vigne » pour rester dans le thème ! Bonne semaine à tous …

 

Loire Berry vin ©Marthe Henry - L'actu du vinCorton Charlemagne Bonneau du Martray ©Marthe Henry - L'actu du vinMeursault 1976 fromage chèves ©Marthe Henry - L'actu du vinbarbecue sarments vignes ©Marthe Henry - L'actu du vinPommard Epenots Boeuf ©Marthe Henry - L'actu du vin

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