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Film: Une année en Bourgogne vue par le réalisateur américain David Kennard

A Year in Burgundy, c’est un film sur la Bourgogne fait pour les Américains. Un film né de la rencontre entre un documentariste sentimental, David Kennard, et une Bourguignonne devenue célèbre importatrice de vins aux Etats Unis, Martine Saunier. Un deuxième film, sur la Champagne est déjà en cours de tournage.

Le pitch :

À mi-chemin entre le documentaire journalistique et le film contemplatif, David Kennard nous montre en une heure une année de travail et de vie familiale à travers les portraits croisés de sept domaines viticoles bourguignons : le domaine Leroy, le domaine Perrot-Minot, le domaine Morey-Coffinet, le domaine Bruno Clavelier, le domaine Mortet, le domaine Michel Gay et Fils et le domaine Dominique Cornin. (Je ne peux vous en dire plus car je n’ai à ce jour pas encore vu le film).

« Cela faisait 10 ans que je voulais faire un film sur le tissu rural en France, sur la France profonde. » raconte David Kennard. »J’ai passé 6 mois il y a quelques années en France et j’ai trouvé ça tellement intéressant. Le vin aussi est passionnant. J’ai voulu joindre ces deux idées. Et quand j’ai rencontré Martine Saunier, ça a été le déclic, le commencement d’une grande idée. »

Deux niveaux de lecture 

« J’ai voulu faire un film pour les Américains, enfin les Américains un peu sophistiqués, éduqués.  J’ai voulu leur expliquer la culture française et le vin. Il y a deux niveaux de lecture dans ce film : il y a un film sur le vin, et un film sur la tradition familiale, l’artisanat. Il y a un film culturel derrière ce film sur le vin. Pour moi c’est très important qu’il y ait ces deux niveaux de lecture. »

« Martine connaît certaines de ces familles de vignerons depuis 40 ans donc j’ai été introduit auprès d’eux d’une manière tout à fait privilégiée. Ils auraient pu refuser de faire ce film. On les a rencontré, autour d’un repas, en famille, pour discuter du projet. Ils craignaient que ça soit Mondovino, que ça soit du journalisme. Je leur ai expliqué que c’était un film plus poétique, pas vraiment technique, et que c’était l’histoire humaine qui m’intéressait. Et ils ont tous dit oui. »

« Je n’avais aucune idée sur la Bourgogne. J’imaginais bien les jolis petits villages, les bons vins, mais cet esprit familial, cette longue tradition qui vit encore n’a rien à voir avec du folklore. C’est si émouvant cette tradition qui vit et qui a une vraie valeur.Cette vie familiale si différente de ce qu’on appelle pompeusement « le patrimoine » c’est la tradition vivante qui continue. »

Montrer « les gens qui grattent la terre tous les jours »

Si David Kennard ne connaissait vraiment ni le vin ni la Bourgogne, Martine Saunier, elle en est une parfaite experte. Ils se sont rencontré par hasard, et ont réussi à financer ce projet un peu fou grâce au soutien d’un homme (Todd Ruppert, de T. Rowe Price Group). Le talent du documentariste et le carnet d’adresse de Martine Saunier ont fait le reste.

« J’ai montré ce film à des sommeliers, qui vont souvent en Bourgogne » raconte Martine Saunier, dont le carnet d’adresse est vraiment impressionnant. « Ils vont à la cave, ils goûtent le vin, et ils ressortent. Ils n’ont jamais vu les vendanges, ils n’ont jamais vu les rapports entre père et fils. C’est tout à fait différent, ça les a beaucoup intéressé et ils ont été très émus de voir tout ça. C’est une chose que personne n’a jamais montré. »

« On connaît la Bourgogne par les grands négociants (Latour, Drouhin, …) mais ce sont de grandes maisons. On ne connaît pas les petits propriétaires qui ont 10 hectares, qui grattent la terre tous les jours. Ce sont des gens qui sont tous les jours à la vigne, ils ne vivent que pour leurs vignes. Et la qualité du vin se retrouve dans la bouteille, avec l’homme qui l’a créé. »

« David a une très grande réputation comme producteur de documentaire, il travaillait à la BBC et ensuite il a fait un grand film aux Etats Unis, il a fait des documentaires aux Etats Unis. Je n’aurais jamais voulu faire un film comme Mondovino parce que ça faisait très amateurs, la photographie était minable. David lui est un artiste, un grand monsieur. »

« En avril 2010, on est parti en Bourgogne avec David, pour recruter nos acteurs. Je lui ai présenté Dominique Cornas, madame Leroy, … Il n’avait jamais été en Bourgogne, mais il a compris immédiatement ce qu’il fallait dire et ce qu’il fallait faire, il a fait son scénario sur le champ ! Il a totalement compris la Bourgogne. »

« J’ai rencontré Henri Jayer en 1973, j’ai goûté ses vins. Il avait une cave qui débordait de 1972 dont personne ne voulait ! Personne ne connaissait Henri Jayer. En 1978 j’ai goûté pour la première fois son Vosne-Romanée Cros Parantoux qui était un vin extraordinaire et c’est moi qui l’ai présenté pour la première fois aux Etats Unis, car j’ai monté ma société en 1979. Il a vraiment été lancé en 1978 et reconnu comme un vigneron exceptionnel. Il a été mon mentor, il a mis la barre très haute et je gardais ses vins en tête chaque fois que je goûtais les vins des autres vignerons. Je lui ai souvent demandé de s’occuper de jeunes vignerosn qui démarraient comme Denis Mortet. C’est comme ca qu’ils ont considérablement élevé leur niveau. Il leur a montré que le vin nécessite beaucoup d’attention et qu’il faut prendre soin de la vigne. »

« On a fait trois voyages, trois séjours. On a présenté le film à l’investisseur qui nous a tout de suite demandé un autre film sur la Champagne ! Donc cette année nous avons commencé le tournage en Champagne, ce qui est très excitant. Je ne connais pas aussi bien la Champagne que la Bourgogne. C’est un monde totalement différent, la Champagne on la comprend par l’histoire, par la souffrance et les guerres qui ont marqué son histoire. Je suis très excitée par ce prochain numéro ! »

Bonus : la musique de Thomas Morey

Cerise sur le gâteau, la musique du film a été composée par Thibault Morey (Domaine Morey-Coffiney, mis en lumière dans le film), musicien confirmé, à la demande du réalisateur. Vous trouverez d’ailleurs quelques unes de ses compositions ainsi que de très belles photos sur son site internet.

Pour en savoir plus :

Consulter le site internet (en anglais) du film

Lire les articles de Bourgogne Live, La Revue du vin de France, Decanter, et suivez les actualités via le compte Twitter du film.

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