Primeurs 2011 : Rencontre avec le Château Suduiraut (Sauternes)

Le Château Suduiraut est un voisin du Château d’Yquem. Idéalement situé dans le Sauternais, ce Château appartient à Axa Millésimes. Sur les 200 ha que couvrent cette propriété, 92 seulement sont plantés en vignes, encerclées par des forêts. Le vignoble est composé de 90% de sémillon et 10% de sauvignon.

"C’est un millésime qui va faire douter ceux qui pensent que le Sauternes est lourd, qui nous apportera de nouveaux consommateurs. Il a un attrait et une facilité de dégustation que je trouve remarquable. Même si on n’est pas dans l’opulence de 2009 et 2010, on a réussi un très beau millésime 2011" explique Pierre Montegut du Château Suduiraut.

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Rencontre avec : Champagne Lenoble

Rencontre avec Antoine Malassagne, président des Champagne Lenoble. Une maison fondée en 1920 qui est désormais gérée par Antoine et sa soeur, quatrième génération à travailler au domaine.  Ingénieur chimiste de formation, Antoine Malassagne est désormais l’œnologue de la maison. Il a donc fait le choix de faire agréer les 18 ha de vignes du domaine en Haute Valeur Environnementale (HVE).

Il explique quels sont, selon lui, les avantages de ce mode de culture raisonné par rapport à une culture bio.

"C’est assez restrictif car il faut limiter les intrants chimiques, mais c’est assez intéressant parce qu’on revient à un vrai travail de paysan, un travail du sol. Le problème du bio, c’est au niveau du traitement du mildiou, qui est un vrai problème en Champagne. En bio, c’est une maladie qui se traite uniquement avec le cuivre. Le cuivre est un métal lourd et pour traiter correctement le mildiou, il faut mettre beaucoup de cuivre."

"Vaut il mieux mettre peu de molécules chimiques ou beaucoup de métal lourd comme le cuivre ? Moi je suis ingénieur chimiste de formation, moi j’ai choisi la lutte raisonnée pour pouvoir choisir une molécule chimique et l’utiliser à quantité minimale pour préserver la nature. Le cuivre, quand il est fixé dans le sol, il y est fixé pour une à trois générations. Une molécule chimique, elle est lavée au bout de quelques heures."

Sans droit de cité à la télé, le vin se répand sur grand écran

"On ne peut pas boire d’alcool à la télévision", aujourd’hui encore, dans la Revue du Vin de France (n°546) Françoise Laborde, membre du CSA l’affirme. Un peu plus loin, elle concède que "le CSA dispose d’une liste des bons usages de ce qui est toléré à l’antenne, comme au moment des foires au vins ou du beaujolais nouveau. Même chose au cinéma". En vérité. Au cinéma, cela ne pose aucun problème.

Le vin passe complètement inaperçu quand il est présent pour des scènes de repas familiaux ou de rencontres entres amis. Je ne vais pas faire ici un inventaire des films ayant pour objet le vin (comme Mondovino) ou ceux où la vigne est au cœur de l’intrigue (Sideways, Une grande année), mais vous en présenter deux.

Sorti cette semaine, Les petits mouchoirs de Guillaume Canet (avec Marion Cotillard, François Cluzet) met en scène un groupe d’amis parti en vacances au Cap Ferret. Disputes, retrouvailles, parties de pèche, sorties en bateau, tout se termine ou commence systématiquement un verre de vin à la main (une fois seulement, un des personnages boit un demi de bière). Le vin y est vraiment très présent, comme un élément indissociable des soirées entre amis et des vacances.

A voir dès la semaine prochaine (sortie le 3 novembre), La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier (avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson et Gaspard Ulliel) raconte l’histoire des amours contrariées d’une jeune princesse au 16e siècle. Tiré d’une nouvelle de Madame de Et là aussi, le vin est présent. Moins omniprésent, mais bien visible. Parce qu’une grande partie de l’intrigue se joue en Anjou. Et que le poids économique de ce vignoble entre en compte dans les transactions comme les accords de mariage.

Et après une séance de cinéma, vous pouvez aller boire un verre au Bistrot des cinéastes !

 

Deux semaines après la tempête, les viticulteurs sont inquiets

Vignes submergées, sols chargés en sel marin : la tempête qui a traversé la France il y a deux semaines n’a pas seulement frappé les ostréïculteurs ou les maraîchers. Pour les viticulteurs aussi, le coup est dur.

David Turbé (© Xavier Léoty pour Sud Ouest)

"Il faut nous sortir la tête de l’eau". David Turbé est viticulteur et cultivateur à La Couarde sur Mer, sur l’île de Ré. Il y produit du pineau, du cognac, mais aussi du vin de pays et du vin de table avec son frère. Sur leurs 25 hectares de vignes, 18 ont été submergées totalement par la mer, pendant presque une semaine après le passage de la tempête. Et pour ses 3 hectares de jeune vigne, il a peu d’espoir. "La jeune vigne a des racines peu profondes, de 20 à 30cm seulement. Elles a donc absorbé une grande quantité d’eau de mer."

"Si elle crêve, elle crêve et il faudra bien arracher !" lache t-il, fataliste. "3 ha de vignes à replanter, ca veut dire 54 000 euros de frais" . Une récolte perdue, des frais supplémentaires. Mais pas seulement. Car avant de pouvoir replanter, il faudra attendre que le sol se soit déchargé de tout le sel marin qu’il a absorbé. Et selon lui, "cela peut prendre deux à trois ans".

Cela n’aurait jamais du arriver

Les autres vignes ont plus de chance de s’en sortir, même si rien n’est sur. Avec leurs racines plus profondes elles peuvent prendre de l’eau plus profondément dans le sol. "On devrait être fixé d’ici un mois". Car dans un mois environ, les bourgeons vont commencer à apparaître. « Si le sel a un effet sur ces vignes, on le verra à ce moment là : les bourgeons se mettront à brunir ».

Les vignes de l'île de Ré après le passage de la tempête

Inquiet, David Turbé l’est assurément. Mais il est davantage en colère.  « Dans le pire des cas, pour moi comme pour d’autres, ça peut être la faillite ». Cela n’aurait jamais du arriver selon lui. Aucune leçon n’a été tirée de la tempête de 1999. « C’était un avertissement : la digue avait déjà été endommagée à l’époque. Nous avons tenté  d’avertir les autorités compétentes, mais aucun travaux, aucun entretien n’ont été effectué. S’ils avaient été réalisés, la mer serait quand même passée mais pas à ce point ! »

Son espoir désormais, il le nourrit en regardant du coté des tribunaux « J’attends de pied ferme que justice soit faite. Certains services de l’Etat ont fait preuve d’une incompétence totale et nous ont mis en danger. »

L’entraide permet de se remettre au travail

L’eau s’est retirée des vignes. Et les viticulteurs rétais ont découvert avec stupeur leurs parcelles ravagées. « Il y avait des arbres entiers, des bateaux, des algues partout dans les rangs. Tout le bois de la taille qui était au sol pris dans les fils. On était tous sous le choc ». Alors David Turbé a eu une idée avec quelques amis de La Couarde sur Mer. Prenant exemple sur l’élan d’entraide qui a permis de nettoyer les maisons endommagées, il a demandé de l’aide pour nettoyer les vignes.

Les vignes de l'île de Ré au lendemain de la tempête

Et là encore la solidarité a marché. 300 personnes se sont présentées spontanément pour déblayer les vignes. « En 4 heures, on a nettoyé 25 hectares. Sans cette solidarité ça nous aurait pris des jours et des jours. Et puis, franchement, ça m’a mis un peu de baume au coeur de voir ces gens se mobiliser pour nous aider !"

La taille est achevée, les vignes sont nettoyées. Les viticulteurs rétais se mettent désormais à broyer le bois taillé et vont commencer le palissage (remplacer les piquets défectueux et remettre en état les supports de la vigne). Un travail normal à coté duquel s’effectuent des prélèvements, pour analyser le taux de sel dans le sol. A la coopérative des viticulteurs rétais, deux techniciens sont à pied d’œuvre depuis le début de la semaine.

Il faut mesurer les dégats causés par la tempête. A la coopérative, on aide les viticulteurs dans la mesure du possible. Car outre les dégats matériels, il y en a qui ont aussi perdus leurs produits phyto sanitaires dans les inondations de leurs hangars ou qui ont des tracteurs et des outils endommagés.

Dernier avertissement

En Gironde, on prend tout cela très au sérieux. De manière générale, les exploitations y ont moins souffert de la tempête qu’en Charente-Maritime. Deux exploitations à Macau ont tout de même été très sévèrement inondées. « C’était un spectacle d’apocalypse » raconte Philippe Bourdens, responsable du service environnement à la Chambre d’agriculture de Gironde.

Vignes de Macau après le passage de Xynthia

« Cela risque fort de se reproduire ». Selon lui, cette tempête et les dégats considérables qu’elle a engendré devraient étre pris comme un dernier avertissement. « Si rien n’est fait, Bordeaux et sa région ne sont pas à l’abris. Les digues ne sont pas assez hautes et on ne peut pas se contenter d’étendre les zones de crues. A terme, ce n’est pas une bonne solution ».

Pour l’instant les viticulteurs se sont remis au travail, ont pour la plupart chiffré l’ensemble des dégats que la tempête leur a causé. Et attendent. Que des leçons soient tirées de cette catastrophe, que les hypothétiques aides évoquées au lendemain de la catastrophe arrivent, mais surtout, que la vigne repousse.

Marthe Henry

A lire pour en savoir plus :

La colère de l’île de Ré dans le Journal Du Dimanche

L’île de Ré au régime sans sel dans Sud Ouest