Faibles rendements de 2012 en Bourgogne: les conséquences sur les prix selon Albéric Bichot

L’année 2012 aura été particulièrement compliquée pour les vignerons bourguignon. Ils ont eu "les sept plaies d’Egypte sauf les sauterelles" selon le mot d’Albéric Bichot, directeur général de la grande maison bourguignonne Albert Bichot. Gelées, co ulures, millerandage, grêles n’auront laissés dans les rangs qu’un faible pourcentage de raisin. Même si la qualité est satisfaisante, certains parlent déjà de "pénurie" et annoncent une hausse des prix. Éclairage sur ce point avec Albéric Bichot. 

Une chose est sûre, la qualité est plutôt bonne, surtout pour les rouges. "Pour les pinots noirs, on peut être très optimiste, pour les blancs, cela va dépendre des parcelles. Il y a des parcelles qui ont vraiment été grêlées, là il y a eu des blocages de maturité, qui ont pu, si on a vendangé plus tard se rattraper, mais pas forcément partout."

Le millésime 2012 est donc un millésime de faible rendement, de petit volume. " Environ -30 à -50% selon les parcelles. En Côte de Nuits, on est plutôt entre -20% et -35%. Mais il y a des parcelles chez nous comme le Clos des Mouches où le rendement va être de 16 hectolitres par hectare, alors que normalement on en fait 36 !". "Il y aura une pénurie sur ce millésime, mais les Bourguignons sont assez sages pour garder des stocks de millésimes antérieurs donc tout cela devrait se réguler"

Pas de nette hausse des prix, mais des "allocations" pour les clients

"Commercialement, on ne peut pas le compenser sur les prix. Il y aura une petite tension sur les prix maison ne va pas augmenter de 50% le prix des vins là où on a eu 50% de récoltes en moins. Ca ne se fait pas, ça n’est pas correct vis à vis des clients.  En revanche il y aura des allocations pour les clients. Tous les ans on garde des stocks, on va donc pouvoir faire un lissage des prix, tous en espérant que 2013 et 2014 soient plus généreux."

La maison Albert Bichot est le plus gros acheteur lors de la vente de charité des Hospices de Beaune. Cette vente en primeur qui a lieu tous les ans donne traditionnellement un indice des prix du millésime. Avec la faible récolte de 2012, on attend là aussi quelques conséquences sur les bénéfices de cette vente. "Une récolte moyenne dans le domaine des Hospices de Beaune, c’est environ 800-850 pièces* de vin" explique Albéric Bichot. "Cette année il y en a 500, 400 rouges et 100 blanc. C’est la plus petite récolte depuis très longtemps car même 2003 qui était une petite récolte était supérieure à celle ci.

Une tension sur les prix attendue à la Vente des Vins des Hospices de Beaune

"On ne sait pas ce qui peut se passer. C’est une vente aux enchères, c’est une vente de charité, il faut aussi prendre en compte le contexte économique mondial actuel … mais il y aura forcément une tension sur les prix.

Sur les très grands vins comme les Batard-Montrachet, les Mazis-Chambertin, voire certains Corton-Charlemagne, que la pièce vaille 50 000 euros ou 60 000 euros, peut être que cela ne va pas influer sur le comportement de certains acheteurs particuliers, les russes, certains asiatiques ou des américains. En revanche pour les acheteurs plus classiques, tous nos clients particuliers, les restaurateurs, et essentiellement les Français, les Suisses et les Belges, qui achetaient des pièces de Beaune entre 3 000 et 4 000 euros, cette année, si la pièce vaut 6 000 ou plus, je pense qu’ils n’achèteront pas.Je ne le leur conseillerais pas en tous cas. Même si le bénéficiaire de cette vente c’est l’hôpital de Beaune. Il faut aussi que malgré ce petit volume, ils arrivent à boucler des budgets sur des investissements qu’ils ont, notamment un centre de neurologie et le centre pour les personnes âgées."

* une "pièce" est un tonneau bourguignon. Il a une contenance de 228 litres soit 300 bouteilles (retenez ça, ça peut toujours vous servir au Trivial Poursuit ;)

Rentrée littéraire : Le Dom Pérignon Code de Benoist Simmat

C’est le petit plaisir de la rentrée : Benoist Simmat et Philippe Bercovici sortent une nouvelle BD-enquête sur le vin. Après Robert Parker et les 7 péchés capiteux, Les caves du CAC 40, Les 10 commandements du vin, ils ont décidé de s’intéresser à la Champagne.

Benoist Simmat, journaliste spécialisé dans l’économie du vin et écrivain nous parle de ce nouvel opus :

L’histoire tourne autour d’une vérité historique méconnue : c’est en fait un scientifique anglais, Christopher Merrett, qui a inventé le moyen de rendre le champagne effervescent au XVIIe siècle. "Cette histoire m’a semblée très intéressante et on en a profité pour bâtir un scénario sur l’opposition entre le personnage de Dom Pérignon et celui de Christopher Merrett" raconte Benoist Simmat.

Un anglais, à la base de l’invention du champagne : autour de ce fait historique, la Bande Dessinée est construite comme une enquête. On découvre au fil des pages les rouages de l’économie champenoise, avec une bonne dose d’humour. "Le carburant de la BD, c’est l’humour, mais il y a aussi beaucoup de considérations historiques, qui remettent un peu les choses dans l’ordre. A part la trame du récit, tout est vrai, les faits sont historiques."

"Si on s’intéresse aujourd’hui à la Champagne, c’est parce que le champagne est le plus gros contributeur au bénéfice du commerce extérieur français . Il représente entre 2,5 et 3 milliards d’euros de vente chaque année. Et c’est aussi le reflet de l’image de marque "France", c’est la quintessence du luxe à la française". Pour l’auteur, il était donc particulièrement intéressant de montrer qu’il a en partie été inventé par les anglais …

Si Benoist Simmat continue a écrire des essais sur le vin, il explique que ses bandes dessinées lui permettent d’avoir beaucoup plus de lecteurs : " pour un lecteur d’essai, il y a trois lecteurs de BD…"

Champagne ! Le Dom Pérignon Code, éditions 12 Bis, 12€

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All You Need Is Wine : quand la vente de vin en ligne rencontre les réseaux sociaux

Après l’arrivée fracassante de Lot 18 sur le marché français de la vente de vin en ligne, un petit nouveau entend bien tirer profit de ce marché en plein essor : All You Need Is Wine. Un concept qui mise beaucoup sur une image jeune et conviviale et sur les réseaux sociaux. 

Le marché du vin sur internet en France représente 410 millions d’euros de chiffre d’affaire rien que pour l’année 2011 … Et depuis 2007, ce marché connaît une croissance de 30% par an. Et il ne représente que 3 à 4% du marché total en France. Autant dire qu’il est particulièrement attractif.

"Le marché du vin en ligne est un marché très attractif et à l’heure où il commence à peine à s’organiser, il s’agit d’un moment opportun pour le pénéter" selon l’équipe de All you Need Is Wine.

Allyouneediswine.com, c’est une boutique en ligne de vin. Avec une particularité : la suppression des frais de ports en échange d’un "acte social" c’est à dire d’un partage sur Facebook ou Twitter … On peut également souscrire un abonnement, de 12€ par mois, qui permet d’obtenir des réductions sur les commandes.

Pour Florent Cantat , Sylvain Crouzet et Aymeric Chanteloup, les trois membres fondateurs de All You Need Is Wine, la volonté est clairement de dédramatiser l’achat de vin. De le rendre facile, et si possible ludique. Alors ils osent tout, et mettent en valeur des vins aux noms ou aux histoires atypiques, comme le Chateau La Levrette, à l’honneur pour le lancement du site …

Chaque colis est livré avec les fiches techniques sur les vins expédiés, des commentaires de dégustations, …

Grands Jours de Bourgogne 2012 : soirée Grandes Maisons Grands Crus

Dans le cadre prestigieux du Clos Vougeot s’est tenu jeudi soir la traditionnelle soirée Grandes Maisons Grands Crus organisée par l’union des maisons de vin de Bourgogne. L’occasion pour le négoce bourguignon de présenter à quelque 200 journalistes ses plus prestigieuses cuvées.

"On veut montrer que le négoce est bien présent, que le négoce est un négoce propriétaire, et que c’est aussi un négoce propriétaire de grands crus" explique Louis Fabrice Latour, président de la Fédération des négociants éleveurs de Bourgogne (FNEB). " Cette soirée un événement organisé spécifiquement par le négoce, pour les journalistes. Les maisons de négoces participent aux dégustations qui ont lieu appelation par appelation durant toute la semaine des Grands Jours, mais " on est peut être moins présents que ne le sont les propriétaires, c’est vrai que de temps en temps, certains journalistes ou acheteurs se plaignaient de ne pas voir les chefs des grandes maisons, cette soirée est donc l’occasion idéale d’échanger" explique Louis Fabrice Latour.

"Montrer le millésime en cours, montrer les nouveaux vins, un peu à la Bourguignonne, dans un cadre convivial" tel est l’esprit voulu par les négociant d’après Louis Fabrice Latour. Au total c’est une quarantaine de grands crus de Chablis, de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits des différentes maisons de négoce qui sont proposés à la dégustation, à l’aveugle. Un diner est ensuite servi dans les salons du Clos Vougeot. Diner au cours duquel pour la première fois, un grand cru blanc a été servi pour accompagner le fromage : un Bâtard Montrachet 1982 de la maison Louis Jadot.

"Les grands crus ce sont des vins puissants, structurés, qui sont faits pour durer. C’est dans le temps surtout qu’ils se caractérisent puisqu’en général, ils défient le temps" explique Thibault Marion, président du Club des jeunes négociants éleveurs. "Les grands crus sont surtout intéressants dans des millésimes considérés comme plutôt moyen car c’est en général là que le terroir se transcende et c’est là que les grands crus font vraiment la différence" selon lui. Même si "les grands crus ne représentent que 2% de la production de la Bourgogne, ils ont beaucoup contribué à la renommée des vins bourguignons" rappelle t-il.

"Les grands crus sont les locomotives de la Bourgogne, mais il ne faut pas négliger les appelations régionales" selon Pierre Henri Gagey, président de l’inter-profession des vins de Bourgogne (BIVB). "Aujourd’hui, on fait une soirée grands crus, mais demain on pourrait faire la même soirée avec les appelations régionales. C’est toujours plus facile et assez sympa de parler des stars, mais derrière les stars, il y a toute la base de la Bourgogne qui sont les appelations régionales et qui sont de très bons vins."

"Les grands crus, c’est pas toujours accessible, il faut les attendre, ne pas les boire trop vite, c’est parfois un peu cher, et ce sont des vins exceptionnels. On ne peut pas en boire tous les soirs. Mais la Bourgogne c’est aussi des vins qu’on peut boire régulièrement. Les grands crus tirent la Bourgogne, les appelations régionales poussent la Bourgogne. Et on a besoin des deux" conclue Pierre Henri Gagey.

 

Pour tout savoir sur les Grands Jours de Bourgogne regardez ici 

Voir aussi l’article et la vidéo de Bourgogne Live : 3 femmes récompensées pour le Trophée de la presse 2012 à la soirée Grandes Maisons Grands Crus au Clos Vougeot.  

Grands Jours de Bourgogne : Vosne au Clos Vougeot

Pendant une semaine, la Bourgogne accueille les journalistes, dégustateurs, importateurs du monde entier. Objectif : présenter les vins des cinq côtes bourguignonnes au cœur même des villages et permettre ainsi non seulement de les déguster mais surtout d’appréhender leur diversité. 

Rencontre avec Pascal Lachaux (Domaine Arnoux-Lachaux) et Thibault Liger-Belair (Domaine Thibault Liger-Belair) au Clos Vougeot, lors de la présentation de Vosne Millésime . 

Pour tout savoir sur les Grands Jours de Bourgogne ….

Lire aussi : Le bilan de l’année 2011 des ventes de Bourgogne par Bourgogne Live